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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Maldoror » d’après Lautréamont à la Maison de la poésie

« Maldoror » d’après Lautréamont à la Maison de la poésie

Dans la perspective d’apprécier à La Maison de la poésie un spectacle initié par Pierre Pradinas et Gabor Rassov autour des chants de Maldoror, accompagnés de la musique des Pink Floyd, il paraissait presque aller de soi que le comédien, en charge de cette réalisation, allait effectuer une prestation hors normes.

Effectivement, en voyant surgir un mafioso digne simultanément, à lui seul, des deux Blues Brothers, le syndrome lunettes noires rallume instantanément à la conscience, le mauvais génie de Gainsbarre au zénith de l’alcool enfumé par des volutes en transe.

Avec une maîtrise, so perfect, de toutes les fulgurances du mauvais garçon en retour de l’enfer, David Ayala, puisque telle est son identité au civil, cueille « le vieil océan » plein d’énergie psychédélique pour initier un véritable chemin de croix le menant au culte du « pou » et à sa cohorte paranoïaque clamant : « Je suis sale ».

Aussi, alors que le lecteur de microsillons sur scène donne le relais aux plages polyphoniques dont le Pink Floyd conserve le secret éternel, il s’opère comme un décalage abyssal entre la noirceur des propos, le cauchemard d’une inhumanité en déroute infinie, face aux appels harmoniques d’un lyrisme planant sous substances illicites.

Ce contraste quasi infernal en son essence, produit à rebours, une catharsis totalement bénéfique à l’incompréhension des démons intérieurs, face à l’apocalypse.

Propulsé à la fois par la gnaque du comédien et les vibrations électro-acoustiques de la symphonie, les six chants composés par Lautréamont convergent, en définitive, vers un centre de gravité, où l’espoir d’une inversion du tragique s’établirait en point d’ancrage exclusif à transformer en viatique.

David Ayala s’en tire, sans une égratignure à l’ego, alors que la mégalomanie de son personnage scénique éclate en mille facettes à consumer, de mille feux, l’insoutenable.

Un spectacle à donner le vertige exaltant, avec le sourire grimaçant aux coins des lèvres.

photo © Patrick Fabre

MALDOROR - d’après Lautréamont - mise en scène : Pierre Pradinas - avec David Ayala - Maison de la Poésie -


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2 réactions à cet article    


  • silversamourai silversamourai 23 juin 2010 12:53

    un spectacle que j’ai ressenti extrêmement VIVIFIANT et à ce titre je remercie la troupe qui l’a conçu, monté et proposé .


    • Reinette Reinette 23 juin 2010 16:29

      je sais qu’il est malvenu de parler d’argent chez les artistes, mais à 20 ou 24,20€ la place, la grande majorité des Français ne peuvent tout simplement pas se payer ce luxe.

      ceci dit merci de nous informer qu’il y a encore de vrais poètes dans le monde du Théâtre

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