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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les effets « collatéraux » de la mondialisation

Les effets « collatéraux » de la mondialisation

Il ne s'agit pas de prôner la régularisation de tous les papiers, mais de montrer comment la mondialisation broie tous les jours des hommes et des femmes de toutes origines.

L'Afrique continue à être dépecée....Au Mali comme dans beaucoup d'autres pays, la Chine qui a signé des contrats, extrait les matières premières, qu'il s'agisse de la bauxite ou de l'or. Ce qui est présenté comme un échange ou un troc, appelé par certains le « bétonnage charitable et méthodique » s'effectue dans le cadre d'une exploitation éhontée des travailleurs de toutes origines.

Les ponts, barrages, autoroutes et hôpitaux « sortent de terre » mais à quel prix...

La mondialisation capitaliste est en marche pour le profit d'un petit nombre....

Fabrice Loi nous raconte tout ceci et encore plus, notamment la quête désespérée d'un autre avenir de ces déracinés qui fuient leur pays avec l'espoir insensé de trouver en France du travail...C'est une échappée qui ramène souvent les partants à revenir au Mali après avoir été «  scotchés, chaque jour roués de coups à travers les longs tunnels de verre des aéroports. »

« Le bois des hommes »

roman de Fabrice Loi

Editions Yago

390 pages

19 €

septembre 2011

Le grand laminoir

Qu'ils soient au Mali,à Paris ou en province, qu'ils soient sans papier, régularisés ou français, les hommes cherchent à survivre...Sans qualification reconnue, ils doivent encore plus que d'autres se plier à la loi du profit et passer au laminoir de l'argent.

Parfois des amitiés se nouent , sans qu'on s'y attende. C'est ainsi que le jeune Ivan, intellectuel devenu par choix charpentier rencontre sur les toits , le quinquagénaire malien, Abdullaye.

A Saint Lazare, ce sont les mafias ou les fonds de pension qui payent bien en dessous du SMIC et souvent sans contrat de travail, des travailleurs immigrés qui, étant « clandestins » sont tenus par leurs patrons et acceptent des boulots dangereux.

A Bamako, ce sont les chinois qui ont succédé aux français pour organiser des grands travaux de construction et de rénovation pour le compte d'entreprises chinoises qui ne font ni de détail, ni de cadeau, ainsi va le grand système.

« Sur tous les chantiers du monde, il est fréquent que les ouvriers d'un même village se retrouvent. La construction est le dernier lieu de survie avant la rue, la misère absolue et la clochardisation. »

Nos deux héros principaux vont ainsi passer d'un pays à l'autre, pour fuir la misère, rechercher l'eldorado pour l'un, une vraie vite pour l'autre.

La solidarité, l'amitié et le refus d'être traités comme des esclaves conduisent parfois les hommes à refuser qu'on les entraîne trop loin....

Il faut respecter la technique, admirer sa puissance, « mais aujourd'hui, il est certain que celle-ci, comme les riches eaux d'un fleuve en crue balayent tout sur leur passage, était devenue nuisance mortelle. »

C'est une histoire sociale, humaine, contemporaine qui nous est contée par un auteur qui réussit à nous captiver ...Il y a à la fois les dialogues, les situations vécues et une description fine et vivante de Paris, de la Galice et du Mali.

L'auteur qui écrit là son premier roman réussit à dépeindre avec réalisme et même avec « poésie » une société, bien réelle où les laissés pour compte essayent tant bien que mal de survivre.

Jean-François Chalot


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1 réactions à cet article    


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 13 février 2012 14:31

    Le roman est parfois l’occasion de traiter « humainement » des problèmes abordés souvent trop abstraitement...

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