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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Les Adieux » ou la musique au service des revendications

« Les Adieux » ou la musique au service des revendications

Tout le monde, chez les amateurs de musique classique, connaît les liens de respect mutuel qui, au delà des différences de condition, unissaient l’aristocrate Nicolas Esterházy et son Maître de chapelle, le roturier Joseph Haydn, fils d’un charron du Burgenland. Mais tous les mélomanes savent également à quel point le génial compositeur était attaché aux musiciens de l’orchestre du Prince qu’il avait lui-même recrutés pour certains d’entre eux. La singulière histoire de la symphonie Les Adieux s’inscrit dans ce contexte relationnel particulier...

Dès 1770, le Prince Nicolas Esterházy*, sa famille, ses serviteurs et ses musiciens partagent leur temps entre le palais d’hiver baroque d’Eisenstadt et le palais d’été que le Prince a entrepris de construire six ans plus tôt en Hongrie sur son terrain de chasse de Sűttőr (Fertőd), malgré les conseils négatifs de ses amis, effrayés par le caractère marécageux du lieu. Dénommé Esterháza, ce palais grandiose, très largement inspiré du château de Versailles, ne sera achevé qu’en 1784 et comportera, parmi ses 126 pièces, trois espaces entièrement dédiés au spectacle : un théâtre de marionnettes, une salle de concert et un opéra.
 
1772. Bien que le palais d’Esterháza soit encore très loin d’être achevé, le Prince Nicolas est déjà très entiché de sa mirifique résidence d’été. Au point que les saisons estivales s’allongent de plus en plus chaque année, au grand dam des musiciens dont les épouses et les enfants sont restés à Eisenstadt. Une « pénitence » à laquelle échappent quelques membres de l’orchestre, notamment Joseph Haydn, Kappelmeister respecté du Prince, et son adjoint, le Konzertmeister Luigi Tomasini. Ceux-là possèdent le privilège de disposer d’un appartement privé dans le château d’Esterháza pour eux-mêmes et leur famille. Le compositeur n’en comprend pas moins le désarroi des musiciens privés des leurs et pressés de reprendre la route d’Eisenstadt. Malgré des demandes répétées, Nicolas Esterházy reste toutefois sourd à leurs légitimes revendications. Tant et si bien que le Prince, sa famille, ses collaborateurs, ses serviteurs et ses musiciens sont encore tous présents dans la résidence d’été d’Esterháza au mois de... novembre.
 
C’est alors que Haydn a une idée de génie : décrire dans une nouvelle symphonie le désarroi et la nervosité des musiciens, contraints par la volonté du Prince de rester éloignés si longtemps de leurs proches. Le style Sturm und Drang (tourmente et passion) s’impose alors dans les milieux musicaux, et Haydn lui-même est un adepte de cette approche dramatique de la composition, marquée notamment par le recours aux sombres accents du mode mineur. La 45e symphonie, écrite dans la tonalité rarissime de fa dièse mineur, n’échappe pas à l’air du temps. Fait inhabituel, elle est constituée de cinq mouvements, le finale comportant deux parties enchaînées, un presto suivi d’un adagio. Achevée en quelques jours, la symphonie 45 est donnée dans le salon de musique d’Esterháza devant un public limité au souverain, à sa famille et à quelques amis.
 
Et si nous partions soudain ?
 
Tandis que les spectateurs s’installent, les musiciens prennent place sur la scène, chaque lutrin étant éclairé par une bougie pour permettre la lecture de la partition. Comme le veut la tradition, les musiciens accordent leurs instruments par groupes sur le « la » donné par le premier hautbois. Ce préalable accompli, le silence se fait : l’orchestre est prêt. Sur un signal du premier violon, tenu par Joseph Haydn lui-même, les premières mesures, sombres et tourmentées, emplissent alors le salon de musique. La suite est savoureuse et si bien racontée par l’excellent claveciniste et chef d’orchestre belge Jos van Immerseel que le mieux est de lui laisser la parole : 
 
« Dans le premier mouvement, on entend la fureur et le désespoir, mais dans le développement apparaît soudain un thème doux (le compositeur voulut-il traduire la réunion familiale tant attendue de ses musiciens ?). Dans l’adagio, les violons jouent en sourdine une musique incohérente, ce que nous pourrions qualifier avec lyrisme de « sanglots ». Tristesse et misère sont partout présentes. Vient ensuite un menuet revêche et peu gracieux. Le trio est clairement plus positif : l’espoir l’emporterait-il à présent ? Le finale commence par un thème du premier violon et soulève une question : « Et si nous partions soudain ? ». L’adhésion de l’orchestre résonne à l’unisson. Chacun fait alors montre du style le plus brillant et de la plus grande virtuosité : « N’avons-nous pas donné le meilleur de nous-mêmes de façon convaincante durant tout l’été ? ». Intervient ensuite, inattendu, un merveilleux adagio. Après la 24e mesure, le premier hautbois joue un beau solo, souffle sa bougie et s’en va calmement. Peu après, le deuxième cor suit son exemple et disparaît, imité par le basson, le deuxième hautbois et le premier cor. La contrebasse se manifeste alors comme jamais dans cette pièce et... quitte également la scène. Les troisième et quatrième violons font entendre, avec le violoncelle, le thème initial. Le violoncelle pourtant s’interrompt et part. L’alto prend la partie de basse à son compte, et un peu plus tard les troisième et quatrième violons s’arrêtent de jouer. Les premiers et deuxième violons* continuent doucement, accompagnés par l’alto, jusqu’à ce que celui-ci s’en aille à son tour. Les deux violons s’arrêtent alors dans le plus grand silence. »
 
On imagine aisément la stupéfaction des spectateurs dans le salon de musique au spectacle inattendu d’une scène plongée dans une quasi-obscurité après le départ progressif des musiciens et l’extinction de leurs bougies. Mais le symbole a porté, et le Prince Nicolas, beau joueur, rejoint les musiciens dans l’antichambre et s’adresse à son Kapellmeister : « J’ai compris, Haydn : demain, tous ces messieurs pourront rentrer à Eisenstadt. » Moralité : non seulement la musique adoucit les mœurs, mais elle peut également être le support efficace d’une juste revendication ! 
 
* Féru de musique, le Prince joue lui-même avec un certain talent du baryton à cordes, instrument apparenté à la viole de gambe et doté de cordes sympathiques. Á la demande du Prince, Haydn composera près de 150 sonates, duos et trios pour ou avec le baryton.
 
** Le premier violon tenu par Joseph Haydn, c’est un autre musicien et compositeur de qualité, Luigi Tomasini (1741-1808) qui tenait le second, délaissant pour l’occasion son rôle de Konzertmeister (premier violon) au profit de Haydn dont l’Italien était de facto l’adjoint.
 
Lien musical :
Symphonie 45 « Les Adieux », finale : presto puis adagio (Baltic Chamber Orchestra)

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41 réactions à cet article    


  • jack mandon jack mandon 30 novembre 2010 12:00

    Tout le monde, chez les amateurs de musique classique, connaît les liens de respect mutuel qui, au delà des différences de condition, unissaient l’aristocrate Nicolas Esterházy et son Maître de chapelle, le roturier Joseph Haydn, fils d’un charron du Burgenland.

    Tout le monde, sauf moi !

    L’art au service d’une revendication, c’est un cas d’exception.

    L’art pour l’art, c’est déjà une belle histoire.

    Vous défendez une noble cause avec un support...divin, la musique.

    Merci Fergus



    • Fergus Fergus 30 novembre 2010 12:50

      Bonjour, Jack.

      Je crains en effet d’avoir, bien involontairement, fait preuve de pédanterie dans ma formulation. La faute à cette proximité que j’ai depuis fort longtemps avec ce génie qu’a été Joseph Haydn. Je prie les lecteurs de m’en excuser.

      Pour ce qui est de la revendication, il faut bien avouer que cela aurait une autre gueule si, désormais, l’art venait au secours des mots d’ordre syndicaux. Encore faudrait-il s’appuyer sur des créateurs de qualité, ce qui serait loin d’être gagné, les gens comme Haydn étant hélas ! trop rares.

      Grâce à vos encouragements et ceux de quelques autres habitués d’AgoraVox, je continuerai de parler de musique pour évoquer des oeuvres ou des personnages, souvent méconnus, auxquels je suis attaché.

      Cordiales salutations.


    • Jean 30 novembre 2010 13:33

      "Pour ce qui est de la revendication, il faut bien avouer que cela aurait une autre gueule si, désormais, l’art venait au secours des mots d’ordre syndicaux."

      Encore faudrait-il des politiques receptifs, j’ en doute très fortement.


    • jack mandon jack mandon 30 novembre 2010 13:35

      Bonjour Fergus,

      Votre réponse traduit en partie l’état de sensibilité dans lequel on se trouve,

      quant au hasard d’un choix notre article est diffusé.

      Ce n’est pas facile pour personne de décrypter le fond dans la forme.

      En final, l’utilisation de la musique pour faire passer un message

      prépare à la méditation qui permet la communication.

      A chacun nos motivations profondes mais qu’il est difficile d’être entendu

      par un autre que nous même.

      Je suis de plus en plus convaincu que nous survolons tous avec beaucoup

      de légèreté et d’innocence ce qui se love derrière l’actualité.

      L’actualité qui court, vole et nous venge et qui absorbe tout

      sans vraiment digérer quelque chose, un tube digestif sans intestin.

      L’actualité, un monstre, une chimère moderne sans alchimie.

      Heureusement, par delà les mots existent des êtres humains

      des êtres humains qui s’interrogent secrètement

      et qui voudraient tellement l’exprimer...


    • Jean 30 novembre 2010 13:40

      Merci pour ces « anecdotes » qui sont, finalement, la vraie vie


    • Jean 30 novembre 2010 13:45

      « A chacun nos motivations profondes mais qu’il est difficile d’être entendu par un autre que nous même. »

      Chacun est cambré sur ses certitudes : difficile de libérer les gens de toute certitude, opinion etc. et éveiller le coeur... difficile.

      Pourtant c’ est l’ oeuvre vitale pour une humanité nouvelle.


    • Fergus Fergus 30 novembre 2010 16:28

      Bonjour, Jean, et merci de vos commentaires.

      D’accord avec vous, hélas ! pour ce qui est de la réceptivité des politiques.

      En ce qui concerne les certitudes sur lesquelles nous sommes tous arc-boutés, vous avez sans doute raison, mais rien n’est définitif et, pour peu que l’on s’en donne la peine à l’écoute des arguments d’autrui, sans doute est-il possible, au moins sur certains sujets, d’enrichir par le dialogue et l’écoute sa propre expérience.

      Un exercice malaisé, je vous le concède !


    • Salsabil 30 novembre 2010 12:12

      Incroyable récit ! smiley


      Quelle fine intelligence de la part d’Haydn d’avoir défendu la cause des musiciens de cette manière. Le prince ne pouvait que s’incliner devant une telle malice.

      Merci de nous faire découvrir cette jolie histoire, Fergus.

      Belle journée à toi.

      • Fergus Fergus 30 novembre 2010 13:06

        Re-bonjour, Salsa.

        L’intelligence, c’est précisément ce qui caractérisait ces deux-là, le compositeur et le prince. Que l’un des deux en eût été dépourvu et cette belle histoire n’aurait jamais vu le jour.

        Encore faut-il savoir que Haydn a poussé le bouchon assez loin en écrivant cette symphonie, et notamment en émaillant le menuet - celui que Jos van Immerseel qualifie de « revêche et peu gracieux » - de deux sonores fausses notes parfaitement incongrues chez un compositeur dont les menuets comptent parmi les plus beaux.

        Même le choix de la tonalité de cette symphonie était d’emblée une bizarrerie : sur quelques milliers de symphonies composées durant la 2e moitié du 18e siècle, seule celle-ci a été écrite dans cette tonalité rarissime, comme pour signifier au prince que l’oeuvre qu’il allait entendre sortait du cadre habituel.

        Belle histoire, assurément. Il s’est pourtant trouvé, ici et là, des gens pour nier, sinon la finalité de cette symphonie, du moins les conditions exactes de la reddition du prince. Mais ils sont très minoritaires et leur scepticisme ne s’appuie sur rien de tangible. Et quand bien même auraient-ils raison, lorsque la légende est plus belle que la vérité, c’est à la légende qu’il faut croire !

        Amitiés.


      • Fergus Fergus 30 novembre 2010 13:09

        Petit oubli : ... écrite dans cette tonalité rarissime de fa dièse mineur, comme pour...


        • Dominitille 30 novembre 2010 13:31

          Bonjour Fergus,
          Joseph Haydn devait bien connaitre son employeur pour avoir osé le mettre au pied du mur.
          Son employeur était lui, un homme d’une grande intelligence pour avoir compris Haydn.
          Je ne dirai qu’ un mot pour vous : encore ! Encore de si beaux textes. 
           


          • Fergus Fergus 30 novembre 2010 14:22

            Merci pour ce commentaire, Dominitille.

            Joseph Haydn et Nicolas Esterhazy, tous deux hommes effectivement de grande intelligence, étaient proches autant que peuvent l’être un prince austro-hongrois puissant et richissime et son maître de chapelle, autrement dit son employé. Mais à la différence de Mozart et son employeur, l’archevêque Colloredo - ces deux-là en fréquente opposition -, leurs rapports étaient emprunts d’un grand respect, le prince étant réellement admiratif du talent de Haydn. Qui plus est, ils jouaient fréquemment ensemble, le prince Esterhazy interprétant au baryton les oeuvres composées par Haydn pour un duo ou un trio.

            Bonn journée.


          • brieli67 30 novembre 2010 13:37

            Johann Gottfried von Herter est l’initiateur du mouvement littéraire romantique Sturm und Drang (Orage et tempête).

            C’est si bon !
            Es ist gut s’exclame Göthe à Strasbourg dans la rue mercière en progressant vers le parvis de la Cathédrale -notre Münster ici le « texte fondateur »
            qui compare la façade de la cathédrale oeuvre de l’Homme à l’écueuil surnaturel à heure crépusculaire et sous l’orage et les éclairs....

            Ich weiß nicht was soll es bedeuten,
            Dass ich so traurig bin ;
            Ein Märchen aus alten Zeiten,
            Das kommt mir nicht aus dem Sinn.

            interprétée par Thomas Quasthoff

            Ma question : tous ces auteurs sont Francs-maçons
            Retrouve t’on l’univers, les thèmes, les règles maçonniques dans l’oeuvre du

            Kapellmeister Haydn ?

            • Fergus Fergus 30 novembre 2010 14:47

              Salut, Brieli.

              Merci pour ces liens. Herder et Klinger sont effectivement à l’origine du mouvement littéraire Sturm und Drang.

              Pour ce qui est du Sturm und Drang musical viennois, difficile d’affirmer qu’il a une parenté avec son homologue bien que les deux aient été approximativement contemporains. Personnellement, je n’ai pas d’avis sur la question, faute de connaissance particulière dans ce domaine, mais je sais que certains musicologues s’en agacent.

              Concernant la franc-maçonnerie, pas d’avis non plus, mais le fait est que de très nombreux musiciens et compositeurs de l’époque étaient franc-maçons. Mais peu d’oeuvres sont considérées comme ayant été directement influencées par cette appartenance, exceptée la célébrissime Flûte enchantée de Mozart, considérée comme l’archétype de l’oeuvre initiatique. Pour Haydn, on citera l’oratorio Les Saisons.

              Bonne journée.


            • Taverne Taverne 30 novembre 2010 20:15

              Le prince et le Quidam

              I

              Il fait interdire les voix off,
              Il fait rectifier les photos.
              Il contrôle la télévision.
              Il truque même les élections.

              Dans toute autre démocratie,
              Il rendrait compte au pays
              Pour Karachi et Bettencourt
              Et son règne tournerait court.

              Refrain :

              Qui est-ce qui damera le Prince ?
              Peut-être un simple quidam.
              Qui donc lui damera le pion ?
              Ce sera peut-être Tartempion !

              II

              Ailleurs on dit que ce parvenu
              Est un petit empereur nu.
              Chez nous les journalistes de conserve
              Le craignent autant qu’ils le servent.

              Il ne trompe personne au monde
              Qui sait le percer sous son masque.
              Mais en France on adule ses frasques.
              On ferme les yeux sur l’immonde...

              Refrain :

              Qui est-ce qui damera le Prince ?
              Peut-être un simple quidam.
              Qui donc lui damera le pion ?
              Ce sera peut-être Tartempion !

              Chez nous les assemblées
              Sont tellement désassemblées
              Que le peuple leur tourne le dos
              Comme elles lui ont tourné le dos.

              III

              Les Sages chargés de la Constitution
              Valident les violations extrêmes
              S’érigent en décideurs suprêmes,
              Et dans le dos de la Nation.

              Refrain :

              Qui est-ce qui damera le Prince ?
              Peut-être un simple quidam.
              Qui donc lui damera le pion ?
              Ce sera peut-être Tartempion !


              • Taverne Taverne 30 novembre 2010 20:31

                C’était le premier jet de cette rapide improvisation. La version plus définitive est sur mon blog.
                Avec mes autres chansons du jour.


              • Fergus Fergus 30 novembre 2010 22:25

                Salut, Paul, je constate que tu es toujours sur la brèche pour damer le pion à Matamore.

                Pas trop froid du côté de Quimper ?

                Bonne nuit.


              • L'enfoiré L’enfoiré 30 novembre 2010 20:40

                Salut Fergus,
                 Bonne idée de parler de « père de la symphonie ».
                 106 symphonies à son actif et tellement d’autres sonates.
                 Mort à 77 ans, bel âge pour l’époque.
                 Seulement surpassé par l’étoile filante, Mozart mais pendant peu de temps.
                 


                • Fergus Fergus 30 novembre 2010 22:32

                  Bonsoir, L’enfoiré.

                  Haydn, c’est aussi, outre les symphonies, un monument d’oeuvres parmi les plus importantes, qye ce soit sous forme de concertos, de musique de chambre, de messes, d’oratorios ou d’opéras. Un géant qui aura influencé les plus grands, au premier rang desquels Mozart et Beethoven, même si ce dernier s’est rapidement démarqué de l’écriture haydnienne pour révolutionner la symphonie.


                • Hieronymus Hieronymus 30 novembre 2010 21:37

                  je connaissais surtout la Sonate « les Adieux » de l’illustre Beethoven
                  http://www.dailymotion.com/video/x2q92e_beethoven-ludwig-van-sonate-n26-les_music
                  la denomination de l’une s’inspire telle de celle de l’autre ?
                  je vais ecrire un truc un peu vache :
                  si certains musiciens ont eu helas une vie tragiquement courte au regard de leur talent (Purcell, Mozart, Schubert ..) d’autres ont peut etre perdure au dela du raisonnable tel ce brave Haydn mort vieux comme Mathusalem, suffit de voir sa tete pour se rendre compte qu’il etait reste au XVIIIeme qui signe la fin du classicisme ;
                  trop de compositions, trop classiques, le style est mort avec lui ..


                  • Fergus Fergus 30 novembre 2010 22:49

                    Bonsoir, Hieronymus.

                    Les deux oeuvres n’ont aucun rapport. La sonate de Beethovent a été écrite en 1809 pour saluer le départ de son élève Rodolphe d’Autriche, chassé de Vienne par la progression de larmée napoléonienne. Quant à la symphonie 45 de Haydn, elle n’a été baptisée ainsi qu’en 1784 lors d’un voyage à Paris du compositeur où cette symphonie a été jouée et publiée.

                    Il va de soi que je ne suis pas d’accord avec vous sur la longévité de Haydn. Malgré son âge, il a continué à écrire des oeuvres de très grande qualité et si ses dernières grandes symphonies, publiées à Londres, datent de 1795, il restait à Haydn nombre d’oeuvres géniales à écrire, et notamment de formidables quatuors.

                    Quant à écrire que le style est mort avec lui, c’est très exagéré, et l’on retrouve son influence chez de nombreux compositeurs, y compris dans les deux premières symphonies de Beethoven. Mais déjà s’amorçait le romantisme avec l’arrivée de Schubert, lui-même fortement influencé par Haydn dans un premier temps avant de choisir une voie différente...


                  • Arunah Arunah 1er décembre 2010 01:31

                    @ Hieronymus

                    Voilà bien l’extrême-droite nauséeuse ! Les fachos osent même s’en prendre à Haydn...
                    « le style est mort avec lui... » C’est sûr que les chants nazis ont du style, eux... lol... 


                  • Arunah Arunah 1er décembre 2010 07:35

                    @ l’auteur

                    Bonjour Fergus !

                    Pardon d’avoir pollué le fil de discussion de cet excellent article de propos douteux... mais ici il est de coutume, lorsqu’on n’est pas d’accord avec un intervenant, ( et je ne puis approuver les propos à l’emporte-pièce de Hiéronymus sur Haydn - vous non plus, d’ailleurs... ) de sortir la panoplie habituelle extrême-droite-facho-nazi... ( j’en oublie probablement... ). Je n’ai pu résister au plaisir de sacrifier à la tradition...
                    Et puis la manif revendicatrice à la Haydn avait une autre classe ( je n’ose dire un autre style, puisqu’il paraît qu’il l’a tué... ) que les piquets de grève dans les odeurs de merguez au barbecue... Vraiment, tout fout le camp...

                    Merci pour ces précisions sur « Les Adieux »... Vos articles sont toujours un bonheur...




                  • Fergus Fergus 1er décembre 2010 08:55

                    Merci pour votre appréciation à mon égard, Arunah.

                    Concernant Hieronymus, je lui reconnais, sans qu’il soit besoin de mettre en avant des idées politiques, le droit d’avoir un regard critique sur Haydn et son héritage, même si je ne la partage pas, loin s’en faut.

                    Bonne journée.


                  • Arunah Arunah 1er décembre 2010 09:54

                    @ Fergus

                    Dans ma diatribe anti-Hiéro, j’ai oublié « eugéniste » qui naturellement s’imposait dans ce contexte, mais qui est plus rare sur ce forum... ma repentance est grande...
                    ( je suis un cours accéléré de politiquement correct... )

                    Bonne journée !


                  • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 1er décembre 2010 00:30

                    Instructif. Très bon papier, Fergus.


                    • Fergus Fergus 1er décembre 2010 08:55

                      Bonjour, Peachy, et merci pour ce commentaire.


                    • Ariane Walter Ariane Walter 1er décembre 2010 10:08

                      Quelle merveilleuse histoire Fergus ! Quelle est touchante, humaine, ce qui est la qualité fondamentale de toute œuvre. Combien de scénarios qui sombrent parce qu’ils ne savent pas nous toucher

                      rien que le titre comportant ces deux mots « adieux » et « revendications » nous rapproche de nos préoccupations d’aujourd’hui où nous disons adieu à bien des choses tout en pensnat à la révolte.
                      ce que j’aime dans votre etxte, très bien écrit, très bien construit c’est sa qualité visuelle. on « voit » ce palais en construction, ces quelques îlots de beauté et tout à coup au milieu du chaos la perfection de la musique.

                      Je verrai un très joli scénario . Il y aurait bien sûr un Roméo séparé de sa Juliette. C’est lui qui donnerait l’idée du concert à Haydn. ce serait un monde élégant au milieu du chaos, un monde de beauté privé de l’essentiel. Tout ce que j’aime.

                      je vais vite écouter cette symphonie.

                      Et je vais terminer comme les enfants :
                      Encore !


                      • Fergus Fergus 1er décembre 2010 10:53


                        Bonjour, Ariane, et merci pour ce commentaire... enflammé.

                        J’aime beaucoup cette histoire car elle allie, de manière étroite, l’humanité que chacun porte en soi à la musique dans ce qu’elle a de plus touchant à notre esprit et à notre sensibilité.

                        Le fait que vous visualisiez le décor de cette anecdote (en l’occurrence sous forme de scénario) me parle également parce que c’est avant tout ce que j’attends d’un texte qui raconte une histoire. Mais cette visualisation, je la ressens également à l’écoute de certaines oeuvres musicales, pas forcément descriptives, mais qui m’évoquent des scènes, souriantes, festives, champêtres, mais aussi dramatiques telle la fameuse sarabande de Haendel (superbement orchestrée dans la BO de Barry Lyndon) sur laquelle je plaque irrrésistiblement l’image d’une charrette avançant vers l’échafaud.

                        Ecoutez la symphonie 45 mais sans en attendre de révélation car, hors du contexte particulier dans lequel elle a été créée, elle ne figure pas parmi les plus réussies de Haydn, même si l’on prend un grand plaisir à écouter le dernier mouvement, celui des Adieux, écrit sous la forme d’un superbe adagio.

                        Si vous ne connaissez pas bien le répertoire symphonique de Haydn, allez directement vers les symphonies « parisiennes » (82 à 87) et surtout vers les « londoniennes » (93 à 104), sans oublier les magnifiques symphonies 88 et 89 et, antérieurement à ces cycles, la très jolie 73 dite « La chasse ».

                        Cordiales salutations.


                      • Stupeur Stupeur 1er décembre 2010 10:26

                        J’aime beaucoup le « finale : presto + adagio » dont tu donnes le lien. Aussitôt écouté, aussitôt enregistré dans mes favoris YT. 

                        Merci Fergus ! * * smiley * * 
                        Fergus ? Comme dans The crying game ? 
                         

                        • Fergus Fergus 1er décembre 2010 11:04

                          Bonjour, Stupeur.

                          Si tu as apprécié le final de la symphonie Les Adieux, il y a des trésors pour toi dans la production orchestrale de Joseph Haydn, non seulement dans le domaine symphonique (cf. ma réponse à Ariane) mais aussi dans celui des concertos. Notamment les 2 merveilleux concertos pour violoncelle et le concerto pour trompette qui figurent, à juste titre, dans le top mondial des oeuvres les plus jouées pour ces instruments. Cela dit dit, Haydn a également écrit de superbes concertos pou violon, pour piano et pour orgue notamment.

                          Je n’ai pas vu « The crying game » et j’ignorais que l’un des personnages soit dénommé Fergus. Cela dit, rien d’étonnant : Fergus est un nom que l’on trouve assez fréquemment en Irlande et en Ecosse. Plusieurs rois d’Ecosse ont d’ailleurs porté ce nom. Je l’ai choisi comme pseudo après avoir, pour un ami dessinateur malheureusement décédé avant la finalisation du projet. écrit un scénario de BD dont le héros s’appelait Fergus.

                          Merci à toi pour la visite.

                           


                        • Stupeur Stupeur 1er décembre 2010 12:04

                          Bonjour, merci pour la réponse, 

                          Je vais regarder du côté des concertos pour violoncelle : avec Rostropovich par exemple 
                           


                          • Fergus Fergus 1er décembre 2010 13:17

                            Excellent choix pour les deux. Mais j’ai un faible pour celle qui fut l’épouse de Daniel Barenboïm, la très talentueuse violoncelliste Jacqueline du Pré, trop tôt morte d’un cancer à 42 ans.

                            Bonne écoute.


                          • Stupeur Stupeur 1er décembre 2010 13:27

                            Merci, je ne connaissais pas Jacqueline du Pré.


                          • Stupeur Stupeur 1er décembre 2010 13:31

                            Si j’arrive à « récupérer » le Concerto pour trompette (ou un concerto pour violoncelle), je le mettrai en ligne dans ma Chaîne avec un lien vers ton article. 


                            • Stupeur Stupeur 1er décembre 2010 13:33

                              Et Anne Gastinel ? 


                              • Fergus Fergus 1er décembre 2010 16:08

                                Merci pour le lien.

                                Anne Gastinel ? Superbe artiste ! Si tu peux, cherche sur le net une interprétation de « Ständchen » ou, autre appellation, la « sérénade » du Chant du cygne de Schubert, une magnifique transcription pour violoncelle et piano dans laquelle excelle Anne Gastinel associée au piano à Claire Désert. Je crois qu’elle l’a également enregistrée avec le très romantique pianiste Franck Braley.

                                Bonne journée.


                              • brieli67 1er décembre 2010 23:12

                                Des nouvelles pottes à chères de Vienne/ Donau :

                                die Gemise et leurs instruments

                                Papa Haydn 

                                c’est du Wiener Schmäh par excellence... l’humour sarcastique, misanthrope méchant avec un sourire en coin, hypocrite...

                                lassant , insistant. 

                                et puis il y a ce cycle 76 de quatuors à cordes notamment le 3  pour être précis

                                Gott erhalte Franz, den Kaiser,
                                Unsern guten Kaiser Franz !
                                Lange lebe Franz, der Kaiser,
                                In des Glückes hellstem Glanz !

                                l’hymne de la  K.u.K. Monarchie

                                nb :Dans le succès de JH ? il n’y a pas que les nobles , il y avait aussi l’imprésario Salomon

                                c’est bien de ce Kappelmeister, qu’il écrit l’Autre ?

                                 


                                • Fergus Fergus 2 décembre 2010 10:09

                                  Salut, Brieli.

                                  Merci pour ces liens, et notamment pour cette découverte (en ce qui me concerne) du Wiener Gemüse Orchester. Ergötzlich ! Et curieuse coïncidence car j’ai un article en modération (un jeu) sur les légumes qui devrait paraître aujourd’hui ou dans les prochains jours.

                                  Lassant, cet andante cantabile ? Ou plutôt envoûtant car d’une merveilleuse simplicité !

                                  On ne sait pas qui est à l’origine de l’hymne anglais, mais il est un fait que Haydn, parmi de nombreux musiciens, l’a utilisé après Haendel et avant Clementi, auteur d’une superbe « Grande symphonie nationale ». Jusqu’aux Sex Pistols !

                                  Il est vrai que Salomon a joué un grand rôle dans la vie de Haydn, mais c’était hors du cadre de cet article. J’y reviendrai toutefois dans un prochain article consacré à cet autre grand compositeur qu’a été... Pleyel dont beaucoup ont oublié qu’il ne fut pas seulement facteur d’instruments et éditeur de musique. Un Pleyel lui aussi édité à Londres par Salomon et qui s’est trouvé en concurrence avec son maître... Haydn.

                                  Je n’ai pas compris la dernière phrase sur Richter, un autre bon compositeur, soit dit en passant, auteur notamment de très élégants concertos.

                                  Bonne journée.

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