• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le Syndrome de Sainte Marie (Viabilités psychanalytiques en perspective (...)

Le Syndrome de Sainte Marie (Viabilités psychanalytiques en perspective 8)

On connaît le fameux syndrome de Peter Pan : l'immaturité méchante, de certains hommes. Moins connu et pourtant existant aussi, son pendant : le syndrome de Wendy, qui concerne les femmes qui se croient indispensables de façon immatures de même, jusqu'à leur détriment, dans une sorte de folie ordinaire.

Eh bien voici le syndrome de Sainte Marie, et c'est un syndrome plutôt mature, qui concerne indistinctement les hommes et les femmes. Un syndrome psychoculturel deux fois millénaire, ou peu s'en faut, frappant tous les pays monothéistes (judaïques et islamiques compris).

Ce qui au final, sur Terre, fait quand même beaucoup de monde.

 


Source de l'image - illustration de Santa Muerte, Sainte Mort.

 

Qui est Sainte Marie ?

Sainte Marie, est une femme nommée Marie pour commencer (Mariam en hébreu, Myriam en arabe) : cela va sans dire mais mieux en le disant.
Or, cette femme est sanctifiée, sinon on ne la qualifierait pas de Sainte. Mais elle n'est sanctifiée que dans les religions monothéistes, à caractère post-hébraïques et péri-judaïques (chrétienté et islam avant tout, donc).
Néanmoins, dans le judaïsme, Sainte Marie est bien placée pour être ce qu'il est convenu d'appeler « une mère juive » car, en effet, son fils la rejette au profit de ses disciples : il rejette toute invasivité de sa part, peut-être jusqu'à l'hypersensibilité quant à son sentiment qu'elle « prendrait sur lui ». Jeu de perspectives.
Ce rejet est d'ailleurs valorisé dans la chrétienté :

  • 47Quelqu'un lui dit : Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler. 48Mais Jésus répondit à celui qui le lui disait : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? 49Puis, étendant la main sur ses disciples, il dit : Voici ma mère et mes frères.Matthieu 12

  • 34Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée. 35Car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère.Matthieu 10

Jésus parlait d'abord pour lui.
Avant tout donc, Sainte Marie est une femme rejetée par son fils, éventuellement invasive dans sa vie et en tout cas perçue comme telle (« On n'est jamais prophète en son pays. ») mais qui pourtant ne renonça jamais à le suivre et, ce, jusqu'à sa mort putative en croix, entourée d'autres femmes et d'un certain disciple bien-aimé (à croire que, au fond, Jésus fut homosexuel : c'est une complexion analytique idéale-type pour cela).
Finalement, une ancienne théologie catholique fait de Sainte Marie « la reine du Ciel et de tous les Saints » depuis son assomption, fêtée le 15 août (qui arrive bientôt cette année). Chez d'autres chrétiens d'Europe orientale, orthodoxes, Sainte Marie connaît avant tout une dormition, c'est-à-dire une mort gracieuse, néanmoins sainte et fêtée le même jour. Notons d'ailleurs aussitôt que la relégation de Marie au second voire troisième plan, dans les protestantismes, n'a été qu'une façon de s'empêcher de penser la question, et donc de la perpétuer de façon impensée, inconsciente.
Dans l'imaginaire collectif, Sainte Marie est avant tout une vierge surnaturellement inséminée par le dieu prétendu unique (Dieu le Père, l'Éternel) … insémination dont il se serait servi, pour venir au monde sous la forme d'un garçon rejetant (Dieu le Fils, l'Incarné) par la magie du souffle sacré (Dieu l'Esprit-Saint, l'Atmosphérique).
Or, si à cela on ajoute l'assomption/dormition dite, il se trouve que Sainte Marie demeure avant tout dans un état surnaturel/morbide elle-même.
Il s'agit, en tout et pour tout, d'une femme décharnée, incorporelle, privée de sexe autant que de vie, du moins dans l'éternisation de sa sainteté courante jusqu'à nos jours et espérée à l'avenir (à commencer par ce 15 août 2021).
Le Je Vous Salue a beau parler de « Jésus, fruit de [ses] entrailles », il ajoute que ce fruit « est béni ». Mais Sainte Marie de même était bénie, de par son élection divine à l'accouchement, ainsi que son assomption/dormition à la mort, voire sans mort propre : ses entrailles sont bénies, elles sont décharnées.
Sainte Marie est une victime absolue, incestuelle, du dieu prétendu unique qui se sert d'elle en tant que père et la malmène en tant que fils, tandis qu'elle demeure pour lui un modèle de douceur et de dévotion … alors qu'elle aurait mieux fait de le maudire en retour, de le maudire trois fois. Il y a là typiquement, la martyrologie monothéiste à l'œuvre, où le croyant est enjoint à chérir son persécuteur.
Le syndrome de Sainte Marie est, au fond, le prototype du fameux syndrome de Stockholm, mais applicable à la vie ordinaire de tout un chacun – hommes et femmes confondus – et c'est un syndrome dont se servit l'Église et dont se servent toujours les États monothéistes ou d'héritages monothéistes.
À noter encore, que les bras tendus d'une telle mère, veulent à leur tour représenter la charité ou la bonté ecclésiales et étatiques, et que cette charité ou cette bonté, sont donc avant tout des possessivités de « mères juives ». L'enfer est pavé de bonnes intentions, et cela évoque encore le syndrome de Wendy. Enfin c'est l'identification à l'agresseur.

 

Dans le judaïsme, l'islamisme et le gnosticisme

On le voit, Sainte Marie est une figure éminemment juive, et après tout Jésus était juif :

  • 17Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. 18Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé.Matthieu 5

  • 20Il répondit : Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël.Matthieu 15

Bon, au-delà du fait que l'on puisse dire que ni les chrétiens ni les musulmans ne suivent Jésus, et qu'en somme seuls des juifs peuvent suivre Jésus (cf. les juifs messianiques) … au-delà de cela, il faut pourtant voir que Sainte Marie est quelque chose comme « une mère juive », car elle n'a jamais su maudire, trois fois maudire, son père-fils … au lieu de quoi elle défendit encore sa cause follement. L'annonciation l'aura enorgueillit dans la comédie de l'humilité.
Nous disions bien que le syndrome de Sainte Marie est un syndrome de Peter Pan-Wendy-Stockholm combiné …
Côté musulman, on a la maximisation du principe à toutes les femmes qui, avec le voile de tête (hijab) comme entier (burqa) sont appelées à être des « nonnes civiles » au même titre que Sainte Marie. Cela va de pair avec Sainte Fatima, ainsi que la Maryamayya ou Voie Mariale.
D'un point de vue gnostique ainsi (prétendue connaissance du dieu prétendu unique) … eh bien, d'un point de vue gnostique, il se trouve que Sainte Marie prend la dimension de la philosophia perennis – la philosophie, la sagesse ou la connaissance éternelles.
Inutile de dire que ce n'est alors plus qu'une allégorie.
Une femme décharnée, donc ; une intellectualisation de l'âme, où l'âme souffre autant qu'elle reproduit la souffrance, en s'entêtant dans l'idée qu'il s'agit pourtant de la vérité. Au mieux, les croyants ne peuvent plus que se réfugier derrière l'adage : « Il n'y a que la vérité qui blesse. »
Enfin toute cette théologie peut avoir ses formes de beautés et de poésies, ainsi que ne pas manquer de fascination … il n'en reste pas moins que ce sont des considérations théorétiques sans égard pour la chair, et introduisant encore un distinguo spécieux entre la chair (vice) et le corps (vertu), en décharnant donc le corps.
C'est évident dans les théologies pauliennes, notoirement, Saint Paul qui était bel et bien juif, mais il y a un bon et un mauvais corps dans l'islamisme aussi, avec ses subtilités.

 

Le « corps » décharné de Sainte Marie

Faisons une digression utile.
Le « corps » décharné de Sainte Marie, est ce que Michel Onfray nomma dans son genre, un anti-corps, non pas au sens de résistance immunitaire mais de non-corps ou rejet-du-corps. En fin de comptes, c'est un jeu de mots malheureux et pénible … d'autant plus que – bon an mal an – Michel Onfray et tous ses calculs hédonistes, post-féministes et post-anarchistes, jusqu'à ses calculs souverainistes, est une personne qui milite telle une Sainte Marie.
Mais Michel Onfray n'est pas notre sujet, et n'en voulons pas trop à Michel Onfray : chacun fait ce qu'il peut pour surmonter le monothéisme, quand il veut.
Le fait est que Sainte Marie, dans son martyrologe bien à elle, est la première militante de son père-fils. C'est-à-dire qu'elle symbolise bien, en effet, la façon qu'ont les militants d'être assaillis par une idée et d'en accoucher une idéologie, cette idéologie serait-elle caricaturale et ignare jusqu'à la lie (le plus souvent manichéenne, réduite par les sots et les groupes à sa plus bête, piètre, voire sombre expression : les penseurs peuvent souvent pleurer).
Qu'il s'agisse des causes de Michel Onfray ou d'un/e autre (et singulièrement avec Michel Onfray, de causes qui se voulaient pourtant bien en chairs … mais tous les LGBT+ en sont là, et tant d'autres racialistes, etc.) … il se trouve qu'on a affaire à des syndromes de Sainte Marie avant tout, et indépendamment des causes dont les militants se saisissent, causes qui ne sont en tout et pour tout que les prétextes de leur syndrome ; c'est-à-dire qu'elles en sont les symptômes, les manifestations, avant que d'en être les ressorts.
Le ressort, c'est ce complexe psychoculturel bien implémenté dans les milieux (post-)monothéistes, d'un syndrome de Sainte Marie, à la croisée des syndromes de Peter Pan, Wendy et de Stockholm, et applicable aux hommes comme aux femmes.
Les hommes subissent une anima idéologique naturellement erronante, mais portée haut au nom de l'idée et de l'amour de l'idée, jusqu'à faire un syndrome de Peter Pan  ; tandis que les femmes subissent une archétypie de mère toute-aimante, déniant son idéologie par animus erronant. Dans l'ensemble, le militantisme reste une façon d'être assailli par une idée et d'en accoucher une idéologie, à partir de quoi l'on s'en fait collectivement un manichéisme (des penseurs aux sots et effets de groupe), c'est-à-dire toute une morale (qui souvent ne veut pas s'assumer comme telle, du moins de nos jours).
Le syndrome de Sainte Marie est évidemment total, pour tout dire panique et hystérique – hommes et femmes confondus. Car, paradoxalement, Sainte Marie est une « femme phallique », dans son importance. De plus, elle s'est fait de son père-fils un totem, et désormais elle s'est rendue frigide, ne trouvant plus de satisfactions jouissives que dans la moralisation idéologique (que même des penseurs chrétiens dénoncent).
Les militants – devenus ordinaires, communs, banals, « citoyens responsables » – sont tous paniqués et hystérisés en déniant leurs corps comme chairs, quoiqu'ils puissent avoir parfois un souci de soi hygiéniste et/ou de développement personnel (attentionnement égotiste à soi comme Clitoris fétichisé, dans des sentiments mère-dit-que/ue).
Finalement, on préfère se décharner non-binaire, intersexuel ou asexuel, dans des tournures transhumanistes – à commencer par la PMA-pour-toutes (comme s'il y avait « inégalité » à ne pas pouvoir se faire inséminer artificiellement, comme le dieu prétendu unique insémina surnaturellement Marie) ou la GPA (comme le dieu prétendu unique viola incestuellement Sainte Marie pour s'incarner).

 

Marie Dieue, Déesse-Mère

C'est à ce moment-là que, à bon droit, on remarque que le dieu prétendu unique a usurpé une antique déesse-mère (Asherah hébraïque, Allat arabique). Tout cela est historiquement vrai, mais errone alors sur d'autres points.
En effet, le manichéisme des sots et effets de groupes, a tendance à inverser le balancier soudain, en déniant cette fois-ci qu'antiquement des dieux masculins existaient néanmoins, sans attestation convaincante de matriarcat (du moins si par matriarcat, on entend l'équivalent féminin du patriarcat, et si seulement par patriarcat, on veut admettre autre chose que la dignité de patriarche biblique – tout un système macho-suprémaciste, en fait fantasmé dans les idéologies ultraféministes).
Hélas il se trouve que l'on va alors se saisir de diverses déesses-mères, telles que l'hypothèse-Gaïa, pour les absolutiser dans la démarche-retour. On veut imposer du tout-maternel, à évincer l'aspect « maître de l'univers » du dieu prétendu unique, par l'aspect « matriciant et matriciel  » décrit dans le Coran par exemple.
Ceci a lieu dans des optiques écologistes et néopaganistes, qui ne font ni honneur à l'écologie, ni au paganisme.
Subtilement, c'est la dimension phallique de Sainte Marie qui prend le dessus, qui vient concurrencer le « patriarcat », et qui ne sort pas de sa mentalité névrotique jusqu'au narcissisme (névroses narcissiques = formes de psychoses).
Cela se peut, en vertu de l'ambiguïté attachée à la figure phallique-clitoridienne du serpent (« nœud » externe, ou interne imagé) … où un esprit-serpent (un efrit) s'acharne désormais symboliquement contre ses pairs et tout, jusqu'à engendrer donc une Marie Dieue, Déesse-Mère, telle que dans le roman complotiste Da Vinci Code, de Dan Brown (festivement critiqué néanmoins par un chrétien tel que MC Solaar).
Même dans les mouvances qui se croyaient les moins monothéistes, à reprocher au monothéisme son patriarcat et sa morale, voilà qu'on se retrouve – à cause du syndrome de Sainte Marie – avec de l'autoritarisme et du moralisme. C'est d'ailleurs ainsi, que les (islamo-)gauchistes se laissent attendrir par l'islamisme, au déni-même des acquis du féminisme républicain.
« La République », pour ces gauchistes-là, c'est forcément « autoritariste » (et encore qu'elle sait manifestement se montrer méchamment autoritaire) … ils lui préfèrent donc quelque « Féminin Sacré » qu'ils délirent aisément dans des figures telles que les femmes voilées qui s'assument (c'est-à-dire que le syndrome de Sainte Marie des femmes militantes musulmanes, fait admirablement écho à leur propre syndrome de Sainte Marie, en tant militants politiques).
Bien entendu, les droitites ne peuvent rien de plus là contre, car ils aiment les femmes idéalisées de cette République.

 

Faut-il « tuer » Sainte Marie ?

A l'heure où l'on a inventé une catégorie spécifique de crimes (les féminicides) pour encore une fois idéologiser et décharner l'homicide conjugal, à faire des femmes des anges (or « qui fait l'ange fait la bête »), la question se pose dans toute son acuité, mais elle ne s'adresse qu'à une allégorie, et tue-t-on les allégories ?
Néanmoins la Santa Muerte, Sainte Mort latino-américaine, est magnifique alors, dans un premier temps, avant que de redécouvrir les infinies vies de l'âme pré- ou péri-monothéiste. Auquel compte, la présence au Vatican d'un pape latino-américain est tout à fait bienvenue.

 

 

 

 

_________________________________________


Moyenne des avis sur cet article :  1.82/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

26 réactions à cet article    


  • babelouest babelouest 10 août 16:46

    Juste un détail : selon certains auteurs, ceux que les écritures appellent ses disciples ne sont que ses frères (ce qui suppose fortement, vu les familles de l’époque, qu’il y avait AUSSI des sœurs),et le plus jeune des ces frères s’appelait Jean : nettement plus jeune, quasi une génération d’écart sans doute. Ce qui fait disparaître la présomption d’homosexualité..

    Une preuve, trouvons-la dans le Nouveau Testament, Luc, chapitre II, verset 7. Très important ce verset 7.

    « elle enfanta son fils premier-né , l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait de place pour eux à l’auberge. »

    Le terme extrêmement précis « premier-né » indique sans équivoque qu’elle eut, comme toutes les femmes de son époque, d’autres fils, et comme presque toujours dans ces cas-là, des filles aussi.

    La traduction, littéraire, mais soigneusement le plus proche possible du texte initial, est d’Édouard Dhorme aux éditions de la Pléiade.


    • raymond 10 août 16:54

      @babelouest
      La c’est un peu capillo-tracté, premier né est clair, cela indique que c’est bien son premier enfant, maintenant sur les frères de Jésus il y a des versets là dessus mais je ne sais plus lesquels et cela ne m’intéresse plus trop, je préfère le réel.


    • babelouest babelouest 10 août 19:23

      @raymond à partir du moment où il y a un premier enfant (et en hébreu c’est précis), c’est que derrière il y en a d’autres : alors l’immaculée conception et le reste.... hum !


    • Pascal L 10 août 19:51

      @raymond
      D’autant plus que l’on sait que les Evangiles ont été écrits initialement en Araméen et que dans cette langue, frères est un mot au sens beaucoup plus large qu’en Grec ou en Français. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que le traducteur vers le Grec a fait un choix forcément réducteur.
      Par ailleurs, les dernières parole de Jésus confiant sa mère à Jean (qui n’est jamais cité parmi les frères de Jésus), laissent entendre qu’il n’avait pas d’autres frères pour prendre sa mère en charge. Jacques, dit le juste, qui est toujours le premier cité des frères et qui est devenu le premier évêque de Jérusalem n’a pas été sollicité. Alors frère ou cousin ?


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 10 août 22:37

      @babelouest. Moi je m’en tiens au canon, et je ne parlais qu’à la marge d’une situation idéale-type.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 août 12:00

      ADDENDUM A L’ARTICLE

      Faut-il préciser que les Grandes Firmes à ce niveau de « possessivités philanthropiques », fonctionnent comme l’Église et les États chrétiens alors ? cf. Peter Sloterdjik, le Palais de cristal sur le parallèle Église — première multinationale de l’Histoire.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 août 12:00

      Au fond, à ce jeu, les États qui n’ont pas de grande couverture géopolitique sont handicapés, et cela se vérifie dans les faits.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 août 12:01

      Bon, on ne va pas réinventer l’eau chaude.



    • Furax Furax 10 août 17:05

      @Mervis Nocteau

      J’ai abordé ce sujet ,mais beaucoup plus sommairement, il y a quelque temps...

      Qu’en pensez vous ?

      https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/notre-mere-qui-etes-aux-cieux-123416


      • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 10 août 22:28

        @Furax. Merci pour ce lien, qui souligne l’importance du phénomène. Mais reste sous sa fascination à mon sens, reste sujet au syndrome, et s’avère superficiel (descriptif, énumératif) en conséquence, tout en mettant le doigt sur le hic à le caresser.


      • Docteur Faustroll Lampion 10 août 17:16

        Le monothéisme a plus de deux mille ans et s’est calqué sur le culte d’Aton. Tous comme Marie n’est qu’une synthèse d’Isis (sœur et femme d’Osiris, le roi du monde) et de l’indo-iranienne Mithra (présente dans des documents hittites dès le deuxième millénaire avant Jean-Claude).


        • Pascal L 10 août 20:04

          @Lampion
          Nous savons que Moïse est passé par l’Egypte, mais sans doute quelques siècles auparavant. Les fléaux qui ont affecté l’Egypte à cette époque sont compatibles et probablement liés à l’explosion du volcan de Santorin qui a sans doute eu lieu vers le XVIIème siècle avant notre ère.
          Le culte d’Aton n’est pas tout à fait un monothéisme. Il s’agit plutôt d’un hénothéisme car il n’y a jamais eu de destruction systématique des autres temples en Egypte. Le culte d’Aton est incarné par le pharaon, ce qui en fait une différence notable avec le Dieu des Juifs. Mais bien sûr, Moïse n’est pas un personnage historique et il est difficile de de trouver le fond de vérité qui se cache derrière le mythe.
          Tous les monothéisme ne se ressemblent pas. Regardez les différences entre l’islam et le christianisme ; le Dieu des Musulmans ne peut pas être le Dieu des chrétiens puisque ce que chacun dit de son Dieu est totalement opposé. Pourtant l’islam a été créé en connaissant le christianisme.



        • babelouest babelouest 10 août 20:14

          @Lampion je pense même qu’on peut considérer le monothéisme né avec Zarathoustra, ce qui est encore plus ancien car lui-même semble-t-il tenait une partie de son enseignement de traditions bien antérieures, mais orales. De toute façon, avec les échanges commerciaux ce qui s’énonçait à un bout de l’univers connu alors, au bout de quelques années était connu à l’autre bout.


        • Pascal L 10 août 20:59

          @babelouest
          Le problème de zoroastre est qu’il ne restes que les gathas parmi tous leurs document sacrés. Un peu comme s’il ne restait que les psaumes dans le judaïsme. Un peut négligeant pour un dieu. Ensuite, j’ai tendance à penser qu’il s’agissait plutôt d’un hénothéisme avec comme pour Akhenaton, une incarnation du Dieu dans le souverain. Zoroastre était rémunéré par le roi et on peut être tenté de penser qu’il a taillé quelque chose sur mesure pour son patron en évitant que le peuple regarde dans une autre direction.


        • Pascal L 10 août 21:11

          @Lampion
          Le Jésus de l’islam n’a pas grand chose à voir avec celui des chrétiens. Aujourd’hui, les historiens ont bien démêlé l’écheveau de liens entre Jésus et ʿĪsā. Déjà, l’appeler ʿĪsā, qui ne veut rien dire, c’est refuser de prononcer « Dieu sauve » en parlant de Jésus. L’origine de ce nom n’est pas chrétienne, mais judéo-chrétienne, ces sectes juives qui acceptaient Jésus mais pas trop. Toutes la christologie du Coran est basé sur un certain nombre de textes apocryphes rédigés par ces communautés pour redresser l’image qui ne leur convenait pas dans les Evangiles de la tradition des apôtres. Ce qui est amusant, c’est que nous trouvons dans le Coran deux tendances incarnées par les Ébionites et les Nazaréens avec un Jésus purement homme d’un côté et un Jésus, tout de même un peu fils de Dieu (parole de Dieu) et faisant des miracles. Les Musulmans se sont efforcé au cours des siècles de réduire cet aspect un peu trop divin pour valoriser leur propre prophète, forcément au-dessus.


        • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 10 août 22:45

          @Lampion. Ça suffit les pots-pourris transhistoriques à ne faire de tous les mythes qu’une même salade. La récurrence de certains motifs n’implique pas la récurrence des intentions, des sens et des portées.


        • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 10 août 22:47

          Ceci étant, bien sûr, que rien ne survient ex nihilo que le nihil même... le kaos...


        • raymond 10 août 17:23

          2000 ans Mr Lampion, vous savez c’est très court.


          • Docteur Faustroll Lampion 10 août 17:26

            @raymond

            seulement cent générations ou seize vies de Jeanne Calment.


          • raymond 10 août 18:04

            @Lampion
            oui donc presque rien à l’échelle géologique.


          • Docteur Faustroll Lampion 10 août 18:50

            @raymond

            C’est sûr, le trilobites datent de 250Ma.

            Mais même à l’échelle de sapiens sapiens : 300 000 ans  ?


          • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 10 août 22:47

            Mises en perspective, mises en abyme.


          • Decouz 11 août 16:54

            Seuls les Catholiques nient la possibilité de frères de chair pour Jésus, pas les Protestants ni les Orthodoxes.

            Certes dans la conception sémite frère a un sens large qui inclue les cousins entre autres, mais en grec il y a deux termes différents, donc l’auteur aurait du préciser.

            Quant à l’absence de Jacques « frère de Jésus », dans la narration de la crucifixion par les Evangiles, ce Jacques qui a joué un rôle majeur dans l’Eglise primitive, elle peut très bien s’expliquer justement par l’occultation ultérieure de ce personnage et du rôle de plus en plus restreint de l’Eglise de Jérusalem, qui pratiquait les rites juifs, au profit des Eglises ouvertes aux Gentils et de l’Eglise romaine.

            Le rôle de Jacques dans la première église et son effacement ultérieur peut aussi signifier un renoncement à une succession du type d’une royauté terrestre (ou a un choix soit divin soit humain), en effet dans cette hypothèse, c’est la famille de chair qui aurait du hériter du pouvoir.


            • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 12 août 09:32

              Or seul Jacques, vus les textes cités, est le successeur légitime, les autres s’étant pris à la folie expansionniste et suprémaciste de l’universalisme. A la vérité le « christianisme » est avant tout un pétri-paulinisme, c’est-à-dire la spiritualité martyrologique de juifs messianiques avides de venger la Judée-Galilée contre le monde en se l’arrogeant. Pourtant, « [son] royaume n’[était] pas de ce monde » (Jean 18:36). Du moins, si l’on s’en tient au canon. Sinon, c’est une autre histoire, qui aurait néanmoins dû rester locale.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité