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Lorsque Françoise paraît

Théâtre du Balcon du 7 au 30 juillet à 10h30, relâches les 20 et 27 juillet

Auteur et Metteur en scène : Éric Bu ; Interprète(s) : Sophie Forte, Christine Gagnepain, Stéphane Giletta ; Décors : Julia Allègre ; Scénographie : Aurélien Maillé ; Lumières : Cécile Trelluyer ; Création sonore : Pierre-Antoine Durand ; Chorégraphies : Florentine Houdinière ; Assistante à la mise en scène : Sophie Bouteill

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Récit de la vie de François Dolto, par elle-même si l’on peut dire, récit de tendresse envers la psychanalyste des enfants et envers tous les personnages qu’elle rencontre, même les plus méchants, les plus destructeurs pour elle (sa mère, au premier chef).

Comment devient-on François Dolto ? est la question posée d’entrée de jeu. Éric Bu a su parfaitement nouer le récit des blessures d’enfance de Françoise Dolto et son travail auprès des enfants. Un des petits miracles du texte est dans la légèreté et la profondeur qu’il crée : ce lien entre la femme et l’œuvre que l’on ressent si fortement ne pèse pas, quand bien même nombre de spectateurs sortent la larme à l’œil. On est embarqués et les émotions de Françoise Dolto, à qui on s’identifie (merveilleuse Sophie Forte), vont des assignations macabres aux grandes joies de l’amour. Sans dévoiler trop, la mère de Françoise Dolto la prend comme un substitut de sa fille ainée décédée, qu’elle aimait beaucoup plus que la précoce et atypique Françoise. La psychanalyste est envahie par les souvenirs des agressions de sa mère. On le voit dans l’émission avec Bernard Pivot, où quand elle parle du malheur de ses patients, lui revient, dans son dos, les paroles et attitudes semblables qu’a eu sa mère. C’est un raccourci qui représente de très bonne façon théâtrale ce qu’on appelle un trauma. Comment devient-on Françoise Dolto ? On ne sait pas bien : parce qu’elle est elle (elle le dit dans le spectacle : on réalise ce à quoi on est appelé), mais on comprend aussi qu’elle a pris une énergie dans ses blessures d’enfance. Le père est le parent positif, qui compense au mieux, écoute sa fille, contourne la violence de son épouse… heureusement qu’il est là.

L’autre petit miracle de ce spectacle, c’est sa vivacité. Les séquences s’enchainent rapidement, on passe de l’enfance à l’âge adulte, d’une confession de l’ado au moment de la communion solennel à une émission de télévision quand elle est reconnue. Hormis Sophie Forte qui joue Françoise à tous les âges, dans de nombreuses situations, les deux excellents comédiens Christine Gagnepain et Stéphane Giletta jouent le père et la mère et beaucoup de rôles connexes : un chapeau, un gilet, une voix, un accent… le tour est joué. Les changements se vont à vue avec un dispositif scénique qui serait comme un vestibule, et qui change aussi de signification, apparaissant comme une grille, la grille d’un confessionnal par exemple…

Un spectacle mouvant et émouvant, Ô combien !, plein de générosité qui nous embarque dans le cours d’une vie, ses méandres, ses chutes, ses moments de grâce et de joie. La totale, on peut dire. Avec panache et élégance.

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