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Le jazz se met aux couleurs japonaises

La Maison de la culture du Japon à Paris (16e) rouvre ses portes jusqu’au samedi 3 juin, à Jazz in Japan. Pour sa sixième édition, le Festival accorde ses guitares au son du diapason japonais.

Après une pause l’an dernier, pour « mieux s’affirmer », le festival Jazz in Japan, revient dans le but de s’imposer comme le rendez-vous incontournable du jazz japonais. Aux commandes de cette sixième édition, un vétéran, monsieur Teruto Soejima. Critique de jazz à l’ouïe fine et directeur artistique réputé, Soejima n’a pas son pareil pour faire d’un festival un tremplin dédié à l’innovation et à la créativité. De l’Italie à l’Allemagne en passant par la Slovénie, cette figure emblématique du jazz trimballe ses valises là où les guitares et trompettes résonnent. D’ailleurs, si la MCJP a fait appel à lui, c’est pour qu’il vienne cadrer une programmation jugée trop « hasardeuse » précédemment. C’est donc avec grand plaisir que ce fan de Chet Baker s’est chargé de concocter une scène éclectique et avant-gardiste, répondant autant aux goûts des jeunes novices qu’aux initiés indécrottables.


Le Festival Jazz in Japan s’est ouvert mardi soir, avec une affiche alléchante qui annonçait un « duo de choc », la rencontre improbable du guitariste hors pair et fier précurseur du jazz fusion, Kazumi Watanabe, et du « digne héritier de Django Reinhardt », Biréli Lagrène . Seul petit hic : notre virtuose du jazz manouche étant malade, le Japonais a dû assurer le concert tout seul. Mais cela n’a aucunement gâché la soirée. Bien au contraire. Car voir une légende vivante, élue 24 fois « meilleur guitariste jazz de l’année » par le prestigieux Swing Journal, sur scène, jonglant entre le rock, le jazz et le blues, enchaînant tour à tour du Beatles, du Miles Davies sans oublier l’irremplaçable Django, ne se manque sous aucun prétexte. Et les premiers déçus par l’absence de Biréli Lagrène étaient aussi les premiers à être conquis par l’immense talent du virtuose japonais, Watanabe.

Après ce concert qui m’a laissée, je l’avoue, bouche-bée, j’ai rejoint monsieur le directeur artistique, Teruto Soejima, dans sa loge. Accompagné de son interprète, ma première question s’est portée sur son choix de ce festival. « Les artistes à l’affiche, que ce soit le guitariste Kazumi Watanabe, le joueur de shakuhachi (flûte en bambou) Akikazu Nakamura, ou encore la chanteuse Yuki Saga, font tous partie des coups de cœur que je voulais faire découvrir, mais aussi des figures emblématiques du jazz japonais. Je voulais que cette édition déploie un éventail de couleurs, retraçant chaque style de jazz depuis les années trente à nos jours ». Et aux artistes de prouver tous les soirs sur scène que le jazz se décline volontiers à la sauce pop, rock, électro, noise et même classique. « Le jazz japonais s’adapte aux différentes tendances, d’où sa spécificité et son originalité. Voyez DoraVideo ou encore Atsuhirô Itô (qui animeront la Super avant-garde night) : les jeunes aussi ont développé leur propre style jazzy, en inventant le « japan sound jazz noise » (un mélange de performances visuelles et sonores, de jazz et d’électro). Aucun genre ne devait être oublié dans le cadre de ce festival ».

Pourtant, on a du mal à croire qu’au pays du soleil levant, le jazz transcende les foules. Détrompez-vous, car « des artistes comme le pianiste Yosuke YamashitaYamashita ou encore le trompettiste Terumasa Hino ont popularisé le jazz japonais dans les années 1970, et même au-delà de nos frontières. Ce n’est pas un genre musical nouveau au Japon. Rien qu’à Tokyo on compte plus de 50 clubs de jazz, fréquentés principalement par des jeunes, et 800 dans tout le pays ». Alors Jazz in Japan ne se contente pas de renfermer son public dans le jazz traditionnel ? « Ce festival est une "coupe transversale du jazz", avec tous ses styles différents et variés, car cette musique est d’une étendue infinie ». La bonne parole et l’humour de monsieur Soejima ont le don de convaincre tout le monde, même les plus réticents au premier abord. Mais quand vous vous baladez dans Paris, Monsieur Soejima, quelle est la mélodie qui vient résonner au plus profond de vous ? « Ô Champs-Elysées, ô Champs-Elysées... bien sûr ! ».

Tous ceux qui veulent s’initier au jazz made in Japan doivent impérativement réserver leur place pour la Super avant-garde night, mêlant performance visuelle et musicale de vendredi soir, ainsi que samedi, pour assister au concert du trompettiste free-jazz Itaru Oki et du pianiste Takeshi Shibuya.

Jazz in Japan 06

  • Concerts vendredi 2 juin et samedi 3 juin à partir de 20h30
  • Tarif : 15 euros TR : 12 euros
  • Maison de la culture du Japon à Paris
  • 101 bis, quai Branly
  • 75 015 Paris
  • www.mjcp.asso.frwww.mjcp.asso.fr

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3 réactions à cet article    


  • David JR (---.---.193.51) 2 juin 2006 15:29

    Article très agréable à lire. Vivement ce soir que je puisse découvrir ces artistes. Cordialement. DJR


    • déborah malet (---.---.111.242) 2 juin 2006 16:20

      Merci ! petite précision : Teruto Soejima donnera samedi 3 juin à la maison de la culture du japon à 17h, une conférence gratuite sur l’histoire du jazz nippon. Alors reservez vite vos places ! encore merci beaucoup DJR et bon concert !


    • lorent (---.---.112.23) 3 juin 2006 22:07

      J’aime le jazz d’alcatraz pour ces rimes divines mais j’connais pas le saxo jap an , si la tournée coiffe une ville de province on conte sur vos notes pour nous donner la date .

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