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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les chansons en langue allemande des compositeurs classiques

Les chansons en langue allemande des compositeurs classiques

Comprendre et apprendre à apprécier les chansons (lieder) de Schubert, Schumann, Brahms, Mendelssohn, Liszt, Wagner et Mahler, entre autres, tel est le but que se donne cet article. La tâche peut sembler incommensurable mais la méthode ici présentée constitue un début de réponse, me semble-t-il , efficace. Distinguer la mélodie de l'harmonie, le lied des autres formes chantées, discerner la forme populaire ou artistique, identifier la place prépondérante donnée soit au texte soit à la musique, telles sont déjà des pistes utiles.

Des chansons mondialement connues sont des lieder : l'ave Maria de Schubert, la berceuse de Brahms, et la Truite, encore de Schubert, dont le compositeur reprendra le thème musical pour composer ses variations célèbres. De plus, les lieders allemands ont fortement puisé dans le fond des chansons populaires. Pourtant, nombreux sont encore les mélomanes qui ne franchissent pas le pas indispensable à la compréhension de ces chants magnifiques, jugés sans doute trop précieux, trop romantiques, trop lointains ?

Avant d'écouter...

I – Qu’est-ce que le lied ?

- Ce que le lied n'est pas. Le lied n’est ni la mélodie, ni la romance ni la ballade. La romance, qui fut très en vogue au XVIIIème siècle en France, a pour exemple emblématique la chanson « Plaisir d’amour ne dure qu’un moment ». La ballade, elle, est plus ancienne : elle a connu son heure de gloire au Moyen-Age. Toutefois, les lieder sont de forme strophique qui peut s'apparenter à des ballade vocales quand ils se déroulent de façon linéaire (le Roi des aulnes, de Schubert). Ce sont des chansons d’amour courtois de style raffiné, un genre proche des chansons des troubadours et trouvères.

- Lied allemand et mélodie française. La mélodie française est l’équivalent du lied allemand mais, alors que le lied allemand est surtout inspiré de la veine populaire, la mélodie française de cette époque est plus savante. Le spécialiste en fut Berlioz. Puis il y eut Duparc, Fauré et Debussy.

- Lied et opéra. Le lied est en quelque sorte un genre intermédiaire entre la chanson et l’opéra. Il est en forme de strophe, d’où son nom de lied (« das Liet » en ancien allemand).

- Deux formes de lied. La forme la plus ancienne remonte au Moyen-Age, le volkslied (chanson populaire du folklore). Le plus célèbre volkslied est « Des Knaben Wunderhorn » (« Le cor merveilleux de l’enfant »). Dans la composition même du Volkslied, on retrouve peu de modulation (musique), la mélodie est toute simple et facile à retenir même pour ceux qui n’exercent pas le métier de musicien. Le kunslied (chanson artistique : Kunst veut dire art) sera cultivé par Beethoven et porté à son apogée par Schubert. C’est à partir de Herder que s’opère cette distinction de deux genres de Lied. Les influences du volkslied sont nombreuses : elles passent par Shakespeare et Rousseau. Une place importante est à accorder aux vieilles ballades de Thomas Percy qui eurent un succès considérable, spécialement en Allemagne.

- Lied et poésie. Le lied est une osmose de la musique et de la poésie. Le piano ne se contente pas d'accompagner le chant ; il est une seconde voix suggérant l'ambiance, le décor, les tensions.

II - Le lied avant Schubert

Le trio des compositeurs classiques du 18ème sièle et du 19ème débutant, Haydn, Mozart, Beethoven, a oeuvré pour le lied. Haydn a atteint l’âge mûr quand, à la faveur d'un second voyage en Angleterre, il compose des lieds sur des poèmes d’Anne Hunter en 1795. Mais c'est sa seconde série de Canzonettes - qui débute par « She never told her love » [ écouter ] sur un texte de Shakespeare - qui porta l’art du lied de Haydn à son apogée expressive. Mozart, lui, met en musique des poèmes de faible facture, à l’exception de « Das Veilchen » (La violette) de Goethe [ écouter ], son chef-d’œuvre. Plus ambitieux sur le plan poétique, Beethoven composera neuf lieder sur des textes de Goethe.

III - Le lied après Schubert

Pour les lieder de Schubert, je renvoie à mon article "les lieder sublimes de Schubert" qui lui est spécialement consacré. Franz Schubert a écrit plus de six cents lieder dont de nombreux à partir des textes de Goethe.

- SCHUMANN

A la recherche d’une poésie musicale, Schumann ne compose d'abord que pour son piano. En 1840, il compose ses premiers lieder sur des textes de Heine pour muse sa femme Clara. Tout comme Goethe fut le poète de Schubert, Heine sera le poète de Schumann. Malheureusement, son engouement pour ce poète sera de courte durée. En effet, Schumann, ne supportera plus les remarques de Heine à l’égard de Mendelssohn avec lequel il était très lié. La rupture entre le compositeur et le poète ne permettra pas de réitérer des chefs-d’œuvre comme « Dichterlliebe ». Schumann compose ensuite sur des textes de Rückert : « Lied der Braut I et II », « Rose, Meer und Sonne » et « Volksliedchen », « Schneeglöcken », « Meine scöner Stern »...

  • Dans le cycle « Liederkreis  », opus 24, qui est dédié à une cantatrice mais en réalité voué entièrement à Clara, on trouve notamment le magnifique « Schöne Wiege meiner Leiden (Joli berceau de mes souffrances) [ écouter ].
  • Le cycle « Myrthen » opus 25 (Les Myrthes) sont offerts à Clara le jour de leur mariage.Il comporte quelques chefs-d’œuvre : "Widmung" (ballade) [ écouter ],de Rückert, et deux textes de Heine : "Die Lotosblume" (La Fleur de lotus), "Du bist wie eine Blume" [ écouter ]. Ce cycle de lieders, composés pour Clara, seront aussi joués et chantés par Clara.
  • Frauenliebe und Leben (« L'Amour et la vie d'une femme ») est un cycle de lieder sur un recueil de poèmes de Chamisso. Le cycle se compose de huit lieder (sans titres), qui mettent en musique huit épisodes de la vie d'une femme ; dans chacun des poèmes, c'est la femme qui parle. "Seit ich ihn gesehen" [ écouter ]( "Depuis que je l'ai vu, j'ai l'impression d'être devenue aveugle")...
  • C'est dans le cycle « Dichterliebe » (Les Amours du poète), opus 48 que l'on trouve le poème de Hien "Wen ich in deine Augen seh" (lorsque je vois dans tes yeux) [ écouter ].
  • Bien que "Gedichte der Königin Maria Stuart", opus 135 soient des "poèmes de la reine Marie Stuart"), ils permettent au compositeur d'y exprimer sa propre souffrance en s'identifiant à la reine d'Ecosse et en faisant ses adieux au Lied. Le dernier Lied de Schumann se conclut par "délivre-moi ! ou "sauve-moi !" Quand on ait que Schumann tentera de se suicider un an plus tard et finira à l'asile les derniers mois de son existence, on comprend mieux l aportée de ces vers...

- BRAHMS

Auteur de la très célèbre berceuse, il préfère des poètes mineurs à Goethe parce qu'il veut rehausser les textes avec sa musique. Il puise aussi dans le patrimoine populaire allemand ou d'autres peuples.

  • Ses premiers lieder sont composés en 1852, parmi lesquels "Liebestreu" (fidélité amoureuse) [ écouter ], dialogue entre une mère et sa fille.
  • L'essor de son art se manifeste entre 1861 et 1877 : "Wie bist du, meine Königen" [ écouter ], "Die Mainacht" [ écouter ], "Botschaft" [ écouter en 2], "Liebesglut" (ardeur amoureuse) [ écouter ], "Die Liebende schreibt" (la bien aimée écrit)[ écouter ] de Goethe, "Wigenlied" (berceuse), "Sonntag" [ écouter ] Op. 47-3 sur une poésie populaire...Qui dira encore que la langue allemande ne sonne pas de façon musicale après avoir entendu ce refrain "Wollte Gott, wollte Gott, ich wär' heute bei ihr ! " ("Veuille Dieu, je serai aujourd’hui chez elle") ?
  • Plus tard, d'autres lieder comme "Sapphische Ode" op 96 de Heine [ écouter ].
  • cycle "Vier ernste Gesänge" opus 121 (Quatre chants sérieux) sur des textes extraits de la bible de Luther, dernier cadeau à Clara Schumann qui devait mourir quelques jours plus tard, et à lui-même qui pressentait sa propre mort. 

- LISZT

Chez Liszt, si l'harmonie est germanique, la mélodie est latine. Il compose sur des textes de Goethe "Der du von dem Himmel bist", "Freudwoll und Leidwoll", "Über allen Gipfeln ist Ruh". Et sur des textes de Heine : "Du bist wie eine Blume", "Im Rhein, im schönen Strome", "Die Lorelei" (légende d'une sirène qui provoque la mort d'un batelier).

- MENDELSSOHN

Il aura comme tendance de choisir des poètes médiocres. Il composa néanmoins sur des poèmes de Heine : "Frühlingslied" (chanson printanière), "Neue Liebe" ainsi que "Auf Flügeln des Gesanges" (sur les ailes du chant). Il avait, comme Brahms, un goût et un don pour le lied populaire.

- WAGNER

On ne retient de ce compositeur que cinq lieder rassemblés dans le recueil "Wesendonck-lieder" et composés sur des poèmes de sa muse Mathilde Wesendonck. "Der Engel" rappelle Lohengrin et "Stehen still" le Vaisseau fantôme.

- GUSTAV MAHLER

Mahler abandonna le piano au profit de la version orchestrale. D'abord inspiré par le folklore bohémien, il évolue vers le mode symphonique.

"Das Klagende Lied" (le chant de la plainte) en trois parties : 1 - Waldmärchen / Histoire de la forêt. 2 - Der Spielmann / Le Ménestrel (Sehr gehalten). 3 - Hochzeitsstück / Le Mariage.

Mahler a aussi composé notamment : "Lieder eines fahrenden Gesellen" (chant d'un compagnon mourant), dont la première symphonie de Mahler est inspirée. "Des knaben Wunderhorn" (le cor merveilleux de l'enfant). Kindertotenlieder (chants pour des enfants morts). "Das Lied von der Erde" (le chant de la terre).

- HUGO WOLF

Dans le sillage tragique de Schumann, Wolf se montra très méticuleux dans le choix et la restitution des oeuvres poétiques. Son exigence perfectionniste fait que certains lieder sont des opéras en miniature. Une osmose se crée entre la musique du langage et le langage musical. Eduard Mörike sera « son » poète.

Le Lied de Mignon. Wolf reprend à son tour l'histoire de Mignon de Goethe, tirée du roman "Les années d'apprentissage de Wilhelm Meisters". Wilhelm Meisters, fils de riche négociant, rêve de de devenir artiste. Durant un voyage, il se joint à une troupe dans laquelle se trouve Philine, jeune femme légère mais charmante. Wilhelm enlève une jeune enfant, Mignon, aux forains. Lied "Kennst du das Land ?" : avec désespoir et nostalgie, Mignon songe à son Midi ensoleillé. Dans son voyage avec Wilhem, Mignon rencontre un vieillard triste qui joue de la harpe. Le premier chant du harpiste du Wilhelm Meister, "Wer sich der Einsamkeit ergibt" (quiconque s'abandonne à la solitude), est fondé sur un chromatisme descendant. A l'occasion d'une fête, Mignon est travestie en ange et, pressentant sa mort prochaine, elle chante "So laßt mich scheinen, bis ich werde" (laissez-moi devenir ce que je serai).

- RICHARD STRAUSS

Il n'était pas un maître du lied. Quelques lieder à retenir cependant : "Standchen". Et Vier Letzte Lieder. Quatre poèmes : "Frühling", "September", et "Beim Schlafengehen" d'Herman Hesse, et "Abendrot" d'Eichendorff, sans lien thématique, composés entre 1946 et 1948. Puis on découvrit son lied ultime, Malven (Les Mauves), daté du 23 Novembre 1948 sur des textes de Betty Knobel et dédiée à sa maîtresse, Maria. Les Quatre Derniers lieder, sont donc cinq. Ces lieder sont d'une beauté crépusculaire qui symbolise la fin du genre. Il est d'usage de terminer par Abendrot même s'il fut composé en premier, parce qu'il évoque le crépuscule du lied et la fin du compositeur.

IV -Aide à l'étude et à l'appréciation des lieder

L'approche de la musique se fait parfois plus aisément par l'écoute de chants sublimés par de belles voix sur de belles mélodies, sans souci du texte. La familiarité de l'existence d'un refrain ou d'un air à résonance populaire peut aussi aider. Pour ce qui est d'apprécier les textes, il est plus aisé de débuter par les poèmes de Heine comme "Seit ich ihn gesehen" (depuis que je l'ai vu), "Wenn ich in deine Augen seh' "(Quand je regarde au fond de tes yeux), "Du bist wie eine Blume" (Tu es pareille à une fleur). On peu taussi débuter par la trilogie symphonique de Mahler "Das Klagende Lied" (le chant de la plainte), le texte étant très narratif et pas trop élaboré poétiquement (ce n'est pas du Hölderin !).

[ une annexe à cet article - en zone commentaire sur Agoravox - viendra rappeler des règles grammaticales allemandes et donnera des astuces utiles pour permettre de mieux étudier et approcher les textes originaux ]

Et la célébrissime berceuse de Brahms ou le 3ème chant d'Ellen plus connu sous le titre d'Ave Maria".

1 - Deux exemples bien connus : Berceuse de Brahms et Ave Maria de Schubert

Wigenlied (berceuse) [écouter "Wigenlied"]

Guten Abend, gute Nacht,..................................Bonsoir, bonne nuit,
mit Rosen bedacht,.............................................Veillé par des roses
mit Näglein besteckt,..........................................Couvertes de petites épines,
schlupf′ unter die Deck !.....................................Glisse sous l'édredon !
Morgen früh, wenn Gott will,..............................Demain matin, si Dieu veut,
wirst du wieder geweckt....................................Tu seras à nouveau éveillé.

Guten Abend, gute Nacht,..................................Bonsoir, bonne nuit,
von Englein bewacht,.........................................Gardé par de petits anges.
die zeigen im Traum...........................................Ils te montrent en rêve
dir Christkindleins Baum...................................Le petit arbre du petit Jésus
Schlaf nun selig und süß,.............................Dors seulement, bienheureux et doucement
schau im Traum ′s Paradies............................Vois le paradis dans tes rêves.

Ellens dritter Gesang ("Ave Maria" ) [ écouter ]

Ave Maria ! Jungfrau mild,....................................Ave Maria ! Douce vierge,
Erhöre einer Jungfrau Flehen,........................Ecoute la supplication d'une jeune femme,
Aus diesem Felsen starr und wild....................De ce rocher immobile et sauvage
Soll mein Gebet zu dir hinwehen.......................Ma prière doit être emportée vers toi.
Wir schlafen sicher bis zum Morgen,................Nous dormons en sûreté jusqu'au matin,
Ob Menschen noch so grausam sind..............Même si des hommes sont encore si cruels.
O Jungfrau, sieh der Jungfrau Sorgen,........Ô vierge, vois le chagrin d'une jeune femme,
O Mutter, hör ein bittend Kind !...........................Ô mère, entends un enfant suppliant !
Ave Maria !..............................................................Ave Maria !

2 - L'étude de la forme musicale des lieder

Voici des indications utiles. Les lied revêtent le plus souvent la forme strophique simple ou strophique variée. Exemples : La Truite, Le Tilleul, « Heidenröslein » (la Petite rose des bruyères), de Schubert.

- la forme strophique simple du lied : c’est la forme la plus ancienne et la plus habituelle. La même musique est réutilisée à chaque strophe. Il est adapté à des poèmes à la prosodie très régulière. Le risque est la monotonie. Exemples : « Wiegenlied » (Berceuse) de Brahms ou « Auf dem Wasser zu singen » (À chanter sur l’eau) de Schubert.

- la forme strophique variée. Pour mieux calquer le contenu sur les variations du texte, les compositeurs ont modifié certaines strophes. Haydn, par exemple, procède de cette façon sur des textes anglais : Quatorze Canzonettas (« Sailor’s Song » et « Pleasing Pains »). Ou Schubert : le meilleur exemple est « Der Lindenbaum », 5ème lied du Voyage d’hiver. Ou encore Richard Strauss : « Das Rosenband ».

- la forme Durchkomponiert (« composé au travers » c’est-à-dire en continu), qui suppose plusieurs strophes : Des réussites de Schubert : « Gretchen am Spinnrade » (Marguerite au rouet) et « Erlkönig » (Le Roi des aulnes).

- les formes tripartites :

La forme AAB est héritée du Moyen-Age : couplet, couplet, envoi. Exemples : Schumann « Mondnacht » (Nuit étoilée), Schubert « Die Forelle » (la Truite), « An Sylvia » (A Sylvia : de Skakespeare, extrait des « Deux Gentilshommes de Vérone »), « Du bist die Ruh » (Tu es le repos).

La forme ABA : Schumann « Widmung » (Dédicace ».

- la forme rondo : forme strophique avec alternance couplet-refrain. Mais ici, les couplets sont interprétés différemment. C’est le cas du curieux « der Musensohn » (Le Fils des muses) de Schubert, où, entre chaque strophe du poème, une ritournelle pianistique fait office de refrain.

- la forme symétrique : elle est encore plus rare que la forme rondo.

Cet article a dénommé "chansons" des oeuvres quis sont des lieder (en allemand : un lied / des lieder), un genre spécifique allemand de l'époque romantique. Les puristes s'en offusqueront... Il est vrai que le mot "chanson" a pris, dans son acception moderne, un sens différent et fourre-tout, bien éloigné de la poésie et de la musique pures. Néanmoins, les lieder de certains compositeurs sont très proches des chansons de l'opéra. Par ailleurs, l'origine du lied est le liet moyenâgeux qui était bien un genre de chanson. Le lied, qui vient du peuple, retourne ainsi au peuple ! Le choix du mot "chanson" était aussi, bien entendu, fait dans l'intention d'attirer des lecteurs non accoutumés à ce genre vocal. Nul doute que le lecteur-auditeur saura trouver chaussure à son pied dans le tri assez large proposé ici.

Bonne écoute !

 


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33 réactions à cet article    


  • Taverne Taverne 4 mars 2013 10:15

    Annexe 1 / 3 : aide à l’analyse des textes. Astuce no 1 : les mots communs courants à l’anglais et à l’allemand

    Comme promis dans l’article, je vais publier en commentaire des « trucs » pour se remémorer les bases de la langue et permettre une plus rapide compréhension des textes des lieder.

    Il existe des correspondances entre l’anglais et l’allemand qui ont le saxon pour tronc commun. C’est ce qui fait que les mots basiques se ressemblent. Voici une bonne liste de noms communs. Mais nous verrons que c’est surtout les verbes qui sont utiles...

    1 - Les noms

    - Nature :

    Der Fisch : poisson
    Fischer : pêcheur
    Schwan : cygne
    Nachtigall : rossignol
    Der Wolf
    Der Bär
    Der Eisbär
    Die Katze : le chat
    Der Tiger
    Der Maus

    Gras ; herbe
    der Wind : vent
    Nacht : nuit
    Erde : terre
    Mond : lune
    Wald : forêt
    Der Apfel : la pomme

    grün : vert
    braun : brun
    Weiss : blanc
    Blau : bleu
    Braun : marron
    Rot : rouge

    kalt : froid
    kühl : frais
    Gut
    Warm : chaud

    Der Winter : hiver
    Der Sommer : été
    das Licht : la lumière

    Wild : sauvage

    - le corps

    Der Fuss (Die Füße) le pied (les pieds)
    Hand : main
    Arm : bras
    Herz : coeur
    Haar : cheveux
    Die Finger : les doigts
    Mund : bouche
    Die Lippen : les lèvres
    Die Naze : le nez
    Seele : âme
    blind  : aveugle
    Blut : sang
    Fieber
    Der Schuh : la chaussure
    Hut : chapeau
    Das Bad : le bain

    - les personnes :

    Die Familie
    Brüder : frère
    Junge : jeune
    alt : vieux
    Der Mann
    Das Kind
    Der Junge
    Die Mutter
    Der Vater
    Bruder
    Die Tochter : la fille
    Der Sohn
    Der Onkel
    Der Freund : l’ami

    - temps et lieux :

    Uhr
    Das Jahr : l’année
    nun : maintenant
    Seit : côté
    Land : pays
    Hier

    - autres :

    Haus : maison
    Garten : jardin
    Schule

    Engel : ange
    Gott : dieu

    Wort : mot
    Tausend : mille
    Kuß : baiser
    Stille : calme
    allein : seul
    Ritter : chevalier
    Wein : vin
    Grabe : tombe
    Das Buch : le livre
    Das Glas : le verre
    Das Ding : la chose

    2 - les verbes

    To begin / beginnen / commencer
    To bend / Biegen / plier
    To bite / Beißen / mordre
    To break / brechen / rompre
    To bring / bringen / apporter
    To burn / brennen / brûler
    To burst / bersten / éclater
    To creep / kreichen / ramper
    To eat / essen / manger
    To fall / fallen / tomber
    To flee / fliehen / fuir
    To fly / fliegen / voler (en l’air)
    To forbid / verbieten / interdire
    To forget / vergessen / oublier
    To freeze / frieren / geler
    To give / geben / donner
    To hang / hängen / être suspendu
    To have / haben / avoir
    To hold / halten / tenir
    To know / kennen / connaître
    To lend / leihen / prêter
    To lie / liegen / être étendu
    To say / sagen / dire
    To see / sehen / voir
    To shut / schließen / fermer
    To sing / singen / chanter
    To sink / sinken / couler
    To sit / sitzen / être assis, s’asseoir
    To speak / sprechen / parler
    To spit / speiein / cracher
    To spring / springen / bondir
    To stand / stehen / se tenir debout
    To steal / stehlen / dérober
    To stink / stinken / puer
    To swear / schwören / jurer
    To swell / schwellen / enfler
    To swim / schwimmen / nager
    To think / sinnen / réfléchir
    To win / gewinnen / gagner
    To wring / winden / tordre


    • Fergus Fergus 4 mars 2013 10:36

      Salut, Taverne.

      Vaste panorama.

      Il y a les inconditionnels du Lied et les autres. Pour ma part, je fais partie de la 2e catégorie, n’ayant que peu de goût pour ce genre qui comporte infiniment plus d’oeuvres ennuyeuses que séduisantes à mes oreilles. Je n’en reconnais pas moins qu’il existe quelques lieder magnifiques.

      A noter que wiegenlied (berceuse) s’écrit avec un « e ».

      Bonne journée.


      • Taverne Taverne 4 mars 2013 11:14

        Fergus,

        Personnellement, j’ai du mal à comprendre que l’on puisse juger « ennuyeuses » des oeuvres poétiques et musicales de très grande qualité. Je garde le terme « ennuyeux » pour la musique pop et les chansons, toutes basées sur les mêmes schémas, que les radios nous déversent chaque jour.


      • Mania35 Mania35 4 mars 2013 11:28

        Bonjour Taverne,

        Vous avez une drôle de conception de la musique. Pour moi ce qui compte c’est l’émotion que me procure une oeuvre. Certaines oeuvres « d’une très grande qualité » (selon quels critères ?) peuvent donc être très ennuyeuses à mes oreilles et surtout à mon coeur. Pour moi l’art en général, musique, littérature, peinture... est une perception très personnelle et chacun peut avoir ses propres échelles de valeur, indépendantes de ce qui a pu être dit ou écrit par des critiques.


      • Taverne Taverne 4 mars 2013 11:38

        « Vous avez une drôle de conception de la musique. »

        - Non, je ne pense pas. J’écoute toutes sortes de musiques. Je ne vois pas en quoi ce éclectisme serait une « drôle de conception de la musique. » En revanche, les musiques commerciales qui passent en boucle à la radio sont souvent bâties sur les mêmes schémas commerciaux : même format, mêmes thèmes, suite identiques d’accords, mêmes types de voix, mêmes construction strophique avec refrains aigus. Et les métaphores, je ne vous en parle pas : « mon coeur vole vers toi comme un oiseau ! »


      • Kookaburra Kookaburra 4 mars 2013 11:38

        à Fergus

        Et avec majuscule Wiegenlied. Votre difficulté avec les Lieder est normal Fergus. Moi aussi, avant d’apprendre l’allemand, je n’aimais ni les Lieder ni surtout Wagner. C’est seulement depuis mes années en Allemagne que j’en suis devenu un passionné. Les cinq derniers Lieder de Strauss, chantés par Jessie Norman, sont un chef-d’œuvre absolue de la musique.


      • Fergus Fergus 4 mars 2013 13:46

        Je partage totalement l’avis de Mania35. Toutes les formes de musique, et même d’art en général peuvent être porteuses, selon les goûts de chacun, d’émotion ou d’ennui. J’ajoute à cela que, contrairement à ce qu’écrit Taverne, il existe dans la musique pop également des titres de très grande qualité.

        @ Kookabura.

        L’allemand, je l’ai partiellement appris à l’école. Quand à l’écoute des Lieder, elle ne date pas d’hier en ce qui me concerne puisque, depuis plus de 40 ans, j’ai dû écouter 3 ou 4000 vinyls et CD de musique classsique, dont les oeuvres de géants du Lied tels Schubert, Schumann, Brahms ou Mahler. Et je n’ai j’amais réellement accroché au genre, même en prenant de l’âge et en constatant une évolution de mes goûts.

        Bonne journée.


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 mars 2013 10:53

        Dans les noms en allemand vous avez oublié :


        Gesichtvorschprungreinigunslappe  : mouchoir .

        • Taverne Taverne 4 mars 2013 11:15

          A vos souhaits ! smiley


        • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 mars 2013 11:23

          Pareil que Fergus les Lieder j’ y vois pas de swing . 


          De la musique d’ antichambre .

          Mais chacun ses goûts .

          • Taverne Taverne 4 mars 2013 11:28

            Le swing est né après les lieder.

            Moi, je trouve ennuyeux le Boléro de Ravel...


          • Taverne Taverne 4 mars 2013 11:55

            J’aime la poésie et j’aime la musique. Et il se trouve que les lieder sont l’exacte rencontre des deux. Tout comme j’aime comment Léo Ferré a mis en chansons des poèmes d’Apollinaire, Rimbaud, Verlaine, Rutebeuf.

            Déclarer « ennuyeux » un pan entier de la musique des plus grands compositeurs (Mozart, Haydn Beethoven, Schubert, Schumann, Brahms, Mendelssohn...) est pour le moins une marque du moindre effort.


          • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 mars 2013 12:32

            Normal , 


            le beau vélo de Ravel s’ écoute avec une femme , en tandem .

          • Gabriel Gabriel 4 mars 2013 13:38

            J’aime bien le classique Allemand mais je fais attention car si j’écoute trop Wagner, j’ai comme une furieuse envie d’envahir la Pologne...


          • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 mars 2013 12:08

            Ben non que nenni non . 


            La zig c ’est comme les zaricots , on aime ou on aime pas . 

            Pourtant on mange toutes sortes de légumes sauf des zaricots pour
            ceux qui aiment pas les zaricots . 

            D’ ailleurs je suis assez content de ne pas aimer les zaricots car si je les 
            aimais j’ en mangerais , mais comme je les aime pas , ça tombe bien ... smiley

            • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 mars 2013 15:46

              Dick River’s avait fait un Lied sur les bords de mer  : 



              Twist à Saint Tropèz .

              • Taverne Taverne 4 mars 2013 16:34

                A Saint Tropez, on préfère généralement le bolide au beau lied..


              • Taverne Taverne 4 mars 2013 16:31

                Annexe 2 / 3 : repérage du verbe sous ses diverses formes dans la phrase

                1 - La conjugaison au présent de l’indicatif

                a ) Les marques de conjugaison sont :

                ich : - e
                du  : - st
                er/ es/sie : - t
                wir : - en
                ihr : - t
                sie : - en

                Exemple : ich habe, du hast, er hat, wir haben, ihr habt, sie haben

                b ) Les verbes auxiliaires

                sein , haben, werden et verbes de modalité (können, dürfen, wollen, mögen, müssen, sollen) : leur conjugaison particulière est à retenir.

                c) Les verbes faibles (dits réguliers, dont le radical n’est pas modifié) :

                Au présent, ils prennent la forme conjuguée indiquée : exemples : arbeiten, lernen :

                Ich lerne
                du lernst
                er (sie/es) lernt
                wir lernen
                ihr lernt
                sie/Sie( « vouvoiement ») lernen

                A noter qu’aux autres temps, c’est aussi simple.

                d ) Les verbes forts (irréguliers)

                Leur radical changent parfois de voyelle mais uniquement aux 2ème et 3ème personnes du singulier.

                - Les verbes avec radical en « i », « ie » et « ei » gardent leur radical au présent. Exemples :

                singen (chanter) : er singt
                bleiben (rester) : er bleibt
                ziehen (tirer) : er zieht

                - Les verbes avec radical en « a » changent en « ä » (sauf exceptions). Exemples :

                fahren (aller, conduire) : er färht
                schlafen (dormir) : er schläft
                fallen (tomber) : er fällt
                lassen (laisser) : er lässt
                laufen (courir) : er läuft

                - Les verbes avec radical en « e » : trois possibilités :

                ===> Le plus souvent, ils subissent une modification du « e » en « i » :

                essen (manger) : er ißt
                geben (donner) : er er gibt
                sprechen (parler) : er spricht

                ===> Exceptionnellement en « ie ». Exemples :

                lesen (lire) : er liest
                sehen (voir) : er sieht
                stehln (dérober) : er stiehlt

                ===> Pas de modification pour : (exemples)

                kennen (connaître) : er kennt
                denken (penser) : er denkt
                stehen  : er steht

                2 - La conjugaison au prétérit

                a ) Les marques du prétérit pour les verbes faibles : exemples de lernen et de arbeiten

                ich : - te lernte arbeitete 
                du  : - test lerntest arbeitetest
                er/ es/sie : - te lernte arbeitete
                wir : - ten lernten arbeiteten 
                ihr : - tet lerntet arbeitetet
                sie : - teen lernten arbeiteten

                 b ) Les marques du prétérit pour les verbes irréguliers :

                Elles se manifestent par une modification du radical. 5 cas différents (pour 9 groupes de verbes) :

                - radical modifié en « a » pour 4 groupes de verbes :

                Groupe lesen : Lesen : er las (autres verbes de ce groupe : essen, fressen, geben, sehen, treten)
                Groupe sprechen : er sprach (autres verbes de ce groupe : bergen, bersten, brechen, gelten, schleten, sinnen, stehlen, sterben, treffen, werben, werfen)
                Groupe des verbes en « in » : trinken : er trank (autres verbes de ce groupe : binden, dringen, klingen, ringen, singen, springen, schwinden, winden, zwingen)
                Groupe des verbes du groupe bringen : er brachte (autres verbes de ce groupe : brennen, denken, kennen, rennen, wenden)

                Question pourquoi y a-t-il des verbes en « e » dans ce dernier groupe en « in » ? Réponse : on les a regroupés parce qu’ils font aussi leur participe passé (voir rubrique 3) en « a » : gebrannt, gebracht, gedacht, gekannt, gerannt, gewandt.

                - radical modifié en « ie » pour 2 groupes de verbes :

                Groupe bleiben : er blieb (autres verbes de ce groupe : leihen, meiden, preisen, reiben, scheiden, scheinen, schreien, schweigen, speien, steigen, treiben)
                Groupe schlafen : er schlief (autres verbes de ce groupe : blasen, braten, fallen, hauen, halten, lassen, laufen, raten, rufen, stoßen)

                - radical modifié en « o »
                pour 1 groupe de verbes : groupe schließen : er schloß (autres verbes de ce groupe : quellen, schmelzen, schwellen, scheren, fechten, heben, bieten, biegen, fliegen, fließen, fliehen, kriechen, riechen, schießen, sieden, wiegen, ziehen)

                - radical modifié en « u » pour 1 groupe de verbes : groupe fahren : er fuhr (autres verbes de ce groupe : backen, graben, laden, schaffen, schlagen, tragen, wachsen, waschen)

                - radical modifié en « i » pour 1 groupe de verbes : groupe beißen : er biß (autres verbes de ce groupe : gleichen, greifen, gleiten, kneifen, leiden, pfeifen, reißen, reiten, schleichen, schleifen, schneiden, schreiten, streichen, streiten, weichen)

                3 - Le participe passé

                a ) Verbes faibles : ge + radical du verbe + (e)t : Ich habe gelernt

                b ) Verbes irréguliers 6 cas :

                - cas no 1 : ge + infinitif pour les groupes de verbes lesen, schlafen, fahren. Ce qui donne : gelesen, geschlafen, gefahren.
                - cas no 2 : ge + radical modifié en « o » : pour les groupes de verbes sprechen et schließen. Ce qui donne : gesprochen, geschlossen.
                - cas no 3 : ge + radical modifié en « i » : groupe beißen : gebissen.
                - cas no 4 : ge + radical modifié en « a » : groupe bringen : gebracht
                - cas no 5 : ge + radical modifié en « u » : groupe trinken : getrunken.
                - cas no 6 : pas de « ge » ajoutés aux verbes commençant déjà par « ge » (ex : gelingen, réussir) ou par ver (ex : verbieten, interdire), be (beginnen, commencer), emp (ex : empfangen, accueillir), er (ex : erschreken, prendre peur). Mais avec des modifications possibles du radical selon les cas.

                4 - Les verbes à préverbe

                Certains préverbes sont indétachables du verbe (verbes en be, emp, ent, er, ge, miss, ver, zer) mais d’autres peuvent se détacher et bouger dans la phrase formant d’autres verbes :

                schreiben (écrire) ==> abschreiben (copier) ou besschreiben (décrire)
                stehen (se tenir) ==> aufstehen (se lever)
                hören (entendre) ==> zuhören (écouter)
                kommen (venir) ==> ankommen (arriver) ou auskommen (sortir) ou vorbeikommen (passer devant) ou hereinkommen (entrer)
                ziehen (tirer) ==> ausziehen (enlever) ou anziehen (se vêtir)
                geben (donner) ==> ausgeben (dépenser) ou wiedergeben (rendre)
                gehen (aller) ==> vergehen (passer pour le temps) ou hingehen (y aller, aller quelque part) ou weggehen (partir)...
                machen (faire) ==> zumachen (fermer)
                lesen (lire) ==> auslesen (finir de lire) vorlesen (lire à haute voix)

                Par conséquent, pour ne pas commettre de faute d’interprétation en repérant le verbe, il faut regarder si on ne lui a pas adjoint avant ou après lui un préverbe. Exemple : er schreibt ein Text ab. Non, il n’écrit pas le texte : il le décrit.


                • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 mars 2013 16:37

                  Prétérit François lui aussi a fait des belles chansons .


                  • Taverne Taverne 4 mars 2013 18:06

                    Prétérit François ? Les fils de Claude François, voulez-vous dire sans doute : parce qu’après t’hérite"...


                  • Taverne Taverne 4 mars 2013 18:37

                    Pour ceux qui n’aiment pas les lieder : Max Raabe leur plaira peut-être. Rétro et spécial mais agréable néanmoins. smiley

                    Lien


                    • Taverne Taverne 4 mars 2013 18:43

                      J’ai mieux encore. « Je n’aime que Ruth ». très amusant. Attention, quand Max Raabe lève un sourcil, c’est qu’il est mort de rire intérieurement. C’est sa façon de se LOLer !


                    • Antoine 4 mars 2013 22:05

                       Félicitations Taverne pour ce bel effort mais je crains que vous ne réussissiez pas seulement ainsi à sensibiliser des lecteurs (ceux qui comme Fergus écoutent le classique comme Cloclo) et il est donc nécessaire qu’en plus vous fassiez une analyse d’une ou plusieurs oeuvres pour démontrer en quoi elles sont géniales, ce qu’ignore des oeuvres éternelles le commun des mortels.
                       Ps je viens de découvrir votre topo sur une sonate de Beethoven et dès que j’aurai deux minutes, je vous laisserai un message sur quelques points particuliers soulevés.


                      • Fergus Fergus 4 mars 2013 23:05

                        Bonsoir, Antoine.

                        Clo-Clo, connaît pas, et je n’ai qu’un goût très limité pour la variété !

                        Libre à vous de penser - ce n’est pas nouveau - que quelques individus appartenant à une élite intellectuelle musicale peuvent émettre un avis pertinent sur la musique classique. Je crains toutefois que votre approche ne soit tout aussi contestable que celle des personnes qui croient que le classique s’arrête aux Quatre saisons et à la Petite musique de nuit.

                        Dans l’immensité du répertoire classique, comme dans toutes les formes artistiques, il est impossible de tout apprécier, et vous êtes une illustration parfaite de cela avec votre dédain marqué, et souvent exprimé, pour la musique pré-classqique et classique relativement au romantisme et à à la musique contemporaine. Je respecte vos goûts. Pourquoi ne respectez-vous jamais ceux des autres ?

                        Personnellement, j’apprécie énormément d’oeuvres allant de la musique médiévale jusqu’aux créations contemporaines, et c’est pourquoi, si je vais entendre La flûte enchantée au Philharmonique de Berlin en avril, j’irai également, et sans doute avec le même plaisir, écouter du Tchaikovski et du Stravinsky à La Fenice en juin. Mais je reconnais volontiers que nombre d’oeuvres me laissent indifférent, voire m’ennuient.

                        C’est d’ailleurs également la cas d’experts (musiciens et musicologues) de ma connaissance qui ne jurent, eux, que par les aspects techniques en portant un regard condescendant sur les qualités mélodiques d’une oeuvre. J’ai connu un type comme cela, tellement passionné de technique cinématographique qu’il en était devenu inapte à apprécier un film pour l’histoire qu’il racontait, obsédé que ce malheureux était des aspects techniques que le réalisateur avait mis en oeuvre !


                      • Taverne Taverne 4 mars 2013 23:16

                        Fergus,

                        On a le droit de ne pas tout aimer. Moi, je déteste la musique de Bela Bartok. Et j’écoute Stavinsky avec modération : je la préfère quand je regarde le ballet qui va avec. Mais rejeter en bloc tous les lieder et donc tous les compositeurs cités.. Je ne comprends pas ce préjugé...


                      • Taverne Taverne 4 mars 2013 23:22

                        Merci Antoine. je suis preneur de vos remarques. Mais il faudra me signaler votre commentaire parce que je ne pas retourner lire sous tous mes anciens articles pour voir s’il y a des commentaires nouveaux.

                        Il m’est difficile de faire un article d’analyse sur seulement quelques lieder. Mais j’aime particulièrement le cycle Winterreise de Schubert pour sa beauté simple et profonde. Ainsi que les leader symphoniques de Mahler pour des raisons autres : l’orchestration magistrale et bouleversante.


                      • Fergus Fergus 4 mars 2013 23:46

                        @ Taverne.

                        Quelle personne a écrit ici qu’elle « rejetait tous les Lieder » ? J’ai beau chercher, je ne trouve pas. Et si c’est moi qui suis visé, je t’invite à relire ce que j’ai écrit : « ce genre qui comporte infiniment plus d’oeuvres ennuyeuses que séduisantes à mes oreilles. Je n’en reconnais pas moins qu’il existe quelques lieder magnifiques. »

                        Eh oui, il ya des Lieder dont je suis inconditionnel, notamment de Schubert. Et je respecte le goût des autres, y compris pour ces centaines de Lieder que j’ai écoutés au fil des ans et qui m’ont tiré plus de baîllements que d’émotions. Où est le problème ? Y aurait-il désormais un art officiel ? Des formes artistiques que l’on doit impérativement aimer dans la totalité de leur diversité ? Les bras m’en tombent !

                        Bonne nuit.


                      • Taverne Taverne 5 mars 2013 00:05

                        Alors au temps pour moi. J’avais lu de travers. Mais en déclarant "Y aurait-il désormais un art officiel ? Des formes artistiques que l’on doit impérativement aimer dans la totalité de leur diversité « , c’est sur moi que pèse désormais le préjugé. Franchement, est-ce que j’ai l’air de vouloir imposer une musique »officielle" ? Moi qui aime tant le jazz, la forme la plus libre de la musique. Non. Je propose, l’auditeur dispose. Gute nacht !


                      • Antoine 5 mars 2013 00:17

                         Taverne, c’est fait et j’ai laissé un petit mot au clair de ma lampe. Une analyse détaillée d’une ou quelques oeuvres me parait indispensable car l’immense majorité n’est pas en mesure de percevoir le secret de leur beauté, pour preuve la pitoyable ratatouille qui régne sur les ondes. Impossible d’apprécier le goût d’une orange sans l’éplucher ! Lancez-vous donc...


                      • Antoine 5 mars 2013 00:24

                         Bonsoir Fergus et félicitations pour vos pérégrinations musicales. Je ne sais pas où vous avez vu ou plutôt lu que je méprisais la musique « classique », moi qui, par exemple, suis un grand admirateur de J. Haydn..


                      • Taverne Taverne 5 mars 2013 01:00

                        Annexe 3 / 3 : aide à l’analyse des textes. Les petits mots-clés qu’il faut connaître.

                        Puisque j’ai promis une aide en 3 volets. Voici le troisième volet mais comme cela ne semble pas passionner les foules, je serai bref. Il faut attacher une importance particulière aux locutions et autres petits mots-clés indispensables à la compréhension. Pour faire court, je ne serai pas exhaustif mais :

                        - Les locutions de temps et de lieu. Bien se rappeler que « quand » en allemand se dit soit « wenn » (pour une action au présent) soit « als » (pour une action du passé). Bien assimiler la particularité allemande qui consiste à distinguer 3 cas : la provenance (woher), la direction (wohin), la localisation.

                        - Les adverbes de lieu : « dort »(là-bas), « da » (là), etc. Et les variations du mot dehors ou dedans selon les règles de direction et de provenance : « hin » indiquant « en direction de » et « her » « en provenance de ». Ainsi, par exemple, dehors se dit « hinaus » ou « heraus », et dedans se dit « hinein » ou « herein » selon ces cas.

                        J’avais prévu de donner des exemples à partir des lieder cités dans l’article et que j’ai étudiés. Mais le temps, le temps...

                        Et puis tiens ! voilà un lien instructif !

                        Fin !


                        • Antoine 5 mars 2013 22:29

                          Taverne, déjà épuisé alors qu’il reste à analyser une ou plusieurs oeuvres ? J’ajouterai que vous avez quelques grosses omissions comme Hans Pfitzner, Othmar Schoeck ou encore Schönberg, Max Reger...


                          • Antoine 6 mars 2013 23:10

                            Bonsoir Taverne,
                             Puisque je vous pousse à analyser un ou plusieurs lieder, que vous préférez le cycle Winterreise, que vous avons évoqué « Der Lindenbaum », j’aurais mauvais grâce à ne rien faire moi-même. Donc quelques mots sur ce tilleul :
                             Il s’ouvre sur des appels de cor et le bruit du vent des feuilles alors qu’il n’y a pas de cor dans le poème. C’est une formule traditionnelle associée à la forêt et il n’y a pas non plus de forêt dans le texte. Il s’agit d’un tilleul à l’entrée de la ville. Le bruissement des feuilles aussi est étrange car il évoque l’hiver alors qu’il s’agit d’un vent d’été tandis que bruissement évoque le souvenir. Le cor est souvent utilisé par les compositeurs pour évoquer le souvenir comme dans la sonate « Les Adieux » de Beethoven. La formule « le son du cor au fond des bois » est une formule récurrente à l’époque romantique. On le retrouve aussi dans le lied « Suleika I » où le mouvement associé au vent ne s’interrompt jamais, l’appel du cor s’y associant au loin. « Le tilleul » est saturé de cor, illustrant ainsi le souvenir et l’absence de cet arbre que l’on ne voit pas et où le voyageur a gravé des mots d’amour sauf lorsque le grincement des rameaux appelle l’amoureux à la mort. Cette fois, nous sommes en plein coeur du cycle soit le désir de mort. C’est un voyage vers la paix de la mort : c’est le premier lied à l’aborder par son registre grave. C’est pourquoi d’ailleurs il faut que ce cycle soit interprèté par un ténor et non un baryton pour faire impérativement ressortir la résignation lyrique après le désespoir ironique des précédents. Le vent relie le présent au passé. Et je pourrais continuer en démontant la structure musicale où la symétrie est brisée pour en faire un point culminant dramatique, opérant ainsi la fusion du temps remémoré et du temps réel, mais il me faudrait rentrer plus avant dans la technique admirable de Schubert...

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