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Le grand voyage d’Ulis

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Conteurs en herbe.

Ce sont des élèves de 13 à 16 ans repérés pour leurs difficultés à maîtriser la langue, que ce soit par le truchement de la lecture ou bien de l’expression orale. Ils sont inscrits dans une classe « Ulis », une structure intégrée à un collège qui favorise quelques passerelles entre les autres classes et la leur. C’est ainsi qu’en fonction de leurs possibilités, ils suivent, qui un cours d’histoire géographie, qui pour un autre un cycle en sciences ou en technologie. Au quotidien, une enseignante spécialisée leur concocte des séances adaptées à leurs difficultés tout en gérant les incessants va et vient et les concertations avec les professeurs qui accueillent quelques élèves.

Trouver une plage horaire où tous les adolescents sont présents, dans ce contexte n’est jamais simple. Avec Maryline pourtant nous y sommes parvenus afin de mettre en place, sur l’année scolaire, un cycle autour de la Loire et des Contes. La Loire d'une part avec une animation proposé par l’association Loiret Nature Environnement dont j’ai rendu compte lors de la sortie à laquelle j’ai participé, véritable point d’orgue de l’activité, le Conte ensuite avec une séance par mois durant l’année scolaire.

Plusieurs objectifs accompagnèrent ces interventions. En tout premier lieu, il ne faut jamais évacuer cette dissension essentielle, le plaisir de retrouver son âme d’enfant en entrant dans l’imaginaire et parfois la féerie. C’est là une nécessité qui convient de ne jamais perdre de vue, surtout dans le cadre scolaire. Sans lâcher prise avec le réel, l’enfant ne peut construire son imaginaire et s’englue le plus souvent dans une conception trop formatée de la société. Puis, naturellement les héritages historiques, légendaires, naturels de notre rivière sont forcément très présents au cours de cette balade dans les récits. Enfin, un travail sur la langue leur fut proposé, à la fois en prenant le relais du conteur pour dire à sa place une formule rituelle de départ, en lui proposant un rituel de fin de conte, en analysant ensuite la structure du récit proposé.

Des exercices d’imagerie mentale sur des contes brefs permettaient également aux élèves de dire à leur tour des petites situations par cœur. Ils travaillaient ainsi leur mémoire, leur faculté d’exprimer des émotions par le double jeu de la voix et du corps et bien sûr l’expression orale, souvent le parent pauvre d’une école qui par facilité, privilégie l’écrit.

Pour bien comprendre la réussite de ce projet, les séances ne duraient jamais une heure, il n’y avait pas moyen de l’interrompre, les élèves demandant toujours un autre conte. Les progrès s’ils ne furent pas spectaculaires furent néanmoins sensibles au fil des mois. Les Conteurs en herbe prenant de l’assurance, plaçant mieux leur voix, se dédouanant petit à petit d’une timidité envahissante.

Ils me promirent d’écrire à leur tour un conte et de me l’offrir lors de la dernière séance. C’est ainsi qu’en ce jour de clôture de l’année scolaire, je vins à leur rencontre comme spectateur. Nous allions inverser les rôles, c’était à moi de les écouter. J’eus la surprise de ne pas avoir un seul conte, mais six récits qui reprenaient de-ci de-là des bribes des anecdotes, des scénarios, des personnages rencontrés au fil de l’activité.

Certains trouveront cette production bien timide, c’est qu’ils ne connaissent pas la réalité de ces élèves. C’est un véritable travail, un investissement important pour un groupe dont je le répète, les périodes de travail collectif sont rares du fait même de la structure d’une telle classe. Il est évident que le temps leur a manqué pour peaufiner leurs textes, mais qu’importe, ces cadeaux sont d’une formidable sincérité et j’espère que nul ne viendra se moquer d’éventuelles maladresses ou se gausser d’une naïveté qui je trouve quant à moi rafraîchissante.

J’espère de tout cœur que des enseignants souhaiteront à leur tour me solliciter pour mener d’autres cycles de cette nature dans leurs classes. Ça n’a sans doute rien de génial ni d’exceptionnel, je n’ai pas cette prétention, c’est seulement une parenthèse enchantée dans le quotidien d’une scolarité qui mérite d’être vécue. Le Conte est un outil fondateur, c’est ainsi qu’il a permis de tout temps de structurer l’imaginaire des enfants comme des adultes tout en transcendant les peurs et les dangers qui jalonnent l’existence.

Il est encore possible de combiner cette activité avec la participation au concours « Rivière d’Images, Fleuves de Mots » qui sur l’année scolaire, invite à des activités pluridisciplinaires permettant de produire une fresque. Tout est ouvert pourvu que la Loire se retrouve au centre de l’animation pédagogique. C’est curieux d’ailleurs qu’à Orléans, ville qui aime à se qualifier de Capitale Ligérienne, je ne trouve pas plus d’écho à ces propositions. Un simple malentendu je suppose que la lecture des contes des élèves lèvera, du moins je l’espère de tout mon cœur.

Pédagogiquement leur.

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17 réactions à cet article    


  • Bonjour Nabum, l’avantage du blé en herbe, c’est qu’il ne se calcule pas en en TAU d’intérêt et se porte par la anse du panier des bonnes actions. Il fleurira en passant par Saint-Malo et vaincra sous l’omble, le poisson chevalier. A une Grande Collecteuse amoureuse des chartreux et de la chartreuse. Violettes à courte tige, violettes blanches et violettes bleues, et violettes d’un blanc bleu veiné de nacre mauve, - violettes de coucou anémiques et larges, qui haussent sur de longues tiges leurs pâles corolles inodores...
    Violettes de février, fleuries sous la neige, déchiquetées, roussies de gel, laideronnes, pauvresses parfumées...
    O violettes de mon enfance ! Vous montez devant moi, toutes, vous treillagez le ciel laiteux d’avril, et la palpitation de vos petits visages innombrables m’enivre...Jour du chat moi. et de la chamoissette, bien utile pour récolter le POLE HAINE.


    • C'est Nabum C’est Nabum 3 juillet 19:19

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.


      Et la FNSEA n’y est pour rien dans son développement

    • Cette année, ma façade et sa terrasse sont dans tel état de délabrement, qu’aucune de mes fleurs n’a osé se pointer. Sa drapant d’une poussière de gravats douteuse. Elles ont préféré se préserver de cette monstrueuse attaque pâtissière (le gloupier n’y est pour rien, ce n’est pas Noël et encore moins GOD HEIN). Ni IRIS, ni LYS. Bonjour ULIS.


      • @Blek


        Que serais-je sans mes ennemis au visage « pâles » Blek, Améridiens au visage blanc-ici : fachos ? Surtout après la victoire des DIABLES ROUGES.

      • Jean Roque Jean Roque 3 juillet 11:31


         
        PISA
        1980 : FRANCE 4ème
        2000 : BOOBALAND 10ème
        2017 : BOOBALAND 27ème

         
        10% d’analphabètes...
         

        Titi rouge et sa culture sophistiqué marxiste, ses bibliothèques ouvrières, est devenu Poutou le crado en marcel, booba le rappeur, et barbu le crétin psalmodiant le coran...
        Rothschild félicite sa bonnichet préférée, La Baudruche négrière à Soros !
         
         
        http://french.ruvr.ru/news/2015_01_24/Colere-apres-la-publication-dun-tableau-ou-Algeriens-et-Marocains-auraient-le-QI-le-plus-bas-du-monde-5027/
         
        http://www.midilibre.fr/2017/12/31/dimitri-casali-historien-nous-sommes-en-pleine-regression-intellectuelle,1608805.php
        https://francais.rt.com/france/46220-ecoliers-francais-ont-baisse-lecture-dictee-quotidienne
        http://www.geombre.fr/2016/11/timss-2015-la-france-chute-dans-le-classement-des-mathematiques.html&nbsp ;


        • C'est Nabum C’est Nabum 3 juillet 19:20

          @Jean Roque


          Je pense n’y être pour rien
          et je déplore tout autant que vous


          • C'est Nabum C’est Nabum 3 juillet 19:22
            @Cadoudal

            Et le déclin n’est pas terminé tant que les vrais Bobos s’occupent de la chose éducative

            Revenons à l’instruction publique et ne perdons plus les missions historiques de l’école :
            Apprendre à Lire, Parler, Écrie, Compter, Penser

          • pallas 3 juillet 12:37
            C’est Nabum
            Bonjour,

            La quasi totalité des gamins et gamines qui ont entre 15 à 25 ans fumes des joints, ils n’ont aucunes émotions, d’une naïf parfait à l’idiot pensant que le monde est rose bonbon et que tout le monde il est gentil, du vent dans la tête.

            Vous espérez quoi des jeunes ?, ils n’ont pas d’instincts de survie, la plupart sont lâche, faisant dans la relation artificiel, cramponner à leurs smartphone.

            Pas étonnant que se sont des proies facile pour les psychopathes et autres sociopathes

            Des déchets quoi smiley

            Salut

            • pallas 3 juillet 17:55

              @webhelice


              Ho, quel attaque,

              Je pleure, me sentant humilié, une vrai tragédie (je pleure) !!!!

              Espèce de larve, fait dans l’attaque psychologique, et non sur l’orthographe.

              Sa manque de confiance en soit déchet, faut être dur et tranchant et non fuyant.

              Par exemple votre commentaire est digne d’une proie, incapable de faire front.

              Allez j’attends mieux que ça mon poussin

               smiley

              Salut

            • C'est Nabum C’est Nabum 3 juillet 19:22
              @pallas

              Pas ceux-là, vous pouvez m’en croire

            • nono le simplet nono le simplet 4 juillet 04:54
              l’approche un peu pernicieuse et hors des sentiers battus de l’apprentissage « classique’ auquel tu participes est pourtant la meilleure pour apprendre à penser, à comprendre ...
              autrefois mon instituteur faisait des expériences pratiques et visuelles sur ce qu’il nous enseignait ... un cadran solaire, des expériences avec des aimants ... plein de trucs rigolos qui étaient là pour capter nôtre attention et éveiller nôtre désir de penser, d’apprendre, de comprendre ... d’aimer l’école ...
              plus tard, j’ai eu des profs, même dans les matières que j’aimais, qui récitaient leur cours, sans plaisir, sans passion ... comment pouvaient ils penser nous transmettre quelque chose ?
              j’ai eu aussi de bons profs ... je me souviens surtout de ce prof d’histoire, en 4e, réputé comme un peu fou qui nous racontait l’Histoire avec passion, avec des détails croustillants pour nous captiver, pour nous faire rire ... je me souviens encore des prussiens » décimés par la chiasse avant la bataille de Valmy« ...
              je me souviens aussi de ce prof de maths en 1e et terminale qui commençait son cours en nous distribuant un polycopié, et en nous disant » voilà le cours d’aujourd’hui, vous n’avez pas besoin de gratter, tout es écrit, maintenant on va essayer de comprendre tout ça" et finissait son heure par des exercices simples en aidant ceux qui avaient du mal ... il aimait les maths et ses élèves ... et nous on le savait !
              je n’ai aucun doute, ton action va dans le bon sens, continue ... et bravo !

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