• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Marina Foïs en contre-transfert dans « Maison de poupée »

Marina Foïs en contre-transfert dans « Maison de poupée »

D’Audrey Tautou à Marina Foïs, Nora se balance actuellement d’une mise en scène concomitante à l’autre, de Michel Fau à Jean-Louis Martinelli, du Théâtre de La Madeleine à celui des Amandiers et c’est donc, dans cette perspective, que du privé au public, « Maison de poupée » va se retrouver programmée, au minimum, à cinq reprises, au cours de la saison théâtrale parisienne, en cours.

Qui oserait se plaindre d’une multiplicité de points de vue sur la pièce emblématique d’Henrik Ibsen, d’autant plus que chaque interprétation de Nora, loin de se substituer à la précédente, semble apporter un nouvel élément au puzzle que constitue ce personnage féminin, particulièrement insaisissable, en son entité ?

Si Audrey Tautou le compose délibérément dans la candeur fantasmagorique de l’enfance, Marina Foïs fait, d’emblée, appel à l’intelligence manipulatrice qui escompterait, d’origine, le contrôle, a minima, du statut féminin.

En l’occurrence, tout l’art de la direction d’acteurs présuppose d’avoir l’intuition d’une véritable cohérence face à l’évolution de ce rôle subtil, depuis son entrée en scène jusqu’à sa sortie volontariste.

Jean-Louis Martinelli dirige, ainsi, dès l’apparition de Nora, le processus d’une prise conscience, par étapes implicites, qui culminera dans la découverte objective d’une faille rédhibitoire dans l’image idéelle du mari.

Ce déclic va fonctionner à la manière d’une révélation psychanalytique que la cure théâtrale aura précédé jusqu’à ce point de rupture positive.

Même l’époux désavoué et soudain rendu à sa solitude sera incité, par les forces de l’inconscient, à admettre que le départ de Nora pourrait être perçu comme un signe de vie à saisir.

Marina Foïs s’emploie à faire progresser, de manière crédible et par conséquent réaliste, la lente montée de Nora vers la lumière, à l’instar de l’émancipation que chaque être humain est en droit de pouvoir revendiquer.

Autour d’elle, l’amie (Camille Japy), le docteur (Grégoire Oestermann) et le maître-chanteur (Laurent Grevill) s’unissent objectivement avec le mari (Alain Fromager) pour l’encourager, par défaut, à oser la démarche consistant à rompre avec son entourage afin de mieux se retrouver soi-même.

Pour cela, il lui faudra transgresser le lien maternel la reliant à ses enfants et s’éloigner, dans la nuit, hors du foyer familial, vers une nouvelle page blanche de sa destinée…

Qu’Ibsen soit un précurseur de la société post moderne, nul ne pourrait en douter à l’issue de la création de Jean-Louis Martinelli osant mesurer, non sans humour, sa propre réussite, à l’aune d’un surcroît de divorces, que celui-ci envisagerait volontiers pour les couples bancals assistant à son happening.

photo © Cat.S / Theothea.com 
 
MAISON DE POUPEE - *** Theothea.com - de Henrik Ibsen - mise en scène : Jean-Louis Martinelli - avec Marina Foïs, Alain Fromager, Laurent Grévill, Camille Japy, Grégoire Oestermann & Martine Vaudeville - Théâtre des Amandiers / Nanterre
 

Moyenne des avis sur cet article :  3.4/5   (5 votes)




Réagissez à l'article

1 réactions à cet article    


  • JL JL 31 mars 2010 15:02

    Marina Foïs est une immense comédienne : son interprétation de Darling était bouleversante de vérité et de talent.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires