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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les petites pépites de l’orpailleur Jean-François Balmer

Les petites pépites de l’orpailleur Jean-François Balmer

« Les gens sont très gentils avec moi, j’en suis bien conscient. Je n’en sais pas exactement les raisons. » (Jean-François Balmer, 2015).

L’acteur franco-suisse Jean-François Balmer fête son 75e anniversaire ce dimanche 18 avril 2021 (quatre jours avant une grande actrice). Une silhouette majestueuse, les yeux bienveillants, la bouche toujours en sourire, la sympathie et la complicité en bandoulière, il fait partie des acteurs que j’apprécie beaucoup. Il n’est pas tombé dans le star-system, reste un petit artisan de la comédie, même si son CV est impressionnant et pourrait être celui d’un gros industriel : plus de soixante-dix films au cinéma, une cinquantaine à la télévision, aussi une série policière "Le Boulevard du Palais", et une quarantaine de pièces ou de lectures au théâtre.

Suisse originaire de Neuchâtel où il a suivi des études de commerce, il a fait un séjour à Londres pour l’anglais puis a commencé à se consacrer au théâtre en apprenant le métier au conservatoire d’arts dramatique de Genève puis de Paris, ainsi qu’au cours Florent. Fasciné par Jean-Paul Belmondo, il s’est retrouvé au début des années 1970 aux côtés d’Isabelle Adjani, Jacques Weber, Jacques Villeret, Daniel Mesguich et Francis Huster.

Son premier rôle au théâtre fut en 1973 pour "Les Fourberies de Scapin" mises en scène par Jacques Weber, au théâtre de Reims, et au cinéma, la même année, dans le film "R.A.S. " d’Yves Boisset (sorti le 11 août 1973) sur un sujet ultrasensible, la torture pendant la guerre d’Algérie, avec Jacques Weber, Jacques Spiesser, Jacques Villeret, Roland Blanche, Jean-Pierre Castaldi, etc. Pour la plupart de ces acteurs, peu connus avant la sortie du film qui fut un succès, ce fut ce film qui a fait décoller leur carrière au cinéma. Jean-François Balmer a été un second choix pour son personnage puisqu’à l’origine, Yves Boisset avait d’abord songé à Gérard Depardieu, lui non plus pas encore très connu. À la télévision, c’est dès l’année suivante, en 1974, que Jean-François Balmer a démarré dans un petit rôle (celui du cavalier) dans un feuilleton en treize épisodes "Gil Blas de Santillane", réalisé par Jean-Roger Cadet et diffusé du 2 au 25 avril 1974 sur (la future) FR3. Depuis ainsi un demi-siècle, Jean-François Balmer continue à jouer, sur les planches ou pour le grand écran.

Il n’a jamais été réellement récompensé par sa profession, même s’il a été nommé quatre fois aux Césars du meilleur acteur de second rôle et aux Molières du meilleur comédien. En revanche, la France a su reconnaître son mérite, parmi ceux qui, venant de l’étranger, viennent apporter leurs talents et contribuent ainsi au rayonnement culturel de la France, avec une Légion d’honneur et les insignes de commandeur des Arts et des Lettres.

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Dans la plupart des films, Jean-François Balmer joue des personnages (plus ou moins) secondaires, si souvent qu’il devient un familier du cinéma français, souvent inspecteur de police : un étudiant qui témoigne dans "Peur sur la ville" d’Henri Verneuil (sorti le 9 avril 1975) aux côtés de "sa star" Jean-Paul Belmondo, de Charles Denner et Rosy Varte ; le policier qui piste Yves Montand dans l’excellent film d’Alain Corneau "La Menace" (sorti le 28 septembre 1977), ce qui a valu sa nomination aux Césars ; un autre flic dans "Flic ou Voyou" de Georges Lautner (sorti le 28 mars 1979) avec Jean-Paul Bemondo ; l’un des rôles principaux avec Catherine Deneuve et Philippe Noiret (le mari de celle-ci), dans "L’Africain" de Philippe de Broca (sorti le 2 mars 1983) ; le mari trompé (Charles Bovary) dans le fameux "Madame Bovary" de Claude Chabrol (sorti le 3 avril 1991), avec Isabelle Huppert et Christophe Malavoy ; le chirurgien ami de Philippe Noiret dans "Les Ripoux 3" de Claude Zidi (sorti le 10 décembre 2003) avec Thierry Lhermitte, Lorant Deutsch, Bernadette Lafont et Jean-Luc Bideau ; le gouverneur Cooper dans "Lucky Luke" de James Huth (sorti le 21 octobre 2009), avec Jean Dujardin, Sylvie Testud, Michaël Youn, Daniel Prévost et Alexandra Lamy, etc.

Mais peut-être que la notoriété actuelle de Jean-François Balmer, il la doit surtout à sa participation pendant une vingtaine d’années à la série policière "Boulevard du Palais" diffusée du 26 février 1999 au 28 juin 2017 sur France 2, où il joue le rôle de l’inspecteur de police (le commandant Rovère) aux côtés de la juge d’instruction jouée par Anne Richard. Cette série a été inspirée d’un roman de Thierry Jonquet ("Les Orpailleurs"). Remarque de l’acteur : « Si le commandant Rovère de la série est devenu si populaire, c’est parce que je l’ai créé comme j’en avais envie. Je changeais les textes et personne n’osait rien me dire, c’était marrant. ».





Jean-François Balmer a joué aussi dans beaucoup de téléfilms. Il est un censeur triste (voir illustration plus haut) dans "Le Censeur du lycée d’Épinal" de Marc Rivière (diffusé le 17 février 1997) avec Patrick Chesnais, Sylvie Joly et Anne Roumanoff ; Sacha Guitry dans "L’Affaire Sacha Guitry" de Fabrice Cazeneuve (diffusé le 24 juillet 2007 sur France 3) ; Malesherbes dans "Chateaubriand" de Pierre Aknine (diffusé le 28 avril 2010 sur France 2) avec Frédéric Diefenthal, Armelle Deutsch, Daniel Mesguich, Aurélia Petit, Annelise Hesme, Anne Richard, etc.

Parmi les téléfilms où Jean-François Balmer tient le premier rôle, une "fresque" historique, "Mort d’un Président" de Pierre Aknine (diffusé le 12 avril 2011 sur France 3), où il joue le rôle de Georges Pompidou, taraudé par la maladie et vaincu par elle alors qu’il était en pleine puissance. C’est le genre de téléfilm difficile à réussir, tant les acteurs peuvent avoir du mal à jouer des personnages politiques très connus et encore récents (en l’occurrence, Jacques Chirac, Marie-France Garaud, Édouard Balladur, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chaban-Delmas, etc.).





Néanmoins, Balmer est assez crédible en chef d’État. Il avait déjà joué le rôle d’un roi, Louis XVI, au cinéma dans le long film (six heures !) "La Révolution française" de Robert Enrico et Richard Heffron (sorti le 25 octobre 1989). aux côtés de François Cluzet, Jane Seymour, Peter Ustinov, Claudia Cardinale, Michel Duchaussoy, Jean Bouise, Christopher Lee, Dominique Pinon et Michel Galabru. Parmi les rôles qu’il a joués au théâtre, il y a aussi un chef d’État, Henri IV, dans la pièce de Daniel Colas "Henri IV, le bien-aimé", mise en scène par l’auteur, au Théâtre des Mathurins et en tournée en 2010-2012, une pièce qui a été nommée cinq fois aux Molières.

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C’est d’ailleurs amusant de savoir comment le comédien s’était préparé à cette pièce sur Henri IV : « On lit des bouquins (…). J’ai lu notre camarade François Bayrou, qui a écrit quelque chose d’intéressant sur Navarre. J’aime la période de documentation et de recherche. ». Le personnage : « Son interprétation nécessite un jeu varié et chatoyant. Le fait est qu’on sait ce qu’il a dit et comment il l’a dit. ».





C’est au théâtre qu’il s’éclate sans doute le plus. Parmi d’autres spectacles sur scène, deux lectures, mises en scène par Françoise Petit, son épouse depuis le 12 juin 1987. Celle de "Mon cœur mis à nu" par Baudelaire, au Théâtre du Ranelagh et au Théâtre Hébertot, en 2003-2004 ("Baudelaire dit par Balmer"), et une autre lecture, très différente, en 2012-2013 au Théâtre de l’Œuvre, "Voyage au bout de la nuit" par Céline.





Parmi ses plus récentes représentations, il y a "Le Voyage" en 2017, hommage au poète Pablo Neruda, mis en scène par Françoise Petit, sur fond de musique latino (notamment en représentation le 6 octobre 2017 à Soissons sur la scène du Mail dont son épouse fut la directrice). Hommage à la poésie mais pas poète lui-même pour ce grand lecteur de Baudelaire qui n’hésitait pas à confier : « La poésie et moi, ça fait deux, je crois que je n’y comprends pas grand-chose, elle me fait plutôt fuir. Dans cette pièce, je dis des textes, c’est davantage mon truc ! ».

Dans cet entretien accordé le 2 octobre 2017 à Livio Dell’Isola dans "L’Ardennais", Jean-François Balmer disait clairement qu’il n’était pas question de prendre sa retraite : « C’est inimaginable ! Je suis un débutant et ma carrière est devant moi, j’attends que l’on me propose encore de grands rôles. Je n’arrêterai que quand je serai "mouru" ! ». Alors, bon anniversaire Monsieur Balmer et tous mes vœux pour encore de longs moments de scène !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 avril 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jean-François Balmer.
Bertrand Tavernier.
"Quai d’Orsay".
Liz Taylor.
Annie Girardot.
Fernandel.
Simone Signoret.
Jacques Villeret.
Richard Berry.
Omar Sy.
Louis Seigner.
Jean-Pierre Bacri.
Jacques Marin.
Robert Hossein.
Michel Piccoli.
Claude Brasseur.
Jean-Louis Trintignant.
Jean-Luc Godard.
Michel Robin.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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3 réactions à cet article    


  • Jean 19 avril 15:15

    ya pas un Hubert Faure , l’avant dernier Commando Kieffer qui vient de décéder ?

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