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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les audaces de Pierre Granier-Deferre

Les audaces de Pierre Granier-Deferre

« Ce qui m’intéresse, c’est la folie ordinaire des hommes, celle que chacun porte en soi et qui affleure au moindre événement. Je ne méprise pas l’action, mais j’ai un penchant pour la psychologie. Je suis un cinéaste de chambre. » (Pierre Granier-Deferre, cité par "Le Figaro" le 17 novembre 2007).

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Je continue un petit tour d’horizon du cinéma français et évoque les films du réalisateur Pierre Granier-Deferre, à l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition. Il est en effet mort le 16 novembre 2007 à Paris, à l’âge de 80 ans (il est né le 27 juillet 1927 à Paris).

Contrairement à d’autres réalisateurs de la même époque (années 1960), il n’a pas fait partie de la "Nouvelle vague" et est resté un réalisateur "classique". Pendant les années 1950, il a appris le métier de réalisateur en assistant de grands cinéastes, comme Marcel Carné, avec "L’Air de Paris" (1953) et Denys de La Patellière, avec notamment "Un taxi pour Tobrouk" (1960) et aussi "Les Grande Familles" (1958).

Ce dernier film, sorti le 19 novembre 1958 et scénarisé par Michel Audiard, est un excellent film tiré d’un roman de Maurice Druon (prix Goncourt 1948) et qui décrit la vie de grands industriels sous la IIIe République, avec Jean Gabin, Bernard Blier et Pierre Brasseur (avec la participation de Louis Seigner). Un téléfilm, réalisé par Édouard Molinaro et sorti en trois épisodes en 1989, a repris le même scénario avec Michel Piccoli, Pierre Arditi et Roger Hanin (à la place des trois précédents cités) et avec la participation de Renée Faure et Évelyne Bouix. Jean Desailly, qui avait eu un grand rôle dans le film de 1958, a repris un autre rôle en 1989, trente ans plus tard.



Les environ trente films réalisés entièrement par Pierre Granier-Deferre ont été parfois de grands succès, comme "La Horse" (sorti le 22 février 1970) avec Jean Gabin, Julien Guiomar et Pierre Dux, film qui a véritablement lancé sa carrière de réalisateur, ou encore "La Métamorphose des cloportes" (sorti le 1er octobre 1965), d’après un roman d’Alphonse Boudard, avec Lino Ventura, Charles Aznavour, Pierre Brasseur, Annie Fratellini (qui fut la femme de Pierre Granier-Deferre), Daniel Ceccaldi et Jean Carmet, "La Veuve Couderc" (sorti le 13 octobre 1971), d’après un roman de Georges Simenon, avec Alain Delon, Simone Signoret, Boby Lapointe et Jean-Pierre Castaldi, "Adieu Poulet" (sorti le 10 décembre 1975), scénarisé par Francis Veber, avec Lino Ventura, Patrick Dewaere, Victor Lanoux, Julien Guiomar, Pierre Tornade, Claude Rich et Valérie Mairesse, "Une étrange affaire" (sorti le 23 décembre 1981), avec Michel Piccoli, Gérard Lanvin et Nathalie Baye (un film très ambigu), ou encore "L’Étoile du Nord" (sorti le 31 mars 1982), d’après un roman de Georges Simenon, avec Simone Signoret, Philippe Noiret et Fanny Cottençon. Il a fait jouer aussi Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant.

Pierre Granier-Deferre fut reconnu par la profession avec l’attribution, en 1982, du César du meilleur scénario pour "L’Étoile du Nord". Dans les années 1990, il a également réalisé quelques épisodes de la série télévisée Maigret avec Bruno Cremer (et il continua à scénariser quelques épisodes dans les années 2000).

Pour lui rendre hommage, je voudrais m’attarder avec deux de ses films très emblématiques. Ils ne sont probablement pas les plus connus ni les plus commerciaux, mais ils m’ont particulièrement frappé quand je les ai vus pour la première fois.

Le premier que je veux évoquer est "Cours privé" sorti le 12 novembre 1986. Je l’ai vu un peu par hasard et inutile de dire qu’une impression de malaise m’avait rapidement envahi. Ce fut sans doute le film le plus "osé" de Pierre Granier-Deferre, avec de nombreuses scènes de nudité, propres plutôt à la décennie précédente.

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L’histoire est la suivante : la très belle et jeune Jeanne (jouée par Élizabeth Bourgine) est professeur dans une école privée dirigée par un directeur assez douteux sur les relations humaines (joué par l’excellent Michel Aumont). Elle est tellement jeune qu’elle pourrait avoir l’âge de ses élèves. Suscitant la "convoitise" par sa beauté, elle séduit autant le directeur qu’un de ses collègues (joué par Xavier Deluc). Des photos sont diffusées dans l’école de manière anonyme évoquant des "parties fines" et représentant des jeunes femmes nues dont une, au visage caché, semble être Jeanne. Un engrenage de séduction et de chantage dans la mécanique d’un scandale étouffant. Jouent aussi dans ce film, entre autres, Emmanuelle Seigner et Pierre Vernier.

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Pourquoi ai-je particulièrement eu envie de signaler ce film ? Peut-être parce qu’il a déjà plus de trente ans et qu’il est probable qu’il n’aurait jamais pu sortir en 2017, avec une atmosphère de politiquement correct qui refuserait ce genre de "scandale sexuel" où sont entremêlés voyeurisme glauque, homosexualité féminine, chantage affectif, sexe collectif, et jeux de séduction dans un milieu professionnel particulier puisque faisant intervenir des adolescents.

Si Élizabeth Bourgine (elle vient d’avoir 60 ans au début du printemps dernier), évidemment, crève l’écran dans ce film, c’est aussi dans ce film que j’ai découvert Michel Aumont dont j’ai apprécié le jeu trouble engendrant ce malaise. Pierre Granier-Deferre a gardé Élizabeth Bourgine dans ses deux films suivant "Cours privé", à savoir "Noyade interdite" (sorti le 2 décembre 1987) avec Philippe Noiret, Marie Trintignant, Guy Marchand et Suzanne Flon, et "La Couleur du vent" (sorti le 2 novembre 1988) avec Philippe Léotard, Fabrice Luchini, Jean-Pierre Bisson et Jean-Pierre Léaud.

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L’autre film est dérangeant d’une autre manière, plutôt psychologiquement, avec "Le Chat" sorti le 24 avril 1971, d’après un roman de Georges Simenon, avec le duo mémorable de Jean Gabin et Simone Signoret (avec la participation d’Annie Cordy). C’est un couple de retraités qui ne s’aiment plus et qui vont refuser de se parler de vive voix, mais un chat va bousculer cette guerre de positions entre eux deux.





Au-delà de la tension psychologique très forte, ce film illustre aussi la grande urbanisation de l’époque où tout était construit pour l’automobile. La petite ville de Courbevoie, au début des années 1970, commençait à être engloutie dans le projet pharaonique de La Défense, au même titre que ses voisines Puteaux et Nanterre…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 novembre 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Pierre Granier-Deferre.
Barbara chantée par Depardieu.
Danielle Darrieux.
Lino Ventura.
Jean Rochefort.
Gisèle Casadesus.
Gisèle Casadesus a 100 ans !
Le cinéma parlant.
Jacques-Yves Cousteau.
Peter Falk.
"Big Eyes" de Tim Burton.
Mireille Darc.
Fadwa Suleiman.
Claude Rich.
Francis Veber.
Mimie Mathy.
Victor Lanoux.
Robert Dalban.
Acting.
Disparition de Zsa Zsa Gabor, Michèle Morgan, Claude Gensac, Carrie Fisher et Debbie Reynolds (dessin).
Kirk Douglas.
Jean Gabin.
Michel Aumont.
Grace Kelly.
Alice Sapritch.
Thierry Le Luron
Pierre Dac.
Coluche.
Charles Trenet.
Georges Brassens.
Léo Ferré.
Christina Grimmie.
Abd Al Malik.
Daniel Balavoine.
Édith Piaf.
Jean Cocteau.
Yves Montand.
Gérard Depardieu.
Michel Galabru.
Bernard Blier.

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2 réactions à cet article    


  • UnLorrain 16 novembre 23:05

    Pas de son au film...

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