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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Lectures d’avril

Lectures d’avril

Joyeux melting mot de glauque, tendre, cru, doux, violent, léger, noir. Fiction et non fiction.

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Le plus space
Sophie Avon, La bibliothécaire, Arlea.

Une histoire qui démarre tout doucement. Ce sont souvent les pires... Une sage (en apparence...) bibliothécaire au passé difficile, un professeur rebelle et macho, une bibliothèque pas si studieuse. Un téléphone portable confisqué et tout dérape. La fin est gore, follement improbable, mais j’ai beaucoup apprécié la montée en puissance, l’attraction-répulsion, l’orginalité.

Une phrase : "Lorsqu’elle arriva à deux centimètres de la table où gisait le portable, elle s’en empara et le glissa dans sa poche sans quitter des yeux le dos du professeur qui stationnait devant les rayonnages. "

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Le plus lucide
Les jeunes et le sexe, Agathe Fourgnaud, Presses de la Renaissance

On referme cet essai et on frémit. (Surtout si on a des enfants... des ados...) Mais il est nécessaire. Et courageux. Agathe Fourgnaud montre comment la banalisation du porno fait des ravages chez les ados et les enfants exposés, via Internet et les médias, à d’incessantes images sexuelles souvent violentes et dégradantes. Une invitation à la réflexion et au dialogue.

Une phrase :
"Sexoland, c’est la société porno-consumériste, le pays du MacDo de l’amour, du sexe sans glamour ni amour, sans désir ni conquête, sans séduction, ni érotisme."

Booksgod

Le plus maîtrisé
L’inconsolable, Anne Godard, Minuit (Prix RTL LIRE 2006)

Oui, dès les premières lignes, on se dit, c’est la naissance d’une "grande". Oui, c’est effroyablement triste. Une mère ne se remet pas du suicide de son fils. Mais en dépit de la beauté des mots, de la profondeur du sujet, du talent de ce premier roman, je me suis parfois ennuyée. J’ai admiré, mais je n’ai pas eu de fièvre.

Une phrase :
"Tu as partagé le monde entre ceux qui se souviennent, et les autres : alliés contre ennemis, fidèles contre rénégats."

Booksham

Le plus machiavélique

L’homme-horloge, de Béatrice Hammer, Mercure de France

Certes, ce sont des nouvelles, ne faites pas cette tête-là. Et elles sont toutes bien, sauf la dernière, mais ça, c’est mon humble avis. La nouvelle qui donne son titre au recueil est remarquable d’horreur et de simplicité. Un aspirant écrivain devient obsédé par le train-train de son voisin et se met à l’écrire. Mais tout bascule. Effroyable à souhait.

Une phrase :
" La vue que j’avais sur l’intérieur des appartements, assez bonne dans la journée, devenait parfaite le soir, à l’heure où les lampes s’allument et où, dans leur mansarde, les écrivains en instance de devenir célèbres s’asseyent à leur modeste table pour travailler."

Bookspons

Le plus morbide

Je viens de tuer ma femme, Emmanuel Pons, Arlea.

Un premier roman totalement dejanté à la Six feet under. Un type tue sa femme parce qu’il ne la supportait plus. Il raconte tout. On hurle de rire, ou de peur. Ou les deux.

Une phrase :
"On peut enfin discuter tranquillement, Sylvie. Tu la ramènes moins, maintenant... Qui c’est qui l’a eu, cette fois, le dernier mot, hein ? C’est ton Bibi."

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Le plus torride

Août, Sophie Lasserre, L’Arpenteur.

Un été caniculaire. Une jeune femme enceinte déprimée. Un mari volage. Une maison de vacances isolée. Un couple d’amis qui vient passer quelques jours. Une infidélité mise à nue. Un huis-clos aussi étouffant qu’un orage d’été. Une fin en queue de poisson...

Une phrase :
"Charlotte avait regardé longtemps le corps nu de Jeanne, la courbe des hanches, larges, l’épaisseur des fesses, Jeanne qui avait caché les cris, qui les avait étouffés pour garder le secret de la trahison."

Booksross

Le plus puissant

Sale linge, d’Isabelle Rossignol, ed. Joelle Losfeld

L’histoire (vraie, paraît-il ) d’une gamine des années 1960, à Longjumeau. Sa mère est faiseuse d’anges. Ambiance atroce à la maison, père ouvrier alcoolique, misère sociale et familiale, saleté, odeurs, violences : on se croirait dans un Zola moderne. C’est L’assommoir des Sixties. Dur, triste, glauque, mais un très bon livre.

Une phrase :
"Du plus loin qu’elle se souvienne, les repas ont toujours eu une odeur de pets, de nouilles et d’eau de vaisselle."

Booksduf

Le plus émouvant

Dévotion, Christophe Dufossé, Denoël

Comme son confrère Olivier Adam, Dufossé va invariablement vers le noir, le sinistre, le déprimé. Et c’est excellent. Cette fois, il dévoile le parcours chaotique d’un père paumé qui retrouve sa fille après quinze ans. Ca se finit très mal, on en sort sonné, les yeux rougis, mais c’est si bien écrit et si émouvant qu’on sait déjà qu’on lira et aimera le prochain.

Une phrase :
"A travers ces dépouilles de papier qui avaient tracé leur chemin jusqu’à moi, je croyais entendre sa petite voix qui ne cessait de me répéter que sa douleur intime depuis le début, c’était que nous n’étions pas restés ensemble, enfants ensemble, et pour l’éternité, dans le silence de ce parc."

Booksandrea

Le plus passionné

La rose de Martinique, de Andrea Stuart, Perrin.

Tout sur Joséphine l’exotique, celle qui fit chavirer Napoléon et qui finit si seule, à Malmaison. Andrea Stuart, qui, elle aussi , a grandi dans les Caraïbes, raconte avec talent la vie mouvementée de Rose Tascher de la Pagerie, née en Martinique. Future Madame de Beauharnais, future Madame Bonaparte, elle n’était pas qu’une bimbo et son image a longtemps souffert des clichés (souvent plutôt misogynes) à son égard. Ca se lit comme un roman.

Une phrase :
"Et à Sainte-Hélène, le dernier mot qui lui vint aux lèvres dans son agonie, fut le prénom qu’il avait donné à Rose : "Joséphine".

Booksplot

Le plus odorant

Son parfum, Fréderic Ploton, Ramsay


Au fil de ma lecture, je dois avouer que j’ai trouvé de nombreuses qualités à ce roman. Certes, c’est loin d’être du Modiano (mais franchement, qui peut égaler Modiano ?), et certaines situations sont vraiment tirées par les cheveux, mais voilà, c’est original, touchant, romantique. Que demande le peuple ? Offrez-le en masse pour la Fête des mères, elles vont adorer, c’est un brin désuet, ça laisse un sillage léger et charmant. Blog de Fredéric Ploton


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1 réactions à cet article    


  • (---.---.218.21) 26 avril 2006 12:18

    « ...la banalisation du porno fait des ravages chez les ados et les enfants exposés, via Internet et les médias, à d’incessantes images sexuelles souvent violentes et dégradantes. Une invitation à la réflexion et au dialogue. »

    Comme toujours, cela provoquera un (petit) peu de réflexion, beaucoup de dialogue, enfin de blablabla, et - rassurons vite ceux que l’ordre moral terrorise - ça ne débouchera sur rien du tout... C’est déjà un excellent début que la présentation du bouquin soit noyée dans un lot de dix...

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