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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Le Lauréat » Anne Parillaud en luxure Arthur Fenwick au Montparnasse

« Le Lauréat » Anne Parillaud en luxure Arthur Fenwick au Montparnasse

A la suite du film culte « The Graduate » de 1967 effectuant sa sortie française quatre mois après mai 68, « Le Lauréat » sous-tend une mémoire sociétale s’affranchissant du joug de l’ancien monde au profit de mœurs plus libres, permissives et surtout moins coincées.

Dustin Hoffman et Anne Bancroft y trouvèrent une consécration quasi mythique tant ils étaient en phase avec la dynamique d’un état d’esprit anticonformiste novateur.

La chanson « Mrs. Robinson » créée pour la circonstance par Paul Simon & Art Garfunkel, ainsi que la reprise notamment de leurs fameux « The sound of silence » et « Scarboroug Fair » contribuèrent amplement au succès immédiat de la bande originale du film.

 

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LE LAURÉAT
© J. Stey

  

La version francophone de Christopher Thompson venant se greffer sur l’immense succès de l’adaptation théâtrale de Terry Johnson à Londres en 2000 ainsi que sur Broadway deux ans plus tard, est enfin parvenue à Paris en février 2018 pour sa création au Théâtre Montparnasse.  

C’est donc Anne Parillaud & Arthur Fenwick qui ont l’immense honneur de succéder aux artistes initiateurs des rôles originaux respectifs.

Mrs. Robinson est ainsi la femme par qui la transgression des rôles dévolus aux convenances de l’âge et à la décence des liens familiaux allait catapulter la séduction quasiment en abus de pouvoir, consenti ou non.

Benjamin Braddock est ce jeune homme de bonne famille venant de décrocher son diplôme d’Harvard, l’une des plus prestigieuses universités made in USA.

 

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LE LAURÉAT
© J. Stey

 

   

En s’ouvrant pleinement à lui, sa vie d’adulte assumé débuterait par une soirée fêtant son retour au domicile familial accompagné de nombreux invités réunis par ses parents.

Arthur Fenwick apparaît d’emblée comme un poisson dans l’eau dans ce rôle ambivalent où la timidité se doit de côtoyer le libre arbitre en formation accélérée. Son interprétation sonne juste au point de faire oublier tous ses prédécesseurs.

Anne Parillaud, totalement motivée par sa fabuleuse et impressionnante mission, adopte, en ces premières représentations, une posture univoque quasi en embuscade… qu’elle va nécessairement faire craquer, tel le papillon s’affranchissant de son cocon.      

Il lui suffira, sans doute, d’un déclic à venir qui, d’un coup, libérera à la fois sa sensualité naturelle et une belle assurance vocale.

 

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LE LAURÉAT
© J. Stey

  

La présente mise en scène parnassienne de Stéphane Cottin s’appuie sur une scénographie en tournette du plus bel effet de fluidité entre les séquences alors que des projections fixes ou animées y agrémentent des instants suspendus… le plus souvent aux intermèdes musicaux.

Souhaitant se démarquer nettement du film originel, cette version théâtrale se focalise essentiellement sur le récit relationnel chronologique bien structuré et les enjeux impliqués qu’il entrechoque.

De même donc pour les plages musicales, le choix est d’évoquer la mémoire des chansons légendaires de Simon & Garfunkel par leur interprétation réorchestrée ainsi que d'en faire illustration par d’autres chansons sixties et même de se référer à Bashung.

Ce décalage est pleinement admis et intégré par le spectateur trouvant en cette distanciation artistique l’appui à son empathie en temps réel.

 

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LE LAURÉAT
© Theothea.com

  

Les autres partenaires identifiés « Robinson » & « Braddock » sont au nombre de quatre avec deux paternels (Marc Fayet & Jean-Michel Lahmi), une épouse (Françoise Lépine) et une jeune fille (Adèle Bernier).

Le jeu du chat et de la souris qui va s’établir entre Benjamin et Elaine suite à leur coup de foudre initial réciproque, faute d’être communicatif à leurs ascendants, va dégénérer en rivalités d’intérêts mal placés, de compétition mère-fille et de bienséance dénaturée.     

Les six comédiens sont dirigés avec une précision de métronome ; certains d’entre eux assurent de courts rôles secondaires parallèles s’affichant en contraste aisément discernable tout à fait plaisant.

 

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LE LAURÉAT
© Theothea.com

 

     

Gageons qu’en ce cinquantenaire de 1968, immergé en replay dans « Le Bruit du Silence » façon Simon & Garfunkel, « Le Lauréat » du Théâtre Montparnasse gagnera son retour sur investissement nostalgique en se félicitant, à juste titre, d’une distribution aussi performante. 

 

Photos 1 à 3 © J. Stey
Photos 4 à 6 © Theothea.com  

   
LE LAURÉAT - ***. Theothea.com - de Terry Johnson - mise en scène Stéphane Cottin - avec Anne Parillaud, Arthur Fenwick, Marc Fayet, Françoise Lépine, Jean-Michel Lahmi & Adèle Bernier - Théâtre Montparnasse 

 

 

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LE LAURÉAT
© Theothea.com

    


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