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« Lycksalighetens ö » par Hidden Lands, du prog magique venu de Suède

Hidden Lands est une formation de rock progressif qui nous vient d’Uppsala, ville de Suède, l’une des nations les plus en vue dans la musique progressive depuis deux décennies. Les quatre membres de ce groupe formé en 2012 sont d’excellents musiciens issus d’une autre formation ayant achevé son temps, Violent silence. Ils viennent de sortir leur second album, « Lycksalighetens ö », un disque qui devrait faire beaucoup parler dans le microcosme de la planète progressive. Le titre de l’album est aussi celui d’une nouvelle suédoise du 19ème siècle dont la traduction est « l’île de la félicité », un lieu où tout ce que vous souhaitez vous est offert. C’est aussi le nom d’une place dans la ville d’Uppsala, comme le précise Hannes Ljunghall, claviériste, guitariste, compositeur des six morceaux et producteur de ce bel album de musique progressive contemporaine. Un opus s’achevant par la composition éponyme Hidden Lands, dédiée à un de ses vieux potes décédé il y a un an dans des circonstances tragiques et dont le corps fut retrouvé sur cette place dont on peut voir une vieille photo datant d’un siècle sur la pochette du digipack contenant le CD.

Musicalement parlant, cet album mérite le détour par son côté free prog dont on peut situer quelques références, d’abord scandinave, avec Anglagard, Isildurs Bane, puis également du côté de l’école de Canterbury, pour les aspects feutrés, intimistes aux contours assez baroques. Rien de commun avec l’évidence des produits de pop rock servis sur les ondes. On ne trouvera aucun impératif commercial et d’ailleurs, le premier morceau dure 13 minutes ce qui n’est pas très adapté pour passer sur les ondes et ce serait du gâchis que de le diffuser en le coupant car, je prends les paris, ce premier morceau intitulé Corsican daydream est promis pour devenir culte au même titre que par exemple « Lark’s tongue in aspic, part II » exécuté il y a plus de quarante ans par King Crimson. Cette pièce musicale est unique en son genre, structurée et composée avec une subtilité rarement atteinte et des contrastes saisissants entre d’un côté une séquence répétitive suscitant l’inquiétude avec des ruptures de rythme renforçant l’étrangeté et de l’autre des lignes mélodiques plus conventionnelles censées marquer un optimisme et une sérénité. Les deux atmosphères, sombre et lumineuse, sont entrelacées aussi subtilement que l’aigre et le doux dans la cuisine chinoise. Ce premier morceau de 13 minutes véhicule une puissance expressive qu’on trouve rarement dans la musique progressive. Seules les meilleures formations sont capables d’atteindre un tel niveau d’exécution et d’originalité.

Les cinq autres pièces musicales confirment la subtilité de cette musique venue du nord, avec un peu moins de puissance mais un côté intimiste, lumineux et baroque rappelant parfois les productions issues de l’école de Canterbury. La production est excellente, avec les instruments bien équilibrés et se détachant pour mieux s’insérer dans ces tableaux musicaux où les claviers sont mis en avant et complétés par des guitares, plus présentes que sur le précédent album sorti en 2012. L’ambiance est feutrée, lumineuse, avec des instruments dont les notes semblent se découper pour former une substance musicale dont on saisit la texture comme si c’était un paysage impressionniste. Les instruments sont très bien séparés par la production. Avec des jeux de claviers exécutés avec finesse et virtuosité par Ljunghall qui de plus, officie à la guitare avec un style assez proche de Robert Fripp mais sans aucune ostentation. Ces six pièces musicales dont cinq épousent une atmosphère intimiste pourront agrémenter une soirée détendue devant un feu de cheminée ou alors accompagner un dîner aux chandelles avec subtilité mais ce serait dommage de ne pas s’allonger sur le canapé et les yeux fermer, se laisser ensorceler par cette alchimie sonore.

« Hidden Lands », le dernier morceau éponyme qui clôt l’album confirme en 19 minutes cette impression de calme, avec une ambiance entre Hatfield and the north et Randone ou même David Sylvian. « Lycksalighetens ö » par Hidden Lands est édité sur le label suédois progress records.

En écoute, Corsican daydream


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2 réactions à cet article    


  • slave1802 slave1802 31 octobre 2014 14:57

    Robert Fripp peut dormir tranquille... smiley


    • Le Corbeau Magnifique Le Corbeau Magnifique 31 octobre 2014 20:07

      « Lycksalighetens ö »

      Pas à dire, le suédois est vraiment une langue ridicule.

      En plus, ce pays a aucun intérêt : pas de mer chaude, pas de Soleil !

      Et ces habitants, quand y parlent, leur prononciation est tellement loufoque que t’as l’impression qu’y se gargarisent dans la cuvette des toilettes !

      Et leurs sandwichs au saumon chez le marchand de meubles sont dégueulasses. Bref la Suède est une erreur de la géographie.

      C’était ma rubrique : « Ouvrons nous aux pays, aux peuples et aux cultures étrangères ».

       smiley

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