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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le film « J’accuse » de Polanski : une excellente contribution au (...)

Le film « J’accuse » de Polanski : une excellente contribution au récit national

« C’est un film absolument remarquable sur une affaire qui est importante, l’affaire Dreyfus. Un homme a été condamné par le simple fait qu’il était juif. Mais surtout, c’st le combat d’un homme seul qui risque tout pour que la vérité advienne. » (Laurence Bloch, sur France Inter le 11 novembre 2019).

Le film « J'accuse » de Polanski

Le film commence par cette fameuse scène du 5 janvier 1895, connue par sa représentation graphique : dans la cour d’honneur de l’École militaire, à l’ombre du dôme des Invalides (et de la Tour Eiffel, pas oubliée dans le film), l’armée dégrade le capitaine Dreyfus.

Le dernier film de Roman Polanski, "J’accuse", est sorti dans les salles françaises le 13 novembre 2019 et c’est pour l’instant un grand succès. Très largement justifié, à mon avis. Dès la première semaine, il a allègrement dépassé les 500 000 entrées, ce qui en fait le meilleur démarrage pour un film de Polanski.

Je suis allé le voir, pas sans m’être interrogé sur la pertinence d’aller le voir (en particulier ici), et je veux juste revenir sur celle-ci à propos de certaines critiques contre la station de radio France Inter qui recommande ce film, comme de nombreux autres. Sa directrice Laurence Bloch a affirmé ainsi le 11 novembre 2019 : « C’est un partenariat de recommandation, c’est-à-dire que le service des partenariats de France Inter et la direction considèrent que le film, de par son propos, de par la qualité de sa mise en scène, de par l’exemplarité et la qualité de ses acteurs, doit être non seulement porté à la connaissance de ses auditeurs, mais aussi recommandé. Il n’y a aucun échange d’argent. Il n’y a évidemment aucune demande aux critiques de cinéma de France Inter de dire du bien du film. ». Et d’ajouter : « Les auditeurs sont adultes et ils feront, en conscience, ce qu’ils croient devoir faire. ».

Faut-il opposer ceux qui veulent lutter contre l’antisémitisme (encore très vivace de nos jours) et ceux qui veulent lutter contre les violences sexuelles, agressions, etc. ? Évidemment non ! Je reprends la phrase de la directrice d’une salle de cinéma : « J’estime qu’en programmant le film, je ne cautionne pas tous les violeurs de France. » (Annie Thomas, directrice du Trianon à Romainville). En le regardant, non plus.

Ce film que je trouve excellent (même s’il n’est pas parfait) trouvera sa place dans les fresques historiques majeures de la France contemporaine. Peut-être qu’on oubliera le cinéaste mais pas ce film, dans plusieurs décennies. Le film est d’ailleurs très ambitieux, sans tomber dans la prétention, puisque dès le début, le spectateur est prévenu : ce film relate des faits historiques réels. Le travail de la critique devra donc en être encore plus exigeant : ce n’est pas un roman historique, c’est, tout simplement.

En effet, il est parfois des œuvres qui l’emportent sur les faits historiques. C’est le cas de beaucoup de tableaux qui décrivent certaines réalités historiques dont on n’a que quelques fragments. Même les Évangiles sont des fragments de vérité historiques, des témoignages de l’existence et de la vie de Jésus-Christ. Depuis plus d’un siècle, nous sommes à l’ère de la photographie, du film, de l’enregistrement sonore, il n’y a plus besoin d’être un écrivain, un artiste peintre, pour témoigner de son époque, avec une facilité confondante. Et avec l’Internet, les réseaux sociaux, la capacité de s’exprimer à tous et de lire et voir de tout le monde, cette réalité est bien plus riche et dense, et si toutes ces données sont conservées, archivées (ce n’est pas du tout sûr, la durée de vie du plastique est de trente à cinquante ans, et donc, celle des supports d’enregistrements), elles constitueront une base de témoignages multiples, corrélés, confirmés, validés, très intéressants pour les générations futures.

Mais à l’époque du capitaine Dreyfus, ce n’était pas encore le cas, et le meilleur moyen de transmettre l’histoire, c’est de l’apprendre. J’ai eu la chance au lycée d’apprendre longuement sur cette affaire Dreyfus où se sont mêlés de nombreux sujets et enjeux : l’antisémitisme, la volonté d’une certaine partie de la droite monarchiste et catholique de reprendre le pouvoir, la défense de l’armée voire de la justice au prix de la vérité historique et de l’injustice individuelle. La Troisième République n’avait encore qu’une génération, vingt-cinq à trente ans. Elle était presque consolidée malgré la crise du boulangisme (qui s’est terminée en queue de poisson), et la France était surtout divisée par une guerre de religion que Clemenceau, étrangement, car il était un grand anticlérical, a su, par sa sagesse de futur gouvernant, éteindre dans la douceur des évolutions sociologiques…

À l’époque de Dreyfus, nous sommes encore vingt ans trop tôt. Indiscutablement, l’affaire a cristallisé les peurs et rancœurs de toute la société française, les familles furent divisées (un célèbre double dessin de Caran d’Ache, publié dans "Le Figaro" du 14 février 1898, montrait à quel point ce sujet hystérisait jusqu’à l’intimité des chaumières). Cela a renforcé le clivage droite/gauche qui existait depuis la Révolution française. J’écris plus haut que j’ai eu la chance de l’avoir apprise en détail au lycée, je ne sais pas si les lycéens actuels ont la même chance. Si bien que ce film pourra remplacer l’éventuelle absence d’une transmission par l’Éducation nationale. C’est le danger des œuvres cinématographiques, imprimer une vision inexacte de la réalité historique, la responsabilité du réalisateur est donc très élevée.

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Précisons que ce film était un projet déjà ancien et attendu de Polanski. Il lui manquait des investisseurs, des producteurs, et comptait même réaliser ce film en langue anglaise pour qu’il soit plus facilement "bankable". C’est peut-être le dernier film de Polanski. C’est peut-être "l’œuvre de sa vie". C’est en tout cas l’une de ses œuvres majeures.

Le scénario (adapté d’un roman du journaliste britannique Robert Harris publié en 2013) est la principale audace du réalisateur : cette audace, ce n’est pas de partir du capitaine Alfred Dreyfus. Comme le montre le film, c’était un homme largement dépassé par l’ampleur des événements. Il a été injustement déshonoré et condamné, mais il serait difficile d’en faire le symbole de la lutte contre l’antisémitisme ou contre l’injustice. Il fut une victime plutôt passive et impuissante de cette injustice. On le voit balbutier à son procès en révision (second conseil de guerre), parce qu’il a été considérablement affecté par son exil forcé.

Pourtant polytechnicien, Dreyfus était dans un registre plutôt "petit joueur", le film le montre bien à la fin, quand son seul sujet de préoccupation, lors de son rendez-vous en tête-à-tête avec le ministre de la guerre, c’est de se demander pourquoi il n’est pas monté en grade d’un cran supplémentaire. Dreyfus a préféré demander la grâce présidentielle à réclamer sa réhabilitation et l’annulation des précédents procès.

Il était donc difficile de faire de Dreyfus lui-même le héros de sa propre affaire. On aurait pu se placer du côté d’Émile Zola qui est probablement mort de son courageux "J’Accuse" dans "L’Aurore" du 13 janvier 1898, ce qui a donné le titre du film. Justement, je trouve erroné le titre français du film. Le titre anglais ou italien me paraît beaucoup plus parlant : "Un officier et un espion" (anglais, titre du roman de Robert Harris) ou "L’officier et l’espion" (italien). Car le héros, c’est justement un ancien formateur vaguement antisémite de Dreyfus, le lieutenant-colonel Georges Picquart, qui, bombardé à la direction du service de renseignement, a découvert avec des preuves accablantes que Dreyfus n’était pas le bon coupable d’espionnage.

Donc, c’est là l’audace : se mettre du côté de Picquart, personnage central du film, personnage partagé, contrasté, faisant partie de "l’etablishment" de l’armée, carriériste, ambitieux (nommé le plus jeune colonel), et puis, sa conscience, un innocent injustement frappé d’indignité nationale, le fait douter, puis se rebeller contre sa hiérarchie au prix de son avenir.

C’est donc sur ce personnage que le film essaie d’émouvoir. On le voit avec sa maîtresse cachée (femme d’un personnage important), jouée par Emmanuelle Seigner (Madame Polanski dans le civil), qui est très convaincante dans ce rôle. Louis Garrel joue Dreyfus.

Au fait, qui joue Picquart ? Jean Dujardin. Avec sa moustache, il est quasiment méconnaissable. Loin le temps de "Brice de Nice" ! Avec "J’accuse", Jean Dujardin confirme (car il l’a déjà montré) qu’il est un grand acteur. À l’évidence, pour cette prestation, il mériterait un César du meilleur acteur. Mais je ne suis pas membre du jury !

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La distribution est d’ailleurs très riche, plusieurs comédiens sont de la Comédie-Française. Il y a de très nombreux acteurs, parfois pour des petits rôles. Ainsi, Philippe Magnan, figure d’autorité s’il en est, comme président du premier conseil de guerre (le procureur Brisset), Laurent Stocker, un peu moins convaincant comme général de Pellieux qui tentait d’instruire à charge l’enquête sur Picquart. Avec leurs moustaches et éventuellement barbe, c’est parfois difficile de reconnaître l’acteur qui est derrière !

De façon générale, les "méchants" (je simplifie : ceux qui croient à la culpabilité de Dreyfus ou la veulent pour diverses raisons : antisémitisme, soutien à l’armée, etc.), jouent excellemment bien, ils sont terriblement convaincants. Le commandant Hubert Henry (joué par Grégory Gadebois) est très ressemblant comme militaire pas très futé et finalement, auteur (mauvais) de fausses preuves (son destin finit tragiquement). Bertillon, le pionnier de la criminologie, joué par Mathieu Amalric, est affreusement odieux.

En revanche, j’ai été beaucoup moins convaincu par les figures de la défense, et principalement des deux imposants hommes de la Troisième République : Émile Zola et Clemenceau. Le film d’ailleurs, fait une erreur factuelle ; il laisse entendre que Picquart rencontre Clemenceau pour la première fois juste avant la rédaction de "J’Accuse", en présence aussi de Zola, de Reinach, etc., or, les deux hommes s’étaient déjà rencontrés.

Clemenceau, joué par Gérard Chaillou (qui s’est fait connaître comme Jean-Guy Lecointre, le DRH dans la mini-série télévisée "Caméra Café"), est manifestement trop vieux, d’une vingtaine d’années trop vieux (c’est le Clemenceau de la Victoire 1918 qu’on nous a proposé ici, pas le quinquagénaire de l’affaire Dreyfus). De plus, il est trop souriant et bienveillant. Zola aussi paraît un peu falot et éteint dans ce film (joué par André Marcon qui est plus âgé que dans l’histoire, mais cela ne frappe pas, au contraire de Clemenceau).

Puisque j’en suis à quelques reproches, il y a aussi un petit détail qui peut choquer même des personnes éloignées de la chose militaire : lorsqu’on est un gradé supérieur, on ne s’adresse pas à un inférieur en disant du "mon colonel", on dit "colonel" quand on est général. Je connais quelques femmes, qui n’ont pourtant jamais fait de service militaire, qui l’ont remarqué. Pourquoi donc, lorsqu’on fait un film qui se déroule dans les milieux militaires, n’a-t-on pas eu cette connaissance ? Il m’avait semblé que le général Lecointre, l’actuel chef d’état-major, avait été conseiller ou consultant pour ce film (je peux me tromper, c’est ce que j’ai cru lire sur le générique de fin). Je referme cette parenthèse car c’est un détail insignifiant mais très dommageable car il est facilement détectable et peut donc facilement amener à discréditer (injustement) l’ensemble du film.

La musique est aussi un élément important du film. Le choix du grand Alexandre Desplat (deux Oscars, trois Césars), très connu des fans de Harry Potter, a été excellent car sa composition entraîne le spectateur tout à fait là où la narration le demande.

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Deux remarques à ce stade. La première, c’est qu’il est un moment évoqué l’existence d’un fichier de personnes suspectes. Lorsqu’il hérite de son service de renseignement, Picquart se voit donc remettre ce fichier avec cette recommandation : en cas de guerre, il faut tous les arrêter au nom de la sûreté publique. Il faut noter que ces 1 500 à 2 500 personnes n’ont commis aucun crime ni délit, ils sont juste des suspects. On peut donc dire que le "fichier S" de maintenant n’est pas nouveau du tout !…

La seconde remarque sur les décors et costumes. On voit ici toute la splendeur du fameux uniforme que devront porter les malheureux Poilus au début de la Première Guerre mondiale, avec les fameux pantalons rouges bien voyants pour en faire de belles cibles. Quant à la lumière, les bureaux sont sombres, presque poussiéreux, y compris celui du ministre de la guerre, on a l’impression de vieux bâtiments, tandis que le bureau ministériel de Picquart, plus tard, est très clair. L’électricité semble avoir été plus tardif dans le film que dans la réalité.

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Pour terminer, je ferai encore deux reproches sur cet excellent film. Le premier, c’est un reproche générique valable pour toutes les reconstitutions historiques. Quelques scènes sont parfois téléphonées, car le spectateur (du moins, celui instruit, qui connaît la chronologie de cette affaire) imagine assez bien où veut en venir le réalisateur. Par exemple, quand Picquart prend son taxi et s’arrête devant une porte, hésite à l’ouvrir, et l’on imagine assez bien qu’il va alors rencontrer Clemenceau et Zola. C’est un reproche de genre et pas de réalisation. Le second reproche, c’est que la fin m’a paru beaucoup trop rapide. Je ne sais pas s’il fallait un format de durée, mais d’une part, il manque le procès du vrai espion, Esterhazy, qui n’a pas été condamné et qui a fui à Londres (sa protection est un vrai scandale), et surtout, il manque le procès en réhabilitation, ainsi qu’une scène à l’Assemblée Nationale pour voter la réintégration de Dreyfus et Picquart dans l’armée.

Le film s’est arrêté à la grâce présidentielle puis, se rouvre sur une dernière scène, dans le bureau de Picquart, devenu général et le ministre de la guerre de Clemenceau pendant tout le temps de son premier gouvernement, entre 1906 et 1909 (d’où la rencontre avec Dreyfus, déjà évoquée plus haut, venu lui parler).

Je dois d’ailleurs humblement, et surtout honteusement, avouer que je n’avais pas fait le lien entre le général Picquart, ministre de Clemenceau, et le lieutenant-colonel Picquart de l’affaire Dreyfus. Cela confirme d’ailleurs à quel point Clemenceau, qui était initialement antidreyfusard, tout comme Jaurès, parce qu’il était patriote et donnait foi aux affirmations de son gouvernement et de son armée, a fait de cette affaire une véritable affaire personnelle et politique qu’il a fait peser sur la vie politique pendant une dizaine d’années. Clemenceau aura alors la rancœur tenace contre toutes les personnalités politiques qui ont fait obstacle à la découverte de la vérité.

J’espère ne pas en avoir trop dit, mais l’avantage d’une reconstitution historique, c’est que la fin est déjà, en principe, connue avant de commencer à voir le film. Je n’ai pas d’action dans les films de Polanski mais je recommande avec insistance d’aller voir ce film qui manquait pour une affaire politique d’une telle importance. Je ne doute pas qu’il sera d’ailleurs diffusé dans les lycées comme vecteur pédagogique pour illustrer cette période très trouble et polémique. Quant à Jean Dujardin, il faut vraiment insister, il a été exceptionnel.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 novembre 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
"J’accuse" de Roman Polanski.
Roman Polanski.
Adèle Haenel.
Michel Bouquet.
Daniel Prévost.
Coluche.
Sim.
Marie Dubois.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.







 


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43 réactions à cet article    


  • njama njama 28 novembre 12:59

    Non Dreyfus n’a pas été condamné parce qu’il était juif, il faisait partie d’une petite poignée de suspects dans une affaire réelle ou supposée d’espionnage militaire émaillée de faux en écriture, comme de faux témoignages.*

    L’Affaire Dreyfus a surtout été « récupérée » à postériori et à leur profit par les sionistes. Théodore Herzl journaliste correspondant à Paris de 1891 à 1896 pour un journal viénnois couvrait d’ailleurs « l’Affaire »...

    L’Affaire Dreyfus c’est juste l’histoire d’une erreur judiciaire dans le contexte politique de « la Revanche » fin XIX° où les relations entre la France et l’Allemagne étaient très tendues.

    « L’Affaire Dreyfus » est surtout symbolique d’une injustice, d’une erreur judiciaire dans laquelle, sans exclure que l’antisémitisme ambiant de l’époque pouvait imbiber quelques têtes dans l’État Major de l’armée française, les origines juives de Dreyfus n’ont aucune importance dans le procès fin 1894 ni dans sa condamnation. On pouvait tout aussi bien invoquer ses origines alsaciennes pour le suspecter d’intelligence avec l’ennemi.

    Faire de l’Affaire Dreyfus un symbole de l’antisémitisme c’est détourner le sens de l’histoire.

    * En 1893, il est attaché à l’État-major de l’armée au ministère de la Guerre comme capitaine-stagiaire et passe successivement dans chaque bureau de l’état-major. »


    • Fergus Fergus 28 novembre 13:41

      Bonjour, njama

      Le fait que Dreyfus ait été juif a évidemment joué un rôle déterminant dans le climat de l’époque.

      « L’Affaire Dreyfus a surtout été « récupérée » à postériori et à leur profit par les sionistes »

      N’importe quoi !!!

      Elle a d’abord été instrumentalisée par les antisémites qui ont multiplié les actions et diffusé d’immondes journaux emplis de bobards et illustrés de dessins immondes dignes des pires caricatures que l’on a, par la suite, vu fleurir en Allemagne. Je pense notamment à des publications comme Le Grelot ou La libre parole.



    • njama njama 28 novembre 14:14

      @Fergus
      Merci d’exprimer nos divergences de point de vue. J’ajoutais à dessein pour être plus explicite le texte de Zola « Pour les Juifs » publié un an avant que ne commence l’Affaire Dreyfus

      pour montrer que l’antisémitisme ne circulait que dans quelques factions politiques clairement identifiées.
      La presse de l’époque ajoutant au vacarme...
      Rien qu’à ce titre, je trouverais indécent qu’on fasse rentrer « l’Affaire Dreyfus » dans un « récit national ».
      Rakoto mesure-t-il exactement ce que veut dire « récit national » ?
      « Un récit fait appel au savoir, à la raison. Il peut être vérifié et critiqué sur son exactitude. (…) L’idée d’un roman national n’appartient qu’aux nostalgiques de la grande France coloniale et du culte barrésien de la terre et des morts. » Vincent Duclert, historien.
      Je serai curieux de connaître une preuve factuelle qui manifesterait que Dreyfus a été condamné parce que juif !


    • njama njama 28 novembre 14:28

      @Fergus
      Le laps de temps entre l’arrestation de Dreyfus (15 octobre 1894) et sa condamnation par le tribunal militaire pour haute trahison (22 décembre 1894) est bien trop court pour avoir été influencé par de quelconques gesticulations sociales antisémites. Vous ignorez le « Dossier secret » semble-t-il ?
      Les sources de l’antisémitisme de l’époque sont connues, identifiées, et minoritaires :

      La Ligue antisémitique de France d’abord connue sous le nom de Ligue nationale antisémitique de France (dite aussi Ligue antisémite française) était une ligue antisémite et antimaçonnique française fondée et présidée par le journaliste Édouard Drumont en 1889. Le Marquis de Morès fut également l’un des fondateurs.

      La fondation de la Ligue antisémitique succède au succès de La France juive de Drumont, elle est également issue de la crise boulangiste. Les principaux organes qui soutiendront les activités de la ligue sont : La Libre Parole (Édouard Drumont), L’Antijuif (Jules Guérin), La Cocarde (Maurice Barrès), L’Intransigeant (Henri Rochefort) et le journal catholique La Croix.

      Parallèlement à son activité de propagande, la ligue organise des manifestations antisémites, elle distribue des tracts, pose des affiches en période électorale et provoque quelques émeutes. Elle fut très impliquée dans la campagne boulangiste, la dénonciation du scandale de Panama, le combat antidreyfusard et la lutte contre la franc-maçonnerie dont elle a dénoncé les implications et les complots supposés dans la politique de la Troisième République.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_antis%C3%A9mitique_de_France


    • agent ananas agent ananas 29 novembre 08:51

      @Bonjour Fergus

      « L’Affaire Dreyfus a surtout été « récupérée » à postériori et à leur profit par les sionistes »

      N’importe quoi !!!

      Au contraire. C’est l’Affaire Dreyfus qui va motiver Herlz à formuler le projet sioniste, alors qu’initialement il n’y était pas favorable comme la plupart de la diaspora notamment chez les juifs orthodoxes.

      Couvrant depuis le début l’Affaire Dreyfus comme journaliste, c’est à cette époque qu’il estime absolument nécessaire la constitution d’un « abri permanent pour le peuple juif », thèse qu’il reprend dans son livre L’État des Juifs.


    • njama njama 28 novembre 13:23

      L’antisémitisme traversait-il la société française à l’époque du procès de Dreyfus, rien n’est moins sûr. Zola s’oppose ouvertement aux campagnes antisémites de La Libre Parole, le quotidien dirigé par Édouard Drumont dans un article intitulé « Pour les Juifs » publié dans Le Figaro le 16 mai 1896, un an avant que ne commence l’Affaire Dreyfus, dans le quel il écrit :

      « L’antisémitisme, dans les pays où il a une réelle importance, n’est jamais que l’arme d’un parti politique ou le résultat d’une situation économique grave.
      Mais, en France, où il n’est pas vrai que les Juifs, comme on veut nous en convaincre, soient les maîtres absolus du pouvoir et de l’argent, l’antisémitisme reste une chose en l’air, sans racines aucunes dans le peuple. Il a fallu, pour créer une apparence de mouvement, qui n’est au fond que du tapage, la passion de quelques cerveaux fumeux, où se débat un louche catho­licisme de sectaires, poursuivant jusque dans les Rothschild, par un abus de littérature, les descendants du Judas qui a livré et- crucifié son Dieu. Et j’ajoute que le besoin d’un terrain de vacarme, la rage de se faire lire et de conquérir une notoriété retentissante, n’ont certainement pas été étrangers à cet allumage et à cet entre­tien public de bûchers, dont les flammes sont heureusement de simple décor. »
      http://www.cahiers-naturalistes.com/pour_les_juifs.html


      • San Jose 28 novembre 13:43

        @njama
        .
        Vous savez, l’armée en 2019 n’est plis si susceptible sur son passé... On y a conscience que les hommes ont changé... Même dans la marine, on ne parle plus de Mers-el-Kébir comme jadis...


      • njama njama 28 novembre 14:34

        @San Jose
        non mais l’armée et une grande partie de la société de l’époque était très homophobe, aussi taper sur le « p’tit juif » Dreyfus était un moindre mal que d’étaler des choses peu avouables...
        Une relecture du « dossier secret » : homosexualité et antisémitisme dans l’Affaire Dreyfus
        Pierre Gervais, Romain Huret et Pauline Peretz, Dans Revue d’histoire moderne & contemporaine 2008/1 (n° 55-1)

        L’Affaire Dreyfus n’est pas née du seul « bordereau » qui fit couler tant d’encre [2]. Elle est aussi la conséquence de la communication aux juges du premier Conseil de Guerre de 1894, à l’insu de la défense, d’un « dossier secret » commandé par le général Mercier, ministre de la Guerre. Ce dossier joua un rôle décisif dans la condamnation du capitaine, et c’est aussi son existence qui permit la cassation en 1899 [3].À partir de 1898, les quelques pièces qu’il contenait furent noyées dans une masse de documents supplémentaires, sans qu’il soit gardé trace de ce qui avait été utilisé en 1894 [4]. Mais il est certain qu’une partie des pièces d’origine étaient tirées d’une correspondance homosexuelle à caractère érotique, adressée à l’attaché militaire allemand à Paris, le lieutenant colonel Maximilien von Schwartzkoppen, par l’attaché militaire italien, le major Alessandro Panizzardi, et dérobées à l’Ambassade d’Allemagne par le service de contre-espionnage français, baptisé Section de statistiques[5].  
        [...] Le contenu du dossier secret aide donc à comprendre la construction de l’accusation à l’origine de l’Affaire. Un contexte politique et culturel particulier, caractérisé par une multiplicité de parallèles formels entre homophobie et antisémitisme, contribua à amalgamer ces deux idéologies d’exclusion dans le dossier. Certes, Dreyfus était juif et non homosexuel, alors que ses complices supposés étaient homosexuels et non juifs, et les attaques antisémites furent ouvertes et innombrables, tandis que la dénonciation de l’homosexualité fut implicite et rarissime. L’antisémitisme fut donc bien le ressort essentiel de l’Affaire. Mais l’homophobie y joua également un rôle non négligeable, particulièrement à son point de départ ; c’est ce qui ressort de la reconstitution que nous en proposerons ici.
        [......] https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2008-1-page-125.htm


      • Fergus Fergus 28 novembre 13:48

        A titre personnel, je trouve « J’accuse » très bon. Quasi impeccable en termes de reconstitution, et intéressant par son cheminement du point de vue de Picquart, je pense malgré tout qu’il lui manque ce souffle qui en aurait fait un monument du cinéma historique français. L’émotion ne passe pas. Mais peut-être est-ce dû au fait que l’on connaît tous les protagonistes et la majeure partie des séquences de cette affaire ?


        • njama njama 28 novembre 14:40

          @Fergus
          Le script du film est inspiré d’un roman...
          Sur Libération.fr l’historien Vincent Duclert spécialiste de l’affaire Dreyfus dénonce les libertés que Polanski a pris avec l’histoire
          https://www.liberation.fr/debats/2019/11/12/le-j-accuse-de-roman-polanski-en-trois-controverses_1762943


        • Fergus Fergus 28 novembre 16:06

          @ njama

          Pas très convaincant !

          La première des controverses est un pétard mouillé, Polanski ayant assez largement dissocié son film de son cas personnel, même s’il a été tenté de faire usage du « J’accuse » à son profit en se victimisant.

          La deuxième est nettement plus intéressante, Dreyfus ayant sans doute été moins clairement antipathique que son incarnation dans le film. Encore qu’il y ait des avis divergents sur ce point. A noter qu’en l’occurrence Polanski a sans douté été honnête : il n’avait nul besoin de dévaloriser Dreyfus pour grandir Picquart, l’artisan de la contre-enquête ! Ajoutez à cela qu’il eût été nettement plus facile pour Polanski de dénoncer un antisémitisme touchant un Dreyfus sympathique que l’inverse !

          La troisième controverse relève de la guerre picrocholine. Le « J’accuse » de Zola est à l’évidence au centre de la connaissance qu’ont les Français de cette affaire, et la pierre angulaire du travail de réhabilitation qui, sans cette virulente dénonciation, n’aurait jamais abouti. Le titre du livre eût nettement moins porté !


        • vesjem vesjem 28 novembre 19:20

          @Fergus
          puisque tu en es à défendre mordicus polo, que penses-tu de cette analyse :
          https://www.youtube.com/watch?time_continue=6&v=49KJhzuIIFg&feature=emb_logo
          bon, t’es pas obligé de regarder si le mot alain te fout la trouille


        • Fergus Fergus 28 novembre 19:34

          Bonsoir, vesjem

          Je ne défends pas « mordicus » Polanski, bien au contraire. Si son film avait été une fiction, je l’aurais boycotté !

          Mais en l’occurrence, il ne s’agit pas de cela, l’« Affaire Dreyfus » ayant durablement marqué les esprits dans notre pays. Et qu’on le veuille ou non, elle reste une page incontournable de notre histoire. D’où le très grand nombre de spectateurs que ce film attire et va continuer d’attirer, non pour soutenir Polanski mais précisément en rapport avec cette histoire, et seulement avec elle !

          Que Polanski ait sans doute voulu jouer de l’ambiguïté du titre pour se poser en victime, je ne le nie pas un instant. Mais il a fort heureusement renoncé à mettre ce parallèle en scène. 


        • vesjem vesjem 28 novembre 21:29

          @Fergus
          1) t’as pas tout lu ce que j’ai écrit,
          2) tu as tout lu mais tu n’oses pas dire ce que tu en penses
          3) tu as eu peur du mot alain et t’as pas regardé
          4) tu as tout lu et regardé et tu as peur d’être taxé d’antisèmmmmite
          5) tu as regardé et t’es pas d’accord ...pour la bienséance ....ou pour de vrai


        • Fergus Fergus 29 novembre 09:14

          Bonjour, vesjem

          J’ai tout lu et tout entendu de ce qu’a dit Soral. Une fois de plus, on est avec lui dans le grand délire !!!

          Comment un film comme « J’accuse » peut-il être considéré comme un rempart, piloté par les élites, contre l’« insoumission » qui monte en France ?

          C’est n’importe quoi, car c’est prêter à Polanski et à l’« Affaire Dreyfus » des pouvoirs qu’ils n’ont pas sur l’opinion.

          Ou alors, c’est prendre les gens pour de cons. Mais peut-être est-ce ainsi que tu vois les Français ??? 


        • vesjem vesjem 30 novembre 16:52

          @Fergus
          réponse bien convenue, merci


        • Ruut Ruut 28 novembre 13:59

          Il est triste que la France de par ces films ne propose aucun FUTUR ou aucune vision du FUTUR.

          Le passé et encore le passé.......

          A cette époque la morale était faible a cause d’une propagande médiatique violente.

          ça ressemble tristement de plus en plus a notre époque.....


          • San Jose 28 novembre 14:24

            @Ruut
            .
            L’histoire traite surtout du passé. C’est une lacune dont je conviens. 


          • JC_Lavau JC_Lavau 28 novembre 14:27

            @San Jose. Plus précisément : L’histoire ce sont des mensonges sur lesquels on est d’accord.
            Napoléon.


          • Fergus Fergus 28 novembre 15:49

            Bonjour, Ruut

            La connaissance du passé instruit le présent ! Ou du moins devrait l’instruire, ce qui n’est pas toujours vérifié, hélas !


          • vesjem vesjem 28 novembre 19:22

            @Ruut
            c’est la « minute de la mémoire » éternellement rabâchée pour t’asservir pour les siècles des siècles ; amen


          • njama njama 28 novembre 22:54

            « Un mensonge répété dix fois reste un mensonge, répété dix mille fois il devient une vérité. » (Goebbels).


          • cétacose2 28 novembre 17:25

            « J’abuse »..le nouveau "chef d’oeuvre d’un certain Polansky, A voir et à vomir.... !


            • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 28 novembre 17:31

              « Un homme a été condamné par le simple fait qu’il était juif. »

               

              Euh ! En France encore, un homme a été condamné en 1991 à 1,4 millions de Francs par le simple fait qu’il ait utilisé le mot « détail » ainsi : « les chambres à gaz sont un « point de détail de l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale. » Et pourtant, il n’était pas juif.


              • njama njama 28 novembre 19:01

                @Daniel PIGNARD

                Le procès de Dreyfus est un épiphénomène dans l’histoire, une affaire judiciaire mal traitée par « un tribunal militaire » loin d’être impartial et on ne voit pas comment cette « Affaire » dans laquelle l’armée était juge et partie donnerait du sens à l’Histoire ? A ce titre elle n’a rien à faire dans un (le) « récit national ».
                Le rattacher à la question de l’antisémitisme une imposture intellectuelle faite à postériori qui n’a rien d’historique... en plus d’assimiler tous les français dans ce lynchage d’un bouc émissaire facile. Une seule chose de vraie c’est qu’il y eut autour de « l’Affaire Dreyfus » un phénomène carrément hystérique qui peut s’expliquer.

                Presse et édition dans l’affaire Dreyfus

                Le rôle central joué par la presse et l’édition dans l’affaire Dreyfus, est illustré par le symbole de l’engagement journalistique qu’est J’accuse d ’Émile Zola. L’affaire Dreyfus est en effet le premier événement surmédiatisé en France. Des milliers de publications ont littéralement « fait » l’opinion. Cette presse libre et pléthorique se développe, grâce aux acquis de la République au travers, notamment, de la loi de 1881 sur la presse. Elle profite aussi des progrès technologiques de la seconde moitié du XIXe siècle. Elle pèse très directement sur le déroulement de l’affaire Dreyfus au travers de campagnes parfois violentes et d’articles souvent sensationnels.[..........] https://fr.wikipedia.org/wiki/Presse_et_%C3%A9dition_dans_l%27affaire_Dreyfus


              • njama njama 28 novembre 19:02

                « L’Affaire Dreyfus... est un mythe créé par la Presse »
                Patrice Boussel dans son livre « L’Affaire Dreyfus et la Presse », Paris A. Colin, coll Kiosque 1960

                « Il est indispensable de poser en principe absolu qu’il n’y a plus d’Affaire Dreyfus »
                Henri Giscard D’Estaing, « D’Esterhazy à Dreyfus », Paris, Plon 1960
                https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1961_num_16_6_421697


              • damocles damocles 29 novembre 07:30

                Dujardin un grand acteur ? 

                figé , statique , bidon quoi ...nul...


                • njama njama 29 novembre 08:20

                  @damocles
                  ça fait peut-être partie du jeu de l’acteur, ou de celui voulu par Polanski ? ou un peu des deux ? Dujardin incarne le lieutenant-colonel Picquart,  figé, statique...peut-être parce que tiraillé intérieurement entre son fond antisémite, affiché peut-on imaginer puisque cité par Zola* dans son J’accuse et le parti pris de défendre Dreyfus par honnêteté, pour l’honneur de l’armée (?). Dreyfus acquitté il n’en reste pas moins, sauf erreur, antisémite par convictions politiques ou culturelles.

                  * « Et le beau résultat de cette situation prodigieuse est que l’honnête homme, là-dedans, le lieutenant-colonel Picquart, qui seul a fait son devoir, va être la victime, celui qu’on bafouera et qu’on punira. Ô justice, quelle affreuse désespérance serre le cœur ! On va jusqu’à dire que c’est lui le faussaire, qu’il a fabriqué la carte-télégramme pour perdre Esterhazy. Mais, grand Dieu ! pourquoi ? dans quel but ? donnez un motif. Est-ce que celui-là aussi est payé par les juifs ? Le joli de l’histoire est qu’il était justement antisémite. Oui ! nous assistons à ce spectacle infâme, des hommes perdus de dettes et de crimes dont on proclame l’innocence, tandis qu’on frappe l’honneur même, un homme à la vie sans tache ! Quand une société en est là, elle tombe en décomposition. »


                • Ruut Ruut 29 novembre 08:31

                  @damocles
                  Je trouve qu’il est parfait dans OSS.
                  Il y incarne parfaitement la vision du Français dans le Monde et la vision du Monde qu’inspire un français.


                • njama njama 29 novembre 08:46

                  L’Affaire Dreyfus est l’occasion de rappeler que « l’antisémitisme » est un néologisme très récent à l’époque, un mot « inventé » en 1879 par un journaliste politique allemand Wilhem Marr.(1819-1904) :

                   En 1879, Marr publie à Berlin son essai polémique antisémite Der Sieg des Judenthums über das Germanenthum (« La victoire de la judéité sur la germanité ») qui le place à la pointe de la défense de l’antisémitisme. La même année, il fonde la « Ligue antisémite » [L’Antisemitenliga] dont la durée de vie sera courte et publie également jusqu’en 1880, son organe officiel Die neue deutsche Wacht (« La nouvelle garde allemande »). Il introduit ainsi le terme antisémitisme dans le discours politique de la société de son temps. Il plaide pour une expulsion de tous les juifs vers la Palestine. Les derniers mots sont « Finis Germaniae ! » (« La fin de la Germanie »).
                  [...] Vers la fin de sa vie, Marr renonce à son radicalisme, arguant du fait que le conflit social avait été le résultat de la Révolution Industrielle et de conflits politiques. Selon Moshe Zimmermann, il demanda ouvertement le pardon des Juifs pour avoir manqué à isoler le problème. Marr publia à Hamburg un essai final intitulé Testament d’un antisémite, où il expliquait avoir rejeté la « misérable folie romantique du Germanisme ». Il se plaignait du fait que l’antisémitisme moderne s’amalgamait au mysticisme et au nationalisme Allemand, condamnant les « chefs buveurs de bière », les crieurs de « Heil » de l’antisémitisme moderne ainsi que le cruel préjudice contre les écrivains et penseurs juifs1.
                  En 1904, le 17 juillet, Wilhelm Marr meurt à Hambourg.

                  https://fr.wikipedia.org/wiki/Wilhelm_Marr


                  • Raymond75 29 novembre 08:59

                    Un excellent film en effet, je confirme.

                    Et d’ailleurs c’est ce film qui a fait les plus nombreuses entrées de cette période. Il ne faut pas confondre l’agitation médiatique de groupuscules, pour passer aux infos de la télé, avec la masse de la population.

                    Cette femme, qui 44 ans après, sans plainte, nous dit qu’elle a été ’abusée’, est l’image de la lâcheté.


                    • njama njama 29 novembre 09:33

                      @Raymond75
                      Et si contre votre gré vous aviez été sodomisé par un pervers quand vous aviez 18 ans... auriez-vous été assez courageux pour aller déposer plainte au commissariat du coin ? n’auriez-vous pas ravaler votre salive ? quels ressentiments auriez-vous porté ? sans pouvoir jamais oublier complétement « l’indélébile effraction »...
                      Je constate seulement que les personnes victimes de violences sexuelles restent souvent des années dans le silence, parfois même toute leur vie, avant qu’elles n’aient le courage d’en parler.
                      Vous lui jetez la pierre, mais avez-vous seulement lu la tribune « Pourquoi je sors du silence aujourd’hui »...
                      Profitez-en elle est encore accessible en lecture ICI


                    • charly10 29 novembre 11:05

                      Je confirme que ce film est excellent tant dans la mise en scène très réaliste que l‘interprétation.

                      Vision de l’affaire par le prisme LCL Picquart intéressante ; Polanski est allé à l’essentiel dans cette affaire au déroulement juridique assez complexe. J’oserai dire que ce film serait un très bon support pédagogique pour les cours d’histoire de nos lycéens. Encore qu’aujourd’hui, je ne sais même plus si on parle de cette affaire, si ce n’est au travers des thèmes liés à l’antisémitisme. 

                      Quoi qu’il en soit, et pour les bienpensants, faire abstraction des problèmes annexes du réalisateur.  


                      • njama njama 29 novembre 12:33

                        @charly10
                        pour les cours de cinéma vous voulez dire ? smiley
                        un support pédagogique pourquoi pas, mais ça dépend de l’interprétation qui serait faite de ce fait judiciaire, parce que si on met l’antisémitisme au cœur de l’Affaire« pour moi c’est tout faux !
                        Certes l’antisémitisme traverse pour différentes raisons connexes, extérieures, ce bout d’histoire mais il n’est en rien la justification de la condamnation de Dreyfus. Zola effleure à peine cet aspect dans son »J’accuse" début 1898, par contre Esterhazy s’en sert pour sa défense et/ou pour détourner l’attention.
                        1898 : ESTERHAZY, le traître de l’affaire Dreyfus (2)
                        [...] A cette époque, personne, pourtant, ne croit réellement en l’innocence de Dreyfus, hormis sa famille. Fin 1897, le frère de Dreyfus accuse publiquement Esterhazy d’être le traître véritable.
                        Celui-ci se lance alors dans une campagne d’opinion en se prétendant victime d’un complot juif.
                        Avec arrogance, il réclame un procès devant le Conseil de Guerre, qui l’acquitte le 11 janvier 1898 ! Il devient un héros pour les anti-dreyfusards (car la France commence à s’empoigner sur le sujet).
                        Zola, lui, est furibard. Deux jours plus tard, le 13 janvier 1898, il rédige « J’accuse » dans l’Aurore. Ça barde drôlement !
                        La pression s’accentue : sept mois plus tard, le 30 aout 1898, le commandant Henry avoue son « faux » en écriture. Écroué, il se suicide.
                        Là, Esterhazy comprend que le vent a vraiment tourné. Il fuit en Angleterre le 7 septembre 1898 avant, quelques jours plus tard d’adresser une lettre au journal « le Matin » en se reconnaissant comme l’auteur réel du « bordereau ». Ultime félonie destinée à brouiller un peu plus les pistes, il accuse son chef de l’époque, le colonel Sandherr de lui en avoir donné l’ordre...


                      • njama njama 29 novembre 12:36

                        Toute « l’affaire Dreyfus » part de la trahison de l’officier Esterhazy
                        1898 : ESTERHAZY, le traître de l’affaire Dreyfus (1) Publié par La Plume et le Rouleau sur 7 Septembre 2001

                        Le 7 septembre 1898, un type peu recommandable prend le bateau et quitte la France pour rejoindre l’Angleterre. Menteur, mythomane, cupide, truqueur, traître, espion...
                        Certains auraient préféré qu’il restât en France. Car l’homme en question fuit en effet afin d’éviter d’être démasqué pour un crime (c’est à l’époque la qualification donnée aux faits que je vais évoquer) pour lequel il a fait condamner à sa place un autre homme, au bagne et à vie.
                        Le fuyard s’appelle Ferdinand Esterhazy.
                        [...] En septembre 1894, il rédige une correspondance adressée au lieutenant-colonel Maximilien Von Schwartzkoppen, attaché militaire de l’ambassade d’Allemagne à Paris, à laquelle est jointe divers renseignements (notamment sur le frein hydraulique du canon de 120 et sur le manuel de tir d’artillerie).
                        Pas de chance, la femme de ménage est une alsacienne qui transmet patriotiquement, à la fin du mois de septembre 1894, le document au « Service de la statistique » des armées françaises du colonel Sandherr, autrement dit le contre-espionnage.
                        Ce courrier, on ne l’appellera plus que sous le nom de « bordereau ».
                        Dès octobre, les soupçons se portent sur le capitaine Alfred Dreyfus...


                      • njama njama 29 novembre 12:49

                        @charly10

                        ce film serait un très bon support pédagogique pour les cours d’histoire de nos lycéens.

                        Pourquoi pas, mais tout se joue sur le sens que l’on donne(rait) à cette injustice. L’occasion de creuser davantage tout ce que le film ne dit pas, ne montre pas, l’occasion de passer au peigne fin toutes les anaphores de Zola car il en accuse du beaux monde...la moitié de l’État-Major...

                        L’occasion de voir comment était perçue cette Affaire en Allemagne

                        Gerd Krumeich* : L’affaire Dreyfus vue d’Allemagne (professeur émérite de l’Université de Düsseldorf, spécialiste de l’histoire franco-allemande spécialement, de la Première guerre mondiale)

                        https://www.lesauterhin.eu/laffaire-dreyfus-vue-dallemagn/

                        etc... le fait divers pourrait être l’occasion de rentrer dans l’époque. Après un film n’a aucune valeur historique, sauf s’il est une pièce documentaire d’époque.


                      • charly10 29 novembre 18:36

                        @njama

                        Bonjour, je partage votre analyse,et je n’ai pas voulu dire que l’antisémitisme était le « cœur de l’affaire Dreyfus ». Je m’interrogeais sur l’évolution des cours d’histoire dans les  lycées aujourd’hui. Ayant vu les cours d’histoire de ma petite fille, en classe seconde l’année dernière, je constate que l’approche historique enseignée est souvent assise sur des thèmes, recouvrant plusieurs périodes. La chronologie historique que j’ai connue dans les années 60 n’est plus de mise !!!! Est-ce bien ou mal c’est autre débat.


                      • troletbuse troletbuse 29 novembre 12:19

                        Voici ma présentation :

                        Complotiste

                        Mieux vaut être complotiste que CON tout court. Les non complotistes sont des Conplices des comploteurs. Dans les années 1894, ils auraient applaudi si Dreyfus avait été fusillé... ainsi que Zola. Aujourd’hui les journaputes nous font voir des documentaires sur l’assassinat de Zola, sans honte.

                        Eh bien aujourd’hui, ca n’a pas changé mais plutôt empiré. Il n’y a plus guère de Zola mais des larves rampantes devant la bien-pensance

                        Voir des personnes qui ne voient pas les complots actuels et qui réhabilite Dreyfus, c’est quand même fort de café.


                        • raymond 29 novembre 17:18

                          Histoire compliquée et simple à la fois ( en même temps...) il y a 50/50 de la trahison et de l’antisémitisme, donc dialogue de sourds, chacun a raison.


                          • jlouisjoly 29 novembre 20:00

                            Non une excellente contribution au récit anti-national sauf si l’on accepte que la France est sous occupation juive.


                            • julius 1ER 30 novembre 09:07

                              Très bon article et excellent film .... il faut le dire une fois n’est pas coutume !!!

                              C’est plutôt rare les films qui ne prennent pas trop de liberté avec l’Histoire, celui-ci est assez fidèle à ce que l’on sait de cette histoire et pour les jeunes générations qui ne connaissent pas le sujet, c’est une excellente occasion de replonger dans ce tourbillon qui fut un vrai clivage en France et dont on n’est pas sorti indemne !!!


                              • Dr Destouches Dr Destouches 30 novembre 19:52
                                L’affaire Dreyfus - Adrien AbauzitDes arguments de la culpabilité de Dreyfus

                                https://www.youtube.com/watch?v=SyN8S7Lb-Kk



                                • uleskiserge uleskiserge 30 novembre 20:19

                                  A y revenir sans cesse ( des centaines de fictions et de documentaires sur ce personnage ont déjà été produits), on en vient à se demander si Dreyfus était coupable ou innocent finalement, ou bien les deux à la fois. Chacun sait ceci : plus un produit est mauvais plus il a besoin du secours d’une communication répétitive et univoque.... mais alors, quels sont aujourd’hui les enjeux autour de cette affaire, s’il en reste encore ? La question, elle, est osée. C’est certain. Des volontaires pour y répondre ? D’autant plus que si.... au tournant du 19è siècle un Juif était forcément coupable, il semblerait qu’aujourd’hui il soit apriori et a postériori innocent. 

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