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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Manet, le peintre de la réalité nue

Manet, le peintre de la réalité nue

Mal compris, suspecté de faire l'apologie du vin avec le Buveur d'absinthe, de la prostitution avec Olympia, de la bohème, Manet fut désigné comme le responsable de la destruction de l'académisme et de la "décrépitude" de l'art. Mais ce dernier reproche était, sous la plume de Baudelaire, plutôt un compliment. Le peintre suivit les prescriptions du dandy poète, dont il partagea la bohème, et représenta "l'héroïsme de la vie moderne" : tant dans ses scènes élégantes que par des personnages errants et déracinés.



Edouard Manet partageait avec Baudelaire une passion pour les chats. Il aimait les minets, il aimait aussi Manet. Il aimait peindre la société des plaisirs. Minets, Manet et menus plaisirs...

Pour Gustave Courbet
En proie à ses ennuis,

Baudelaire courbait
Sur sa table de nuit

Son crâne empli de brume,
D'où jaillissaient des mots,

Légers comme la plume,
Qui guérissaient les maux.

II

Pour Edouard Manet
Aussi il émanait

De ses observations
Une certaine passion.

Et dès potron-minet
Dans les estaminets,

Ils buvaient leur monnaie.
Manet aimait Monet...

Manet, le refuseur refusé

"Je fais ce que je vois et non ce qu'il plaît aux autres de voir". Ce credo d'Edouard Manet n'eut pas l'heur de plaire à la critique. Le peintre subira les refus à répétitions aux salons. Le public n'était pas encore prêt pour le moderne.

Manet restera le chat noir de l'art classique. Ce chat noir que d'ailleurs le peintre aimait à faire figurer, par espièglerie, dans certains de ses tableaux, notamment dans le plus célèbre : "Olympia".

Refoulé des salons, Manet y était parfois présent grâce à des tours de malice. Ainsi Manet, exclu de l'Exposition universelle et du Salon de 1867, y sera présent sous la forme d'un portrait de lui réalisé par Fantin-Latour et dédicacé !

Manet, Monet, et la bande des Batignoles

Manet porte Monet. Dans les deux sens de l'expression puisque Manet ouvrit sa bourse pour aider son ami dans la détresse mais aussi et surtout parce que les deux peintres s'appréciaient grandement. De leur amitié naquirent trois oeuvres : "Monet peignant sur un bateau", "En bateau" et "Argenteuil".

Dans la bande des Batignolles, il y avait Paul Cézanne, Auguste Renoir, Frédéric Bazille et Claude Monet. La bande se cherchait un nom : "Intransigeants", "Réalistes", "Naturalistes", mais c'est la critique qui aura le dernier en les désignant avec ironie sous le nom des « Impressionnistes ». Dans le quartier des Batignolles, il y avait l’atelier de Manet, représenté par Fantin-Latour. Il y avait aussi les principaux cafés que la bande fréquentait.

Parmi tous les jeunes qui s'inspiraient de Manet, l’ami le plus intime de celui-ci est incontestablement Claude Monet, futur chef de file de l’impressionnisme. Dans "Argenteuil", Manet dévie volontairement de son style habituel pour rendre hommage à son ami. La Seine est d’un bleu outrancier. Cependant, c'est à tort de dire qu'Édouard Manet est l'un des pères de l'Impressionnisme. Sa facture est plus réaliste et n'utilise pas, ou peu, les nouvelles techniques de la couleur et le traitement particulier de la lumière.

Berthe Morisot, qui deviendra sa belle-sœur, est elle-même impressionniste même si elle ne fréquente pas le groupe de Batignoles. Manet, cerné par les peintres de ce nouveau courant n'en reste pas moins lui-même. Si à leur contact, il délaisse en partie la peinture d'atelier pour la peinture en plein air à Argenteuil et Gennevilliers, où il possède une maison, si sa palette s'éclaircit comme en témoigne Argenteuil de 1874, il conserve cependant son approche personnelle faite de composition soignée et de souci du réel, et continue à peindre de nombreux sujets, en particulier des lieux de loisirs comme Au Café (1878), La Serveuse de Bocks (1879) et sa dernière grande toile Un bar aux Folies Bergère (1881-1882), mais aussi le monde des humbles (Paveurs de la Rue Mosnier, 1878) ou des autoportraits (Autoportrait à la palette, 1879).

Manet et Monet aiment tous deux peindre des portraits, des paysages marins, des scènes de la vie parisienne ou encore des natures mortes. Mais ils se différencient par leur style bien plus nettement que par leurs patronymes.

Manet à gauche, Monet à droite

L'exemple le plus flagrant est peut-être leurs deux vues de Paris réalisées le même jour sur le même sujet en 1878, à l’occasion de l’Exposition universelle. "La Rue Mosnier aux drapeaux" de Manet montre une rue déserte avec simplement un unijambiste et un fiacre à l'arrêt. Son tableau tranche avec le faste luxuriant de "La Rue Montorgueil" de Monet, une rue pleine de gens, de couleurs et de mouvement.

Manet et les poètes

Comme Rimbaud avait pu dire "il faut être absolument moderne", Edouard Manet déclara : "Il faut être de son temps."

Baudelaire  : « Il se forma autour de Manet une petite cour. Il allait presque chaque jour aux Tuileries de deux à quatre heures.(...) Baudelaire était là son compagnon habituel. On regardait curieusement ce peintre élégamment vêtu qui disposait sa toile, s'armait de sa palette, et peignait  » (Antonin Proust). Avec "La Musique aux Tuileries" (1862) Manet brosse le tableau de l'univers élégant dans lequel il évoluait. Le tableau dépeint un concert donné au jardin des Tuileries et dans lequel le peintre représente des personnes qui lui sont proches. Comme Charles Baudelaire debout, et derrière Baudelaire, à gauche : Fantin-Latour, son frère Eugène, Théophile Gautier. Le peintre s’est lui-même représenté sous les traits du personnage barbu le plus à gauche de la composition.

Manet emménage dans son propre local. Là, il peint, en 1859, le portrait intitulé "L'Enfant aux Cerises". L'enfant était âgé de 15 ans et Manet l'avait engagé pour laver ses brosses. Il a été retrouvé pendu dans l'atelier de Manet, qui, frappé par ce suicide, s'installe dans un autre local. Cet épisode dramatique inspirera plus tard à Charles Baudelaire un poème : La Corde, qu'il dédie à Édouard Manet.

La mort de Baudelaire, survenue prématurément en 1867, a été un coup rude pour Manet et sa femme Suzanne, qui perdaient à la fois un protecteur et un ami.

Mallarmé (ci-dessus son portrait par Manet). Plus tard dans sa vie, Manet retrouvera chez un autre poète l’amitié profonde et spirituelle qu’il avait ressentie pour Baudelaire, en la personne de Stéphane Mallarmé. En remeciement d'une bonne critique du poète, Manet exécute un Portrait de Stéphane Mallarmé. Manet créera les illustrations qui accompagnent deux textes de Mallarmé : Le Corbeau, traduction du poème d'Edgar Allan Poe en 1875, et L'Après-Midi d'un faune en 1876. Mallarmé est séduit par Le Linge et en fait une excellente critique en Angleterre.

Manet et le scandale

Ses tableaux "Lola de Valence", "Le Déjeuner sur l'herbe", "Olympia", font scandale.

Le Déjeuner sur l'herbe

Le nu féminin n'est pas traité ici sur le mode classique (voir le Concert champêtre de Titien). Il choque par la présence de deux hommes tout habillés, ne laissant aucun doute sur la connotation sexuelle de la scène.

A l'une des extrémités de la diagonale formée par les deux femmes nues se trouve une nature morte.

Olympia,

C'est l’entrée dans la modernité. L’œuvre, qui allait susciter une controverse encore plus féroce que le Déjeuner sur l'herbe, représente une prostituée semblant sortir tout droit d’un harem à l’orientale et s’apprêtant visiblement à recevoir un client qui s'annonce avec un bouquet. Olympia, avant tout, se veut une référence audacieuse à la célèbre Vénus d'Urbino du Titien. Le modèle (Victorine Meurent) affiche une insolence et une provocation indéniables. Un chat noir à la queue relevée est ajouté par Manet afin de remplacer l’innocent chien figurant dans la Vénus d’Urbino. Répondant à un critique, Manet se défendra de provoquer sciemment le scandale et dira de l'Olympia "Il y a des duretés, me dit-on. Elles y étaient. je les ai vues. j'ai fait ce que j'ai vu." C'est aussi à propos de ce tableau que Baudelaire lui écrira "vous n'êtes que le premier dans la décrépitude de votre art." répondant ainsi aux jérémiades de l'artiste à propos des critiques qu'il subissait. Sept ans après la mort de Manet, Claude Monet lancera une souscription publique pour acheter ce tableau et l'offrir à l'Etat. La scène est très baudelairienne : le chat, les fleurs (du mal), la nudité totale à l'exception du bracelet ("La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur, Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores...")

Portraits de famille

  • Son épouse Suzanne Leenhoff dont la silhouette tranquille et apaisante de figure à de nombreuses reprises dans l'œuvre de Manet. Dans "La Lecture", Mme Manet écoute avec attention les paroles de son fils Léon : les tonalités et les couleurs de cette toile, très douces, en font un remarquable exemple d'impressionnisme. Dans "Suzanne Manet à son piano", l'artiste met en valeur le grand talent qu'elle avait pour jouer cet instrument, au point qu'elle a pu apaiser les derniers jours de Baudelaire en jouant du Wagner. Enfin, c'est également la fidèle compagne du peintre qui sert de modèle au nu féminin de "La Nymphe surprise".

 

  • Léon Leenhoff (son fils non reconnu mais qu'il élève comme tel). Il est possible de suivre le mûrissement progressif de Léon à travers les portraits que Manet a fait de lui, depuis l’enfance jusqu’à l’adolescence. C’est encore un tout jeune enfant qui pose, déguisé en page espagnol, dans "L'Enfant à l'épée". Plus tard, dans Les Bulles de savon, un Léon âgé de quinze ans s’amuse à faire des bulles dans un bol de savon. Mais surtout, on retient de Léon Leenhoff le visage d’un adolescent rêveur et mystérieux, tel qu’il apparaît dans le célèbre "Déjeuner dans l'atelier", réalisé à l’appartement familial de Boulogne-sur-Mer, où les Manet passaient l’été. A noter la présence de l’incontournable chat noir, qui, depuis Olympia, symbolise Manet aux yeux des critiques.

 

  • Sa belle-sœur Berthe Morisot. Un jour qu’il déambule au musée du Louvre, Manet, par l’intermédiaire de Fantin-Latour, fait la connaissance d’une jeune peintre dont le talent novateur et la beauté mélancolique semblent ne faire qu’un. D’emblée impressionné par Berthe Morisot, Manet la persuade de poser pour lui dans différents tableaux. Parmi les portraits qu'il fera d'elle, sera remarqué le célèbre portrait "Berthe Morisot au bouquet de violettes" (1872). C’est surtout "Le Balcon" qui va frapper les esprits. Berthe Morisot, à gauche, fait figure d’héroïne romantique et inaccessible. Berthe Morisot devient la belle-sœur de Manet en 1874 lorsqu’elle se marie avec le frère de ce dernier, Eugène. Influencée notamment par son beau-frère, elle s’imposera ensuite comme une figure essentielle du mouvement impressionniste.

Les portraits de Victorine Meurent

Édouard Manet, grand amateur de femmes, peignit la gent féminine en abondance. Dans la droite lignée d’Olympia, Manet se plaît également à représenter sans faux-semblant la vie de plusieurs courtisanes ou « créatures » entretenues, la plus célèbre en ce domaine étant Nana. Cette toile date de trois ans avant la parution du roman homonyme de Zola. Mais le titre pourrait avoir été donné après que Manet eut connaissance du titre du prochain ouvrage de Zola. La technique qu'il conseillait pour le portrait était la concision et "dans une figure , cherchez la grande lumière et la grande ombre".

Victorine Meurent est la Femme selon Manet. Le peintre, subjugué par sa beauté fraîche et un peu insolente, en fait très rapidement son modèle préféré. Dans "Le Déjeuner sur l'herbe", "Olympia". Ou habillée dans "La Chanteuse de rue", "Le Chemin de fer".

Les tableaux de sa période hispanisante

Les deux premiers tableaux à thème espagnol, Jeune Homme en costume de majo et Mlle V. en costume d'espada, qui sont présentés au Salon des Refusés de 1863 avec Le Déjeuner sur l'herbe, déroutent les critiques et suscitent de vives attaques malgré le soutien d'Émile Zola. "Le Jeune Homme en costume de majo" est le jeune frère de Manet, Gustave. Quant à "Mlle V., en costume d'Espada", c'est un audacieux portrait du modèle fétiche de Manet, Victorine Meurent, travestie en homme.

- L'influence de Vélasquez : Après quelques années employées à copier de grands tableaux, c’est au Salon de 1859 que Manet se décide à dévoiler officiellement sa première œuvre, intitulée Le Buveur d'absinthe. La toile, de facture réaliste, dénote l’influence de Gustave Courbet, mais constitue surtout un hommage à celui que Manet a toujours considéré comme « le peintre des peintres », Diego Vélasquez. Le Buveur d'absinthe si peu académique est refusé au Salon de 1859. Il a pourtant le soutien de Delacroix et de Baudelaire. Le Chanteur espagnol lui vaut son premier succès. Il est accepté au Salon de Paris en 1861 avec le le portrait de ses parents.

- La Tauromachie et l'influence de Goya : Manet vouait une grande admiration au peintre espagnol qui l'a encore influencé sur d'autres sujets que la tauromachie notamment pour L'Exécution de Maximilien. Son Homme mort, daté de 1864, est à l’origine, une partie d’une composition plus vaste destinée au Salon de la même année, mais face aux critiques et caricatures de son oeuvre, il la découpe en deux parties : "L'Homme mort et La Corrida".

Les peintures historiques

Le Combat du Kearsarge et de l'Alabama : le peintre immortalise en 1865 une bataille navale de la guerre de Sécession qui s'est déroulée au large de Cherbourg le 19 juin 1864, entre le navire fédéral Kearsarge et le bâtiment confédéré Alabama.

L'Exécution de Maximilien : le 19 juin 1867, et alors même que l'Exposition universelle n’est pas terminée, la nouvelle de l’exécution de Maximilien de Habsbourg, au Mexique, parvient jusqu’à la capitale française. Édouard Manet, depuis toujours fervent républicain, est scandalisé par la manière dont Napoléon III, après avoir imposé l'instauration de Maximilien au Mexique, lui a retiré le soutien des troupes françaises. Inspirée du Tres de Mayo de Goya, et cependant traitée d’une manière radicalement différente, la scène de "L'Exécution de Maximilien" satisfait Manet qui l'aurait sans doute proposée au salon si on ne lui avait pas fait savoir à l'avance qu'il serait refusé.

La Commune de Paris : Républicain convaincu, Manet s'engage dans la Garde nationale au moment de la guerre de 1870 en même temps que Degas sous les ordre du peintre Meissonier qui est colonel. Les derniers soubresauts de la Commune déchirent Paris, et Manet, qu'elle a élu à sa Fédération des peintres et sculpteurs se désolidarise de ses excès. Toutefois, il regarde avec horreur le caractère sauvage de la répression. Manet est comme ses contemporains frappé par l'aventure d'Henri Rochefort qui, déporté en Nouvelle-Calédonie, après la Commune, s'évade en 1874 et rejoint l'Australie sur une petite baleinière. Républicain mais prudent, « l'artiste a attendu le triomphe des républicains au Sénat et à la Chambre, en janvier 1879, ainsi que le vote d'une loi d'amnistie des communards en juillet 1880 autorisant le retour en France de l'évadé pour s'attaquer au sujet ». C'est à partir des récits de Rochefort qu'il compose deux tableaux intitulés L'Évasion de Rochefort.

Manet n'a tiré de la Commune aucun grand tableau. "La Barricade" est une simple reproduction de "l'Exécution de Maximilien". Il a simplement remplacé Maximilien par un communard.

Conclusion

Edouard Manet a peint aussi des natures mortes. Elles sont souvent réalisées pour des raisons financières (Manet parvenait plus facilement à les écouler que ses portraits), elles n'en montrent pas moins le grand art du peintre, qui parvient à représenter fleurs, fruits et légumes dans une véritable mise en scène dramatique. Son œuvre comprend également des marines comme le sublime "Clair de lune sur le port de Boulogne" (1869) ou des courses : "Les Courses à Longchamp" en 1864 qui valent au peintre un début de reconnaissance. Vers la fin de la vie de Manet, le célébrissime chanteur baryton Jean-Baptiste Faure lui achètera jusqu'à 77 toiles.

Manet, la vidéo ! Sur une musique de Paganini :

 


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8 réactions à cet article    


  • gicou 1er décembre 2012 10:15

    Merci pour ce moment de plaisir


    • Taverne Taverne 1er décembre 2012 11:46

      Manet aux manettes ! smiley


    • Isis-Bastet Isis-Bastet 1er décembre 2012 14:05

      J’avais vu la grande expo au Musée d’Orsay. Cet article m’a intéressé.


      • Pyrathome Pyrathome 1er décembre 2012 15:10

        Après Courbet...Millet....Cézanne .....voilà Manet,
        Satyre va !! smiley smiley smiley..


        • Taverne Taverne 1er décembre 2012 15:20

          Et vous êtes là ! Les satyres s’attirent... smiley


        • Pyrathome Pyrathome 1er décembre 2012 15:33

          J’en connais un autre de satyre et ça tire !!
          http://25.media.tumblr.com/tumblr_ll8egm5VYL1qjkkboo1_r1_500.jpg
          .6 millions de dollars pour une « inflation »......
          Font ça moins cher au bois de Boulogne....
          Avec une telle somme il aurait pu s’acheter toute une collection de peintures de nus pour se pignoler devant.... smiley


        • Taverne Taverne 2 décembre 2012 10:05

          Vous n’aimez pas cette femme ré-alitée nue ?


        • alberto alberto 27 décembre 2012 10:27

          Salut Taverne,

          J’arrive bien tard, mais je vois que n’as pas omis de présenter le petit Joueur de Fifre que j’apprécie tant : impertinent, mal fagoté, sa musique aigrelette agaçant les oreilles prudes...C’est ainsi que je me le représente !

          Bravo et merci pour tes clips

          Bien à toi.

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