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Le gosse

Les colonies de vacances au début des années 60 n'étaient par toutes très jolies. Les mouvements d'éducation populaire comme des Francs et Franches camarades et les CEMEA n'étaient pas partout, malheureusement.

J'ai connu comme gamin, une colonie de vacances où les coups et les brimades pleuvaient.

Nous n'étions pas au bagne, loin s'en faut, mais pas au paradis non plus. Il restait des réminiscences des méthodes d'antan.

Jeune instituteur au début des années 70 j'ai eu des enfants malheureux dans leurs familles d'accueil....

Aujourd'hui tout cela a bien changé, bien heureusement !

l'histoire racontée par Vérinique Olmi est énormément plus sombre, elle raconte non les souffrances mais le martyre de ces enfants bagnards , d'un temps pas si lointain ! 

« Le gosse »

roman de Véronique OLMI

éditions Albin Michel

294 pages

février 2022

 

Vrai et bouleversant

 

Joseph est né en 1919, son père, gueule cassée de la grande guerre est mort sans avoir connu son fils.

Joseph va vivre sa petite enfance avec sa mère ouvrière du textile et sa grand-mère perd doucement la tête.

La vie est dure mais sont heureux jusqu'au jour où sa mère décède à la suite d'un avortement pratiqué par une " faiseuse d'ange ».

Joseph va essayer de s'occuper de sa grand-mère et de se débrouiller, tout seul... A sept ans c'est difficile et des voisins vont dénoncer ce petit titi parisien aux autorités.

Il est placé dans une famille d'accueil et sa grand-mère va se retrouver dans un hospice pour vieux.

C'est là que commence une « aventure » dramatique qui va le conduire dans une prison pour enfants puis au bagne à Mettray, lieu sinistre, dit « centre de rééducation » !

Pourquoi ce petit garçon se trouve là, soumis à de la maltraitance, et plus encore ?

A-t-il volé ?

Non, il a simplement décidé un jour de quitter ses « parents » nourriciers.

Joseph va grandir tout doucement, difficilement, dans la souffrance.

La découverte de la musique va t-elle lui permettre de surnager avec ce « cornet » à piston qu'il sait manier avec dextérité.

C'est avec cet instrument qu'il va travailler, sous les ordres de ceux qu'on appelle des surveillants mais qui sont de véritables matons.

Joseph va-t-il sortir de cet enfer où il côtoie le pire, l'indicible et où il noue une amitié très forte et même plus avec un de ses « coreligionnaires » ?

Comme l'écrit juste avant le Front Populaire le journaliste Alexis Dayan :

Dans ces lieus « d'éducation » fait non seulement pour les jeunes délinquants mais aussi pour des pauvres orphelins comme Joseph : « Tous les surveillants ont à leur actif des souffrances, des agonies sans nom. A cause d'eux, des enfants se sont enduits les yeux de chaux vive, ont absorbé du cesyl...  » Beaucoup d'enfants ont succombé.

Le Front Populaire va permettre, entre autres que des enquêtes soient faites, que des mesures soient prises.

En 1937, les derniers enfants quittent Mettray

1940 marque la fin des bagnes pour enfants mais il faudra attendre la Libération pour que de vraies réformes soient envisagées et mises en œuvre.

 

Ce livre à l'écriture intense est bouleversant.

 

Jean-François Chalot


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6 réactions à cet article    



    • voxa 21 mars 10:26

      Cette chasse à l’enfant a réellement eu lieu à Belle-Île-en-Mer...

      Suite aux mauvais traitements et à la mort d’un enfant qui en découla, les gosses s’évadèrent tous...

      Une mise à prix, et la misère poussa la majorité des iliens à se lancer dans cette chasse à l’enfant...

      A Belle isle en mer, au Palais, il n’y a pas que la forteresse du port à visiter... Repartir de là-bas sans avoir vu le bagne pour enfants est une insulte à la mémoire de ces gosses martyrisés.


      ...


      • jef88 jef88 21 mars 11:20

        Je suis né en 1944 ..... J’ai connu les colonies de vacances « Boussac » de Thonon les Bains, La Chapelle d’Abondance, Dinard ......

        Avantage ? Cela ne coutait presque rien aux familles...

        Cela permettait à des gars de régions différentes de faire connaissance et de s’apprécier (Vosgien, j’ai eu des copains chti"

        Les jolies colonies de vacances

        Merci papa, merci maman,

        Tous les ans, je voudrais qu’ça recommence ....


        • wagos wagos 21 mars 12:48

          Je suis né en 1942, enfant abandonné et confié à des parents nourriciers...

          Dès 1948, j’étais expédié en colonie de vacances , celle de la Societé Générale dans le département du Rhône à St Cyr au Mont d’Or....

          Un château avec parc, qui avait dû être une caserne pendant la guerre , tant il en restait de vestiges, mais à part ça , un bonheur relatif suivant le moniteur , et Messe le Dimanche et levée des couleurs avec chants patriotiques ...

          Par contre belles excursions et bonne nourriture....j’y suis allé jusqu’en 1956 . 

          Ah oui c’était mixte aussi, mais attention, fallait garder les distances ! 


          • Rincevent Rincevent 21 mars 13:59

            Né en 1947, j’ai eu droit, à partir de 7 ans, à la colo des curés d’une banlieue de Nancy. Pas folichon, dit comme ça, mais finalement pas si mal. De la marche, ça oui, j’en ai fait des kilomètres ! Et en chantant s’il vous plait. Des ventrées de myrtilles (qu’on appelait brimbelles) ramassées dans les sous-bois à la limite des Vosges. En cas de mauvais temps, des activités à l’intérieur avec le choix argile, tressage, travail du bois etc. La cuisine, heu… ‘’moyenne’’, mais des miches de pain d’un kilo dont je n’ai jamais retrouvé l’odeur de vrai pain. C’est ma madeleine de Proust…

            L’encadrement : le directeur était un abbé sans paroisse car ancien ‘’prêtre ouvrier’’, un mouvement chrétien-social qui avait fini par être condamné par le Vatican. Ceux qui avaient réintégré l’Église avaient dû passer par une retraite où ils subissaient un véritable lavage de cerveau pour évacuer les restes de velléités trop sociales… Les monos, des JOC et un jeune séminariste sportif et sympa. Bref, rien d’un bagne.


            • KANARNO 21 mars 16:58

              Ne pas confondre « colonie de vacances » et colonie pénitentiaire agricole de Mettray « ou » colonie pénitentiaire maritime de Belle Île ".

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