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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les héros musulmans de Chasselay

Les héros musulmans de Chasselay

Au moment où la population musulmane se sent, à tort ou à raison, stigmatisée, il est bon de rappeler que la contribution, parfois contrainte, des fils d’Allah à la sauvegarde de la Nation française a été en certaines occasions véritablement héroïque. Parmi ces héros méconnus, les tirailleurs africains victimes des combats puis de la barbarie nazie en juin 1940. 188 d’entre eux sont inhumés au Tata de Chasselay...

« C’est le cœur serré que je vous dis qu’il faut aujourd’hui cesser le combat » lance Pétain sur les ondes le 16 juin 1940. Les combats n’en continuent pas moins dans la région lyonnaise pour enrayer la progression allemande. Le 19 juin, les troupes du Reich pénètrent dans la capitale des Gaules, déclarée ville ouverte à l’image de Paris une semaine plus tôt. Le même jour, de terribles combats sont engagés au nord-ouest de la ville dans les secteurs de L’Arbresle sur la N7 et de Lissieu sur la N6. Des combats inutiles car la ville de Lyon a cessé d’être un objectif militaire. Mais le général Olry, commandant une Armée des Alpes menacée au nord par les troupes allemandes et au sud par celles de Mussolini, entend tenir les positions. Sur son ordre, le général de Mesmay transmet aux unités disparates qui ont été disposées pour contenir la progression allemande des instructions sans ambiguïté : « Tenir tous les points d’appui, sans esprit de recul. » C’est donc un combat pour l’honneur qui va se livrer.

Un combat qui coûte cher aux unités allemandes engagées : la Division d’infanterie motorisée SS Totenkopf (Tête de mort) dans le secteur de L’Arbresle, et le Régiment d’infanterie Grossdeutschland (une unité d’élite de la Wehrmacht) dans celui de Lissieu. Face à eux, des fantassins français, des légionnaires et les deux bataillons du 25e Régiment de Tirailleurs sénégalais.

Attaquées en fin d’après-midi du 19 juin, les troupes françaises positionnées à L’Arbresle sont défaites le 20 après une lutte sévère et un nettoyage poche par poche. Vainqueurs, les Allemands procèdent alors à un tri des survivants : les prisonniers blancs sont évacués vers Tarare, les officiers dans des véhicules militaires, les sous-officiers et les soldats à pied ; les tirailleurs noirs, sans la moindre exception, sont exécutés sur le champ, au mépris des règles de la guerre et de la plus élémentaire humanité.

Le même jour, de très violents combats sont engagés, dans le secteur de la N6, à Lissieu et au couvent de Montluzin. Le soir venu, ces « points d’appui » ont sauté, sous les assauts des troupes du Régiment Grossdeutschland. Comme à L’Arbresle, tous les Africains sont exécutés, de même que quelques légionnaires blancs qui ont combattu à côté des « nègres ». Il reste cependant des hommes du 25e RTS à Chasselay. Pour épargner la population du village, leur chef, le capitaine Gouzy, regroupe ses troupes autour du château Plantin, au sud du village. Dans la tradition coloniale et en conformité avec les ordres reçus la veille, ils livreront combat jusqu’au bout. Pour l’honneur !

Le massacre des « nègres »

De lourdes pertes sont infligées aux Allemands. Mais les tirailleurs, très largement inférieurs en nombre et soutenus par quatre canons de 75, sont laminés sur le terrain par les forces puissamment armées de la Wehrmacht. Lorsque les derniers survivants se rendent, vers 16 heures, il ne reste plus que 59 hommes, dont le capitaine Gouzy, quatre gradés et 51 tirailleurs africains. Le regroupement des vaincus donne lieu à d’inacceptables violences. Le capitaine Gouzy tente en vain de s’y opposer : il reçoit une balle dans le genou et doit être évacué. Une colonne des prisonniers est alors formée pour se rendre à pied au village des Chères, à trois kilomètres au nord-ouest de Chasselay. 

À mi-chemin se trouve, au lieudit Le Vide-Sac, un espace dégagé en bord de route. Le convoi s’arrête. Les Africains sont dispersés sur ce terrain puis hachés par les balles des mitrailleuses, préalablement positionnées, et les obus d’un char. Les morts et les agonisants sont ensuite écrasés par les chenilles du blindé. Ainsi se termine cette journée, dans la plus abjecte abomination. Deux jours plus tard, le 22 juin, l’Armistice est signé.

On apprendra par la suite que d’autres tirailleurs africains ont été exécutés : 27, extraits d’une colonne de prisonniers, à Vaise ; 12 à Champagne-au-Mont d’Or ; 18 à Lentilly ; 13 à Éveux.

Selon le résistant et journaliste Henri Amoretti*, ces combats et les exécutions sommaires des 19 et 20 juin autour de la N7 et de la N6 ont fait, sur un effectif d’environ 1800 hommes, 1333 morts ou disparus et seulement… 51 blessés, ce dernier chiffre, éloquent, montrant s’il en était besoin, à quel point la barbarie a déferlé durant ces deux jours sur la campagne lyonnaise.

1942 : Jean Marchiani, secrétaire départemental des anciens combattants, mutilés et victimes de guerre du Rhône achète sur ses fonds propres le terrain du Vide-Sac. Il y fait édifier, sur les lieux mêmes du massacre, un cimetière traditionnel africain, un Tata, autrement dit une enceinte fortifiée sacrée où sont inhumés les guerriers morts. Inauguré le 8 novembre, ce Tata sert depuis de sépulture à 188 tirailleurs sénégalais et soudanais dont on a pu regrouper les corps.

Aujourd’hui classé « nécropole militaire nationale », le Tata de Chasselay est chaque année le lieu d’une cérémonie de commémoration en présence de membres des « Amis de "Présence africaine" », association fondée par Léopold Sédar Senghor, l’ancien président de la République du Sénégal. Une cérémonie très peu médiatisée autour d’un fait de guerre trop peu connu qui risque de sombrer dans l’oubli.

« L’Histoire de ces braves mérite de passer à la postérité. Elle est la sublime Épopée des Preux Chevaliers Noirs de l’Afrique Française. » a pourtant écrit Jean Marchiani. Sans doute. Et sans doute serait-il bon également, dans le cadre du débat sur l’Identité nationale, de mettre en perspective la manière dont l’État français a envoyé au casse-pipe ces tirailleurs africains et la manière dont ce même État traite aujourd’hui leurs héritiers sur notre sol…

Reste, à l’évocation de ces évènements, un sentiment mêlé, fait de fierté pour ces hommes courageux, de honte pour les généraux, et d’une indicible horreur face à la barbarie dont ces tirailleurs ont été victimes. En définitive, le mot de la fin revient une fois de plus à Jacques Prévert : « Quelle connerie, la guerre ! » 

* Ancien résistant et chef de la rédaction du Progrès de Lyon, Henri Amoretti est l’auteur de Lyon Capitale 1940-1944, Paris, France-Empire, 1974.

Pour en savoir plus sur le détail des opérations des 19 et 20 juin, lire la monographie du général François Lescel sur le site de la FARAC (Fédération des Amicales Régimentaires et d’Anciens Combattants de Lyon et sa région).

Un film a également été réalisé en 1992 par Patrice Robin et Évelyne Berruezo. Intitulé « Le Tata de Chasselay », ce film a été censuré par la télévision.
 

Documents joints à cet article

Les héros musulmans de Chasselay Les héros musulmans de Chasselay Les héros musulmans de Chasselay

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117 réactions à cet article    


  • LeGus LeGus 11 décembre 2009 11:12

    @bourre-pif,

    Épargnez-nous vous fantasmes délirants svp.

    @Fergus,

    Salutaire rappel en effet, dommage que certains restent accrochés à leur tropisme haineux.

    Bien à vous.


  • Fergus Fergus 11 décembre 2009 11:16

    Bonjour, Bourre-Pif.

    Les « musulmans modérés » de France représentent heureusement une très large majorité de leur communauté spirituelle. C’est du moins le constat que j’ai pu faire durant les années où, notamment dans l’encadrement de jeunes footballeurs, j’ai été en contact avec nombre d’entre eux, tant à Paris qu’en Seine-Saint-Denis et dans el Val-de-Marne.


  • Fergus Fergus 11 décembre 2009 11:50

    @ Bourre-Pif.

    S’il s’agit de combattre les intégrismes et les discours porteurs de haine, d’où qu’ils viennent, d’accord avec vous.


  • DESPERADO 11 décembre 2009 12:04

    Bourre pif
    Les tiens portaient les valises des allemands et leurs vendaient des nuits de plaisirs.
    Les musulmans eux, se battaient.
    Pauvre minable.


  • LeGus LeGus 11 décembre 2009 12:19

    @bourre-pif,

    Ça va lâchez nous avec ce Al Husseini, c’était un collabo on est bien d’accord, et alors...
    Tout les musulmans doivent-ils en répondre éternellement ?
    Tout les français doivent répondre éternellement de Laval, Petain, Vichy,.. ?
    Sarkozy doit-il répondre du fait que sa famille a fuit les coco mais pas du tout le régime de l’amiral Horty ?
    Tout les belges doivent-ils répondre des « ambiguïtés » Léopold III ?
    On peut continuer comme ça avec pas mal de monde Britannique et Américains inclus...

    On peut même être très provocateur en étant historiquement inattaquable :
    Tout les Juifs doivent-ils répondre éternellement pour les Kapos ou pour les judenrat ?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Judenrat


  • LeGus LeGus 11 décembre 2009 13:15

    Votre fantasme c’est la prétendue invasion de l’islam en France ( vous étiez pas belge sous un autre avatar, avant de vous faire virer ).
    Quelle invasion ? Qui a colonisé qui ? Qui a importé des travailleurs étrangers, pour faire pression sur les salaires du temps du plein emploi ? Et qui maintenant, d’une main prône la « discrimination positive » et les « organes représentatifs » et, brandit son karsher de l’autre ?


  • LeGus LeGus 11 décembre 2009 16:01

    Ah ben voila, vous n’avez pas d’argument et donc vous sous-entendez que je suis un musulman prosélyte, comme vous l’avez fait auparavant au mépris du ridicule avec morice...
    Comme vous semblez partager les même capacités de comprenette que MCM je vous recopie mon commentaire à une ineptie du même tonneau dont il se fait une spécialité :
    "Je suis anti-raciste, un point c’est tout.
    Nous ne sommes plus en 1930, les nouveaux parias, les nouveaux boucs-émissaires que le pouvoir désigne pour masquer son incapacité à assurer le bien publique ne sont plus les juifs, mais bien les musulmans."

    Sinon je peux vous le expliquer avec des schtroumpfs...


  • Henri François 11 décembre 2009 16:47

    A Bourre-pif,
    Reste à savoir si les (très) nombreux musulmans modérés de France se sentent bien dans une République laïque, tant ils sont montrés du doigt et assimilés sans cesse à des agitateurs-étrangers.
     
    à Fergus, 
    Merci pour cette (horrible) leçon d’histoire méconue. Comme l’est dans une moindre mesure le sacrifice des « coloniaux » dont faisaient partie les Nord-Africains, musulmans ou pas, en 14/18 (j’y ai perdu un oncle) et de 40, notamment à Monte Cassino.


  • abdelkader17 11 décembre 2009 17:14

    @Tall le beauf
    pour un collabo musulman combien chez vous ?
    le génocide des juifs a eu lui sur votre territoire,les trafiquants de l’histoire voudraient désormais faire porter le chapeau aux musulmans,raciste de mer.. !


  • agent orange agent orange 12 décembre 2009 07:27

    On pourrait aussi ajouter le souverain chérifien Mohammed V, qui refusa d’appliquer les mesures antisémites de Vichy et s’opposa avec succès à la déportation des juifs du Maroc.

    Merci à l’auteur pour cette page d’histoire méconnue, que les futures générations ne connaitrons sans doute pas en raison de la suppression de l’enseignement de l’Histoire pour certaines classes.


  • Fergus Fergus 12 décembre 2009 08:48

    Bonjour, Agent Orange.

    Il semblerait que la suppression de l’histoire-géographie en terminale S ait du plomb dans l’aile. Non seulement cette mesure est combattue par l’écrasante majorité des intellectuels et des professionnels concernés, mais elle ne recueille dans un sondage du JDD que 22 % de partisans contre 69 % d’opposants. Une bonne nouvelle. 


  • morice morice 9 janvier 2010 11:42

    propos débile et surtout inconvenant ici : laissez donc votre islamophobie en dehors des cimetières, bon sang !


  • Mania35 Mania35 11 décembre 2009 10:34

    Salut Fergus,
    Merci d’avoir rappelé que ces hommes, ces musulmans, font partie de notre Histoire et donc de notre « identité nationale ». Je pense que la suppression des cours d’histoire en terminale S contribuera un peu plus à effacer ces faits de notre mémoire collective.
    Bonne journée.


    • Fergus Fergus 11 décembre 2009 11:28

      Bonjour, Mania35.

      Ces hommes ont en effet contribué à la constitution de notre Identité nationale. Une Identité en perpétuelle construction, au fil des nouveaux apports culturels et de l’évolution des consciences, et non figée sur les valeurs d’un moment M comme voudrait les dessiner le pouvoir sarkozyste dans une dérive quelque peu pétainiste.

      Oui, la suppression de l’enseignement de l’histoire et de la géographie en terminale S est une énorme ânerie dans la mesure où l’étude historique et géopolitique du 20e siècle, et la compréhension corrélative du monde dans lequel nous vivons sont les clés de la conscience civique et de l’affirmation par notre jeunesse des valeurs républicaines et démocratiques. Or c’est bien en terminale, et pas avant dans des cours surchargés, que la maturité des élèves est la meilleure et la plus à même d’imprégner leur esprit.


    • zelectron zelectron 11 décembre 2009 12:08

      Pas un seul chrétien parmi eux ? c’est curieux...


    • Fergus Fergus 11 décembre 2009 12:42

      @ Zelectron.

      Il est possible qu’il se soit trouvé quelques chrétiens parmi eux, dans la mesure où les corps d’une partie d’entre eux sont restés anonymes (aucun nom sur leurs stèles). Mais il semble qu’il aient été musulmans dans d’écrasantes proportions (sans doute plus de 90%).


    • Fergus Fergus 11 décembre 2009 17:48

      @ Marc Gélone.

      On est, en matière d’Identité, ce qu’il nous est permis d’être par la réalité géopolitique ayant résulté des conflits du passé. En cela, tous ceux qui, à quelque niveau que ce soit, se sont battus ont contribué, fut-ce de manière très ténue, à l’émergence de la nation nouvelle.


    • Fergus Fergus 11 décembre 2009 18:43

      Cela a, de mon point de vue, à voir avec la culture effectivement très ancienne, qu’une Identité se construit sans cesse, qu’elle est la résultante de l’Histoire de la nation mais également des évènements récents qui ne cessent de la modeler, de la transformer, de l’enrichir.


    • dom y loulou dom 11 décembre 2009 22:10

      Marc Gelone

      L’identité selon vous ne sert donc qu’à nous séparer les uns des autres ?

      On nous a pourtant toujours dit que l’identité française était avant tout liée à la déclaration universelle des droits de l’homme, non ?

      Car, sauf votre respect, l’exclusion des autres n’est pas mentionée il me semble.


    • morice morice 9 janvier 2010 11:43

      superbe article que je découvre tardivement hélas !


    • Jojo 11 décembre 2009 10:48

      Bonjour Fergus, article majeur merci.

      Toutefois vous réécrivez un peu l’histoire... Il est maintenant établi qu’avec les spahis et les tirailleurs marocains et algériens, les tirailleurs sénégalais ont tous été vus à un moment ou à un autre en Bosnie. Et ce en uniforme SS (Si Môssieur, la Whermart c’est pour le sang à moins de 95% de … pureté). Je disais donc qu’ils y ont été vus à un moment ou le mufti Husseini antisémite notoire, entrainait des centaines de milliers de musulmans à combattre du côté d’Hitler. Notamment les gentils islamophiles de l’Irgoun... As usual... 

      Plus sérieusement, les tirailleurs sénégalais n’ont pas hésité plus tard à faire leur devoir (comme ils continuent de le dire aujourd’hui encore), en combattant d’autres musulmans en Algérie. C’est à se demander ce que certains attendaient de plus comme preuve de loyauté... C’est à se demander aussi pourquoi les algériens n’ont aucun ressentiment contre eux et c’est à se demander enfin pourquoi votre article m’impose un tel respect pour eux !


      • Fergus Fergus 11 décembre 2009 11:35

        Bonjour, Jojo.

        Je ne crois pas avoir réécrit l’histoire dans la mesure où cet article relate un fait de guerre (et même un crime de guerre) bien précis. Rien à voir avec une histoire générale des Régiments de Tirailleurs, qu’ils soient Sénégalais ou Marocains.

        Cela dit, vous avez raison, il y a eu en d’autres lieux pour des raisons politiques, des engagements africains au côté des Allemands en contradiction avec l’idéologie nazie, Ce n’est pas le moindre paradoxe des conflits. 


      • Jojo 11 décembre 2009 11:45

        Evidemment que vous dites vrai Fergus,

        En lisant votre article sur ces hommes morts pour leur patrie sans même avoir pu bénéficier du statut de prisonnier de guerre, j’ai juste repensé à un leitmotiv qui revient souvent chez les lobbyistes d’AV (et dernièrement en long et en large sur Arte et dans une moindre mesure sur TV5), voulant que Husseini soit la preuve éclatante que les musulmans étaient du côté nazi, ben voyons !

        Votre article honorant des musulmans français, risquait de faire comment dire … désordre. D’où mon second degré. J’avais espéré que le ‘plus sérieusement’ du paragraphe d’après suffirait à le contredire.

        Mea culpa pour le malentendu et merci encore.


      • armand armand 11 décembre 2009 12:06

        Jojo,

        La focalisation sur le Grand Mufti, pour excessive qu’elle puisse paraître, s’explique non pas tant par sa religion que par ses activités en Palestine. En effet, un chef médiatique des Palestiniens musulmans qui s’affiche aux côtés d’Hitler, dans le contexte conflictuel de l’époque, laisse supposer qu’on souhaite infliger aux Juifs de Palestine le même sort qu’aux Juifs d’Europe.

        De là à en tirer des conclusions sur l’ensemble des musulmans, dont la vaste majorité luttait aux côtés des Alliés, il y a une marge. 

        Il en va de même pour les criminels nazis qui trouvèrent refuge en Syrie et en Egypte. On rappelle à juste titre qu’ils n’étaient qu’une goutte d’eau comparés aux Nazis expatriés en Amérique du Sud. Seulement l’Argentine ou le Chili n’étaient pas en conflit avec Israël.


      • DESPERADO 11 décembre 2009 12:07

        JOJO
        L’Histoire c’est vous qui voulait la réécrire.
        Et je vois que le transfert psychologique fonctione bien chez vous.
        Savez vous combien de musulmans sont tombés sur les fronts contre les allemands ?
        Non, parce que vous et les vôtre étiez trop occuppé à sabrer le champagne avec les nazis.
        Et vous vous venez faire maintenant la morale aux musulmans.
        C’est un comble.


      • DESPERADO 11 décembre 2009 16:14

        @JOJO
        dsl, ce message nous vous était pas destiné.
        Mea culpa.


      • abdelkader17 11 décembre 2009 17:23

        @Armand
        On occulte le rôle de la collaboration sioniste avec les nazis,comme d’habitude les trafiquants de l’histoire occidentaux triomphent encore.Que fait on du rôle des terroristes de l’irgoun ?
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_Haavara


        Gilbert ACHCAR

        Les Arabes et la Shoah
        La guerre israélo-arabe des récits

        Sindbad

        L’Actuel
        Le conflit israélo-arabe ne se réduit pas aux guerres menées sur les champs de bataille du Moyen-Orient. Il comprend aussi une autre dimension, une guerre à coup de récits opposés et de négation des récits des autres, tournant autour des deux traumatismes à l’origine du confl it : la Shoah, la destruction des Juifs d’Europe, et la Nakba, le déracinement des Arabes de Palestine. S’appuyant sur une vaste documentation, Gilbert Achcar se livre à un examen approfondi des réactions arabes à l’antisémitisme et au nazisme, en soulignant leur grande diversité politique et idéologique. Avec un souci constant d’objectivité et de distance critique, il traite tant de l’époque de la montée du nazisme et de la Shoah que des périodes qui se sont succédé depuis la Nakba jusqu’à nos jours, brossant ainsi un tableau captivant de l’histoire arabe con temporaine. S’il dénonce vigoureusement les attitudes antisémites ou négationnistes qui se sont manifestées au sein du mouvement national arabe, notamment palestinien, l’auteur réfute aussi, documents à l’appui, les interprétations caricaturales d’une certaine propagande pro-israélienne qui cherche à faire croire que les Arabes ont soutenu en bloc le nazisme et qu’ils sont antisémites par vocation religieuse. Ce livre constitue une ardente plaidoirie pour une reconnaissance pleine et mutuelle de la Shoah et de la Nakba, condition indispensable, selon l’auteur, pour que s’établisse un dialogue sincère entre Arabes et Israéliens – en prélude à une paix véritable, plus urgente que jamais.


      • armand armand 11 décembre 2009 18:28

        abdel,

        La citation du livre d’Acchar me convient tout à fait.
        Quant à tes remarques insidieuses que ne font que trahir ta haine obsessionnelle des « sionistes », tu fais passer les accomodements déchirants que certains ont cru devoir passer avec les nazis en vue de sauver des vies pour des convergences idéologiques. C’est à la fois diffamatoire, et c’est déguelasse.


      • abdelkader17 11 décembre 2009 23:37

        @Armand
        Ha, le « Mufti nazi », emblème des propagandistes sionistes, mais Quid des financiers Hitleriens juifs sionistes ?, des chefs d’entreprises juifs sionistes collabos ?, des 150.000 soldats juifs de l’Armé d’Hitler ?, de l’alliance Betar-SS ?, du Bizness Sionistes- Nazis et le décret du Reich 54/33 du 10 Août 1933, autorisant l’émigration en Palestine des Juifs Allemands Munis d’un « Certificat Capitaliste » ?, en quelque sorte, l’ARTE de se foutre de la gueule du monde !!!


      • morice morice 9 janvier 2010 11:44

        De là à en tirer des conclusions sur l’ensemble des musulmans, dont la vaste majorité luttait aux côtés des Alliés, il y a une marge. 


        très heureux de vous l’entendre dire : c’était plus un escroc qu’un chef religieux !

      • LE CHAT LE CHAT 11 décembre 2009 11:25

        bon rappel histoire , Fergus , de nombreuses troupes coloniales sont mortes au combat pour la France , et franchement ils méritent une pension et que leur mémoire soit honorée . les noirs étaient considérés comme des singes par les nazis , et nombreux sont ceux morts en camp de concentration .


        • Fergus Fergus 11 décembre 2009 11:47

          Bonjour, Le Chat.

          Merci pour ce rappel. Les Noirs africains ont en effet été considérés comme des rebuts de l’humanité par les nazis et nombre d’entre eux ont été exterminés, que ce soit dans des camps de concentration ou lors de combats, tel ceux du Rhône en juin 40.

          De manière générale, force est de constater que cette opinion sur les Noirs avait également cours à cette période dans notre pays, certains de nos compatriotes ne se gênant pas alors pour l’exprimer clairement.

          Une certaine condescendance a d ’ailleurs perduré après la guerre comme en a témoigné très longtemps la publicité Banania montrant, sous le slogan « Y’a bon, Banania », un gentil Tirailleur sénégalais aux airs de « ravi » africain. 


        • Surya Surya 11 décembre 2009 14:59

          ils méritent une pension et que leur mémoire soit honorée

          Parce qu’en plus ils n’ont pas eu de pension ??? Là, ça devient sidérant !!
          Alors s’ils ne sont plus de ce monde, leurs descendants devraient toucher quelque chose.
          Et que leur mémoire soit honorée, oui, car c’est trop facile sinon de coloniser un pays, envoyer ses habitants se battre pour défendre le pays qui les a colonisé, et ensuite les laisser tomber dans l’oubli.
          Merci pour votre article, Fergus.


        • Fergus Fergus 11 décembre 2009 17:05

          Bonjour, Surya, et merci à vous.

          Des pensions, il y en a eu, mais d’un niveau ridiculement bas, et surtout des pensions qui n’avaient été réévaluées entre 1959 et... 2001. A cette date, suite à l’action en justice d’un sous-officier sénégalais, le Conseil d’Etat a ordonné au gouvernement Raffarin l’alignement des pensions militaires des combattants africains et maghrébins sur celles des combattants français. Un effort a été fait les années suivantes, mais je ne crois pas que la parité ait été atteinte. Peut-être y a-t-il quelqu’un de mieux informé ?


        • L'enfoiré L’enfoiré 11 décembre 2009 18:37

          Fergus bonsoir,
           Je ne connais que l’histoire de France, parfois jumelée avec la nôtre, que l’on a bien voulu m’enseigner.
           Je vous remercie de faire ressortir celle-ci.
           Les films nous font ressortir quelques épisodes « inédits ».
           Je n’ai pas reçu ni lu notre histoire de guerre qui aurait pu être semblable avec les Congolais.
           Je laisserai un historien belge me le dire.
           L’histoire de Léopold II ressurgit récemment avec le 100ème anniversaire de sa mort.
           La petite histoire de la grande est souvent moins glorieuse.
           


        • Fergus Fergus 11 décembre 2009 18:50

          Salut, L’enfoiré.

          Je présume qu’il existe de nombreux points communs entre l’histoire coloniale française et l’histoire coloniale belge.
           
          Pour ce qui est des petits évènements qui ont fait la grande Histoire, je pense qu’on y trouve absolument tout : des lâchetés, des trahisons, mais aussi de l’héroïsme et de la fraternité. Les guerres étant faites par des hommes, comment pourrait-il en aller autrement ?


        • morice morice 9 janvier 2010 11:45

          effectivement : 61 euros au lieu de 590...


        • armand armand 11 décembre 2009 11:51

          Fergus,

          Merci de ce rappel émouvant d’épisodes qui gagneraient à être mieux connus (mais c’est bien connu, on n’a plus besoin d’apprendre l’histoire...).

          C’est non seulement un témoignage de l’héroïsme de ces hommes venus de loin (comme nombre de légionnaires, d’ailleurs, morts à leurs côtés), mais une preuve de plus de l’abjecte inhumanité des nazis.

          Je me souviens d’un téléfilm récent sur le sujet (le titre m’échappe) avec Guy Marchand dans le rôle du colonel des tirailleurs, qui se fait descendre par le chef allemand au moment du massacre des prisonniers quand il tente de s’y opposer.

          Une question insidieuse - les responsables de ces masssacres de prisonniers ont-ils jamais été inquiétés ? A-t-on jamais signifié aux Allemands (comme Lincoln l’a fait aux sudistes en 1863 lorsque ceux-ci ont annoncé qu’ils mettraient à mort tout noir portant un uniforme) que s’ils ne respectaient pas les prisonniers de guerre noirs, on en userait pareillement avec les leurs ?
          Je crains la réponse.


          • Fergus Fergus 11 décembre 2009 12:01

            Bonjour, Armand, et merci pour votre commentaire.

            J’ai bien évidemement cherché s’il existait des traces de poursuites engagées pour crime de guerre contre les auteurs de ces abjects massacres. Sans résultat, hélas ! Je crains qu’en l’occurrence, on n’ait, après la guerre, établi une hiérarchie des crimes de guerre pour ne se concentrer finalement que sur ceux qui ont touché les populations ou les troupes européennes. Comment aurait-il pu en aller autrement quand on voit de quelle manière nous avons nous-mêmes, Français, très largement occulté les terribles massacres perpétrés le 17 octobre 1961 contre les manifestants algériens ? 


          • ASINUS 11 décembre 2009 11:57

            yep fergus , bon rappel de ces massacres nazis les regiments d elites allemands ne pouvaient
            avoir été contenus par des « sous hommes » cela ne doit pas occulter que parmis les taches sur le drapeau français figure le traitement indécent misérable fait a tous ces soldats « soldes ,retraites ; identité reconnaissance »par une administration tatillonne,
            pingre et raciste ;Mon pere de son vivant clamait partout que le plus grand honneur qu il est eu dans sa vie c est d avoir commandé des goumiers marocains .La france a été delivrée dans le sud par l armée d afriques et ses milliers de tirailleurs de spahis et goumiersil ne s agit pas de gloriole mais de vérité et d histoire tiens tiens l histoire...YEP

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