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Les témoins

Martyrs, de Pascal Laugier, avec Morjana Alaoui et Mylène Jampanoi : gore, certes, mais avec "french touch".

Le problème, avec Martyrs (de Pascal Laugier, avec Morjana Alaoui et Mylène Jampanoi), c’est qu’il faut pouvoir rester jusqu’à la fin. Inutile de préciser que l’interdiction aux moins de 16 ans ne se discute pas, sauf pour se demander si 18 ans n’aurait pas été plus adapté...

Voilà donc une fillette de 10 ans, abandonnée ou orpheline, disparue, qui parvient à s’évader d’un endroit où elle était torturée, mais sans aucun sévice sexuel. Elle est recueillie dans une institution où elle se lie d’amitié avec une autre jeune fille. Pratiquement amnésique, elle reconnaît malgré tout, quinze ans plus tard, ses bourreaux sur une photographie parue dans un journal et les tue. Son amie d’enfance, sa confidente, la rejoint alors. Elle aurait mieux fait, peut-être, de s’abstenir : nous ne sommes alors qu’au tiers du film. Mais l’histoire n’aurait pas eu le même intérêt...

Le scénario est diabolique à souhait, les rebondissements s’articulant parfaitement. Pas de ce crime affreux pour un scénariste qu’est le Deus Ex Machina : tout est parfaitement huilé. Et sanglant. Dans la même veine qu’A l’Intérieur (de Julien Maury et Alexandre Bustillo, avec Alysson Paradis et Béatrice Dalle), Martyrs est un vrai film gore à la française : le sang coule avec abondance, oui, mais mêlé avec du jus de méninge (au sens propre comme au figuré, d’ailleurs). La violence est plus encore psychologique et philosophique que physique.

Ajoutons que la réalisation est soignée, notamment les éclairages et les mille détails indispensables pour un bon film d’horreur. Les deux actrices principales sont, par ailleurs, remarquables, tant dans les scènes de folies que celles de souffrance ou celles plus normales.

Tout le problème pour le spectateur est de résister sans devoir aller vomir. Tous n’y parviennent pas et de nombreux spectateurs sortent à divers moment de la projection. La fin mérite pourtant l’effort. Particulièrement la chute des plus inattendues.

Rappelons simplement que "martyr" signifie étymologiquement "témoin" et non pas "personne qui souffre". Rien n’est plus éloigné, finalement, d’un martyr qu’une victime.


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3 réactions à cet article    


  • Olga Olga 8 septembre 2008 18:45

    Si on me dit qu’un film donne envie de sortir avant la fin de la séance, je ne demande qu’à vérifier in situ...
    Un seul film a failli me faire fuir après quelques minutes de projection : Irréversible de Gaspar Noé. Ceux qui l’ont vu sauront pourquoi. c’était d’ailleurs une expérience cinématographique assez unique. Nous étions une petite dizaine de personnes, dans une salle assez grande et au bout de 5 minutes chacun se retournait pour voir la réaction des autres spectateurs. En se demandant qui allait se sauver en premier, ou vomir ( suivre les mouvements de la caméra sur grand écran, durant les premières scènes, relève de l’héroïsme ; d’où le besoin de se détacher de l’écran en épiant ses voisins) : choix cornélien... Finalement personne n’a bougé et nous pensions avoir passé le plus difficile après le premier quart d’heure. La suite était pourtant tout aussi éprouvante, voir insupportable (scène du viol dans le sous-terrain, défonçage de crâne à coups d’extincteur) ... Tout le monde est resté jusqu’à la fin, courageusement...
    Je me dois d’aller vérifier si Martyrs est de la même trempe...


    • Bertrand Lemaire Bertrand Lemaire 8 septembre 2008 21:05

      Oui, non, mais là, vous êtes hors-concours ! Avoir réussi à rester jusqu’au bout d’Irréversible... Personnellement, c’est effectivement le coup de la caméra virevoltante qui m’a trop donné envie de vomir, plus que la violence pure. Et je n’ai tenu qu’une dizaine de minutes.


    • Olga Olga 8 septembre 2008 21:30

      Bertrand

      j’ai tenu car je pensais que tout le monde allait quitter la salle. Et c’est un peu mon rêve, d’avoir une projection pour moi toute seule. Mais là ça n’a pas marché... J’essaie pourtant d’aller voir des films improbables (en V.O. si possible) à des horaires tout aussi improbables, pour avoir une projection privée... Pas moyen...Il y a toujours quelqu’un d’aussi "tordu" que moi, pour venir à "mes" séances. J’avais presque réussi en allant voir Donnie Darko en VO. Mais non, nous étions trois dans la salle. Obligée de partager Jake Gyllenhaal et sa soeur Maggie avec deux autres "tordus". Un jour peut-être...

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