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London de Hunter Richard

Dans l’univers du cinéma, il y a des découvertes que l’on fait sans s’y attendre et qui nous permettent d’apprécier encore plus cette discipline comme art à part entière. London de Hunter Richard fait partie de ces films, sans attente particulière qui surprenne agréablement. Le scénario pourtant est simple. L’histoire d’un homme largué par sa copine qui n’arrive pas à l’oublier et qui tout en essayant de la récupérer perd tranquillement tout ce qui l’entoure. Des exemples de ce genre, il doit y en avoir des tonnes au panthéon des films de série B. London échappe heureusement à cette classification. D’abord par un jeu d’acteur authentique et à la limite du réel. On imagine assez facilement un Jason Statham colérique et obsédé par ses démons intérieurs, capable du pire (comme dans ses rôles de prédilection), mais également du meilleur. Ou encore une Jessica Biel très amoureuse (Timberlake ?), mais à qui il faudra sans cesse prouver son amour indéfectible.

Le coup de génie de Richard pour ce premier film, c’est d’abord d’avoir laissé aux acteurs une grande liberté dans l’interprétation de leur rôle. Mais aussi d’avoir imaginé une mise en scène aussi troublante : cette idée de jouer à chaque fois entre le passé et le présent dans le déroulement des scènes est plus que fascinante : Syd, son dealer et une amie de son ex qui arrive devant une porte, on cogne à la porte et, lorsqu’elle s’ouvre, on se retrouve quelques mois en arrière et c’est plutôt Syd et London qui sont à la porte. Et à chaque fois, pour raconter une histoire, le réalisateur use à bon escient de cette méthode. On ne peut que rester accroché à l’histoire.

L’idée aussi de jouer la grande partie du film dans les toilettes est assez osée. Et si la vie ne se résumait qu’en un passage aux toilettes ? La question est posée. Mais attention, il est question de plus que cela. La force d’une amitié, même éphémère, la dégradation physique et morale de l’être humain face à ses problèmes et ses démons, la subjectivité d’une rencontre mais l’intensité et la profondeur de cette même rencontre ou la recherche de l’amour véritable. Voilà autant de choses qu’on peut analyser dans les toilettes, bref lorsque rien ne va plus et qu’il faut absolument passer par un processus de digestion.

Mais la grande force et la réussite du film, il faut attendre la fin pour l’apprécier. L’amour avec un grand A c’est peut-être pour un homme de passer sa vie à rechercher son alter ego et une fois trouvé l’instant d’après de le laisser repartir parce qu’on... l’aime.

Avec Chris Evan, Jason Statham, Jessica Biel ; réalisé par Hunter Richard


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