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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Les Particules élémentaires » Houellebecq via Odéon Rock saturé

« Les Particules élémentaires » Houellebecq via Odéon Rock saturé

De manière tonitruante, l’adaptation du roman de Michel Houellebecq se présente à l’Odéon Berthier tel un Opéra Rock pour lequel des bouchons de protection auditive sont proposés dès l’entrée de la salle.

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LES PARTICULES ELEMENTAIRES
photo © Simon Gosselin

En effet, selon des gimmicks technos en crescendos lancinants entrant en compétition avec des harangues au microphone s’emballant à tue-tête, la saturation sonore de l’espace y apparaît comme un objectif artistique récurrent procurant de réels apaisements de l’« entendement » lorsque enfin peut se dessiner une nouvelle plage de silence…. squattée immédiatement par la suite du récit.

Pourquoi cette mode proposant au moins trois spectacles du Festival d’automne 2014 où les décibels transgressent allègrement les normes supportables par la quiétude physique ?

Serait-ce une méthode préventive pour combattre l’éventuelle somnolence du public confronté à la longue durée ?

Ceci dit, par effet de contraste mais sans être complètement convaincu que le play-back ne soit point de la partie, l’interprétation live de « Nights in white satin » vient nous rappeler, s’il le fallait, que cette chanson des Moody Blues est l’une des plus sensuelles de la Pop music ! Magnifique moment de temps suspendu à la Porte de Clichy !…

Si, au cours de ce happening revisité, l’on parle également de Mick Jagger comme d’un demi-dieu at home sur la planète du star-system, les « particules » mises en scène par Julien Gosselin ne peuvent bien évidemment pas être réduites à un simple concert de rock branché … quoique !

Alors ce Houellebecq réactualisé, roman d’anticipation ? de science-fiction ? de perspectives visionnaires au sujet d’une surhumanité mettant un terme, au XXIème siècle, à la différenciation sexuelle tout en référençant le dernier individu de l’espèce actuelle vers 2076 ?

Autant de pistes donc que la recherche génétique confrontée aux aléas des idéologies soixante-huitardes menant encore les soubresauts de la « dernière mutation métaphysique en date » ayant engendré, au XXème siècle, un libéralisme laxiste proche désormais du désastre, tenterait donc de clore par un superbe pied de nez à l’ensemble des religions tout en célébrant l’être humain ainsi « réunifié » dans toute sa magnificence !

Spectacle d’avant-garde assourdissant certes mais réellement passionnant que Julien Gosselin a voulu mettre en scène en Avignon 2013 avec sa jeune compagnie fondée avec des camarades de promotion lilloise et intitulée de manière tellement poétique « Si vous pouviez lécher mon coeur » en hommage à leur enseignant Stuart Seide aimant répéter cette phrase tirée de « Shoah » de Claude Lanzmann.

photos © Simon Gosselin

LES PARTICULES ELEMENTAIRES - ***. Theothea.com - de Michel Houellebecq - mise en scène Julien Gosselin - avec Guillaume Bachelé, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Antoine Ferron, Noémie Gantier, Alexandre Lecroc, Marine De Missolz, Caroline Mounier, Victoria Quesnel, et Tiphaine Raffier - Théâtre Odéon Berthier

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LES PARTICULES ELEMENTAIRES
photo © Simon Gosselin

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2 réactions à cet article    


  • orage mécanique orage mécanique 5 novembre 2014 10:27

    c’est quoi cette histoire de bouchons d’oreilles ???
    Je l’ai vu l’année derniére, la musique était plutôt planante avec quelques montées que restaient loin de ce que l’on peut entendre en concert.

    En tout cas au niveau adaptation, je ne m’en suis toujours pas remis. Je pense que c’est une des meilleures adaptations que je n’ai jamais vue.

    En parlant des Moody blues de « Nights in white satin » c’est l’occasion de (re)découvrir l’un des albums les plus injustement méconnus « days of future passed » tué dans l’oeuf par son méga succés mais qui est un des meilleurs album concept qui existe.


    • Theothea.com Theothea.com 5 novembre 2014 15:02

      En ce qui concerne les « bouchons de protection auditive », ils sont en effet à la disponibilité des spectateurs au pied des gradins de l’Odéon Berthier, mais pas aisés à utiliser car il faudrait les mettre et les retirer à de nombreuses reprises durant le spectacle....

      Pour le « Nights in white satin » des Moody blues, je précise que la « version longue » se trouve effectivement sur leur magnifique album « days of future passed » !
      cordialement
      JM / Theothea.com 

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