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Mamma Mia à Mogador ! La Dancing Queen à la française

Deux ans après la présentation en avant-première de « Mamma Mia, le film  » avec Meryl Streep, le théâtre Mogador accueille la version française de l’adaptation théâtrale initiée, au siècle dernier, par la productrice Judy Cramer .

Ainsi, à la suite des dix années de succès engrangé par cette comédie musicale à la fois en tournée mondiale anglophone, ainsi qu’en création locale sous version linguistique appropriée, voici donc, près de trente ans après l’ultime concert du groupe Abba au Japon, vingt-deux de leurs rengaines universellement plébiscitées qui reviennent en échos démultipliés par l’histoire simple de Donna et Sophie, respectivement mère et fille à l’aube de leur prochaine séparation pour cause de mariage en perspective.

Le livret de Catherine Johnson a organisé ce processus de rupture à l’aune d’une fébrile recherche en paternité, si possible identifiée juste à temps, afin de pouvoir sublimer l’apothéose nuptiale.

La restitution d’un humour omniprésent, au travers des tribulations inspirées par les chansons originales de Benny Andersson et Björn Ulvaeus ( Abba ) ayant constitué a posteriori la structure du scénario, a été confiée à Stéphane Laporte et Nicolas Nebot qui ont réussi le tour de force de rendre la langue française quasi pertinente et même davantage, si affinités.

Garant de la mise en scène référentielle de Phyllida Lloyd, Paul Garrington assume, pour la création parisienne, le concept d’un décor mobile et abstrait d’une auberge des Cyclades, ayant été limité aux contingences de l’expression théâtrale alternant entre intimité et extraversion.

Et çà marche !… çà danse, çà chante, çà entraîne, çà frissonne… et tout çà, bien entendu, sous le feeling des " good vibrations " de « Chiquitita », « Dancing Queen », « Money, Money, Money », « I Have A Dream », « Knowing You Knowing Me », « The Winner Takes It All » , « Super Trouper », « Take A Chance On Me », « Gimme ! Gimme ! Gimme ! », « Voulez Vous » et « Mamma Mia »... en VF, s’il vous plaît !…

Un mois après le gala d’ouverture à Mogador, le show paraît très bien parti et sans doute pour une longue période, car il y a fort à parier que les spectateurs auront envie d’y revenir, et même peut-être à plusieurs reprises, avec le goût d’y découvrir, par exemple, des subtilités idiomatiques cachées mais surtout avec l’envie subjective de satisfaire, à juste titre, leur addiction musicale.

Sous la perspective de révélations ultérieures pour les rôles partagés en doublure, le casting initial de cette création française apparaît d’emblée sympathique, spontané et empli d’un enthousiasme communicatif.

Avec son air bien trempé d’un sosie de Véronique Jannot en empathie avec l’air du temps, Claire Guyot a tout d’une grande dont la puissance de voix ne serait pas le moindre de ses atouts.

Marion Posta (Tanya) fait preuve d’une classe malicieuse, franchement drôle, servie par une gestuelle et une dégaine à la fois désinvolte et outrancière.

Karen Gluck (Rosie) joue la vieille copine de bonne composition avec un vrai naturel qui ne trompe pas. En phase avec son rôle fédérateur, la comédienne gagne le talisman confiance.

Le couple de tourtereaux à marier est délicieusement interprété par Gaëlle Gauthier (Sophie) et Dan Menasche (Sky) qui, d’emblée, emportent les suffrages tant leur ardeur amoureuse ne pourrait être feinte.

Les trois pères putatifs se doivent, eux, d’être discrets car leur absence plus ou moins délibérée ne plaide guère en leur faveur, quels que soient les griefs respectifs.

Aussi Jérôme Pradon (Sam), Patrick Mazet (Harry) et Francis Boulogne (Bill) jouent la patience, la compréhension et juste ce qu’il faut de concurrence, pour s’assurer une crédibilité solidaire, en assumant, en quelque sorte, des rôles « effacés » face à une tribu de femmes emplies de vitalité et de passion.

Cependant, loin d’être une guerre des sexes revisitée au parfum féministe des seventies, Mamma Mia est, avant tout, une bouffée d’amour et d’amitié conjugués au diapason des générations s’entremêlant à qui mieux-mieux… comme dans la vraie vie.

photos © Theothea.com 
 

MAMMA MIA ! - **** Theothea.com - de Catherine Johnson - mise en scène : Phyllida Lloyd - avec Claire Guyot, Marion Posta, Karen Gluck, Gaëlle Gauthier, Dan Menasche, Jérôme Pradon, Patrick Mazet, Francis Boulogne... - Théâtre Mogador

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