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« Madame Zola » Catherine Arditi en découverte de soi au Petit Montparnasse

En réunissant Catherine Arditi et Pierre Forest sur les planches du Petit Montparnasse, un climat de confidence intime et subtil s’installe d’emblée sur le plateau où l’une et l’autre seront enclins à faire la part belle au lâcher prise.

C’est en effet par l’empathie et la bienveillance que les résistances, les non-dits, les ressentiments vont se résorber et se résoudre au fur et à mesure que la parole circulera d’elle à lui dans un apaisement communicatif.

   

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MADAME ZOLA
© J. Stey

 

Si l’autrice Annick Le Goff et la metteuse en scène Anouche Setbon ont eu l’idée d’associer ces deux artistes « moliérisés », c’est pour figurer une cause restée souvent dans l’ombre, celle des grands hommes dont l’aura dissimule, de leur vivant ainsi que post mortem, la cheville ouvrière de leur réussite personnifiée en coulisse par une épouse dévouée et pleinement impliquée dans l’ambition de leur mari.

En l’occurrence, qui aurait pu, jusqu’à aujourd’hui, se targuer de bien connaître la formidable détermination d’Alexandrine Zola, veuve d’Emile particulièrement connu historiquement par son « J’accuse … » titré dans L’Aurore du 13 janvier 1898 ?

 

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MADAME ZOLA
© J. Stey

  

Cependant, cette femme ayant consacré toute son existence au soutien sans faille et ensuite à la mémoire pleinement défendue de son conjoint, aura dû passer outre à beaucoup de désagréments personnels et domestiques.

Voici donc que surgit, opportunément, cette phase de prise de conscience extravertie dont il s’agit ici de mettre en exergue les tenants et aboutissants.

En effet, à l’occasion de la cérémonie honorifique du transport d’Emile Zola au Panthéon, l’abnégation d’Alexandrine lui fait constater intérieurement qu’elle perd ainsi une deuxième fois celui dont elle a entièrement partagé la vie pour le meilleur et pour le pire.

 

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MADAME ZOLA
© J. Stey

  

Ce trop plein de frustrations accumulées implose alors en un monologue qu’elle adresse à Emile à haute voix, ne s’épargant point de lui exprimer les reproches enfouis concernant notamment sa vie parallèle avec la lingère qu’elle avait elle-même embauchée, tout en ayant ensuite œuvré à ce que les deux enfants illégitimes puissent porter le nom de « Zola ».

Déclenchant à cette occasion des symptômes psychosomatiques d’asthme, l’apothicaire Fleury sera convoqué au domicile de madame Zola afin d’y apporter remèdes plus ou moins expérimentaux.

 

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MADAME ZOLA
© J. Stey

  

De fil en aiguille, c’est peu à peu une véritable cure de psychanalyse « sauvage » qui se mettra en place entre la veuve et le bon samaritain de circonstance ayant l’intuition et l’art de savoir écouter ainsi que de dire les mots justes mettant du baume sur les plaies toujours à vif.

De ces entretiens réitérés naîtra une amitié profonde où, par interaction agissante, les deux protagonistes s’apporteront mutuellement éclairage et appui sur ces profondes douleurs indicibles qui encombrent la perception que l’on a de soi-même dans sa relation au monde.

 

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MADAME ZOLA
© Theothea.com

  

En osant se confier à Fleury, c’est-à-dire en renonçant à tout système défensif et en permettant ainsi le transfert des affects négatifs, Alexandrine fait mieux que de solder les comptes avec son « Grand Homme », elle se réconcilie surtout avec elle-même et donne ainsi à voir le visage apaisé que la reconnaissance réciproque engendre nécessairement lorsque le surmoi laisse enfin passage au « çà » freudien.

De par ce récit théâtral métaphorique le duo Le Goff / Setbon illustre la vertu du verbe associatif permettant à la psychanalyse naissante, en cette fin du XIXème siècle, d’ouvrir les perspectives prometteuses… de la résilience à venir.

  
photos 1 à 4 © J. Stey
photos 5 & 6 © Theothea.com
   
MADAME ZOLA - ***. Theothea.com - de Annick Legoff - mise en scène Anouche Setbon - avec Catherine Arditi & Pierre Forest - Théâtre du Petit Montparnasse
  

 

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MADAME ZOLA
© Theothea.com

  

 


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1 réactions à cet article    


  • Waspasien Waspasien 26 novembre 09:21

    Du fond de ma campagne, ça me fait une belle jambe de savoir que cette « sœur de » essaye d’exister à Paris !

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