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Le Jeu de l’Amour et du Hasard se débusque à La Pépinière

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LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD
photo © Christophe Vootz

Comme dans un jeu tout à la fois de rôles et de dupes, Sylvia, Lisette, Dorante et Arlequin se succèdent dans une course de chaises musicales en se poursuivant délibérément masqués pour mieux faire tomber l’imposture et, en conséquence, faire surgir la vérité du sentiment.

Mais quelle est la portée du faux-semblant lorsque chacun s’emploie à maquiller sa véritable identité croyant, de cette manière, pouvoir mieux débusquer celle du partenaire et de son acolyte ?

C’est donc ainsi que maître, valet, maîtresse et servante vont se lancer dans une enquête, à front social renversé, destinée paradoxalement à obtenir toutes les garanties nécessaires à la viabilité d’un mariage voulu par le père de Sylvia alors même que Dorante, son promis, est également partie prenante dans cette recherche de confiance​.

Les figures, paternelle d’Orgon et filiale de Marco, connaissant toutes deux l’ensemble du simulacre, agiront comme catalyseurs de ces tromperies concomitantes en souhaitant que surgisse de la falsification généralisée, une sorte de sincérité en état de grâce nuptiale !

En convoquant sur la scène théâtrale cet audacieux défi aux principes éthiques, Marivaux ose faire imploser, hors de son carcan, l’institution juridique du mariage, libérant ainsi toute l’énergie répressive et inhibante y étant potentiellement contenue.

C’est, bien sûr, vu du spectateur, le rire salvateur qui devrait gagner sur toute la ligne idéologique et artistique du projet, tant les postures ridicules de l’humanité ne pourraient tuer cette dernière mais cependant un terrible constat apparaît alors avec une évidence criante :

L’assimilation culturelle était quasiment inaccessible d’une classe sociale à l’autre au XVIIIème siècle et, par suite, pourquoi le serait-elle devenue de nos jours ?

S’étant lui-même distribué pour la cause marivaldienne, Philippe Calvario dirige ses acteurs avec la détermination de faire sauter tous les a priori désuets à plusieurs siècles de distance, de façon à donner toutes ses chances à la compréhension pérenne d’une démonstration scénographique à la fois décalée, travestie et immensément drôle mais aussi lourde de conséquences prosaïques :

Le langage n’a pas forcément vocation fédératrice universelle.

photos © Christophe Vootz 

LE JEU DE L'AMOUR ET DU HASARD - ***. Theothea.com - de Marivaux - mise en scène Philippe Calvario - avec Anne Bouvier, Jérémie Bédrune, Philippe Calvario, Nicolas Chupin, Eric Guého & Marie-Pierre Nouveau - Pépinière Théâtre

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LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD
photo © Christophe Vootz

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