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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les perdants magnifiques d’Aki Kaurismäki

Les perdants magnifiques d’Aki Kaurismäki

"L'homme sans passé" est très certainement le film de losers dans lequel le cinéaste finlandais Aki Karismäki a insufflé le plus d'optimisme et d'humanité. L'homme de cette belle histoire est un perdant seulement parce qu'il a perdu son identité et sa mémoire. Mais cet homme sans passé n'est pas sans présent ni sans avenir, au contraire de la plupart des autres losers de la filmographie de l'auteur. Lui, il agit, il aime, il revit ! Il a de la ressource intérieure. De façon indétachable de ces portraits de laissés-pour-compte, Karismäki aime utiliser des chansons qui font partie de la réalité sociale et culturelle de ses personnages : le tango finlandais, le rock finlandais, la chanson française...

Cinéphile, admirateur de Godard, Kaurismäki s'inspire beaucoup du cinéaste français avec le personnage de Ville Alfa (clin d'oeil au titre du film de Godard) dans "le Menteur", premier film de son frère Mika Kaurismäki dont il a écrit le scénario et dans lequel il joue le rôle principal. Il faut savoir que la cinéphilie était répandue en Finlande. Dans les années 60, les films de Godard étaient distribués dans le circuit commercial et dans les années 70, les films de Bresson y ont bien marché.

Pétri de littérature russe, Kaurismäki consacre son premier film à l'adaptation de "Crime et châtiment". Dans "Les lumières du faubourg", on entend une conversation d'hommes qui évoquent en marchant la vie des grands écrivains russes.

La proximité avec le monde du travail est grande. C'est peut être parce que Kaurismäki a fait de nombreux boulots dont plongeur dans des restaurants. Quand il trouve un emploi de facteur, il est heureux car les horaires lui permettent de finir à 11 heures pour écumer les salles de cinéma selon un programme bien établi à l'avance.

Outre sa trilogie des losers, Kaurismäki a réalisé une trilogie ouvrière ainsi que plusieurs films consacrés au monde de la musique, films dans lesquels les perdants ont aussi leur place...

LE PREMIER FILM DE KAURISMAKI

Crime et châtiment (1983)

Son premier loser à entrer en piste est un assassin, celui d'un roman de Dostoïeski. Quant au personnage du policier, il est joué par Peltsi (Matti Pellonpää, à droite). Il soulage un peu la tension créée par le personnage principal (au centre) froid et sans humour. L'histoire est un peu adaptée. Antti Rahikainen, ouvrier dans une usine de découpe de viande, quitte son travail, se rend chez un homme auquel il donne une lettre à signer et le tue sans que celui-ci ne sache pourquoi.

En 1996, Kaurismäki revient sur son premier film en ces termes : "Avant de faire des films, j’ai lu les entretiens de Truffaut avec Hitchcock. Truffaut lui demandait s’il y avait un sujet qu’il n’oserait pas aborder et Hitchcock lui répondit que c’était Crime et Châtiment, un livre trop compliqué. J’étais jeune et je me suis dit que j’allais prouver le contraire au vieux. J’ai donc tourné Crime et Châtiment et je me suis rendu compte que Hitchcock avait raison : c’était vraiment trop compliqué !" » (Propos recueillis par Michel Ciment et Noël Herpe pour Positif).

Kaurismäki a fait son autocritique : trop de mouvements de caméra dans son premier film, qui trahissent la difficulté à résoudre une scène et créent l'illusion que quelque chose bouge dans le récit : la caméra à défaut d'autre chose.

LA TRILOGIE DES LOSERS

- Au loin s'en vont les nuages (1996)

Le premier rôle devait être joué par Matti Pellonpää, qui est mort quelques semaines avant le tournage. C'est pourquoi, Kati Outinen qui le remplace, joue le rôle du sexe fort dans le film. Dans la scène où l'on va rechercher un cuisinier parmi les SDF, on voit l'élan de solidarité ; A mettre en parallèle avec la collecte dans "La vie de bohème "et le concert de soutien dans "Le Havre".

Kaurismäki voulait faire un film sur le chômage à une époque où en Finlande, sur 5 millions d'habitants, un demi-million était touché. Mais il ne voulait pas traiter le thème sous la forme du conflit entre l'ouvrier et le patron. D'où le choix de restaurateurs. Il y a cependant une scène où le choix de la prochaine personne à licencier se fait sur une partie de cartes. Le sentiment de deuil qui se manifeste dans la scène où, le mari parti chercher du travail, la femme reste seule devant le portrait de son garçon disparu, est renforcé par le deuil de l'acteur Matti Pellonpää. C'est d'ailleurs la photo de cet acteur enfant qui figure dans le cadre.

Musique : Le morceau Kauas pilvet karkaavat ("Au loin s'en vont les nuages") est du musicien Rauli "Badding" Somerjoki (1948 - 1987) qui composait dans différents styles dont le "humppa", variante finlandaise de fox-trot.

- L'Homme sans passé (2002)

L'histoire commence dans un train. Un homme (Markku Peltola) arrive à Helsinki. Il est aussitôt agressé par trois skinheads qui le détroussent et le rouent de coups en s'acharnant avec une violence que l'on qualifiera de "gratuite". Etendu parterre avec son casque de soudeur sur le visage et un semblant de bouclier sur le torse, le personnage incarne tout-à-coup un chevalier-soudeur dont la fonction sera de combattre l'absurdité du système et de..."souder" les liens humains.

Chez Kaurismäki, les arrivées dans la capitale ne sont jamais glorieuses. Dans Ariel (1988), un chômeur fraîchement descendu de sa Laponie y est aussitôt tabassé et dévalisé. Ici, le personnage est agressé à peine sorti de la gare et échoue dans les toilettes publiques ! Il est déclaré "homme mort" par un témoin, puis cliniquement décédé à l'hôpital.

Mais l'homme se réveille, donnant au spectateur une image assez effrayante. Le visage couvert de bandelette, il semble tout droit sorti de ces séries US des années 50 comme "l'homme invisible". L'évocation de Frankeinstein ou comme des morts vivants n'est pas loin.

Il quitte l'hôpital et se retrouve étendu au bord de l'eau dans une zone portuaire déshéritée dont les habitants vivent dans des conteneurs métalliques rouillés. Il est découvert par deux enfants blonds. Cette scène évoque un tableau très connu des Finlandais : "L'ange blessé" de Hugo Simberg. Un homme profite de sa détresse pour lui louer un conteneur à fort loyer. Mais l'humour n'est pas loin : par exemple, l'homme le menace de son chien féroce appelé Hannibal qui s'avère être une chienne très inoffensive.

Le cinéaste stigmatise les dérives d’une société capitaliste et bureaucratique qui oublie l’être humain. Emprisonné et sur le point d'être accusé injustement, il est tiré d'affaire par l'avocat de l'Armée du salut qui lui offre un gros cigare. L'avocat est joué par Matti Wuori, avocat des droits de l'homme décédé en 2005.

Bientôt, il se rend compte qu'il a des aptitudes pour la soudure. Une découverte parmi d'autres, qui s'enchaînent peu à peu et lui permettent de reconstruire le puzzle de sa vie. Il tombe amoureux d'Irma (Kati Outinen) de l'Armée du salut. L'homme sans passé n'est pas sans projet d'avenir. Il veut épouser Irma et pour cela, il solde sa vie passée (rencontre avec son ex-épouse).

Kaurismäki montre ses talents de coloriste. L'image rappelle un peu le technicolor. Kaurismäki utilise les couleurs pour commenter un personnage ou définir une scène.

Cette histoire de résurrection donne l'occasion à un homme de repartir de zéro et de vivre une seconde sa vie, de déterminer ses valeurs, ses choix, ses projets. C'est ainsi que le personnage s'attribue un rôle d'homme de la terre qui s'oppose, par ses valeurs, aux gens de la ville. La scène du plantage des pommes de terre est très évocatrice. Quasi biblique, elle contient en germe (!) les idées de fraternité mais aussi de rivalité fraternelle.

Par des petites saynètes tendres et irrésistibles, Kaurismäki capte l’humanité de cette communauté de sans-grades qui ont décidé de sourire à la vie coûte que coûte.

Extraits vidéos et chansons :

La chanson "Muistatko Monrepos" ("te souviens-tu de Monrepos ?") d'Annikki Tähti qui joue un employée de l'Armée du Salut. Monrepos par verdoyant de la ville perdue de Vyborg. Kaurismäki utilise la musique pour compléter les dialogues.

Scène de la chanson rock de l'Armée de salut (Paha Vaanii par Marko Haavisto)


- Les Lumières du faubourg (2006)

Ce film clôt la trilogie des losers. Alors que "Au loin s’en vont les nuages" aborde le thème du chômage et "L’homme sans passé" le sort des sans abris, "Les Lumières du Faubourg" traite de la solitude, du mal de vivre et du sadisme des individus, de la sécheresse des rapports humains.

Le film se passe dans les faubourgs de Helsinki. Koistinnen est agent de surveillance. Il vit mal de son métier de vigile, mais quand il rêve d'une vie meilleure, il se voit toujours en vigile, dirigeant une agence de surveillance. Koistinnen est comme un chien errant, un vagabond désargenté, sans dignité (il vit mal le moment où il doit justifier devant la fille au restaurant qu'il a de l'argent), sans avenir (on ne sait pas pourquoi son supérieur n'aime pas Kostinen, ses collègues non plus).

Tabassé et racketté à plusieurs reprises. Il est aussi méprisé pour son métier. Ses collègues ayant attaché un chien à un poteau sans lui donner à boire pendant une semaine, Koistinnen entre dans le restaurant où ils se trouvent pour prendre la défense du chien martyrisé. Il se fait sortir par les trois hommes qui le tabassent (la scène de tabassage n'est pas montrée).

Après son service, Koistinnen va manger un sandwich dans une caravane tenue par une brune qui est éprise de lui ; malheureusement, il ne le remarque pas. Il rencontre alors une blonde très calculatrice qui se sert de lui pour commettre un vol. Elle fait partie d'un groupe de bandits qui va exploiter sa soif d’amour et son poste de veilleur de nuit pour organiser un cambriolage dont Koistinen est rendu seul responsable.

Koistinnen ne fait rien pour éviter la prison. Il ne veut pas trahir la fille qu'il a pourtant vue (dans le miroir du placard de la cuisine) cacher les bijoux dans son canapé. Sa profession exige aussi de lui de la discrétion. Ses intentions sont mystérieuses. Un espoir apparaît quand on le voit le dos au mur de la prison, écouté et souriant dans la lumière, mais il est vite effacé.

À la fin du film, alors qu'il a été battu par les hommes de main du bandit, la jeune fille brune vient lui tendre une main secourable. Ce qui montre que Koistinnen n'était pas seul mais qu'il avait fait le choix de s'isoler. C'est un petit garçon qui fera la liaison entre les deux êtres en allant chercher le secours de la vendeuse de hots dogs.

Le loser à belle gueule, ce antihéros mélancolique et fermé, essuie les revers de la dure réalité d'un monde égoïste et cruel. il caresse un projet impossible, celui de fonder sa propre boîte. Mais quand il se présente au banquier pour un prêt, le banquier se moque de lui et on lui demande de sortir par la porte de derrière. Toute cette obstination à la limite de l'inconscience ne peut que provoquer des malheurs en série qui font balancer les spectateur entre compassion et moquerie. On est presque dans le burlesque comme avec le personnage de Charlot qui lutte sans cesse contre vents et marées en dépit des situations perdues d'avance. Kaurismäki est un admirateur de Chaplin (d'où le titre du film).

Présence récurrente du chien. Dans "La vie de bohème", le chien Laïka porte le nom de Baudelaire. Lui succéderont Piitu, fille de Laïka. Puis Tähti, fille de Piitu.

Musique :

Aki Kaurismäki ouvre le film sur l'air de Volver ("revenir", le tango choisi aussi par Almodóvar). Volver rythme le portrait d'une Helsinky cosmopolite. Extrait : la sortie de prison avec "Volver" de Carlos Gardel.

Le film s'achève sur une chanson d'Olavi Virta. On entend aussi des tangos de l'Argentin Carlos Gardel. Musique classique et rock (écouter).

Les plans secs et dépouillés de Kaurismäki gardent une couleur généreuse.

LA TRIOLOGIE OUVRIERE

Shadows in paradise (1986)

Ce film donne naissance à un personnage récurrent : Nikander. Nikander est né de "Crime et châtiment" en 1983. Il y tenait le rôle du policier. On le retrouve ici en éboueur amoureux d'une employée de supermarché. On revoit plus tard Nikander dans le rôle de l'Albanais de France de "La vie de bohème".

Ariel (1988)

Ce deuxième volet de la trilogie ouvrière est "dédié au souvenir de la réalité finlandaise" (avant la mondialisation, la finance toute puissante et l'addiction du peuple à Internet). Un chômeur de Laponie descend à Helsinky où il est aussitôt tabassé et dévalisé. Emprisonné par suite d'erreurs, il forme le projet de braquer une banque avec son codétenu (Matti Pellopää). A la fin, le héros prend le paquebot "Ariel" pour le Mexique. Un vieux raffiot devenu éblouissant par la magie du cinéma, comme le Rex dans "Amarcord" de Fellini.

Musique : La chanson qui illustre cette scène de fin est la version finnoise de "Over the raimbow" : "Sateenkaaren tuolla puolen", chanté par Olavi Virta. On entend aussi dans ce fim la chanson "Valot" ("Lumières") de Rauli "Badding" Somerjoki.

La fille aux allumettes (1989)

On disait que le cinéma finlandais souffrait de l'absence de bons scénarios et de bon sujets. C'est pour relever un défi que Kaurismäki a répondu qu'on pouvait faire un bon scénario à partir de presque rien, d'une allumette par exemple. Qui fabrique l'allumette ? Une jeune fille dans une usine. Que fait la jeune fille quand elle rentre chez elle ? Etc. Le film commence comme un documentaire sur une usine d'allumettes. Kaurismäki voulait un film plus bressonnien que les films de Bresson avec un style sévère et l'absence de paroles communicatives, la banalité ambiante. Le film fait partie d'une trilogie ouvrière avec "Shadows in paradise" et "Ariel". La jeune fille entretient ses parents avec son salaire et subit la présence d'un beau-père alcoolique et pervers. C'est le récit de la vengeance d'une femme. Les images font penser à l'univers du peintre américain Edward Hopper.

HISTOIRES DE BANDES

Le Syndrome du lac Saimaa (1981)

Le premier long métrage commun d'Aki et Mika Kaurismäki a été un documentaire sur la croisière estivale de trois grands groupes du rock finlandais dans les années 80 (Juice Leskinen, Eppu Normaali, Ismo Alanko ja Hassisen Kone). Il montre l'influence slave sur le rock finlandais. Jeune, Kaurismäki a été fasciné par "Namouk l'esquimau" de Robert Flaherty, le premier documentaire long métrage jamais alors réalisé.

Calamari Union (1985)

Dix sept jeunes gens décident de traverser Helsinki, ville de tous les dangers et de toutes les attractions, pour gagner un Eldorado du nom d'Eira, qui n'est autre qu'un quartier de la capitale. Ils se prénomment tous Franck, ce qui provoque des dialogues très cocasses du genre "tu as des nouvelles de Franck ?" Le spectateur, dérouté, ne sait pas de quel Franck il s'agit.

Les membres de cette bande errante ont des comportements absurdes, intrépides voire suicidaires. Leur nombre diminue par conséquent rapidement au cours du film jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que deux qui se battront pour une barque. Mais le crime pressenti n'a pas lieu, ce qui laisse ouverte la porte de l'espoir : ils partent tous deux sur la mer au son de la voix d'Olavi Virta qui chante Valkovuokot ("Les anémones des bois").

Leningrad cowboys go America (1989)

Avec Matti Pellonpää. Le plus mauvais groupe de rock du monde part à la conquête de l'Amérique. Kaurismäki abandonne un instant sa trilogie ouvrière pour revenir aux sources d'inspiration de Calamari Union. "Quelque part dans la toundra" entend-on dans les premières minutes. Les membres du groupe ont des coiffures à la banane démesurées. Le film a d'abord pris la forme de clips dont un e parodie délirante de Rocky VI : voir le clip

Musique : l'orchestre a auditionné en jouant "Säkkijärven polkka" ("la polka de Säkkijärvi") - le morceau instrumental le plus connu de toute la musique finlandaise, un classique pour accordéon arrangé pour l'occasion. Une anecdote célèbre raconte comment cet air a été utilisé en boucle pour brouiller les ondes radio russes.

TROIS FILMS QUI MARQUENT LE STYLE DU CINEASTE

Dans "le menteur", il y a déjà un parler spécial dans les dialogues. Le genre ne supporte aucune théâtralité, aucune réplique ne doit être soulignée. "Je suis condamné, comme le Hollandais volant, à écrire des dialogues en langue littéraire, et je suis parfaitement que cela continue de déranger la plupart des gens". Même dans "la vie de bohême", les dialogues paraissent littéraires. Or, l'acteur Matti Pellonpää lisait des anti-sèches rédigées en phonétique et posées sur le front de sa partenaire. Kaurismäki a essayé de mettre dans la bouche des acteurs des dialogues de langue parlée mais cela n'a pas fonctionné pour lui.

J'ai engagé un tueur (1990)

Kaurismäki acteur imite son modèle Jean-Pierre Léaud. Il le prend pour jouer "J'ai engagé un tueur". Léaud n'a pas joué de grands rôles depuis 15 ans et se retrouve en Angleterre avec des acteurs finlandais. Les nerfs à rude épreuve, Léaud devint fou.

"J'ai réalisé J'ai engagé un tueur parce que j'ai vu Vacances sur ordonnances" de Henry Cass, quand j'avais dix ans, et que je n'ai jamais réussi à effacer de mon esprit l'impression qu'il m'a laissée". Le rôle tenu par Jean-Pierre Léaud rappelle celui de Gérad Philippe dans Monsieur Ripois de René Clément.

Extrait vidéo : "Ennen kuolemaa" ("avant de mourir"), chanté par le roi du tango Olavi Virta. Le tango est devenu un élément central du mode de vie national. Dans la scène où le tueur entre dans le bar de Reggiani, on entend - pour la première fois dans les films de l'auteur - un air du tango argentin Carlos Gardel.

Synopsis : Henri, de nationalité française, est employé dans une société qui va être privatisée. Tout le personnel qui n'est pas britannique est licencié. La direction lui donne une montre comme prime de départ. Il décide de se suicider mais toutes les tentatives échouent. Voulant toujours mettre fin à ses jours, il contacte un gang qui accepte le contrat. Peu de temps après, il rencontre une jeune fille qui le dissuade de se suicider et le persuade de résilier le contrat. Il accepte et essaie de prendre langue avec le gang mais une succession d'événements font qu'il ne peut empêcher le tueur de le localiser. Le contrat va être exécuté mais le tueur, malade et au bout du rouleau, lui laisse la vie sauve. Il retrouve la jeune fille et ils partent ensemble.

La vie de bohème (1992)

Dans les vieux quartiers de Paris, trois artistes - un compositeur, un peintre, un écrivain - qui se rencontrent par hasard et sympathisent, se débattent dans les affres de la pauvreté. Par exemple, Rodolfo est contraint de voler son os à un chien pour faire de la soupe à sa compagne. Un jour, Mimi, la compagne de Rodolfo (Matti Pellonpää), tombe malade. Les artistes se cotisent pour la soigner mais elle meurt. C'est l'adaptation du livre d'Henri Murger mais au lieu de montrer la vie des artistes français du 19ème siècle, il montre des artistes finlandais installés à Paris. Pellonpää ne joue pas un personnage du roman mais Manne Ojaniemi, un personnage des Indignes. Jean-Pierre Léaud interprète un collectionneur d'art, André Wilms un rédacteur de revue.

Générique d'intro sur une chanson de Damia

Extrait : scène "Ma composition"

Extrait : scène "Je bois"

Extrait avec Matti Pellonpää

Le Havre (2011) Aki Kaurismäki

Synopsis : Marcel Marx (André Wilm) sa renoncé à ses ambitions d'écrivain. Il vit au Havre avec Arletty (Kati Outinen), qui partage sa vie, et de sa chienne Laïka. Il gagne sa vie en cirant des chaussures à la gare. Il est témoin de la découverte par la police d'un container rempli de clandestins africains. Un enfant parvient à s'échapper. Marcel part à la recherche du gamin et, lorsqu'il l'a retrouvé, l'héberge. Le petit Idrissa veut rejoindre sa mère en Angleterre. Marcel et tout le quartier vont lui venir en aide, tandis que l'ambigu commissaire Monet joué par Jean-Pierre Darroussin et un détestable voisin (Jean-Pierre Léaud) rôdent dans les parages...Pierre Etaix. apparaît aussi dans un petit rôle.

Tout comme le cinéaste avait su recréer une Finlande en voie de disparition, il recrée ici une France rétro : table en Formica, une R16...

Comme Kaurismäki aime aussi la musique rétro et le rock, il donne la part belle à une Little Bob, pionnier du rock et du rhythm'n'blues en France, qui fait son retour ! (vidéo du Concert de Little Bob) Des chansons de Damia, la "tragédienne de la chanson" (pour un portrait de Damia et écouter ses chansons, voir cet article), illustrent aussi la bande son.

Les dialogues, d'un phrasé très particulier peuvent séduire ou dérouter le public. "L'homme sans passé", film beau et humaniste, fait toutefois l'unanimité. Pour longtemps.

 


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6 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 9 novembre 2013 09:29

    Bonjour, Taverne.

    Parler d’Ari Kaurismaki est une excellente idée tant ce cinéaste atypique est un humaniste porteur d’espoir dans la grisaille des jours.

    « L’homme sans passé » est sans doute son meilleur film (les deux héros, Markku Peltola et kati Outinen, y sont formidables), et « Le Havre » le plus décevant tant ce film oscille sans trouver sa voie entre la dérision comique et la chronique sociale.


    • Taverne Taverne 9 novembre 2013 14:44

      Je ne dirai pas que c’est son meilleur film, mais c’est le plus humaniste. C’est, pour moi, parmi les meilleurs. Le Havre est pas mal mais il y a un film français sur le même thème qui semble meilleur Welcome de Philippe Lioret. Il est repassé il n’y a pas longtemps.


    • Taverne Taverne 9 novembre 2013 15:15

      Le conte du chevalier-soudeur

      Selon mon interprétation personnelle, « L’homme sans passé » est un conte moderne de chevalerie : l’homme reçoit le baptême de la violence (preuve que les grands villes sont hostiles à l’humanité). Il est à terre mais l’auteur le sacre chevalier moderne. Il le fait se relever et ôter son ancienne peau (symbole des bandelettes qu’il arrache) :

      Par mon pouvoir, je te nomme chevalier-soudeur. Ta mission sera de prouver à l’humanité tout entière qu’un homme peut reconstruire sa vie, ainsi que son bonheur et celui de autres, grâce à l’amour, la fraternité, l’entraide, l’envie de vivre, le travail et toutes autres formes de valeurs positives. A part, à la périphérie de la ville car au coeur de la ville cela est devenu impossible.


    • JL JL 9 novembre 2013 10:32

      Bonjour Taverne,

      merci pour cet article et ces fines analyses.

      J’ai vu L’homme sans passé, et j’aime bien ce que vous en dites.

      Double coïncidence, hier soir, passait sur Ciné+Club (pour les abonnés à Numéricable), le film Le Havre. J’ai hélas omis de le visionner, mais s’il repasse je manquerai pas de le faire (je profite d’une offre gratuite encore quelques jours).

      L’autre coïncidence : j’ai visionné hier soir sur DVD, Juha de Kaurismakï, un film muet et en noir et blanc, qui avait été présenté en sélection officielle du festival de Berlin en 1999.

      Les Cahier du cinéma écrivaient : ’’Une œuvre audacieuse et magnifique’’. Je confirme. Et comme vous le dites au sujet de la chanson française, il y a au milieu, dans une scène de cabaret, une chanteuse pathétique qui interprète en français, Le temps des cerises, seules paroles dans ce film où la musique, et les rares indications entre les scènes ou en sous-titres, remplacent les dialogues.

      ’’Juha est un paysan taciturne, enclin à la boisson. Avec sa jeune épouse Marja, le couple mène une vie banale jusqu’au jour où le fringant Shemeikka fait irruption devant la ferme. Sa luxueuse voiture est en panne. L’élégant étranger à lunettes noires a besoin d’aide. Tandis que le mari répare la voiture, Marja conduit Shemeikka dans sa cuisine...’’ (Wiki)


      • Taverne Taverne 9 novembre 2013 14:49

        Les coïncidences montrent qu’un article peut toujours être d’actualité pour une partie des lecteurs. Je n’ai pas vu Juha. Pas trouvé...Je pense qu’on peut presque qualifier de « films muets » certains films du cinéaste où les dialogues servent juste à remplir un peu la bande-son (monologues, phrases absurdes) mais où l’essentiel du message et des échanges ne passent pas par les mots.


      • 1 2 + 1 2 + 9 novembre 2013 15:58

         Merci de ce partage et de vos excellents commentaires.
        Les films des frères Kaurismaki sont un mélange détonnant de surréalisme, de lente étrangeté, d’un décalage parfois « déjanté » et d’une « poésie sociale » à l’image d’un peuple assez étonnant.
        Auriez-vous un lien (qui fonctionne) pour voir ce film que je ne connais pas ?

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