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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Les Bonnes » de Jean Genet au Théâtre de l’Atelier

« Les Bonnes » de Jean Genet au Théâtre de l’Atelier

A la manière des « Petites filles modèles » de la Comtesse de Ségur singeant leurs parents pour s’approprier une part de leur autorité naturelle, Sylvie Busnel propose une lecture des « Bonnes » où le simulacre est à la fois le moyen et l’objectif de neutraliser la transparence dans laquelle Claire (Lolita Chammah, fille d'Isabelle Huppert) et Solange (Prune Beuchat) se sentent, à tort ou à raison, être les proies psychologiques, non consentantes de « Madame » (Christine Brücher), leur patronne.

En effet, à une période où la domesticité avait pignon sur rue, tout au moins aux étages supérieurs des immeubles cossus des beaux quartiers parisiens ou provinciaux, le rapport de forces entre grands bourgeois et personnel de maison pouvait être enclin à fonctionner selon le dispositif Hegelien de la relation maître-esclave.

Ainsi, dans sa pièce de 1947, Jean Genet illustre cette tendance psychosociale des mœurs afin d’en révéler la quête identitaire douloureuse apparaissant en toile de fond de l’époque.

Présentement au Théâtre de l’Atelier, la mise en scène en constitue un jeu de rôles scénographique où il s’agirait davantage de parodier le comportement des maîtres que de mettre en exergue la problématique existentielle des servantes.

Grâce à une expression délibérément ludique où l’imitation, les déguisements et même le travestissement serviraient d’exutoire à pastiches afin de satisfaire le défoulement libérateur de leurs inhibitions et autres frustrations quotidiennes, les deux sœurs théâtraliseraient leur amour haine afin, inconsciemment, de mieux la conjurer.

Dans cette perspective, quid de la tentative du suicide final, par absorption de la tasse de thé froid censé être empoisonné ? Ne serait-il pas que le point paroxysmique du jeu initié… mais flirtant dangereusement avec les limites du point de non retour ?

Sans doute, l’interprétation psychanalytique des intentions de l’auteur et celle des motivations du metteur en scène rencontreraient, ici, leurs propres frontières théâtrales qu’il serait, sans aucun doute, contre- performant de vouloir transgresser davantage.

photo © Theothea.com

LES BONNES - **... Theothea.com - de Jean Genet - mise en scène : Sylvie Busnel - avec Prune Beuchat, Christine Brücher & Lolita Chammah - Théâtre de l'Atelier


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1 réactions à cet article    


  • Georges Yang 14 octobre 2011 09:45

    Certes, les Bonnes, mais cette pièce n’a pas la charge des Paravents et du Balcon

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