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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Les Soliloques de Mariette » au Petit Montparnasse

« Les Soliloques de Mariette » au Petit Montparnasse

Comme le bon vin, il est des spectacles qui, par la force des choses, ne peuvent que bien vieillir.

Ainsi, en est-il des Soliloques de Mariette qu’Anne Danais a d’abord porté, en elle, durant vingt-cinq ans avant de les interpréter sur scène et alors qu’en prenant de l’âge, la comédienne n’aura que plus de légitimité au rôle qu’elle s’est, ainsi, façonnée grâce à la réunion des extraits de « Belle du Seigneur » concernant la bonne d’Ariane.

Personnage secondaire du célèbre roman narrant, au cœur de la société bourgeoise durant les années quarante, les tribulations des deux amants, Solal et Ariane, épouse d’Adrien Deune, la gouvernante y apparaît avec un regard subjectif et critique à l’égard de la famille Deune qu’elle sert, pour autant de son mieux.

Dès la première lecture, Anna Danais avait voulu s’approprier cette destinée au service du dévouement domestique, tant elle en ressentait intensément la composante théâtrale, depuis ce poste d’observation constitué par l’ensemble des tâches quotidiennes à y remplir avec conscience laborieuse et morale.

Cette adéquation du personnage avec le désir de l’incarner a fini par séduire la metteuse en scène, Anne Quesemand dont la direction a permis de transformer une simple lecture personnalisée en une présence scénographique in situ dont les moindres attributs agissent comme autant de « petites madeleines » en relation avec la mémoire sensorielle.

De la toile cirée au moulin à café mécanique en passant par la blouse et le tablier de fonction, une kyrielle de détails vont contribuer à l’atmosphère dédiée et ainsi agrémenter le monologue d’une femme se parlant à elle-même, sans maugréer mais qui s’efforcerait de tenir compagnie à sa propre pensée grâce au verbe libéré de tout orgueil mal placé.

En effectuant l’épluchage de pommes de terre, la réparation du bol cassé, la couture du vêtement déchiré, le repassage soigneux ou l’astiquage des couverts en argent, viennent les idées sur les uns et sur les autres, tous menacés de perdre le bon sens commun….

Comme par magie, le spectateur est happé, à son tour, dans un processus de régression heureuse au sein d’une période pas si lointaine où il semblerait que la vie avait naturellement du sens, sans qu’il fût nécessaire d’en conceptualiser les tenants et les aboutissants.

Une leçon de vie favorisant le naturel dans son grand retour au galop.

photo © Theothea.com

LES SOLILOQUES DE MARIETTE - **.. Theothea.com - d'après "Belle du Seigneur" d'Albert Cohen - mise en scène : Anne Quesemand - avec Anne Danais - Petit Montparnasse


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