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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Livre numérique : Google 451

Livre numérique : Google 451

En 1953, Ray Bradbury imaginait un monde où le livre était interdit, détruit à vue. En faisant à la fois une critique virulente du Maccarthisme et de l’apathie générale, il livrait au livre une ode pour la postérité. Interrogé récemment par la presse américaine sur l’impact du Web sur le livre et sur la diffusion du savoir et de la littérature, Ray Bradbury s’était montré à la fois hostile à cette invasion numérique et d’un scepticisme irréductible quant à la capacité du web à supplanter le livre sous une forme numérique quelle qu’elle soit.

On peut débattre de la position de Bradbury. Mais force est de constater que la guerre du livre numérique prend des allures de véritable croisade contre Google, défendu par peu et attaqué de tous côtés. En acceptant des règlements amiables à coups de dizaines de millions de dollars et en signant récemment des accords avec de prestigieuses institutions, Google apparaît comme un conquérant prêt à avaler la totalité du fond littéraire mondial. Fort d’un moteur de recherche spécialisé, Google Books, qui fonctionne bien et rend de réels services, et disposant d’une puissance de feu financière avec laquelle aucune institution culturelle au monde ne peut rivaliser, le géant du Web est en mesure de faire des propositions que nul ne se sent de refuser.

Face à lui, l’opposition se construit sans pour autant présenter un front uni comme le prétendent nombre de titres de presse dans leurs récents articles sur le sujet. D’un côté les activistes, les militants du gratuit et de la diffusion, comme Internet Archive, qui souhaitent poursuivre leur œuvre de conservation tout en permettant une ouverture à 360° du fond patrimonial et culturel. A leurs côtés, Microsoft, pionnier du monopole culturel, apôtre des DRM et des systèmes fermés, traîné à de multiples reprises devant les tribunaux pour ses monopoles de fait et son intense action de lobbying. Il y a aussi Amazon, incontournable et lui aussi champion des DRM et des monopoles de fait, n’hésitant pas à effacer des produits vendus à ses clients sans autre forme de négociation qu’un vague remboursement sous forme d’avoir. Jouant sur les similitudes, cette union improbable a pris le nom de OpenBook Alliance (qu’il ne faudra pas confondre avec Open Content Alliance). On pourra toujours se demander de quels livres ouverts parlent ces ardents défenseurs du verrouillage et farouches opposants à toute forme de partage... auquel ils préfèrent le terme de piratage.

Midsummer festival bonfire closeup (Mäntsälä, Finland)Il ne reste pas moins que l’offensive de Google comporte des risques impossibles à mesurer aujourd’hui. En dépit de la devise de la maison : do no evil (ne pas faire le mal), un monopole de fait sur l’exploitation et la diffusion de propriété intellectuelle littéraire est la porte ouverte à la disparition pure et simple de ce qui pourrait s’avérer encombrant, gênant ou tout simplement en dehors des intérêts privés de l’entreprise. D’autre part, cela aura pour effet d’accélérer la transition vers le livre numérique et cela en dépit de la fracture numérique mondiale, du libre choix des lecteurs et surtout de la position des ayants droit, éditeurs et auteurs confondus. Tout comme le vynil a cédé rapidement la place au CD sans pour autant que les consommateurs aient leur mot à dire, une transition brutale pourrait avoir lieu dans le secteur du livre. Et ce ne sont pas les déclarations rassurantes de Jean Arcache, P-D.G. de Place des éditeurs, dans un récent entretien avec Challenges.fr qui sont de taille à arrêter une déferlante qui sera pareille à l’irruption de la VHS, de la K7 audio, ou du DVD.

C’est d’ailleurs là que le bât blesse, dans la faiblesse de l’argumentation des acteurs réels du secteur livre : les éditeurs et les auteurs. Si ces derniers attendent de voir ce que leurs éditeurs vont dire, les premiers s’illustrent par quelques déclarations peu convaincantes. On y lit la certitude du statu quo, la persistance des modèles existants et la longévité extraordinaire du livre papier qui « a déjà été piraté avec l’invention de la photocopie et il s’en est bien sorti » (Challenges.fr - 21.08.09). C’est sous-estimer le courant naturellement centrifuge du web. Et c’est surtout occulter l’évolution des outils sociaux et des moteurs de recherche vers des rythmes de temps réel.

La récente affaire de 1984, de George Orwell, effacé avec quelques autres titres des appareils de la firme Amazon démontre la rapidité avec laquelle les opérateurs peuvent agir dans un marché électronique. Elle démontre aussi l’imminence du temps réel qui permettra de connaître une sortie, une mise en ligne, une actualité au moment même où elle se présentera sur un média, quel qu’il soit : télé, radio, presse, web ou même tout simplement dans la rue au moment où il se déroule. Cette instantanéité permettra aux utilisateurs les plus avertis (et certainement les plus influents car les plus rapides) de fabriquer la réputation d’un produit, d’un événement, d’une sortie, d’une intervention... Dès lors, le maigre délai de commercialisation qui restait aux produits culturels avant d’être livrés dans l’espace public à la critique, au partage, au détournement ou au franc succès sera réduit aux quelques jours de sa sortie.

Dans un tel monde, quelle place pour des processus de maturation éditoriale qui sont la règle d’or des éditeurs ? Quelle place aussi pour les numerus closus imposés par des moyens de production et d’investissements limités ? Si l’auto-édition sur le web séduit tellement c’est que les auteurs en herbe ont compris que le temps des happy few est dépassé. La proximité et la simplicité des offres sur le web est telle qu’il très difficile de résister à la tentation pour l’auteur et bientôt pour l’éditeur. Et c’est cela qu’a compris Google depuis l’introduction de son moteur de recherche sur le web. Dès ses débuts, le géant a toujours copié des méthodes de bibliothèques pour finalement s’en éloigner progressivement et obtenir le succès qu’on lui reconnaît.

Faute d’actions concrètes à ce jour de la part des éditeurs, ce sont les bibliothèques qui vont pouvoir venir sur le devant de la scène. Elles prendront la suite en bénéficiant des stocks d’invendus et de donations. Car il faudra bien liquider les stocks faute de pouvoir les écouler sur un marché dématérialisé et faute de pouvoir, comme dans le chef d’œuvre de Bradbury, les brûler tous pour faire de la place. Les bibliothèques n’ont rien à craindre du livre numérique. Elles sont les vraies bénéficiaires de la révolution en marche. Car leur fonction patrimoniale leur permet de conserver aussi bien le contenu de l’œuvre, de préférence sous un format ouvert comme l’ePub que l’ouvrage physique sous sa forme originale. Mieux encore, les bibliothèques seront les premières à bénéficier des nouvelles technologies d’impression de livres à la demande.

L’EBM Hardware (de la firme OBB) n’est que la première machine à fabriquer des livres à la demande mise sur le marché. Compacte et accessible, elle offre la possibilité, comme son nom l’indique, d’imprimer un livre au format classique avec couverture traditionnelle et reliure dos carré collé, à la pièce d’après un fichier numérique. Le défaut de ce procédé est le contrat obligatoire avec un géant de la distribution américaine, Ingram, au travers de sa filiale spécialisée dans les petits tirages, Lightning distribution. Car chaque fois qu’il y a une innovation technologique, il est certain qu’un acteur majeur se positionne en amont pour toucher la rente. Mais ce pionnier ne tardera pas à être copié en mieux par des spécialistes de l’impression numérique comme Canon, Xerox ou Minolta, tous désireux de se tailler une part du marché. Sous peu les modèles seront multiples et les investissements dérisoires.

Ce procédé souple et pratique, reproduit à des milliers d’exemplaires, préfigure probablement la nouvelle librairie numérique. Des tirages limités, sur mesure et sur demande, d’après un catalogue en ligne directement géré par les éditeurs eux mêmes. La portabilité et la transopérabilité des formats seraient de rigueur et demandent, d’ores et déjà, que le puissant syndicat de l’édition s’occupe de créer une véritable unité de travail afin d’établir des normes et des règles avant que les vendeurs de cartons, d’encres et de papier ne les devancent auprès des distributeurs et des prestataires traditionnels. Les librairies pourraient ainsi conserver leurs formes actuelles et les éditeurs leur rôle initial aussi bien que leur volet de diffusion. Seuls les systèmes de logistique et l’impression seront fortement ébranlés par la transition.

Le livre numérique n’apporte rien en soi, mais les éditeurs, les libraires et les auteurs peuvent bénéficier largement de cette nouvelle technologie et permettre au livre de rester le vecteur principal de diffusion du savoir et de la culture. L’intérêt de cette révolution est de pouvoir réduire des étapes lourdes et désormais inutiles dans le secteur de l’édition. Dans un dispositif d’impression à la demande sur le lieu de vente, les lecteurs numériques demeureront un accessoire marginal, réservé à des professionnels et à des utilisateurs et lecteurs gourmands. La mutation du livre pourrait donc avoir lieu sans pour autant faire disparaître le livre qui deviendra lentement, au rythme qui est le sien depuis toujours, un objet encore plus précieux qu’il ne l’est déjà.

Car le livre, qu’il soit numérique ou papier, n’est pas un objet de consommation. On ne consomme pas de la culture ou du savoir. Et il s’agira pour l’Etat de reconnaître que le livre ne se limite pas à sa parution papier et donc d’étendre les dispositions fiscales relatives au livre, à la presse à l’édition d’art à ces contreparties numériques, et ce sur toute la chaîne de fabrication, dès l’écriture jusqu’à la lecture. Une baisse de la TVA aussi bien sur les ventes électroniques de livres que sur les lecteurs numériques pourra bénéficier aussi bien aux fabricants qu’aux revendeurs, permettant ainsi au marché de se développer à une vitesse raisonnable et en permettant à tous les acteurs d’être gagnants.

Le livre numérique reste un projet d’avenir qui conserve le papier comme composante principale. La question est de savoir si les éditeurs demeurent une composante essentielle du secteur. La rentrée 2009 pourrait bien nous apporter des éléments de réponse... ou pas.
 

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20 réactions à cet article    


  • Deneb Deneb 25 août 2009 10:41

    Personnellement je lis les livres sur mon écran. J’y vois plusieurs avantages :

    1. économie de papier et du temps d’impression

    2. possibilité d’agrandir les caractères pour les adapter à la vue faiblissante avec l’âge.

    3. avoir des milliers de livres sur son disque dur, que l’on peut emmener avec soi où que l’on aille.

    4. pouvoir lire dans le noir sans gaspiller de la lumière.

    etc...

    Je trouve cependant ridicules les gadgets style « livre électronique », technologies propriétaires qui imposent leur choix de bouquins et les enlèvent quand ça leur chante. Tous mes livres sont au format pdf ou doc - les standards pouvant être lus par une multitude de logiciels libres. Et mon ordinateur portable me suffit pour pouvoir explorer ma bibliothèque, je n’ai pas besoin d’un écran dédié à ça.

    Ceux qui veulent se gaver sur le dos des passionnés de la littérature sont aussi condamnables que les majors pour la musique. La littérature n’est pas un commerce mais un art. Et si certains « écrivains » râlent de ne plus vendre assez de livres, il feraient mieux de se demander combien de gens ont réellement lu leur ouvrage. Un écrivain dont le bouquin est téléchargé et lu, même gratuitement, ne s’en plaindra pas - la notoriété vaut, dans le monde d’aujourd’hui, bien plus que l’argent, parce que si l’on peut faire de l’argent avec sa notoriété, le contraire est bien plus difficile.

    A ces écrivains, je pourrais leur dire aussi, que l’argent vient bien plus facilement, si l’on arrive à s’en détacher un peu.


    • Halman Halman 26 août 2009 10:07

      Tout à fait Deneb.

      On invente des choses bizarres aux formats et aux ergonomies cogitées par des ingénieurs pas vraiment au contact de la réalité, genre Cytale, avec des formats électroniques propriétaires non compatibles avec le reste de la production, des bibliothèques (ebibiolthèques) dédiées avec licences, copies impossibles, etc. Si on fait une erreur de manip ou si on le casse allez hop, il faut réacheter toute sa ebibliothèque.
      Comment démocratiser l’ebook avec des méthodes pareilles, c’est de l’utopie.
       
      Chaque modèle visant un groupe de clients trop ciblés, trop particuliers.

      Alors qu’effectivement c’est tellement plus simple de lire les ebooks sur son pc ou sur son pda aux ergonomies éprouvées. (Pourquoi cette manie des ingénieurs de toujours chercher à réinventer la roue ?)

      Bien sur qu’un écrivain ne peut pas honnêtement se plaindre que son livre soit lu aussi sur informatique.

      Mon pda et mon Ibm portable sont parfait pour tous mes livres électroniques et autres documents.

      Si on écoute les fabricants, alors il nous faut le ereader pour les ebooks, le pda pour les rdv, le portable pour internet, etc.

      Alors que l’ordinateur portable cumule toutes ces fonctions, pourquoi acheter 36 appareils alors qu’un seul fait tout parfaitement bien ?

      Quant à ceux qui répondent consommation électrique donc réchauffement planétaire, mais qu’est ce qui les empêche de se procurer des chargeurs solaires pour ordinateurs et pda.

      Vaste choix sur le net.


    • Deneb Deneb 26 août 2009 10:55

      "Quant à ceux qui répondent consommation électrique donc réchauffement planétaire, mais qu’est ce qui les empêche de se procurer des chargeurs solaires pour ordinateurs et pda."

      Il y en a même à manivelle


    • goc goc 25 août 2009 12:51

      Le problème de l’affaire « google/ BdF », c’est qu’on assiste a la fin (en douce) de l’exception culturelle et au passage au tout commercial de la culture.
      Deja l’affaire HADOPI par ses pseudos justificatifs, exigeant la remuneration des droits d’auteur (dont on sait maintenant avec l’affaire beatles/sony/jackson qu’il s’agit d’un bien achetable et revendable) avait ouvert une brèche dans nos principes culturelles.

      Il suffit de voir comment google gere ses pages de recherche, privilegiant jusqu’a l’over-dose, les annonceurs payants, pour imaginer ce que pourrait etre une gestion commerciale de la BdF.
      Par exemple : essayer de chercher le dernier driver de votre imprimante, et vous ne trouverez votre fichier qu’apres plusieurs pages de sites de revendeur d’imprimante, alors imaginez une recherche d’un extrait des « Miserables », vous devrez vous farcir des pages et des pages de vendeurs par correpondance.


      • Philou017 Philou017 25 août 2009 12:57

        Aricle tres intéressant.
        Il est éident que les nouvelles technologies numériques doivent amener les éditeurs et distributeurs à évoluer.
        Personnellement, je préfère lire sur du papier. Mais peut-être qu’il y a des choses à (re-)inventer pour rendre la lecture sur écran plus agréable.
        Les modes de vente doivent évoluer aussi, le web étant un formidable outil de partage gratuit. Les libraires devraient envisager d’orienter leurs activités sur la valeur ajoutée, sachant que les livres seront de plus en plus disponibles sur internet.

        Mais le livre papier n’est pas encore mort.


        • johnford johnford 25 août 2009 17:56

          Google s’étant rapproché de Bilderberg, il y a de quoi se méfier.. ( http://www.wnd.com/index.php?fa=PAGE.view&pageId=98469 ) .

          A préciser qu’il existe des sortes de tablet PC, destinés à lire des livres numériquement, qui pourraient représenter un concurrent sérieux.

          P.S pour ceux qui ne savent pas Youtube appartient à Google ( http://www.sospc-en-ligne.com/actualites-news-951.html )


          • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 25 août 2009 18:14

            Meuh non, le bouquin numérique n’est pas encre prêt (et de loin) à détrôner le livre papier, bien au contraire...Si vous avez un peu de curiosité vous pouvez avoir accès aux originaux numérisés de la BNF, par exemple. C’est donc plutôt le partage d’une culture qui était presque complètement innaccessible que permet le numérique...

             http://gallica.bnf.fr/


            • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 25 août 2009 18:16

              Aaaah j’ai encore oublié ma pub perso, décidemment !...

              http://leblogdemarcelchapoutier.hautetfort.com/


              • Marc Bruxman 25 août 2009 19:39

                Lorsque le changement arrive, on a le choix de l’accepter, l’accompagner et avoir une chance de survivre (même si ce n’est jamais facile) ou le refuser et disparaitre.

                Les maisons de disque qui ont refusées le numérique à ses débuts ont perdues plus de 50% de leur chiffre d’affaires en dix ans. Et cette chute ne va s’arrêter que lorsqu’ils s’adapteront aux demandes du public.

                Pour le livre il va en être de même. Les éditeurs vont raler mais n’ont pas vraiment le choix. Ou ils font ce que veut le public et ils continueront d’exister ou ils seront oblitérés.

                Et ne croyez pas que je dis ca parce que je travaille dans la technologie. Dans ce secteur on est confronté à des changements permanents et parfois génant. Mais on sait que l’on a le choix entre s’adapter ou crever.

                Maintenant pour ceux qui regrettent « l’exception culturelle », il n’y a rien à regretter. L’exception culturelle qui consiste à refuser le libre échange dans le domaine de la culture était destiné à protéger des cultures en déclin. Or, ce qu’il faut, ce n’est pas préserver les mourants, mais encourager la vrai culture, celle qui vit sans que l’on ait besoin de la subventionner. Celle qui a un public.

                Internet a aboli les frontières en matières d’échanges intellectuels, de ce fait, Internet rend la notion d’exception culturelle caduque. De ce fait, il rend service à la culture mondiale en ne divertissant pas de l’énergie vers des formes de culture dont le public ne veut pas. Il faut privilégier la culture vivante et non la culture morte. Quand le ministére de la culture force les radios à passer de la merde au prétexte que c’est Français, il ne rend pas service à la culture Française. La culture Française gagne lorsqu’une oeuvre rencontre spontanément un public à l’étranger sans que celui ci ait été forcé d’une quelquonque façon à la recevoir.

                Mais les états sont en panique car ils savent que l’on va à court terme vers une intégration des pays d’europe car il n’y aura plus de différence culturelle entre les pays. Toutes ces frontières ne se justifient plus et on le sait !

                Internet aura réussi a créer une révolution que de nombreux penseurs avaient tentés avant. L’abolition des frontières. Et on rejoindra Neil Postman qui a dit que les inventeurs de nouvelles technologies de communication étaient les plus grands révolutionnaires bien qu’ils l’ignorent le plus souvent.

                Lorsque Vinton Cerf, Tim Berners Lee et tous les autres ont fait don d’internet au monde, ils ignoraient surement la portée révolutionaire qu’aurait leur outil. Aujourd’hui le monde est différent ! Et on leur dit un grand merci de nous avoir libéré du carcan des états dans de nombreux domaines.


                • Maximus 25 août 2009 19:57

                  Un article très intéressant, qui me donne envie de poser deux questions à l’auteur en prolongement de son texte.

                  Je suppose que les bibliothèques dans le futur acquièreront, en même temps que le fichier électronique d’une oeuvre, les droits de reproduction à l’usage du public, auriez vous des suppositions là dessus ?

                  La reproduction à la commande va t-elle entrainer une baisse du prix du livre, le papier et l’encre gardant cependant un coût certain ?

                  Cordialement


                  • Marc Bruxman 26 août 2009 00:42

                    Pourquoi ouvrir encore des bibliothéques alors que tout sera sur le réseau ? Les bibliothéques municipales coutent très cher à la collectivité et cette consommation de papier nuit à l’écologie. Demain, un terminal électronique genre Kindle et une seule bibliothéque centrale suffiront.

                    De même pour la musique et la vidéo. En même temps que les bibliothéques, les magazins genre FNAC deviendront une chose du passé.


                  • Deneb Deneb 26 août 2009 09:10

                    Marc Bruxmann : Demain, un terminal électronique genre Kindle

                    kindle est un gadget à technologie proprietaire. Il faut apprendre aux gosses comment naviguer sur Internet, et utiliser les outils standard qui sont en même temps les plus economiques. Je serais plutôt pour l’apprentissage du réseau dés la maternelle ; c’est très etonnant et spectaculaire, la facilité qu’ont les touts-petits à être tout de suite à l’aise devant un ordinateur. Plutôt que Kindle, je miserai plutôt sur les machines Ubuntu style Asus - un vrai ordinateur portable pour moins de 300€.


                  • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 26 août 2009 09:38

                    Les bibliothèques n’ont pas de droits de reproduction à l’usage public. Elles n’ont de droits que celui du prêt et de la reproduction partielle, et c’est notamment sur ce dernier que Google s’appuie pour faire fonctionner son moteur de recherche bibliothécaire Goggle Books.
                    Les enjeux pour les bibliothèques et pour Google Books sont les mêmes. Vous comprenez dès lors pourquoi tous les éditeurs s’opposent à attribuer des droits de reproduction complets aux bibliothèques. Ce serait la mort programmée et rapide de l’ensemble des réseaux de distribution, y compris les géants de l’OpenBokk Alliance.

                    Quant au coût de la reproduction à la demande, le modèle existe déjà et sera certainement adapté au livre : c’est celui de la reprographie. Comme je l’ai écrit, les principaux acteurs de la reprographie numérique ont déjà mis au point plusieurs procédés analogues à EBM mais attendent de voir comment le secteur évolue avant de les mettre sur le marché et d’obliger une grande partie de leurs clients, prestataires d’impression, à moderniser leur outil de travail.


                  • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 26 août 2009 09:43

                     @Marc Bruxman,
                    Je rejoins l’avis de Deneb tout en rappelant que le livre papier à la demande va encore perdurer pendant plusieurs générations. Encore aujourd’hui, seulement 50% des ménages sont raccordés à Internet. Et dans le monde la part de la population mondiale connectée est proportionnellment faible.
                    Il y a donc fort à parier que les livres ont encore là pour les cinquante prochaines années puis deviendront des objets de collection.


                  • Marc Bruxman 26 août 2009 10:12

                    @Deneb
                    Lorsque je dis « genre Kindle », je ne fais pas forcément référence au Kindle. Par contre, il est clair que pour une utilisation en « location » type bibliothéque publique, il faudra soit en passer par du DRM (la pire des solutions) soit intégrer de la pub dans les livres. Et de la pub finalement on en a déja dans les magazines sans que cela gène.

                    @Deneb
                    "Je rejoins l’avis de Deneb tout en rappelant que le livre papier à la demande va encore perdurer pendant plusieurs générations. Encore aujourd’hui, seulement 50% des ménages sont raccordés à Internet. Et dans le monde la part de la population mondiale connectée est proportionnellment faible.
                    Il y a donc fort à parier que les livres ont encore là pour les cinquante prochaines années puis deviendront des objets de collection."

                    Attention aux statistiques la dessus car les taux d’équipements varient très vite d’une part (du moins dans les pays développés). Si vous croisiez le taux d’équipement avec le taux de personnes qui lisent effectivement beaucoup de livres votre taux de couverture serait largement supérieur. Et même une perte de 20 à 30% du marché serait catastrophique pour la filliére papier et forcerait un changement en raréfiant les surfaces de vente.

                    Quand aux pays émergents, leur taux de connexion augmente à grande vitesse. L’accès internet à haut débit des foyers s’est développé en Chine dans les grandes villes. Et surtout leurs politiques sont conscients qu’ils ne pourront pas atteindre le niveau d’éducation nécéssaires sans ruiner leurs forêts. Plus que chez nous, la numérisation est la bas une priorité car c’est une nécéssité.

                    Après restera bien sur les pays sous-développés, mais ce n’est pas un marché.


                  • Deneb Deneb 26 août 2009 10:51

                    Marc : « Après restera bien sur les pays sous-développés, mais ce n’est pas un marché. »

                    On a bien reussi à leur fourguer les microcrédits ....


                  • brieli67 26 août 2009 14:17

                    Hors pro et encore c’est devenu le tout numérique.

                    En cherchant bien par exemple du côté du Pakistan, on trouve TOUT même les magazines hebdomadaires people... etc...

                    Le boulot BNF/Gallica c’est pas terrib terrib.... Et ne sortent pas des raretés, des écrits hors du chemin consensuel. Pour entrer dans les « Réserves », en général faut une immatriculation universitaire. C’est bien dommage.

                    D’un ridicule de vouloir encore vendre « Le Petit Prince » ou « Le Prince » de Nicolas M. sur papier...


                  • Halman Halman 26 août 2009 10:13

                    Qu’est ce que c’est gonflant ces articles et discussions qui disparaissent en quelques heures. On intervient et hop, disparus.


                    • roquetbellesoreilles roquetbellesoreilles 30 août 2009 07:18

                      Voici une formule de livre qui demande à être connue de tous, et qui permet à la fois le format Numérique et le format papier.

                      Une formule qui autorise le format numérique gratuit ou ( payant ), et le format papier payant.

                      http://www.inlibroveritas.net/


                      • Yatus 20 octobre 2009 16:59

                        je me pose une question (après le battage sur le kindle d’amazon etc), y-a-t-il une différence entre une lecture sur papier et la lecture sur écran (d’un roman, je veux dire) ? Est-ce qu’on lit des auteurs différents sur écran ? Je viens de trouver ça :
                        « Fnac vient de se mettre un peu à la page en proposant 20.000 ouvrages pour sa boutique de livres numériques. « + de 20.000 PDF à télécharger : des livres scientifiques, universitaires, de la littérature générale et en anglais  », découvre-t-on sur la page du vendeur.
                        On remarquera que dans les meilleures ventes, Web mortem, de Christine Adamo est premier, et que l’on trouve Twilight de Stephenie Meyer n’est que numéro 4. Comme nous l’évoquions, on trouve une certaine quantité d’ouvrages érotiques, fer de lance de la vente de livres numériques, puisque 300 ouvrages sont disponibles - mais on trouvera parmi eux les Poèmes érotiques de Verlaine. »
                        Or Twilight n’est-il pas ce fameux best-seller des adolescents ? Et qu’est-ce que Web mortem ? Va-t-on préférer les livres érotiques à la littérature classique en lisant sur écran ?
                        Je suis sidéré plus qu’inquiet.

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