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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le génie Talleyrand

Le génie Talleyrand

Il peut sembler curieux de parler d’histoire de France sur un blog politique. Et pourtant, la lecture de « Talleyrand », de l’historien Jean Orieux, a profondément changé ma façon de voir le monde et la politique. Talleyrand fascine, soit on le déteste, soit on l’adore, il ne laisse personne indifférent. Il y a deux manières d’aborder le personnage, qui débouchent sur deux jugements qu’on peut porter sur lui et qui finalement révèlent deux manières d’appréhender la politique.

On peut tout d’abord penser que Talleyrand était un traître qui a servi puis abandonné tous les régimes de 1789 à 1838 : il a été député du Clergé aux Etats généraux, président de l’Assemblée, il a trahi l’Eglise en portant la Constitution civile du clergé, il part en Angleterre puis aux Etats-Unis sous la terreur, revient comme ministre des Relations extérieures sous le Directoire qu’il contribue largement à renverser pour installer Bonaparte au pouvoir, puis il abandonne l’Empereur et fait revenir Louis XVIII pendant la Restauration. Enfin il est de ceux qui font tomber Charles X pour mettre en place la Monarchie de Juillet avec Louis-Philippe. Il a donc trahi tour à tour l’Eglise, l’Ancien Régime et la Révolution. De plus, Talleyrand n’a jamais hésité à confondre les affaires publiques qu’il traitait dans son ministère avec ses intérêts privés, il a donc touché énormément d’argent sous la table en échange de certains services rendus. Moralement, Talleyrand apparaît donc comme un sinistre personnage, un courtisan qui cherchait avant tout son intérêt personnel.

Cette perception a longtemps prévalu en France, et aujourd’hui encore elle convainc beaucoup. C’est pourtant regarder la politique par le petit bout de la lorgnette. Car une chose est certaine, s’il a trahi des régimes, Talleyrand n’a jamais trahi la France : "Je n’ai jamais abandonné un régime avant qu’il ne se fût abandonné lui-même" ; ainsi estime-t-il que quelque chose de nouveau est né en 1789 et que rien ne fera revenir la France dans l’Ancien Régime, c’est pourquoi il promeut le libéralisme politique, il préfère partir en demandant un passeport (pour ne pas fuir comme tous les autres émigrés) durant la Terreur, sentant que la Révolution s’égare dangereusement, il souhaite faire tomber le Directoire qui est un régime faible et discrédité qui ne se soucie pas de l’intérêt du pays, il abandonne Napoléon quand celui-ci confond le bien de son pays avec sa gloire personnelle et manifeste la volonté de bâtir un Empire continental au mépris des peuples et des nations européennes. C’est ce qui lui fait dire au tsar Alexandre alors proche de Bonaparte : "Le Rhin, les Alpes, les Pyrénées sont la conquête de la France, le reste est la conquête de l’Empereur, la France n’y tient pas [...] L’intérêt de la France elle-même exige que les puissances en état de tenir tête à Napoléon se réunissent pour opposer une digue à son insatiable ambition, la cause de Napoléon n’est plus celle de la France".

Et que pèsent ces "fausses trahisons" en regard des services qu’il a rendus à la France ? C’est lui qui permet à la France de préserver l’intégrité de son territoire et de sauver la face lors du Congrès de Vienne en 1815. Représentant du pays vaincu, il parvient, par son habileté de diplomate, à diviser les coalisés et commence à regagner la confiance de l’Angleterre et de l’Autriche. Ce congrès restera comme l’une de ses grandes réussites diplomatiques, de même que ses efforts pour faire de la Belgique un Etat indépendant. Sur le plan intérieur, on oublie également que l’évêque d’Autun a proposé bien avant Jules Ferry, à la tribune de l’Assemblée, la scolarité gratuite et obligatoire. Il s’est également battu pour la liberté d’une presse qui ne le ménageait pourtant pas, bref, il est toujours resté fidèle au libéralisme politique et a toujours pensé qu’un peuple s’élevait en se développant à l’intérieur de ses frontières, plutôt qu’en cherchant la gloire des conquêtes militaires.

En ce qui concerne la critique morale du personnage, et notamment son goût excessif de l’argent et des fastes, elle est symptomatique d’une certaine façon de considérer la politique. Je me souviens qu’en sortant du lycée, je pensais que le seul homme politique pur de la Révolution était Robespierre, et que, même s’il avait perdu le sens des réalités à la fin de sa vie, il était le seul à ne penser qu’à l’intérêt général. J’ai appris depuis à me départir de cette façon de penser : il n’y a en fait rien de plus dangereux que d’oublier complètement ses intérêts personnels en politique. Prétendre incarner l’intérêt général, se faire le chantre de la vertu comme l’a fait l’incorruptible est potentiellement totalitaire. Personne n’est dépositaire de l’universel ni de l’opinion générale, chaque homme politique apporte sa subjectivité, défend ce en quoi il croit en fonction (parfois) de ses propres intérêts.

Enfin, aimer Talleyrand c’est aussi, et surtout, reconnaître sa finesse d’esprit, son sens de la formule, sa manière d’ignorer ceux qui le jettent aux orties ; aussi aimerais-je terminer cet article par certaines citations de ce grand serviteur de la France : "N’expliquez pas les raisons pour lesquelles vous prenez une décision : la décision peut être bonne et les raisons mauvaises", "En politique, ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai", "Soyez à leurs pieds, à leurs genoux... mais jamais dans leur main", "Dans les temps de révolution, on ne trouve d’habileté que dans la hardiesse et de grandeur que dans l’exagération", "L’esprit sert à tous mais ne mène à rien". Enfin, gardons la plus belle pour la fin, alors que Louis XVIII l’accuse à demi-mots de trahir les régimes qu’il sert, Talleyrand répond : "Mon Dieu, Sire, je n’ai rien fait de tout cela ; c’est quelque chose d’inexplicable que j’ai en moi et qui porte malheur aux gouvernements qui me négligent."


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47 réactions à cet article    


  • Vive la République Vive la République 19 janvier 2007 15:40

    Pour d’autres articles, n’hésitez pas à visiter mon blog : http://vivelarepublik.blogspot.com


    • vraitravailleur (---.---.245.192) 20 janvier 2007 20:14

      Merci à l’auteur de ce bel article à la gloire d’un grand homme. Les petits esprits de la Troisième république ont dénigré Talleyrand sans comprendre sa géniale corruption, mais il y a tout de même un certain temps que l’on a redécouvert que Talleyrand avait sauvé la France du dépeçage par les Alliés en 1815 alors que l’Allemagne n’a pas eu la chance d’avoir son Talleyrand en 1945.

      Outre son habileté à faire jouer les rivalités entre Anglais, Prussiens et Autrichiens, Talleyrand avait aussi une carte maîtresse : il avait la confiance du Tsar et de Metternich dont il était l’agent de renseignement rémunéré depuis presque dix ans. Les archives de l’ambassadeur d’Autriche Stadion ont été publiées et notamment les reçus manuscrits de Talleyrand qui réclamait des sommes considérables à son « traitant ».

      Or il est bien connu que plus un fonctionnaire ou un homme politique donne d’argent à un agent étranger, plus il a confiance en lui car il souhaite justifier à ses propres yeux les dépenses qu’il a engagées : si ces sommes sont considérables et que le service rendu semble à la hauteur, il le considère même comme un ami, surtout si c’est un dilettante spirituel comme Talleyrand.

      Grâce à ses « amis » empereurs étrangers, qu’il a su convaincre de renoncer à dépecer la France, Talleyrand a pu se replacer chez les Bourbons mais, même en se servant d’abord lui-même, il a certainement encore plus servi son pays que Jeanne d’Arc, de Gaulle ou Adenauer.

      vraitravailleur


    • Vive la République Vive la République 21 janvier 2007 15:05

      Ce qui est frappant à la lecture de la biographie d’Orieux, c’est qu’à aucun moment Talleyrand ne doute que le retour de l’usurpateur lors des cent jours se terminera par un échec. L’auteur suggère même que ce sont Talleyrand et les Anglais qui lui ont permis de s’échapper de l’île d’Elbe afin de le prendre en flagrant délit et de l’exiler beaucoup plus loin des côtes françaises. Talleyrand connaissait l’état des finances de la France, de son armée, la lassitude de la population. La France était exsangue et même si Waterloo avait souri à l’Empereur, cela n’aurait pas empêché la défaite finale.


    • Vive la République Vive la République 21 janvier 2007 22:23

      C’est le Tsar Alexandre qui a imposé aux autres coalisés de mettre Napoléon à l’île d’Elbe pour faire peser une menace permanente à la France et à l’Angleterre. Cet exemple montre bien les intérêts divergents qui existaient entre les diverses forces européennes de l’époque. C’est ce qui a permis à Talleyrand de manoeuvrer avec autant d’habileté lors du Congrès de Vienne.


    • TimeoDanaos (---.---.27.128) 8 février 2007 11:28

      Grouchy a obéi. C’est tout le problème. Il n’aurait pas dû, comme Desaix à Marengo.

      Quant à Charles-Maurice, c’est lui qui a dit : « Quand le peuple est roi, la populace est reine ». Pas vraiment glorieux, en ces temps de suffrage universel.

      y’a pas d’autres sujets plus pertinents à traiter ?


    • Marie Pierre (---.---.1.73) 19 janvier 2007 15:44

      C’est le problème des livres scolaires ! Condensé ! Faut s’intéresser à l’histoire (ou à tout autre discipline) et approfondir une fois que l’on a quitté les bancs de l’école. L’école doit susciter la curiosité, il vaut mieux ne pas la quitter trop tôt.

      Orieux a également écrit une excellente biographie de Voltaire.


      • ZEN zen 19 janvier 2007 16:23

        Talleyrand me fait penser à H.Kissinger...mais il n’a pas eu le prix Nobel de la paix, comme le « cher Henry »

        Tiens ? Talleyrand (le faux, le belge) n’est pas là ?Etonnant...


        • Romain Baudry 19 janvier 2007 16:40

          Quand Talleyrand dit « Soyez à leurs pieds, à leurs genoux... mais jamais dans leur main », il me semble qu’il parle des femmes, pas de politique.

          Personnellement, j’ai une préférence pour « Il y a trois sortes de savoir : le savoir proprement dit, le savoir-faire et le savoir-vivre. Les deux derniers dispensent assez bien du premier. »


          • (---.---.6.149) 19 janvier 2007 16:52

            Je préfére celle-ci : « La politique ne résoud pas les problêmes,elle les fait durer »........


            • LE CHAT LE CHAT 19 janvier 2007 17:20

              moi j’aime bien Talleyrand , comme moi il aime bien la rigolitude ! smiley


              • Marsupilami Marsupilami 19 janvier 2007 17:54

                C’est bien ce que je me disais. Y a des cygnes qui ne trompent pas. Et les faons ?


              • Marsupilami Marsupilami 19 janvier 2007 18:03

                Bon, à part ça l’article... je sais pas trop quoi en penser. Talleyrand était un mec intelligent, avide, narcissique, lucide, opportuniste, qui avait le flair des vents et pets de l’Histoire. Son opportunisme lui interdisait d’être sectaire et partisan. Oui, et alors ?


              • Marsupilami Marsupilami 19 janvier 2007 18:38

                Ben, j’avais ju qu’on est pas du même bord, l’auteur et moi, rogntudjuuu. Et pourquoi tu me vouvoie d’un seul coup, Charle-Maurice. On a pas trahi les wallons ensemble, bon ? Tu te prends pour le Père Igor ?


              • ZEN zen 19 janvier 2007 19:14

                @ Talleyrand

                C’est les Flamands qui vont être contents...Etre enfin seuls ! Oui, mais, le roi ?


              • La Taverne des Poètes 19 janvier 2007 18:10

                On ne peut pas dire à la fois « Vive la République ! » et « Vive Talleyrand ! »


                • Vive la République Vive la République 20 janvier 2007 10:27

                  On peut au moins dire « Vive la France ! ».

                  Au-delà de cette boutade, je pense en effet que Talleyrand n’était pas un républicain convaincu, en tous cas c’était un républicain déçu par les égarements du régime révolutionnaire pendant la Terreur. Pour lui le régime importait peu pourvu que la France y trouve son compte. C’est certainement un point de désaccord que j’ai avec lui.


                • Bernard (---.---.207.207) 19 janvier 2007 19:59

                  D’un point de vue de l’homme privé, Talleyrand est une fripouille intelligente, mais c’est vrai qu’en tant comme politique il est génial et malgré les apparences, soucieux de l’intérêt de son pays, ce qui ne l’empêcha de s’enrichir.... Son intelligence politique fit que jamais, il n’essaya d’avoir le poste suprême de chef de l’état, sachant bien dans cette période « très chahutée » de l’histoire de l’Europe, qu’il ne pourrait pas tenir très longtemps. De cette période de notre histoire c’est l’homme politique le plus doué, même que Napoléon qui s’est laissé emporter par sa mégalomanie.


                  • moebius (---.---.136.64) 20 janvier 2007 01:15

                    Du momment qu’il n’a jamais trahi la « France » c’est cool ! A son niveau je pense que la « France » ça reste une bien belle abstraction.


                    • moebius (---.---.136.64) 20 janvier 2007 01:22

                      ....... France de l’ancien régime.... je pense plutot, et ceci, aprés trente secondes de reflexion. Mais ceci ; seriez vous l’honnéte républicain que vous prétentez etre ? Je vous vois plus en nationaliste à moins que ces deux termes ne recouvrent une seule réalité


                    • www.jean-brice.fr (---.---.44.122) 20 janvier 2007 09:06

                      Même s’il a rendu de grands services à la France, ce qui est indéniable, le prendre comme modèle, c’est pousser le bouchon un peu loin ...


                      • Vive la République Vive la République 20 janvier 2007 10:24

                        Je persiste et je signe, Talleyrand est le grand homme de la France pendant la période post-révolutionnaire, il a été le trait d’union entre ce qui faisait l’identité de la France de l’Ancien Régime et la modernité des idéaux de la Révolution.

                        En ce qui concerne l’argent qu’il a « amassé », il faut souligner qu’il n’a pas conservé une immense fortune à la fin de sa vie, il a beaucoup dépensé au jeu (ce qui est condamnable je vous l’accorde) et surtout en réceptions fastueuses. C’est grâce à ses réceptions qu’il a pu se maintenir au coeur de la vie politique et diplomatique, c’était donc davantage un moyen qu’une fin pour lui.

                        Enfin, quelle vision de l’avenir ! Il a été le précurseur de l’Entente Cordiale avec l’Angleterre en pariant sur la nécessaire alliance des nations les plus civilisées d’Europe. Lors du congrès de Vienne, il a très mal vécu le fait que la Ruhr soit accordée aux Prussiens car cela leur donnait une frontière commune avec les Français et des velléités guerrières que l’Histoire, malheureusement, confirmera.

                        Pour toutes ces raisons, Talleyrand mérite mieux que des critiques mesquines sur son train de vie.


                        • La Taverne des Poètes 20 janvier 2007 11:16

                          Les génies de la politique, il en naît un par génération. La période révolutionnaire fut exceptionnellement fertile : Talleyrand et Bonaparte et tant d’autres. Puis nous avons eu De Gaulle et Mitterrand. Aujourd’hui c’est la grande disette ! Nous n’avons que des pantins qui calquent leurs idées sur les sondages et ne savent pas manier le Verbe.


                        • Fierdêtrededroite (---.---.129.110) 24 janvier 2007 00:10

                          @ Taverne des poètes

                          Seul un pauvre poète peut citer Mitterrand dans les génies politiques : pour moi il a sa place au Panthéon des imposteurs !

                          Pour juger si aujourd’hui nous avons encore des Hommes d’Etat, « il faut laisser le temps au temps » et se revoir en 2017 à la fin du second quinquennat de Nicolas SARKOZY.


                        • (---.---.229.236) 20 janvier 2007 11:05

                          « Moralement, Talleyrand apparaît donc comme un sinistre [De GAUCHE] personnage, un courtisan qui cherchait avant tout son intérêt personnel. »

                          Arf ! Parce que les autres, les Robespierre, les Maras, les dantons, les Mirabeaud et autres révolutionaires, non ?! Vous êtes d’un naif !

                          « Et que pèsent ces »fausses trahisons« en regard des services qu’il a rendus à la France ? »

                          Alors que c’est lui qui a poussé Napoléon à faire des conquétes !

                          « Représentant du pays vaincu, il parvient, par son habileté de diplomate, à diviser les coalisés et commence à regagner la confiance de l’Angleterre et de l’Autriche. »

                          Bidon. Vaincu, la France est aussitôt allier de l’angleterre, comme cela a toujours été sa politique.

                          « de même que ses efforts pour faire de la Belgique un Etat indépendant. »

                          ARRRRRRRRRRRRRRRRR !!! La belgique indépendante est une création des anglais, pour que justement elle ne soit pas parti de la France. Au fait, combien a t il recu de l’angleterre ?

                          « Sur le plan intérieur, on oublie également que l’évêque d’Autun a proposé bien avant Jules Ferry, à la tribune de l’Assemblée, la scolarité gratuite et obligatoire. »

                          Bien avant Guizot, plutôt. Il est vrai que la Révolution à détruit le systéme d’éducation public..


                          • Albert (---.---.102.40) 20 janvier 2007 11:40

                            Bonjour, Talleyrand, « Le Diable boiteux » qualifié par Napoléon de façon« inconvenante »aurait laisser une réflexion à usage des décideurs (et peut être aussi,moimême)

                            - « Ce qui est excessif est insignifiant »

                            Pour son action politique on ne peut que citer la reflexion d’un élu plus récent (presque voisin géographique) :« Ce n’est pas la girouette qui tourne....C’est le vent » Cordialement


                            • debase (---.---.215.199) 20 janvier 2007 11:44

                              @l’auteur

                              Merci à vous de contribuer à faire connaître ce livre riche et magnifiquement écrit sur Talleyrand de JEAN ORIEUX.

                              Outre les enrichissantes réflexions ou polémiques qu’il peut susciter, cet ouvrage est fort instructif sur cette période capitale de l’histoire de France et de l’Europe. C’est un chef-d’oeuvre !

                              C’est presque un devoir que d’inciter tous ses proches à le lire, les jeunes en particulier.


                              • caramico (---.---.227.96) 20 janvier 2007 14:50

                                Dans le genre « je retourne ma veste, toujours du bon côté, et je m’en met plein les fouilles », ça ne vous fait pas penser à quelqu’un, finesse en moins ?


                                • moebius (---.---.138.245) 20 janvier 2007 23:01

                                  Trés éveque Talleyrand.. trés évéque...trop. On aurait plutot un tentance naturelle à ce méfier de ce personnage, et on aurait raison. Serait ce « l’Etat », « la République » son Dieu ? Non franchement ce personnage m’est antipathique, baisser lui son anneau pour moi.


                                  • jlf (---.---.37.124) 21 janvier 2007 07:39

                                    le dernier ouvrage de fond sur Talleyrand qui complète utilement celui de Jean Orieux

                                    celui d’Emmanuel de Waresquiel chez Fayard


                                    • L'enfoiré L’enfoiré 21 janvier 2007 10:17

                                      Bonjour,

                                      Il y a une réflexion qui me vient d’office à la lecture de ce bel article : « Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis ».

                                      « Retourner sa veste » comme le chantait Dutronc reste la seule possibilité dans un monde en changement perpétuel.

                                      Les alternatives existent et les oublier sans les évaluer est la pire des gaffes. Je n’ai jamais fait partie à part entière à un parti ou à une idéologie. Je l’ai écrit (cf. URL).

                                      Les idées évoluent par l’extérieur (l’environnement) et par l’intérieur (l’âge). Tirer son épingle du jeu est la seule technique de la sagesse. Les programmes du moment et pas les partis. S’être trompé n’est pas le problème. S’incruster, oui.

                                      Bravo, pour les citations qui me paraissent tellement vraies. Je suis étonné par la relative discrétion de notre « Talleyrand » local. Mais il avait prévenu qu’il devait s’égarer un peu ailleurs. Ceci explique cela. A+ smiley


                                      • admiratif (---.---.146.248) 21 janvier 2007 10:33

                                        C’est bien d’avoir les idées larges et un coffre encore mieux rempli...« de la merde dans un bas de soie ». Sur ce point, Napoléon ne s’était pas trompé. smiley


                                        • jennifer (---.---.146.248) 21 janvier 2007 11:09

                                          @ admiratif:tu ne te trompes pas. Certains pensent que se sont les « grands hommes » qui font l’histoire, alors que tout n’est que rapport de force :

                                          Le Congrés de Vienne était l’émanation du désir qu’aucune grande puissance ne prenne le pas sur une autre.

                                          Cela a tenu jusqu’à la guerre 14, dont les protagonistes : le Kaiser, l’Empereur d’Autriche- Hongrie,le Tsar de Russie,le Roi d’Angleterre étaient tous de la même famille(cousins).

                                          Seule la France était républicaine : sa participation, outre le jeu des alliances, tenait à son désir de reprendre l’Alsace Lorraine perdue par cette andouille de Napoléon III,à la suite d’une guerre immonde(1870), de protéger ses colonies, et de s’affirmer dans le concert des nouvelles puissances modernes et industrielles,qui comme les autres,voulaient protéger leur commerce et leur haute bourgeoisie.( On peut ajouter sa démographie).

                                          L’Empire Ottoman a joué la mauvaise carte et n’a pas survécu...Son éclatement explique en grande partie la « géopolitique actuelle » : Palestine,(conflit Israélo-Palestinien), Turquie, Irak, Iran, le Maghreb,et ex URSS. Et sans doute l’Islamisme . smiley


                                          • Frederic Desfeuillet 21 janvier 2007 19:35

                                            Très bon article, très constructif et passionnant.


                                            • cricri (---.---.198.34) 21 janvier 2007 19:58

                                              « Les génies de la politique, il en naît un par génération. »

                                              « nous avons eu De Gaulle et Mitterrand. Aujourd’hui c’est la grande disette ! Nous n’avons que des pantins qui calquent leurs idées sur les sondages et ne savent pas manier le Verbe. »

                                              Voyons, voyons, vous etes trop pessimistes !...Ouvrez les yeux... Nous avons notre homme du moment !..NICOLAS SARKOSY !!!! Vive la France !


                                              • Rocla (---.---.110.235) 21 janvier 2007 20:19

                                                Pardon , vous oubliez Edgar Faure illustre homme d’ Etat , impulsionneur de la girouette , ancètre de l’ éolienne qui est aujourd’hui une des énergies les plus dans le vent .

                                                Rocla


                                              • Gypse (---.---.34.88) 21 janvier 2007 20:11

                                                Brillant article. L’obtention de la paix avec l’Angleterre a été aussi une de ses oeuvres, la toute dernière, à laquelle il a consacré les derniers instants de sa vie politique et de sa vie tout court. Ce qui a permis à la France de respirer quelque peu, le temps que la Prusse se construise.


                                                • (---.---.229.236) 22 janvier 2007 20:46

                                                  Et puis comme il recevait de l’argent des anglais, c’était vachement dur pour lui....


                                                • sérieux (---.---.146.65) 22 janvier 2007 21:49

                                                  Arrétez l’emplatrage ! smiley


                                                • arlette (---.---.64.177) 22 janvier 2007 05:09

                                                  et hop, j’ai encore appris quelque chose aujourd’hui ! smiley


                                                  • alain (---.---.126.95) 22 janvier 2007 15:43

                                                    je voudrais rappeler a votre souvenir, l’exellent livre de stefan zweig : FOUCHE . sans rien enlever au mérite de talleyrand, fouche, bien qu’aussi vénal que le précédent n’ a rien a lui envier en matière de génie politique. sans lui malgré toutle talent de talleyrand, jamais louis XVIII n’aurait pu revenir a paris apres le depart de l’empereur.

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