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« Les Larmes amères de Petra von Kant » La Bruni Tedeschi en lâcher prise

L’Amour Passion n’a pas d’époque dédiée mais les films de Fassbinder en ont une, celle des seventies triomphantes du carcan des précédentes tout en récoltant les dommages collatéraux des euphorisants alors en usage !

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LES LARMES AMERES DE PETRA VON KANT
photo © Huma Rosentalski

Ainsi donc, comment installer sur les planches théâtrales en 2015, cette atmosphère vintage sans la dénaturer à l’aune de l’opinion consensuelle prévalant de nos jours ?

Thierry de Peretti a résolu cet enjeu dans la fuite en avant ou plus exactement en arrière toute ! S’affranchissant des compromis avec les eaux tièdes régulant les mœurs et conventions des esprits bien pensants contemporains, c’est brut de décoffrage qu’il conçoit sa mise en scène « cinématographique », à l’instar de Rainer Werner quarante années auparavant.

La caméra virtuelle vissée dans la tête avec panoramique scénographique en 3D pour 360°, le spectateur sera appelé à la rescousse pour multiplier ses points de vue sur une configuration basique mais éternelle de l’Amour à sens unique dévorant de l’intérieur sa martyre consentante.

En effet, grande prêtresse de la mode, Petra von Kant a tout son monde à ses pieds y compris ses proches ; ainsi Valérie von Kant sa mère, sa fille (Sigrid Bouaziz), Marlène son assistante (Lolita Chammah) voient défiler, dans le salon privé, tous ces professionnels ou amies du milieu telle Sidonie von Grasenabb (Kate Moran), jusqu’au jour où une future mannequin va devenir l’objet exclusif du désir de Petra !

Habituée à l’autoritarisme dans tous les rapports de force, celle-ci se trouve ainsi engagée dans une relation amoureuse « maîtresse-esclave » qui s’inversera rapidement sous l’inertie récalcitrante de Karine (Zoé Schellenberg), cette jeune femme convoitée mais restant libre dans sa tête sans aucune concession à attendre de sa part.

C’est alors toute l’énergie destructrice du désespoir qui prend le relais d’un enfer libidinal où se consumeront à grand feu tous les ressorts de la psychiatrie appliquée à la perte du contrôle de soi !

C’est fort ! C’est magistral ! C’est terriblement humain !

Beaucoup plus que des larmes amères, voici l’orgueil de Petra, vaincu au cœur de sa vulnérabilité, faisant exhibition exacerbée d’un ego réduit à son expression dérisoire.

En présence scénique de Valérie (Marisa Borini), sa propre mère, Valéria Bruni Tedeschi s’y abandonne à tous les démons de la représentation de soi-même bafouée, avec l’aplomb sans retenue que seule une comédienne aguerrie pouvait livrer sous totale désinhibition ! En un mot : F O R M I D A B L E !

photos © Huma Rosentalski

LES LARMES AMERES DE PETRA VON KANT - **** Theothea.com - de Rainer Werner Fassbinder - mise en scène Thierry De Peretti - avec Valeria Bruni Tedeschi, Kate Moran, Zoé Schellenberg, Sigrid Bouaziz, Marisa Borini, Nadine Darmon & Lolita Chammah - Théâtre de l'Oeuvre

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LES LARMES AMERES DE PETRA VON KANT
photo © Huma Rosentalski


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