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Le Goût des pages à Brantes... un salon à part

Pour la 2e année, le village de Brantes (près de Vaison-la-Romaine dans le Vaucluse) a accueilli le salon « Le Goût des pages », où sont invitées des maisons d’édition indépendantes. Aucun salon ne ressemble à celui-là - Colmars-les-Alpes, peut-être -, mais rien à voir avec les alignements de dizaines d’auteurs, où les petits sont souvent des faire-valoir pour les pointures. Rien à voir avec les salons « vide-grenier du livre » où l’auto-édition règne en maître et rien à voir avec les « usines à gaz » comme Lyon ou Paris. Sans rejeter ces salons, tout auteur est heureux d’y aller, Brantes n’a pas seulement « Le Goût des pages », il possède bien des saveurs.

Brantes dans le Vaucluse, une poignée d’habitants, une vingtaine d’éditeurs en salon
Lorsque les bancs de brume vous accompagnent jusqu’à mi-pente sur la route sinueuse, vous vous demandez si vous êtes seul sur Terre, si quelque visiteur va prendre la même direction que vous. Seul ou pas, vous savez où vous allez, à Brantes. Le voyage est souvent aussi riche que la destination...
Ce n’est pas le bout du monde, mais, en sortant de votre voiture, vous êtes obligé de rester un instant silencieux
devant la face Nord du Ventoux, rude, abrupte, sauvage.

Que ce soit la première ou la Xe fois que vous veniez, vous êtes accueilli en ami. Sourire, efficacité, chaleur, petites attentions, même si ailleurs, chacun fait son maximum, Brantes, "c’est pas pareil", ça, on n’y peut rien !

Alors samedi, la magie a encore opéré. Il faisait moins beau que l’an passé. Le vent venait déranger les papiers bien rangés, mais les visiteurs étaient au rendez-vous, les fidèles, les lecteurs, les curieux, beaucoup en provenance des Alpes-de-Haute-Provence.

Invité "hors livre", Milo Bati, slameur poétique sur sonorités africaines, c’est le seul moyen de le catégoriser... et encore.
Une écriture proche de Raimbaud posée sur des percussions, des cordes d’instruments rudimentaires africains, parfois une basse ou une note électrique, mais surtout les mots et leur sens, mis en valeur par une diction sereine.
Il venait présenter son CD et, au premier achat, l’idée lui est venue d’offrir un poème en guise de dédicace. Un poème libre, instantané.
Quelques instruments et voilà les enfants qui s’attroupent. Des peaux sur lesquelles on peut frapper, des sons, une invitation.

Le ciel s’est assombri, le vent a pris de la force, le soir, après le repas en commun à l’auberge de Brantes (une soupe de courgette délicieuse), chacun a regagné son hébergement chez l’habitant, bénévole, accueillant.
Nous, c’était chez Line, celle qui fait des habits, hors mode, hors du temps. Elle fait les petits déjeuners, mais assure aussi la cantine du salon avec quelques autres. Une vraie nourriture, un vrai régal, un grand sourire.

Dimanche la cata. Le vent a fait de la bouillie avec les tentes dans la cour de l’école. Une salle est prévue à Savoillan. Un agriculteur de Brantes propose son hangar en haut du village. Allez, on reste au village !

Sacs de ciments alignés, murs de cairons bruts, sol inégal, odeurs de produits chimiques, camions et tas de graviers dans la cour, rafales de vent chargées de poussière, pluie en averses... hummm, changement total.
Pierre Meffre, maire de Vaison, conseiller régional, attaché à l’arrière-pays, est venu inaugurer le parcours botanique et soutenir les éditeurs et auteurs restés affronter le mauvais temps.

Peu de monde, mais un vrai public, militant, volontaire.
Des amis "de la plaine" sont venus, les libraires de Piolenc et de Sainte-Cécile (en repérage pour le salon de la petite édition du 22 juin 2008 à Sainte-Cécile, mais chut !, il ne faut pas le dire...).
Si nous n’avions pas la foule, nous avions des lecteurs, nous, on préfère. Un salon de l’édition, ce n’est pas Disneyland, les auteurs s’investissent pour répondre présent, ils aiment partager avec le public.

La pluie nous a contraints à fermer tôt, il n’y avait vraiment plus personne. Chacun s’en est allé, le dos courbé pour se protéger des rafales : "Allez, salut, à l’année prochaine, c’était super ! "
De manière générale, les éditeurs sont contents de ce salon. Beaucoup de contacts sont établis, certains ouvrant des portes en attente depuis des mois.

Un énoooooorme merci aux organisateurs, l’association le Griau, ceux qu’on voit, mais aussi les discrets, les transparents, ceux qui préparent, chargent, déchargent, transportent, cuisent, servent, des semaines avant, pendant les deux jours et ceux qui suivent !

Dominique

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