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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les grands concertos pour basson

Les grands concertos pour basson

Le basson : un instrument méconnu du public non familier des concerts classiques et, disons-le, quelque peu snobé par les mélomanes, mais aussi par les musiciens, souvent enclins à ne voir en lui qu’un simple préposé à l’accompagnement des instruments réputés plus nobles. Les timbres chauds et faussement maladroits du basson en font pourtant un excellent instrument soliste. Peu de grands compositeurs lui ont pourtant rendu un hommage concertant. Grâces en soient rendues à ceux qui l’ont fait...

Né dans sa forme « moderne » à l’aube du 17e siècle et caractérisé par l’usage d’une anche double, le basson est un héritier d’instruments de la Renaissance : la basse de chalumeau et le... cervelas. La juxtaposition de tuyaux contigus, destinée à produire, grâce à la longueur de circulation de l’air, un son de basse, a valu au basson d’être initialement nommé « fagot », une appellation restée en allemand (fagott) et en italien (fagotto). Grâce aux clés dont il a été doté au fil du temps, ses possibilités se sont considérablement élargies, pour le plus grand plaisir des musiciens et des mélomanes.

L’âge d’or du basson concertant a sans conteste été la période classique au cours de laquelle le répertoire s’est enrichi, sous l’impulsion de solistes désireux de s’affranchir du rôle plus obscur de musicien anonyme au sein de l’orchestre. Après qu’il ait été délaissé durant la période romantique, le basson a de nouveau suscité, au 20e siècle, l’intérêt de compositeurs en recherche de timbres alternatifs aux géants de la musique classique qu’ont été notamment le violon et le piano.

Dès l’ère baroque, Antonio Vivaldi (1678-1741), présent dans presque tous les florilèges instrumentaux, s’est tout naturellement intéressé à cet instrument beaucoup moins lourdaud qu’il n’y paraît et capable de belles acrobaties. Considéré comme très masculin, le basson n’est pourtant pas resté à l’écart dans la production du « Prêtre roux », bien qu’elle ait été principalement destinée à être jouée par les demoiselles de la Pièta. On dénombre en effet 37 concertos dédiés au basson et 15 concertos à plusieurs instruments, basson compris, dans le catalogue des œuvres du Vénitien, la plupart de ces œuvres étant destinées à être joués par les orphelines du célèbre Ospedale. Aucun ne se détache véritablement, mais le concerto pour basson en la mineur RV497 constitue un excellent exemple de l’écriture vivaldienne et de la manière dont le maestro a su tirer parti de l’instrument.

C’est probablement vers 1770 que le talentueux Carl Stamitz (1745-1801) a composé son concerto pour basson en fa majeur – peut-être la transcription d’un concerto pour flûte – à l’attention d’un bassoniste du célèbre orchestre de la cour palatine de Mannheim. Une œuvre écrite dans l’esprit qui prévalait alors et dont le père de Carl, le grand Johan Stamitz, avait été le promoteur. Caractérisé par sa richesse mélodique et sa créativité dès l’allegro maestoso, ce concerto se poursuit par un adagio molto cantabile avant d’être conclu par un final poco presto vif et espiègle.

Les talentueux élèves de l’abbé Vogler

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) n’avait que 18 ans lorsqu’il composa, en 1774, son concerto pour basson en si bémol majeur. De très jolie facture, cette partition de jeunesse ne peut pourtant rivaliser avec les chefs d’œuvre concertants de Mozart, et notamment le génial concerto pour clarinette, les magnifiques concertos pour violon 3 et 5 ou les sublimes concertos pour piano 20 et 21. Composée dans un style très fidèle à l’écriture du grand aîné Joseph Haydn, cette partition, virtuose sans excès, n’en possède pas moins beaucoup de charme, à l’image de l’andante très cantabile dont le thème sera repris plus tard dans Les noces de Figaro. Le final, un charmant rondo, prend la forme de variations sur un thème de menuet.

Le flûtiste François Devienne (1759-1803), l’un des plus élégants compositeurs français de son époque a écrit, selon les sources, quatre ou cinq concertos pour basson. De facture très classique, on retient parmi eux le concerto n°4 en ut majeur (1793), mais aussi le concerto en si bémol majeur (date inconnue). Longtemps attribué à Mozart, ce concerto est, selon l’excellent bassoniste Eckart Hübner, clairement apparenté aux œuvres de Devienne et son niveau de virtuosité ne colle pas avec le destinataire des concertos pour basson écrits par Mozart pour le « dilettante » baron Von Dürnitz, une conclusion à laquelle était déjà parvenu dans les années 50 le compositeur suisse Ernst Hess. Un argument auquel on peut toutefois opposer les concertos pour flûte écrits par Mozart à l’attention de M. Dejean : leur niveau de virtuosité était là aussi beaucoup trop élevé pour l’amateur qui avait passé la commande.

Élève en composition du remarquable pédagogue que fut l’abbé Georg Joseph Vogler, Franz Danzi (1763-1826) a écrit cinq concertos pour le basson. Le plus réussi, composé aux alentours de 1800, en est incontestablement le concerto en fa majeur, l’un des préférés tant des solistes que des amateurs, et à ce titre l’un des plus joués en concert, ce qui reste toutefois relatif tant le basson fait malheureusement partie des parents pauvres de la programmation. Cette œuvre comprend un allegro dont la grande virtuosité se double d’une superbe inspiration mélodique, puis un adagio tripartite en forme de rêverie pré-beethovénienne, suivi sans transition d’une polacca très enlevée et non moins colorée, tout à fait caractéristique des goûts du temps. Un plaisir toujours renouvelé !

Successeur de Haydn au poste de Kapellmeister du prince Esterhazy, Johan Nepomuk Hummel (1778-1837) est surtout connu pour son fameux concerto pour trompette et sa carrière de pianiste virtuose qui a clairement influencé Chopin, Liszt et Schumann. Musicien de transition entre le classicisme et le romantisme, c’est dans le premier qu’il a puisé son inspiration pour écrire vers 1805 son concerto pour basson en fa majeur. Pour être conventionnel, l’allegro moderato n’en est pas moins superbement écrit ; suivent une romance rêveuse et un espiègle rondo connu de tous les amoureux de cet instrument.

Cinq arbres sacrés

C’est principalement grâce à ses œuvres théâtrales que Carl Maria von Weber (1786-1826) s’est taillé une réputation de premier plan. Cet élève de l’abbé Vogler – comme son aîné et ami Danzi – n’en a pas moins composé de superbes concertos, et notamment ses deux chefs d’œuvre pour clarinette. Précisément, c’est après avoir découvert l’inspiration concertante des œuvres pour clarinette de Weber que le bassoniste Georg Friedrich Brandt a demandé au compositeur d’écrire pour son instrument. C’est ainsi qu’est né, en novembre 1811, le concerto pour basson en la majeur. Très inventif dans l’allegro ma non troppo initial, plus méditatif, voire dramatique, dans l’adagio, ce concerto devient résolument facétieux dans un rondo final techniquement redoutable. Incontournable également l’andante et rondo all’ungarese qui figure au répertoire de tous les grands bassonistes.

Marcel Bitsch (1921-2011) n’a sans doute pas la notoriété qu’il mérite. Puisse son concertino pour basson contribuer à rendre justice à son talent. Composée en 1948, cette œuvre courte, malheureusement trop peu interprétée, comprend une longue méditation puis un final joyeux qui, l’un et l’autre, mettent parfaitement en valeur les timbres de l’instrument et la coloration de l’écriture.

Composé en 1954, le concerto pour basson, orchestre à cordes, harpe et piano d’André Jolivet (1905-1974) n’a évidemment plus grand-chose à voir avec les œuvres classiques, malgré son écriture contrapunctique. Cette œuvre de maturité explore largement les registres d’un instrument dont les possibilités ont été encore accrues au cours du 19e siècle. Un concerto dont la coloration jazzy, alliée à l’usage du piano et de la harpe, n’est pas sans rappeler le concerto pour clarinette écrit 7 ans plus tôt par Aaron Copland.

Un autre compatriote doit être considéré comme un serviteur émérite du basson : Jean Françaix (1912-1997). Son concerto pour basson et 11 instruments à cordes a en effet su, depuis sa création en 1979, s’imposer comme une incontournable partition dans le répertoire des solistes, soit pour être interprété dans sa version avec les cordes, soit pour être joué en duo avec le piano dans une version alternative.

Comme toutes les sélections, ce florilège est caractérisé par la subjectivité d’un goût personnel. Peu de risque pourtant que la présence, pour clore ce tour d’horizon, de John Williams (né en 1932) soit discutée. Auteur de multiples musiques de film, le compositeur américain sait à merveille utiliser tant les ressources de l’orchestre que celles des solistes qu’il veut mettre en valeur. Écrit en 1995 pour le 150e anniversaire du New York Philharmonic, son concerto pour basson « Five Sacred Trees », destiné à être interprété par Judith LeClair, bassoniste du NYC, est un régal de bout en bout, peut-être l’œuvre majeure consacrée au basson au cours du 20e siècle. De caractère rhapsodique, cet atypique concerto est constamment évocateur des arbres de la mythologie celtique qui l’ont inspiré. Mon préféré : « The Tree of Ross », sans doute pour ses dialogues avec la harpe, cet instrument qui illustre si bien le monde celtique.

Puisse cet article contribuer à démontrer que le basson mérite d’être regardé et écouté avec respect, à l’égal de la plupart des autres instruments de l’orchestre.

D’autres compositeurs ont également écrit d’intéressantes œuvres concertantes pour le basson. Parmi eux : Johan Gottlieb Graun, Joseph Bodin de Boismortier, Michel Corrette, Johann Christian Bach, Johann Baptist Vanhal, Franz Anton Rössler-Rosetti, Leopold Kozeluh, Henri Tomasi, Heitor Villa-Lobos, Sofia Gubaïdulina.

Précédents articles sur la musique classique :

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36 réactions à cet article    


  • sirocco sirocco 15 octobre 2012 11:18

    Bonjour Fergus,

    Merci pour ce genre d’article qui enrichit notre culture. J’ignorais que Vivaldi avait composé autant de concerti pour basson !

    La sonorité chaleureuse de cet instrument me plaît. J’ai malheureusement raté toutes les émissions de France Musique dans lesquelles on expliquait la différence entre le fagott allemand et le basson français.


    • Fergus Fergus 15 octobre 2012 12:27

      Bonjour, Sirocco.

      Merci pour votre commentaire.

      Pour ce qui est du nombre de concertos pour basson de Vivaldi, rien de bien étonnant lorsque l’on sait qu’il a composé environ... 550 oeuvres concertantes. Il est vrai que ces concerti sont d’une durée allant en général de 8 à 13 minutes. Cela n’empêche pas que la plupart soient remarquablement écrits.

      Je n’ai pas entendu ces émissions de France-Musique. N’étant pas un spécialiste des instruments, je laisse à d’autres le soin d’expliquer quelles sont les différences entre le basson français et le fagott allemand. Sachez simplement que l’un et l’autre ont leurs inconditionnels qui, tous, soutiennent que les timbres de leur instrument préféré sont plus chauds et plus chantants que ceux du rival. Cela dit, sauf peut-être de très rares compositions (je n’en connais pas), les oeuvres peuvent être interprétées indiffremment sur l’un ou sur l’autre, et je défie les non-spécialistes de faire la différence à l’écoute entre le basson et le fagott.


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 15 octobre 2012 13:07

      Encore un article de derrière les fagots grâce à Fergus .
      Joli son cet instrument .

      J’ attends que l’ auteur nous parlasse du cor , qui a une extraordinaire
      sonorité lorsqu’ on souffle dedans .


      • Fergus Fergus 15 octobre 2012 13:46

        Bonjour, Capitaine.

        J’apprécie également beaucoup le basson, mais aussi le son du cor, et pas seulement le soir au fond des bois. Dans la série de mes articles sur les grands concertos, j’ai d’ailleurs cet article en magasin ; je l’écrirai en pensant à la jeune corniste de l’Orchestre symphonique de Bretagne dont l’instrument est si étincelant contrairement à celui de son voisin et aîné ; l’une à un beau cor, et l’autre a un cor terne.


      • sirocco sirocco 15 octobre 2012 16:47

        « J’ attends que l’ auteur nous parlasse du cor , qui a une extraordinaire
        sonorité lorsqu’ on souffle dedans . »

        Et l’hélicon pon pon pon pon ?...


      • Fergus Fergus 15 octobre 2012 16:59

        Ah, l’hélicon ! Un petit coucou en passant à Bobby Lapointe.

        Je ne crois pas qu’il ait été écrit un concerto pour hélicon, pas plus que pour soubassophone. En revanche, il a été composé des concertos pour tuba (je crois d’ailleurs en avoir parlé dans mon article consacré aux concertos... déconcertants).


      • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 16 octobre 2012 00:39

        Mmm... Comme relevé plus haut je crains que le Capitaine nous parle du cor de chasse.


      • Fergus Fergus 16 octobre 2012 09:32

        @ Peachy.

        Il existe de très belles sonneries de cor de chasse. Et quelques oeuvres classiques aux accents de fanfare ont utilisé cet instrument, la plupart écrites par des compositeurs de second plan inconditionnels de la chasse. 

        A noter que plusieurs oeuvres du 18e siècle se terminent par un mouvement « alla caccia » dans lequel les cors sont mis à contribution pour illustrer le caractère « chasseur » de ce final. La plus connue de ces oeuvres est la superbe symphonie n°73 de Haydn, dite « La chasse ».


      • ZenZoe ZenZoe 15 octobre 2012 13:39

        Merci Fergus pour cet article, qui, d’abord, nous sort un peu des turpitudes de l’actualité, et qui ensuite nous propose une découverte - et une très belle, ma foi. Merci de prendre votre temps pour nous faire partager vos goûts.


        • Fergus Fergus 15 octobre 2012 13:48

          Bonjour, Zenzoe.

          Merci pour votre commentaire.
          Ecrire sur la musique est toujours pour moi un grand plaisir. Je suis content de constater que ce plaisir est partagé.


        • Richard Schneider Richard Schneider 15 octobre 2012 17:19

          Bonjour Fergus,

          Encore un excellent article sur la Musique ! Le profane que je suis y apprend beaucoup de choses intéressantes - concernant son seulement l’instrument (le basson), mais encore le nom de certains compositeurs oubliés ou totalement inconnus, et pourtant très importants (par ex. Hummel).
          Félicitations ! continuez à nous régaler d’articles sur la Musique (œuvres, compositeurs, instruments) ...
          Amicalement,
          RS

          • Fergus Fergus 15 octobre 2012 17:47

            Bonjour, Richard.

            Merci pour votre commentaire, ainsi que pour vos précieux encouragements.

            Hummel est un personnage intéressant car il a connu la fin de la période classique et les débuts de la période romantique. Il est parfois de bon ton, de nos jours, de regarder son oeuvre d’un air quelque peu condescendant. C’est immérité, et c’est oublier que Hummel a été, de son temps, considéré comme un grand compositeur doublé d’un très grand pianiste. Il est vrai que Vivaldi et même Mozart ont eux-mêmes sombré dans un quasi oubli avant d’être réhabilités au cours du 20e siècle. Cela montre à quel point les modes peuvent être futiles quand elles ne sont pas carrément stupides.

            Cordiales salutations.



            • Fergus Fergus 15 octobre 2012 19:50

              Salut, Brieli.

              Merci pour ces tr-s beaux liens. Je constate que l’excellent saxophoniste jazz qu’a été Jean-Baptiste Jacquet s’est montré tout aussi talentueux au basson. Le basson qui, à mon avis, est parfaitement adapté au jazz, mais pourtant insuffisamment utilisé.

              Confidence : je déteste le rythme de la bossa nova, peut-être pour avoir trop entendu Salvador lorsque j’étais jeune.

              Bonne soirée.


            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 15 octobre 2012 21:16

              Pour ce qui est de la « bossa nova » ,l’importance n’était pas le rythme,préexistant ,mais l’ouverture harmonique .Guitare en pogne ,une grosse ouverture de champs ....
              Sinon toujours bien vos papiers musicaux ,et celui ci me rappelle un Frédéric Lodéon d’il y a quelques mois .....THANK !!!!


            • Fergus Fergus 15 octobre 2012 23:30

              Bonsoir, Aïta Pea Pea.

              Merci pour ce commentaire. Frédéric Lodéon, voilà un homme cher à mon coeur d’amateur de musique. Pour son talent de violoncelliste et de chef d’orchestre, mais aussi pour la manière dont il sait rendre la musique attrayante pour tous, avec beaucoup de simplicité et d’humour. Qui plus est, Lodéon est un bon vivant, ce qui ajoute une note sympathique à sa personnalité.


            • Taverne Taverne 16 octobre 2012 00:06

              Merci Fergus. Il y a là beaucoup d’oeuvres que j’ignorais. Le basson me fait penser à « Pierre et le loup ». Il a un son assez rigolo. Je nous vois bien faire un concerto grosso - comme on disait autrefois - ou plutôt un concerto grosso modo jouant des oeuvres déconcertantes sur le mode rigolo ma non tropppo. Haussons le son du basson ! Et le concerto basson plein.


              • Fergus Fergus 16 octobre 2012 09:11

                Bonjour, Paul.

                Merci à toi.
                Superbe grand-père basson. Cette oeuvre de Prokofiev n’a pas pris une ride et continue de fasciner les petits comme les grands qui n’ont pastout perdu de leur âme d’enfant. J’aime bien ce tempo rigolo ma non troppo.


              • rocla (haddock) rocla (haddock) 21 octobre 2012 19:21

                Vrai Pierre et le Loup est une magnifique oeuvre du cher Prokofief .

                A été donné au festival d’ Avignon il y a quelques années par une jeune troupe
                Un régal .


              • Fergus Fergus 21 octobre 2012 20:25

                Salut, Capitaine.

                Superbe « Pierre et le loup ». A l’écran, à voir absolument pour ceux qui en ont la possibilité le magnifique film d’animation de Suzie Templeton (2008). De l’action, de la poésie et une mise en scène impeccable. Là aussi, un véritable régal !

                Bonne soirée.


              • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 16 octobre 2012 00:34

                Bonsoir Fergus.

                C’est déjà dit mais merci pour les liens (en plus de l’article).

                Et +1 aussi pour le commentaire de Taverne pour le « rigolo concerto grosso modo ».



                  • Fergus Fergus 16 octobre 2012 09:22

                    Salut, Peachy.

                    Pour le plaisir, effectivement. Amadeus est un très grand film musical car, au delà de l’histoire romancée des rapports entre Mozart et Salieri, il montre les tourments auxquels peuvent être exposés les créateurs de génie et illustre bien la nature des rapports qu’ils entretenaient avec lers commanditaires, le plus souvent des monarques ou des princes, rapports parfois tumultueux comme ceux de Mozart avec son « patron », l’archevêque Colloredo. Sur ce plan-là, Haydn a eu plus de chance avec le prince Esterhazy.

                    Un mot sur Frédéric-le-Grand. La chose est assez peu connue du grand public : l’empereur a luii-même été un bon flûtiste et un compositeur non dénué de talent.

                    Bonne journée.


                  • Antoine 17 octobre 2012 00:38

                     Fergus, après un match pas trop désespérant pour une fois, je découvre votre article qui nous change des grincements habituels sur AV. Je passe sur votre bien trop rapide survol du vingtième siècle qui a vu la naissance, et de loin, du plus grand nombre de concertos pour basson.
                     Par contre, j’ai vu votre interrogation sur les bassons allemands et français : la différence a des raisons historiques. Jusqu’à la moitié du dix-neuvième, le basson présentait des inégalités sonores et des inexactitudes d’intonation ainsi que des problèmes mécaniques. A cette époque, les allemands l’ont profondément remanié pour en faire un instrument nouveau à 21 cléfs. Côté français, on a fait plutôt dans la simple amélioration, notamment en y ajoutant un système d’anneaux mobiles avec 22 cléfs. D’autres ont tenté d’adapter le système Boehm, mais sans lendemain. Le résultat : le basson français, amélioration du système ancien, a conservé une coloration baroque tandis que le basson allemand possède un son plus rond qui se fond davantage dans l’orchestre, ce qui correspond d’ailleurs aux conceptions de Wagner. Si beaucoup auront du mal à faire la distinction à l’oreille, ceux qui n’auront aucune difficulté à faire la différence, ce sont les instrumentistes car la technique de jeu n’ont rien à voir. Cette opposition explique d’ailleurs pourquoi le basson français est en perte de vitesse : les apprentis bassonistes s’orientent vers le basson allemand car ce dernier domine dans les orchestres, hors chez nous, et donc pour trouver plus facilement du boulot...
                     On pourrait aussi parler du contrebasson qui a une histoire encore plus mouvementée !


                    • Fergus Fergus 17 octobre 2012 09:45

                      Bonjour, Antoine.

                      En faisant appel à un apport extérieur pour expliquer les différences entre les bassons français et allemand, je ne doutais pas que, tôt ou tard, vous viendriez fournir les explications attendues. En conséquence, merci à vous pour ces précisions.

                      Sans posséder de statistiques en la matière, je ne crois pas qu’il soit soit exact de dire que c’est le 20e siècle qui a fourni au répertoire le plus grand nombre de concertos pour basson. Presque tous les bassonistes et de nombreux kapellmeister du 18e siècle ont en effet composé pour cet instrument, notamment chez les Bohémiens et les Moraves. Et quand un compositeur du 20e écrit un concerto pour un instrument, quel qu’il soit, c’est plusieurs concertos pour ce même instrument qui sont composés au 18e siècle. Un exemple me vient spontanément en tête qui ne concerne pas le basson mais la harpe, instrument peu utilisé comme soliste, mais pour lequel le harpiste Krumpholtz a écrit 6 concertos, d’ailleurs de belle facture même s’ils ne peuvent rivaliser avce le concerto de Boieldieu.

                      J’ai cité effectivement peu d’oeuvres du 20e siècle pour la bonne raison que je les apprécie en général médiocrement, voire pas du tout. Outre Bitsch, Jolivet, Françaix et Williams, j’ai quand même mentionné en fin d’article Tomasi, Villa-Lobos et Gubaïdulina.


                    • Antoine 18 octobre 2012 00:25

                       Fergus, je n’ai pas non plus fait de statistiques mais il me parait certain que beaucoup plus de compositeurs du 20ème ont écrit des oeuvres pour le basson, ce qui est parfaitement logique puisque cet instrument a acquis son meilleur technique à la fin du 19ème. Je suis prêt à faire une énumération contre une séance de massage de mes doigts. Vous êtes impressionné par le nombre de concertos de Vivaldi (dont seuls douze sont certainement de sa main) qui sont d’ailleurs plus courts (on en loge une dizaine sur un cd) et de la même veine (des mauvaises langues prétendent qu’il a fait le même concerto à des centaines d’exemplaires).
                       Je m’attendais à ce que vous vous intéressiez à ce pauvre contrebasson qui avait quasiment disparu....


                      • Fergus Fergus 18 octobre 2012 09:29

                        @ Antoine.

                        Je ne suis pas impressionné par le nombre de concertos de Vivaldi, et si j’ai cité ce nombre, c’est pour relativiser l’énormité apparente des oeuvres solistes dédiées au basson. Je suis en revanche un grand amateur de musique vivaldienne, même si je reconnais que le Vénitien s’est beaucoup plagié lui-même, sinon de manière stricte (comme l’a fait Bach avec ses propres oeuvres et celles de Vivaldi), du moins en utilisant très souvent les mêmes techniques d’écriture et en reprenant des thèmes très proches de ceux qu’il avait déjà utilisé. Mais il lui fallait faire face à la demande.

                        Pour ce qui est du contrebasson, je ne sais vraiment pas où il en est aujourd’hui, après qu’il ait été utilisé par différents compositeurs du 19e siècle dans leurs symphonies et, au 20e siècle, par Ravel et quelques compositeurs de concertos pour le moins méconnus. Par chance, il se trouve que j’ai vu et entendu un contrebasson il y a une dizaine de jours à l’Albert Hall de Londres où était donné la 9e symphonie de Beethoven par le Royal Philharmonic Orchestra et le Bach Choir : environ 200 musiciens et choristes dans ce cadre exceptionnel, un grand moment ! Or il se trouve que, très attentif précisément à ce trop rare contrebasson, j’ai eu le grand plaisir de percevoir sa voix sombre émergeant de l’ensemble des bois. Comme vous, je regrette que ce bel instrument ne soit pas mieux servi.

                        Bonne journée.


                      • Antoine 18 octobre 2012 22:35

                         Pour le contrebasson, très peu au 19ème puisqu’à cette époque il est encore très rudimentaire et a pratiquement disparu après Beethoven. C’est le sort du basson en plus grave si j’ose dire puisqu’il est au basson ce que la contrebasse est au violoncelle : il n’était même plus enseigné en France. Regardez les partitions de l’époque et vous observerez que soit il ne lui est fourni aucune ligne, soit il est remplacé par l’ophicléide qui lui-même n’apporte pas le plus escompté car il est à l’unisson du basson sans offrir le caractère requis. Et comme le basson, devenu de meilleure qualité à la fin du 19ème, son usage s’est repandu au 20ème de façon plus heureuse avec Strauss (Richard), Rimsky-Korsakoff, Holst, Dukas, Respighi, Ravel...


                      • Fergus Fergus 18 octobre 2012 23:31

                        Bonsoir, Antoine.

                        Deux exceptions notables au cours du 19e siècle : Brahms et Dvorak. Sauf erreur de ma part, le premier a utilisé le contrebasson dans toutes ses symphonies et le second dans sa sérénade pour instruments à vents. Sans doute y en a-t-il eu d’autres.


                      • Antoine 18 octobre 2012 23:52

                         Pour Brahms, les symphonies 1, 3 et 4 et aussi pour les Variations sur un thème de Haydn et pour Dvorak notamment les op. 109, 44 et 98a., tout cela plutôt à la fin du 19ème, début du renouveau du contrebasson.


                      • Fergus Fergus 19 octobre 2012 09:41

                        Bonjour, Antoine.

                        Merci pour ces précisions.


                      • alberto alberto 21 octobre 2012 16:01

                        Fergus : Bravissimo pour l’article et les liens !

                        Que du plaisir, que j’ai bien failli le louper...

                        Quid de ton prochain article : des flageolets à tire larigot ?

                        Bien à toi.


                        • Fergus Fergus 21 octobre 2012 16:26

                          Salut, Alberto.

                          Merci pour la visite. Je crains que le flageolet ne soit pas au programme des grands concertos. Mais un petit plat flageolet-cervelas à l’arôme médiéval pourrait ne pas être déplaisant en termes de saveurs.

                          Bonne journée.


                        • Antoine 21 octobre 2012 21:13

                           Cette fois, Fergus, vous avez totalement raison : les grands compositeurs n’ont pratiquement pas fait usage du flageolet qui a un timbre trop commun, une faible sonorité et seulement deux octaves. Réservé à la banale musique de danse !


                        • Fergus Fergus 21 octobre 2012 22:56

                          Bonsoir, Antoine.

                          On parle pourtant d’un concerto pour flageolet de Jean Claveau, malheureusement perdu.

                          Non perdu en revanche le concertino d’Anton Heberlé, destiné au csakan, le flageolet autrichien auquel La Simphonie du Marais a consacré il y a quelques années un album très intéressant sur le plan musical et très réussi en termes de maquette. 


                        • Antoine 21 octobre 2012 23:55

                           Fergus, on parle des grands compositeurs ! Si un concerto a été perdu, peut-être personne n’a fait d’efforts pour le conserver ou le retrouver...Le flageolet est un instrument au potentiel très réduit et ne peut donc servir que dans ce cadre. J’ai eu l’occasion de l’entendre dans le Sémiramis de Catel utilisé dans des passages dansés mais pour le reste...

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