• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les Maîtres Chanteurs

Les Maîtres Chanteurs

Le temps : mardi 18 mars, 20 heures... Le décor : un plateau, des caméras, Denisot... Le lieu : Canal+, version Le Grand Journal 2008, et ses invités tous azimuts... Les invités : Lio, Manoeuvre, Manoukian, Sinclair...

...........

N’étant point adepte de télé-réalité encore moins de psycho-écoles de chant, la présence de ces quatre hurluberlus m’amuse et je décide d’écouter leur motivation à jouer le jury dans cette farce médiatique qu’est Nouvelle star de M6.

Mon a priori est défavorable, j’ai connu la galère musicale et comprends les quelques pré-artistes qui désirent se jeter hâtivement dans un bain chauffant.

Pourtant, je cherche à comprendre la légitimité des quatre fantastiques à jouer un rôle au tribunal des flagrants dépits.

Lio, la banana au split brésilien, la pondeuse sans voix, la trublionne aux cent cinq amants m’attriste, celle qu’on ne peut taxer d’"has been" pour n’avoir jamais été, se prend au jeu des quelques moments intenses présentés par Denisot. Réflexion à propos, pensées fulgurantes, émotion tragique sont absents de ces quelques minutes M sixiennes. La follette brunasse ne compte pas pour des prunes, à se demander si on la paie d’un cachet d’aspirine tant sa présence incommoderait Louis XVI. La virago, qui assassina une deuxième fois la fille Trintignant tant elle en prit la défense malheureusement, est insipide, fade ; le papier d’emballage qui lui sert de chemisier semble plus valeureux que les interventions de cette Linda de Suza from Belgium.

Manoeuvre, lui, m’intéresse d’autant plus qu’il fut en son temps, bien lointain apparemment, un pionnier du rock télévisuel. Le vieillard s’est usé, ses carreaux noirs ne suffisent à cacher les ridules oculaires vitreuses, on ne sent plus briller les éclairs stoniens ou zeppeliniens, la moue est devenue sa marque, l’éructation "borborythmique" son slogan. Son perfecto ciré aux concerts virulents des grandes années rock est étriqué, il veut mouler le personnage. L’apparence d’une molle anémone témoigne la déchéance de l’ex-frétillant journaliste.

Manoukian se trémousse, bondit, sourit, ingénue de bac à sable, il est le clown de la fable, la harpie du conte infernal, le galopin chapardeur. Toutefois, les exemples soumis à notre extase révèlent un autre personnage. Le trublion est fat, furieux, impoli, vulgaire, désagréable, puant de ces odeurs de vidange qu’on ne saurait éliminer d’un revers de main. Ce musicien (?) de l’ombre est sombre, acrimonieux à dessein, revanchard, enfin il est au-devant de la scène et refuse de céder l’espace, le concurrent doit bien se tenir, du moins rester à sa place, supporter les grossièretés, accepter les outrages, avaler les sarcasmes affligeants d’Antranik le magnifique.

Et Sinclair, le visage heureux, béat, joue du Lord, ami de Curtis aux basques des Marylin de banlieues. L’inconnu discographique, dont la seule notoriété tient d’un père et d’un oncle ayant fait les beaux jours du PAF seventies, est songeur, sourcilleux, grimaçant. Celui dont la Sacem ne connaît que le nom, ou l’homonyme prénom, celui dont les seuls tubes connus sont dentifrice et vaseline, défend l’insipide, le falot, triste image au miroir renvoyée. L’intérêt qu’il suscite flirte avec le misérable néant.

La bande des quatre laisse rêveur, ce florilège d’histrions pathétiques nous est présenté comme le nec plus ultra du discernement, le sublimissime sas vers la célébrité, la devanture d’un avenir souriant pour ces malheureux qui réussiraient à passer outre.

Quelques instants choisis exposent une petite blonde, béret rouge, voix enchantée, un rockeur aux accents embrumés façon Cohen, un autre est une folle symétrie d’un Cabrel de Pantin, puis viennent les coupables, ceux qui ne signent pas le contrat Manoukian, ceux qui bêlent, qui parlent, qui vocalisent, qui vivent ; terrible désillusion, les Julien Clerc, les Bashung, les Gainsbourg, les Sanson, toute cette faune créative musicale française ne passerait pas les barrages de nos quatre Ostrogoths, ils affirment que serait révolutionnaire l’omniprésence de guitares aux mains des novices candidats.

Aucun regret, aucune contrition sur les lèvres de l’inénarrable cénacle, quelques jérémiades conspuant les coiffeurs figaros, ils sont fiers de flanquer aux orties les quelques plausibles Lucchini.

On se plaît à chercher les errements du quatuor désaccordé, "Google est mon ami" se lance et trouve les mots choisis du maestro aux commandes du plus tragique almanach vermoulu de la pensée reptilienne.

Manoukian est un as, pas de ceux qu’on vénère lors d’une joute avec un Bruel cacochyme, cet as qui pique, qui tremble qui s’esclaffe, qui vomit le verbe comme tout un chacun ferait de ses boulettes de nez, il tance, rue, injurie, ergote, il crache sa haine, sa hargne, sa bile, lamentable hépatique. Les exemples se multiplient, le moteur s’affole libérant plus d’invectives que Robert ne saurait délivrer. Il confond litrée et Littré et s’abreuve de ses boutades perfides.

Je pense à Petrucciani qui, dit-on, aurait copulé en clé de sol avec le malotru, pauvre Michel, ses chances face au bulldozer du CD n’auraient été que vaines, aucune adéquation avec les pitoyables appétences du bouffon grandguignolesque et de sa troupe de fossiles météorites.

On en vient à comprendre les misères diffuses qui hantent les catacombes Universal et Sony, quand le bon peuple esquive leurs produits prédigérés aux toilettes des universités télévisuelles.

On discerne mieux l’éloignement des jeunes alors que d’un clic ils découvrent le monde et ses trésors harmoniques, d’ailleurs des quatre comparses de cette pasquinade quel est l’ado qui n’a pas envie de leur ricaner au nez, quel est le mélomane qui accorderait une seconde à cette imposture grotesque mystifiant le ridicule au profit du trivial.

Au terme de ce gargarisme auto-congratulatoire, nous avons eu le droit à l’ineffable "journal people" et sa nouvelle égérie Cindy Sander, l’éjectée type du quartette maléfique, Google en rigole encore lui donnant 591 000 occurrences quand, avec peine, le cuissot jupitérien boss en obtient 180 000, juste retour de l’effort face à la suffisance.

Heureusement les deux plaisantins Fred et Omar sont venus détendre cette atmosphère fétide, cependant reste le goût amer du rayonnement artistique de notre pays, en berne, malade, moribond.


Moyenne des avis sur cet article :  3.15/5   (26 votes)




Réagissez à l'article

35 réactions à cet article    


  • Proto Proto 21 mars 2008 10:40

     

    Monsieur Emile Red,

    J’ai apprécié votre article, mais je dois vous avouer qu’il est très difficile de suivre votre pensée tant votre style comporte d’images et métaphores certes habiles mais trop nombreuses pour en dégager clairement le sens pour des lecteurs qui n’ont pas forcément les mêmes références culturelles que vous.

    Cela dit je plussoie le fond de votre article mais aurais souhaité que vous développiez plus l’impact négatif que pourrait avoir la réalité sur le, je vous cite,  « rayonnement artistique de notre pays, en berne, malade, moribond. ».


    • Proto Proto 21 mars 2008 10:41

      *télé réalité


    • Bretzel man 21 mars 2008 13:11

      Euh émile, tu serais pas le emile RED de la BAP ?


    • Emile Red Emile Red 21 mars 2008 13:36

      @ Bretzel

      je ne sais pas ce qu’est la BAP

      @ Proto

      Je n’ai voulu que pousser un coup de gueule contre la suffisance de gens qui ne le méritent en rien, c’est pour cela que je n’ai mis aucune référence et suis passé au dessus de tout apartheid.

      J’ai seulement oublié de préciser que Manoukian était en duplex de Louisianne et pourtant pesait lourdement sur les autres invités.

       


    • tvargentine.com lerma 21 mars 2008 11:49

      On ne juge pas la créativité musicale de la scene des artistes en France uniquement en regardant ce type d’émission bidonée qui lance généralement un plan média avec vente de cd et dvd derrière toutes ces émissions trash

      La création se trouve sur internet et permet de découvrir de nouveaux artistes sans passer par ce "type de spectacle" déplorable

       


      • denis84 21 mars 2008 12:09

        M. lerma

        En tant que rédacteur de commentaires je tiens à dire que j’ai plussé votre commentaire avec lequel je suis en accord total


      • Gasty Gasty 21 mars 2008 12:48

        Mr. lerma

         

        En tant que Rédacteur de l’Agoravox institut .... Je vous plusse au nom du "Saint Sarkement".


      • Le péripate Le péripate 21 mars 2008 12:53

        M Lerma, en tant que membre permanent du Comité de Salut Public, je vous laisse avec ce zero qui vous convient parfaitement.


      • LE CHAT LE CHAT 21 mars 2008 12:56

        et en tant que rédacteur qui comme ton voisin florent pagny veut garder sa liberté de penser je plusse !


      • Paradisial Paradisial 21 mars 2008 17:28

        En tant que Tanneur de Bonimenteurs je te plusse, en attendant que tu prennes le prochain virage.


      • Yohan Yohan 21 mars 2008 12:04

        @ Emile

        Moi, je trouve que ce quatuor dégage quelque chose de chaleureux et d’honnête. Contrairement à certaines émissions "forcées", on sent que celui-ci a du plaisir à être ensemble, bien accordé donc.

        Il ne faut pas chercher trop loin. C’est seulement un divertissement qui parvient à divertir, toute ma petite famille y compris.

         


        • Emile Red Emile Red 21 mars 2008 13:41

          Je n’ai rien contre ces 3 personnages qui au demeurant m’indiffèreraient si leurs comportements étaient corrects et respectueux des gens qu’ils castent.


        • Befana 21 mars 2008 13:42

          Tout à fait d’accord ! Il ne s’agit "que" d’un divertissement, la musique ici n’est que prétexte après tout.

          Cette émission nous distrait, nous fait rire, et c’est bien là tout ce qu’on lui demande smiley

          Il est bien évident que pour la découverte de nouveaux talents, rien ne vaut Internet et aussi les concerts des petites salles dont les programmes permettent de découvrir nombre d’artistes français et étrangers.


        • denis84 21 mars 2008 12:15

          Pour moi,on est ici très loin de la qualité artistique de certaines émissions musicales du siècle dernier,parmi lesquelles Discorama de Denise Glaser,qui m’avait permis de découvrir,entre autres,Véronique SANSON

          Je sais,ça fait un peu "vieux con nostalgique",mais j’assume....


          • Gasty Gasty 21 mars 2008 12:44

            Moi je dis que Emile a du courage d’en parler, c’est un récit émouvant de ce que doivent endurer les gens après un labeur "plus" journalier.

            J’avoue avoir zapé ( comprendre fuir) au bout de 30 s, j’ai honte.


            • Nobody knows me Nobody knows me 21 mars 2008 14:03

              Personnellement, quand mon colloc me cale cette émission ou un truc dans le genre, je sors le balais et je le lynche.

               smiley


            • LE CHAT LE CHAT 21 mars 2008 12:45

              @emile

               

               moi j’ai beaucoup plus ri avec ce que j’ai vu de la nouvelle star que du pitoyable spectacle de la starac

              Quand philippe Manoeuvre dit à un candidat que sa prestation est digne de ce que W.Bush a fait à L’Irak oo que Manoukian dit à un autre chantant des comédies musicales qu’il braille tout ce qui les fait chier , eh bien , ça a de la gueule ! 

              je me suis régalé avec les losers de la chanson , au moins c’est plus rafraîchissant et divertissant que la trop formatée Starac où on forme des celine dion et des rickie martin éphèmères !

              chimène Badi , Matt Pokora et christophe Wilhem venant de la nouvelle star tiennent quand même mieux la route que les lauréats des derniers strarac ;

              Des bruits courrent que mickae Jackson serait le prochain parrain de la Starac ( qu’est ce qu’on ferait pas pour remonter l’audience en chute libre ! ) , mais il a parait il exigé d’avoir sa chambre au chateau et que les candidats soient dans la tranche 11-12 ans .....

               

              Bien à toi


              • Nobody knows me Nobody knows me 21 mars 2008 13:44

                Matt Pokora

                *tousse* KOF ! KOF ! KOF ! Faut pas pousser le Chat quand même ! M. Pi, bien que faisant des clips avec Timbaland, me paraît plutôt foireux. Pour les 2 autres, je mets mon veto.

                 smiley


              • Emile Red Emile Red 21 mars 2008 13:46

                Sauf qu’au résultat, les gens choisis sont formatés tout autant qu’ailleurs, loin d’un véritable éventail qualitatif.

                 Et encore une fois, comme a très bien compris Gasty, essayons de nous mettre à la place des gens qui viennent concourir après une dure journée de labeur, est il normal que ces quatre zombies leur parle de cette manière, accepterions nous ça ?


              • Yohan Yohan 21 mars 2008 14:37

                @ Pas d’accord avec toi Emile.

                Chistophe Willem n’aurait eu aucune chance ailleurs. Ils ont quand même su, malgré une petite hésitation, voir au delà de sa dégaine. Je crois qu’ils cherchent avant tout des nouveaux talents vocaux et pas des looks formatés et frelatés comme à la Starac. Après, tout est discutable, question de goût. Quant aux traitement infligé aux candidats, c’est une posture, un jeu entre membres du jury, que les candidats perçoivent plutôt bien (puisqu’ils sont débriefés), même si ce n’est pas facile de recevoir la critique en pleine face.

                D’ailleurs, il y a ce qu’on voit à la télé (fait aussi pour divertir au delà du casting) et ce qui se pratique en coulisse, plus humain que dans bien d’autres lieux.


              • LE CHAT LE CHAT 21 mars 2008 15:32

                @nobody knows

                me fait pas dire ce que j’ai pas dit

                ce n’est pas ma tasse de thé ces trois là , mais au moins ils ont un public , ce que n’ont pas les deux derniers sortis de la starac et celui de cette année est encore plus insipide !


              • Nobody knows me Nobody knows me 21 mars 2008 13:36

                Manoeuvre, lui, m’intéresse d’autant plus qu’il fut en son temps, bien lointain apparemment, un pionnier du rock télévisuel. Le vieillard s’est usé [...]

                Qu’est-ce que vous voulez, il faut bien qu’il se débrouille lui aussi pour sa retraite. Car s’il attend après certains, il est pas arrivé. smiley

                Pour ma part, perte totale de crédibilité de la part de Manoeuvre. Ces émissions de merde cherchent des personnalités reconnues dans le milieu musical (journalistes, tourneurs, producteurs, "artistes") afin de donner du crédit à leur concept. Le concept s’étouffe et s’effondrera bientôt j’espère pour laisser la place... à des émissions encore plus pourries ??!! J’espère pas.

                Elle est loin l’époque des grosses émissions de musique. Reste les qqs live de Canal+, pas forcément à mon goût mais ô combien plus sincères.


                • Emile Red Emile Red 21 mars 2008 13:50

                  Problème ce ne sont que des gens ou has been ou à notoriété de complaisance, mais certainement pas des artistes pleinement reconnus, aucun des quatre.

                  Et j’attends de voir un mec qui leur pète la gueule, j’aimerai bien en plus qu’il soit handicapé. 


                • LE CHAT LE CHAT 21 mars 2008 15:18

                  @FURTIF

                  c’est vrai qu’il y un océan entre ça et les enfants du rock ! Philippe Manoeuvre est très sympa , j’ai même bu un coup avec lui et jean pierre Dionnet dans un troquet à billancourt par hasard , un jour où j’étais par là !


                • interscope 21 mars 2008 19:39

                  Et oui Manoeuvre à vieillit ! la retraite approche et finalement pour un dernier tour à la télévision histoire de retouver l’esprit déconne des enfants du rock, un peu comme les chanteurs has been allant mendier 5 mn de gloriole à la star’ac, qu’est ce que l’on ne ferait pas ? Ben déjà oublier un édito au vitriol paru dans rock & folk au début de ce genre d’émission.

                  Et puis pour 150 000 € que ne ferait on pas ?

                  Pour Manoukian cela doit lui rapporter plus que les droits d’auteur des musiques écrites pour Liane Foly.

                  Lio : il a de cela quelques années cela lui aurait payé un redressement fiscal, aujourd’hui je ne sais pas.

                  Sinclair : je ne sais quoi penser de sa présence, le gars est sympa, sa musique est sympa, il fait pas mal de concerts, je l’avais croisé par hasard chez Gibert à Toulouse où on regardaient dans les mêmes bacs à disques, alors quoi ? Possibilité d’enregistrer un nouveau disque ?

                  Le problème (ou l’avantage) de cette émission c’est qu’elle met en avant les animateurs plutôt que les artistes. A la limite on se souviendra plus des coups de gueules de Marianne James ou Manu Katche, ainsi que des saillies de Manoukian plutôt que des vainqueurs.

                  D’ailleurs que deviennent ces derniers ? Celui de l’an passé est apparu aux Victoires de la Musique pour un hommage à Carlos (on ne rigole pas), la Tortue faisait les soirées d’ouvertures du casino du centre ville de Toulouse, et ceux d’avant font -en été- les fêtes de la libération avec leur copain de la star’ac.

                  Et comme l’on n’a pas le temps de rire on oubliera S. Estatoff notre Kurt Cobain national.

                   

                   

                   

                   

                   

                   

                   


                  • jack mandon jack mandon 24 mars 2008 16:45

                     

                    à Emile Red, le rédacteur qui vomit dans tous les coins. Je m’inquiétais pour votre santé.

                    Bien sur, c’est la mode de baver, de cracher, de salir tout ce qui bouge, c’est sans doute ce que vous appelez de l’humour...

                    Nouvelle star intéresse un large public, c’est une émission dynamique, jeune et créative.

                    Certes, les jeunes sont secoués, c’est peut être mieux de ne pas encourager des folles carrières, c’est un avenir incertain que celui de la chanson.

                    Si vous ne jugez pas l’émission sur ses résultats, c’est que vos critiques masquent un échec personnel, vos propos subjectifs enveloppés de littérature n’intéressent que des lecteurs amers, plus critiques qu’inventifs je présume.

                    La société a besoin d’éboueurs et vous avez beaucoup d’avenir sur Agoravox.


                     


                    • NikeLaos NikeLaos 25 mars 2008 14:03
                      Bravo cher Jack, bel exemple de dérappage triangulaire smiley
                      L’analyse est claire : l’auteur fait sans doute écho à une frustration personnelle supportant mal le montage médiatique pourtant efficace, de pantins boutonneux, dont certains ont un réel talent mais là n’est évidemment pas la question. Le coup de l’éboueur est un peu violent néanmoins.
                       
                      L’Enfant qui sommeille dirait : je dénonce le mercantilisme à peine masqué de l’industrie du disque qui "fait" les "stars" plutot que de les "promouvoirs" comme c’était leur métier... avant, en appauvrissant du meme coup, le PAF et en coupant tout un vivier d’artistes d’un possible accès aux médias, renouveau culturel, diversité etc. C’est un article d’actualité, bien écrit, dénonçant un monopole écrasant de la mafia moribonde du disque, incapable de réagir clairement à l’élargissement des supports musique, aux bouleversements de son marché... Il est donc justifié.
                       
                      l’Adulte dirait : que celui qui n’a jamais regardé la nouvelle star assume de chanter le premier karaoké de Christophe Willem. Il manque les conclusions, les élargissements sociologiques, économiques. Il manque la synthèse constructive, seule capable de justifier la dénonciation d’un système.
                       
                      Quand au Parent, il dirait : t’as vraiment que ça à foutre de regarder ces conneries alors que tu n’as jamais ouvert un bouquin de Proust ou Le Spleen de Paris ? Tu penses que Victor Hugo est une station de métro et que Buffalo Bill est un restau ou on gobe des Tbones steacks avariés ?
                      T’es pas foutu de jouer correctement l’intro de Stairway to Heaven, pour ça, faudrait que tu saches accorder ta guitare (que j’ai payée d’ailleurs), et si je te parle de modes majeurs, tu me réponds que ça ne te concerne pas parce que tu n’as que 16 ans.
                      Tu penses que beugler sur un accord de La mineur fait de toi un poète ou pire, un artiste alors que tu n’as jamais chanté ailleurs que dans la salle de bain et, en plus, tu te permets de chialer quand Lio te demande d’arreter tellement c’est insupportable ?
                      Tu portes une bague dont on t’as dit qu’elle est Cheyenne ou Appache, tu ne sais plus exactement, sans meme savoir que les Amérindiens ayant survécu au massacre vivent parqués dans des réserves ou ces formidables animistes sont maintenant alcooliques et qu’ils fabriquent les petits bijoux que tu portes pour nourrir leurs enfants avec du maïs transgénique surtaxé. Ils sont déjà 10 fois orphelins de leur culture.
                      Reste à l’école va, au moins, ça t’évitera, pendant encore quelques années, d’aller travailler plus pour gagner moins.
                      Quand tu sauras identifier et nommer les cadences présentes dans l’oeuvre de John Coltrane, et que tu commenceras à improviser dessus avec aisance et pertinence, alors peut-être que je regarderai la télé avec toi. Si jamais j’en rachete une...
                       
                      Apprends à regarder le monde autrement que par la lucarne vitrée et stérile de la télévision. Il est temps de réhabiliter l’intravision. La vision personnelle, appaisée, volontaire, qui grandit parce qu’elle a justement la volonté de s’éclairer, de s’ouvrir, d’apprendre par elle-même, de découvrir, de toucher, de sentir. Apprends à douter de tout ce qu’on te présente comme une vérité que tu n’aurais pas éprouvée par toi-même. Ne vote que si tu es bien certain que les candidats ne sont pas seulement le couteau qui pique et l’oignon qui fait pleurer. Ne reste jamais campé sur une position. Change de place aussi souvent que possible pour voir si le point de vue est différent et si cette nouvelle perspective peut t’apprendre de nouvelles choses. Cours, respire, quitte la maison, traine dans les rues si tu y trouves de l’inspiration pour ta construction, fais l’amour et surtout, éprouves le avant qu’il ne soit tard.
                      Tu es dans le meme train que moi mon fils, et ce train nous déposera tous dans la même gare. Mais d’ici là, nous avons le devoir d’ex-ister, de protéger toutes les formes de vie qui ne connaissent aucune hiérarchie, de poser sur le monde un regard bienveillant et attentif afin de faire de cette expérience que je n’ai pas choisie davantage que toi, l’expression de la connaissance et du bien.
                      Tu me demandes comment savoir si ce que tu fais est bien ?
                      Ecoutes ton coeur, et tu feras bien.

                    • jack mandon jack mandon 25 mars 2008 14:14

                       

                      A l’attention de M. Red et Lavaddi

                      Quand la littérature, au demeurant talentueuse et belle, charrie des flots de boue, je m’interroge et tente une analyse, réflexe professionnel tout au plus.

                      Lio, Manoeuvre, Manoukian, Sinclair, sont abondamment insultés et ridiculisés, et les mots choisis ont la propreté des armes qui protègent l’environnement mais tuent les hommes. C’est mon opinion.

                      Napoléon 1er criait un jour à Talleyrand :

                      « Talleyrand, vous êtes de la merde dans un bas de soie »

                      Deux hommes qui ne s’aimaient pas. Je reconnais bien volontiers la grande habileté , la diplomatie redoutable et la finesse politique de Talleyrand qui sut protéger et maintenir l’intégrité territoriale de la France après l’effondrement de l’empire.

                      Pour Napoléon, c’était un traître, pour l’Europe d’alors, un fin diplomate, d’une grande intelligence et d’une belle intuition.

                      Ils partageaient, l’un pour l’autre, un mépris infini.

                      Ils avaient en commun des qualités et des défauts qui portaient leurs sentiments au paroxysme d’ombre et de lumière...la projection.


                       


                      • Emile Red Emile Red 26 mars 2008 09:19

                        M. Mandon, j’aurais une quelconque capacité à l’analyse psychologique, je dirais que vous êtes schizophrène, mais je préfère vous lire et sourire.

                        D’une part vous crachez "le rédacteur qui vomit dans tous les coins", je vous conseillerai donc de lire mes quelques écrits passés qui infirment indubitablement une telle imbécillité.

                        Vous m’accusez ensuite "de baver, de cracher, de salir tout ce qui bouge", permettez moi d’utiliser ce que je dénonce, n’ayant rien de plus ou de moins que les quatre olibrius de nouvelle star, je me permet de jouer par là où ils pèchent, à la différence de ma tentative d’élégance linguistique ; Ne cherchant d’aucune façon à en rire, le mépris étant méprisable et au dessous du trait humoristique, le méprisé a droit à défense.

                        "Certes, les jeunes sont secoués, c’est peut être mieux de ne pas encourager des folles carrières, c’est un avenir incertain que celui de la chanson."

                        Et alors, cela justifierait-il les écarts de langage, les insultes ? Encore que je ne vois pas en quoi les quatre fanfarons seraient à même de juger et quels sont les critères appliqués, au regard de leur "prestigieuse" carrière passée. De quel droit peut on préjuger des espoirs et de l’avenir de quelqu’un fusse-t-il dans l’erreur ?

                        Quant à savoir si l’émission a des résultats, là n’est pas le problème, d’ailleurs je ne vois pas ce que vient faire mon "échec" supposé la dedans, vos propos sont incohérents, vous accordant le droit de critique tout en le refusant aux autres.

                        Si la littérature est talentueuse et belle, elle a déjà atteint un de ses buts, si vous sentez qu’elle remue la boue, c’est qu’elle en atteint un autre, je ne vous demanderez pas votre profession mais quelle prétention faut il avoir pour dire : "je m’interroge et tente une analyse, réflexe professionnel tout au plus.". Je crois avoir tapé au bon endroit en parlant de cuisse de Jupiter, la nomenclatura ses sbires et avocats sont bien de cette trempe qui se croit au dessus de l’humain, cela expliquant ces postures condescendantes pitoyables.

                        Les quatre faiseurs que je n’insulte pas mais ridiculise avec grand plaisir ne sont rien et vous tentez de me dire que je les blesserai avec mon langage châtié, grand bien leur fasse qu’ils comprennent que la liberté n’est jamais acquise à se permettre des insanités le risque est grand d’être éclaboussé.

                        En définitive vous ne faites que conforter le thème de mon article, sans en défaire les lacets, vous ne démontrez que la faiblesse de vos arguments et votre exposé confirme le peu de réflexion et d’esprit généré par ce genre de représentation télévisuelle montrant l’esbrouffe et ses limites.

                        Laissez dormir et Napoléon et Talleyrand qui n’ont que faire de vos circonvolutions intellectuelles de quai de gare.

                        Bien à vous. 

                         


                      • jack mandon jack mandon 27 mars 2008 08:45

                         

                        À vous, à moi, à beaucoup de gens,

                        Le schizophrène vit dans un monde archaïque, ses perceptions sont normales et ses acquisitions intellectuelles intactes, mais il a une mentalité primitive, prélogique, une forme de logique personnelle, égocentrique, magique.

                        Heureusement que ni vous ni moi, n’en sommes arrivés là. En revanche il est vrai que les épreuves de la vie peuvent conduire à la solitude, aux rêveries.

                        En revanche, la schizothymie pourrait nous concerner vous et moi et beaucoup de gens qui vivent accrochés à la virtualité de l’écran sans jamais rencontrer leur interlocuteur.

                        Cette interaction abstraite permet le repli sur soi et la protection des blessures provoquées par le monde extérieur. La solitude, le retrait de la réalité, la propension à la rêverie répondent à ce besoin.

                        Le problème émerge, quant au hasard d’une lecture, les mots déclenchent les maux et enclenchent un processus réactionnel imprévisible. Des décharges brutales de tensions accumulées sont libérées...et c’est le débordement.

                        N’oublions pas qu’un enfant blessé s’efforce de vivre en chacun de nous. Protégeons-le.

                        Bonne chance


                        • jack mandon jack mandon 27 mars 2008 10:11

                           

                          À vous, à moi, à beaucoup de gens,

                          Le schizophrène vit dans un monde archaïque, ses perceptions sont normales et ses acquisitions intellectuelles intactes, mais il a une mentalité primitive, prélogique, une forme de logique personnelle, égocentrique, magique.

                          Heureusement que ni vous ni moi, n’en sommes arrivés là. En revanche il est vrai que les épreuves de la vie peuvent conduire à la solitude, aux rêveries.

                          En revanche, la schizothymie pourrait nous concerner vous et moi et beaucoup de gens qui vivent accrochés à la virtualité de l’écran sans jamais rencontrer leur interlocuteur.

                          Cette interaction abstraite permet le repli sur soi et la protection des blessures provoquées par le monde extérieur. La solitude, le retrait de la réalité, la propension à la rêverie répondent à ce besoin.

                          Le problème émerge, quant au hasard d’une lecture, les mots déclenchent les maux et enclenchent un processus réactionnel imprévisible. Des décharges brutales de tensions accumulées sont libérées...et c’est le débordement.

                          N’oublions pas qu’un enfant blessé s’efforce de vivre en chacun de nous. Protégeons-le.

                          Bonne chance


                          • jack mandon jack mandon 27 mars 2008 10:21

                             

                            À vous, à moi, à beaucoup de gens,

                            Le schizophrène vit dans un monde archaïque, ses perceptions sont normales et ses acquisitions intellectuelles intactes, mais il a une mentalité primitive, prélogique, une forme de logique personnelle, égocentrique, magique.

                            Heureusement que ni vous ni moi, n’en sommes arrivés là. En revanche il est vrai que les épreuves de la vie peuvent conduire à la solitude, aux rêveries.

                            En revanche, la schizothymie pourrait nous concerner vous et moi et beaucoup de gens qui vivent accrochés à la virtualité de l’écran sans jamais rencontrer leur interlocuteur.

                            Cette interaction abstraite permet le repli sur soi et la protection des blessures provoquées par le monde extérieur. La solitude, le retrait de la réalité, la propension à la rêverie répondent à ce besoin.

                            Le problème émerge, quant au hasard d’une lecture, les mots déclenchent les maux et enclenchent un processus réactionnel imprévisible. Des décharges brutales de tensions accumulées sont libérées...et c’est le débordement.

                            N’oublions pas qu’un enfant blessé s’efforce de vivre en chacun de nous. Protégeons-le.

                            Bonne chance


                            • Emile Red Emile Red 27 mars 2008 14:39

                              Vous devriez consulter

                              Trois fois en près de deux heures de temps, ce n’est pas de l’opiniâtreté.


                            • jack mandon jack mandon 28 mars 2008 17:06

                               


                               

                              Tout est bon pour l’humoriste, dans tous les cas de figure, il vaut mieux en rire.

                              Bien sûr votre pamphlet est beaucoup plus drôle et surtout beaucoup moins dangereux que l’humour Irakien voire même saoudien...pourvu que ça dure.


                               

                               

                               


                              • SANDRO FERRETTI SANDRO 15 avril 2008 18:28

                                @ Emile le Rouge,

                                Excellent article qui m’avait échappé.

                                Bien écrit. Bon constat.

                                Pour relever le niveau de tout cela, je te recommande mon article sur Bashung .

                                http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=38175

                                Alain est rare. Il le sera de plus en plus (il est très malade, "les ombres s’échinent à lui chercher des noises").

                                Bonne journée.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires