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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Louis Armstrong, l’enfant riant du jazz

Louis Armstrong, l’enfant riant du jazz

« Je vois les ciels bleus et de blancs nuages
D’éclatants jours bénis, de sombres nuits sacrés
Et je pense en moi-même : Quel monde merveilleux ! »
("What a wonderful world", 1960).

Le musicien de jazz internationalement réputé Louis Armstrong est mort il y a cinquante ans, le 6 juillet 1971, à New York, d’une crise cardiaque (en plein sommeil). Il avait une santé assez fragile et il n’allait avoir que 70 ans quelques jours plus tard (il est né le 4 août 1901 à La Nouvelle-Orléans).

C’est peu utile de présenter vraiment Louis Armstrong tant il représente par lui-même le jazz et la musique positive, avec une trompette en guise de voix qui a pris ses lettres de noblesse grâce au talent de Louis Armstrong. En fait, il a de moins en moins joué lui-même de la trompette et de plus en plus chanté car l’instrument lui détruisait les lèvres.

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Certes, Louis Armstrong n’était pas qu’un jazzman, il était un homme de scène, au charisme fou et surtout, un homme qu’on dit généreux et que je dirais surtout positif, qui respirait la joie de vivre et qui voyait beaucoup plus le verre à moitié plein que le verre à moitié vide.

Son "tube" qui est connu de tout le monde, parce qu’il a fait le tour du monde, pourrait être considéré comme naïf ou bisounours mais justement, non, il respire une tendresse, ou mieux, une philosophie de vie qu’il a toujours voulu bienveillante.










Ce qui est extraordinaire, c’est que c’est un "monstre" de la musique du XXe siècle et qu’il doit encore être reconnu comme tel. Intéressants à lire, les milliers de commentaires sur ses vidéos. Il y a quelques mois, un internaute s’est risqué à écrire : « Louis Armstrong isn’t dead, he’s just in another wonderful world. » [Il n’est pas mort, il est seulement dans un autre monde merveilleux]. Un autre : « Every time I lose faith in humanity I listen to this and a lil of it comes back. » [Chaque fois que je perds foi en l’humanité, je l’écoute et elle me revient un peu].

Louis Armstrong s’est produit de 1919 à sa mort, soit plus d’une cinquantaine d’années. On lui a reproché de ne pas s’être beaucoup battu pour les droits civiques aux États-Unis et pourtant, cela semble bien le contraire, il a énormément aidé financièrement des personnalités comme Martin Luther King, et on disait même qu’il était si généreux que la moitié de ses droits a été consacrée à des dons et œuvres pour diverses causes.

Dans le cadre de Nice Jazz Festival le 28 février 1948, il a découvert Suzy Delair chanter "C’est si bon". Il fut fasciné et a repris une version américaine de la chanson qu’il a enregistrée le 26 juin 1950. Ce fut rapidement un grand succès. Plus exactement, Louis Armstrong a écouté Suzy Delair à une répétition au Casino de Monte-Carlo. Le chef d’orchestre de celle-ci lui a fait remarquer qu’elle manquait de peps et, en colère, elle a claqué la porte et n’a jamais repris cette chanson qui fut interprétée plus tard notamment par Jean Marco, Lucien Jeunesse, Yves Montand, Eddy Mitchell, Tino Rossi, Eddie Constantine, Sophie Darel, Arielle Dombasle, Thomas Dutronc, Iggy Pop et Diana Krall, Sacha Distel, Ray Ventura, Roch Voisine, Maurice André, Mireille Mathieu, et dans la version américaine, Dolores Gray, Dean Martin, Barbara Streisand, etc. (et aussi Joséphine Baker, Marlene Dietrich, etc.).










C’était Henri Betti, le pianiste de Maurice Chevalier, qui a composé cette chanson en juillet 1947, assez rapidement (en quelques heures). Maurice Chevalier fut incapable d’y associer des paroles et proposa au parolier André Hornez de s’y coller et ce dernier imagina de faire interpréter la chanson par Suzy Delair après la bonne expérience dans un film d’Henri-Georges Clouzot ("Quai des Orfèvres", sorti le 3 octobre 1947). En effet, sur une composition de Francis Lopez (compositeur d’opérettes) et des paroles d’André Hornez, Suzy Delair est devenue une star en chantant "Avec son tralala" et "Danse avec moi". Mais celle-ci, trop irascible, lâcha l’affaire après une répétition médiocre.

La chanson la plus célèbre interprétée par Louis Armstrong fut "Hello, Dolly !", enregistrée le 9 mai 1964 (chanson qui fut interprétée aussi par Barbara Stresand, Annie Cordy, etc.).










Renommé pour ses improvisations, il était un boulimique des enregistrements, des tournées, etc. Pendant des dizaines d’années, Louis Armstrong, qui avait un petit orchestre et faisait de très nombreuses tournées, produisait environ trois cents concerts en moyenne chaque année. Il a aussi beaucoup collaboré avec d’autres artistes, en particulier avec la diva Ella Fitzgerald.






Voici, en guise de modeste hommage, un petit aperçu d’autres morceaux choisis de l’irremplaçable Louis Armstrong…






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (03 juillet 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Louis Armstrong.
Jim Morrison.
Jimmy Somerville.
Ella Fitzgerald.
Serge Gainsbourg.
Fernandel.
Eddie Barclay.
Daniel Balavoine.
Jean Ferrat.
John Lennon.
Kim Wilde.

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4 réactions à cet article    


  • Gégène Gégène 6 juillet 08:48

    « What a wonderful world »

    quand j’entends ça je sors mon Armée des douze singes . . .


    • Docteur Faustroll Lampion 6 juillet 09:27

      @Gégène

      C’est pas ce qu’il a fait de mieux, mais ça n’atteint pas les sommets des « Mille Colombes » de Mireille Mathieu pour célébrer l’élection de Sarkozy :

      cadeau


    • Gégène Gégène 6 juillet 09:39

      @Lampion

      sans l’insertion de cette chanson dans ce magnifique film, je n’aurais pas 
      accroché. mais là . . .
      une bien étrange alchimie que celle de ces musiques s’inscrivant dans des films.


    • Docteur Faustroll Lampion 6 juillet 09:22

      « On lui a reproché de ne pas s’être beaucoup battu pour les droits civiques aux États-Unis et pourtant, cela semble bien le contraire… »

      Martin Luther King considérait que le jazz était indissociable de la lutte pour les droits civiques et exprimait « les réalités les plus dures de la vie en les mettant en musique, pour en ressortir avec un nouvel espoir ou un sentiment de triomphe ».

      A propos du Festival de jazz de Berlin de 1964 ayant pour têtes d’affiche Miles Davis, Sonny Stitt et Roland Kirk, il a écrit : « Dieu a fait beaucoup de choses concernant l’oppression. Il a donné à ses créatures la capacité de créer – et de cette capacité ont jailli les doux chants de douleur et de joie. »

      Armstrong, qui avait été invité à prêter ses talents au programme « Jazz Ambassadors » en 1957 avait refusé de participer à l’opération en déclarant : « Vue la façon dont il traite mon peuple dans le Sud, le gouvernement peut aller à l’enfer". Sa réputation de Jim Crow ou d’Oncle Tom est surfaite. Amiri Baraka a expliqué ce que lui et d’autres détracteurs pensaient d’Armstrong et de son acte à l’époque : « Nous avons confondu ce que nous percevions comme le comportement social dans ce contexte de lynchage. Et nous pensions que Louis s’y soumettait. […] Quand Louis a pu parler, il a parlé. »

      Dans « What Did I Do I Do Be So|Black and Blue » (composition de 1929 de Fats Waller, avec des paroles de Harry Brooks et Andy Razaf), Armstrong chantait : « Mon seul péché est dans ma peau », un sentiment résonnant avec « Strange Fruit », connue pour l’interprétation époustouflante de Billie Holliday, une méditation douloureuse sur l’héritage violent du pays en matière de lynchage. Le jazz et le blues expriment cette violence depuis leurs origines, implicitement ou explicitement : « Alabama » de John Coltrane (1963) était un hommage aux quatre jeunes filles tuées dans un attentat à la bombe, les « Fables de Faubus » de Charles Mingus (1959) étaient un acte d’accusation contre le gouverneur ségrégationniste de l’Arkansas, Orval Faubus ; et « Mississippi Goddam » de Nina Simone (1964) a été écrit en réponse à la fois au meurtre du leader des droits civiques Medgar Evers et à l’attentat à la bombe contre l’église de Birmingham. Elle avait déclaré dans une interview : «  »Comment pouvez-vous être une artiste et ne pas refléter votre époque ?"

      Les reproches en question faits à Louis Armstrong par d’autres musiciens ont été repris et amplifiés par leurs adversaires communs, comme c’est souvent le cas, mais sont partis d’un échange vif entre lui et Thelonious Monk. Armstrong s’étant moqué des coiffures des musiciens de be-bop, Monk avait réagi en disant que l’ »Oncle Tom » ne pouvait pas comprendre les évolutions de la société. Ce faux-procès a été depuis largement exploité et continue à l’être.

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