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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Marlène Dietrich, la scandaleuse...

Marlène Dietrich, la scandaleuse...

Marlène Dietrich {JPEG} Jean-Paul Bled, auteur d' une biographie intitulée "Marlène Dietrich, la scandaleuse de Berlin", est venu présenter son ouvrage lors du Festival de la Biographie, à Nîmes, au Carré d'Art...

 

"J'en suis venu à ce sujet par la fascination que Marlène Dietrich exerçait sur moi...

J'ai d'abord été fasciné par sa voix, qui est une voix tout à fait particulière, féminine, mais aussi masculine, un mélange des deux, un mélange qu'on retrouve d'ailleurs dans sa vie...

Elle-même détestait qu'on écrivît sur elle... 

Elle avait écrit ses mémoires, donc c'était la vérité obligatoire... pour elle, en dehors de ses mémoires, rien n'existait. D'ailleurs, pour sa dernière apparition à l'écran, elle a tourné un documentaire avec Maximilian Schell... celui-ci lui pose une série de questions, et elle lui répond à chaque fois : "C'est dans mes mémoires... j'en ai déjà parlé."

Quelques dates...

Elle naît avec le siècle, en 1901 et elle meurt en 1992, à Paris.

Entre ces deux dates, elle est orpheline de son père à 7 ans, et là, elle a une passion pour sa grand-mère maternelle : ce versant de la famille est le versant aisé. Cette grand-mère possède une bijouterie-horlogerie réputée à Berlin... l'horlogerie de référence à Berlin, c'est l'horlogerie de la famille Felsing.

Cette grand-mère a le goût du luxe, de la beauté, et elle en instruit sa petite fille.

 

Ensuite, différentes étapes dans sa carrière...

D'abord, en 1930, bien sûr L'Ange Bleu... Sternberg, l'ère Sternberg... ça c'est fondamental pour comprendre sa carrière, pour comprendre sa personnalité, le corps, l'allure, le cinéma...

Jusqu'en 1929-30, elle a acquis une certaine notoriété à Berlin, mais elle ne figure pas dans le Panthéon des actrices ou comédiennes allemandes... et puis, arrive à Berlin ce metteur en scène austro-américain Josef von Sternberg qui a été chargé de tourner L'Ange Bleu, il lui faut trouver une actrice pour jouer le rôle féminin principal, le rôle de Lola Lola...

Il n'en a pas, il la recherche et un beau jour, sans prévoir qu'il va découvrir Marlène Dietrich, il se rend dans un théâtre de Berlin pour assister à une revue, et là, il découvre Marlène Dietrich qui danse, qui chante et il est immédiatement fasciné.

 

Alors, c'est une fascination à la fois, parce qu'il a trouvé l'actrice qu'il cherchait, et aussi une fascination personnelle : c'est un véritable coup de foudre.

Immédiatement, il tombe amoureux de cette femme qu'il n'avait jamais vue auparavant.

 

Il va tourner avec elle 6 films en dehors de L'Ange Bleu et il va y avoir un travail de transformation qu'on va voir se dessiner au cours des prochains films.

Par exemple, une silhouette beaucoup plus fine : Marlène Dietrich qui était une femme superbe, certes, mais un peu boulotte... cela disparaît car Sternberg lui donne pour ordre de perdre plusieurs kilos, et elle suit à la lettre ses instructions."

 

"Le cahier-photos est magnifique, commente le journaliste qui interroge l'auteur... Le corps qu'elle a, elle sait ou ils savent l'habiller...

Les robes que portaient Marlène Dietrich donnaient l'impression qu'elle est nue sous sa robe, ce qui est très érotique...

On a l'impression que la couleur des robes correspond au corps."

 

"Elle ne part pas pour Hollywood par opposition à Hitler : lorsqu'elle part pour Hollywood, nous sommes en avril 1930, Hitler ne représente pas à ce moment-là une menace. C'est quelques mois plus tard qu'il y aura des élections, le parti nazi fera alors 18%, et là, la menace deviendra tout à fait réelle.

 

En revanche, lorsqu'en 31, elle rentre en Allemagne pour voir ses amis, célébrer la Noël, puis en 32, c'est là un moment décisif, elle refuse de revenir en Allemagne, parce que la menace hitlérienne est devenue une réalité très forte, et elle ne rentrera plus en Allemagne, à Berlin, qu'en 45, après la chute de Berlin.

 

Et, entre temps, jusqu'en 1938, il y aura toute une série de tentatives d'approches du régime, notamment par Goebbels pour tenter de la convaincre de revenir en Allemagne.

Là, on lui propose des ponts d'or évidemment, et à chaque fois, elle refuse...

 

Il y a une seule fois, où elle peut donner l'impression qu'elle va accepter, mais elle met une condition, évidemment irréalisable, elle dit : "D'accord, je rentre, mais à une condition, c'est que : je choisirai mon metteur en scène, et dans ce cas ce sera Josef Sternberg, or, il faut savoir que Sternberg était juif, donc par définition, c'était une demande qui ne pouvait pas être réalisée par le régime nazi.

Bon, en d'autres termes, elle a toujours refusé."

 

"Marlène Dietrich (1901-1992) incarne la femme fatale, sensuelle, sophistiquée et libre – une liberté dont témoignent ses multiples expériences artistiques comme ses nombreuses relations avec les hommes et les femmes qui ont traversé sa vie. Cette immense artiste se métamorphose aussi en symbole politique."

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2020/03/marlene-dietrich-la-scandaleuse.html

 

Vidéo :


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16 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 7 mars 09:50

    Pour connaitre les sujets des prochains articles de Rosemar, mais en plus étoffé pour la présentation et le contenu : lien.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 7 mars 12:13

      @Séraphin Lampion

      Le bandeau déroulant de ce site vous permettra aussi d’anticiper sur les articles de l’auteur tellement difficiles à comprendre qu’une préparation est nécessaire.


    • Fergus Fergus 7 mars 10:00

      Bonjour, rosemar

      Intéressant article sur une artiste atypique et fascinante que j’ai toujours appréciée.

      En complément, je vous invite à lire cet article que j’ai publié en 2017 : Inoubliable et envoûtante Lili Marlène. Il relate l’histoire de cette chanson si attachante qu’elle a été chantée sur les théâtres de guerre, non seulement par les Allemands, mais également par les Britanniques. Ce texte rend également justice à la créatrice de cette chanson, Lale Andersen, injustement oubliée alors que sa version de 1938 porte une incroyable force nostalgique : lien.


      • rosemar rosemar 7 mars 18:46

        @Fergus

        Une chanson très connue, en effet et dont on ignore l’histoire...


      • Fergus Fergus 7 mars 19:58

        @ rosemar

        « dont on ignore l’histoire »

        D’où cet article. Je ne peux écouter cette magnifique chanson sans être très ému tant elle parle à l’âme. 


      • Fergus Fergus 8 mars 09:24

        A écouter également, Lili Marlen dans la superbe version italienne de Lina Termini (1941).



        • Fergus Fergus 7 mars 13:56

          Bonjour, Mélusine ou la Robe de Saphir.

          Voilà une affirmation bien hasardeuse. Qui peut en effet caractériser ce qu’est « une vraie femme » ?

          Pour certain(e)s, cela peut être, en effet, l’image véhiculée par Marlène Dietrich, celle d’une femme fatale et sensuelle. 

          Pour d’autres, celle d’une femme énergique et déterminée qui défend avec conviction des idées de progrès social. 

          Cela peut être également une beauté froide vêtue avec élégance.

          Ou bien encore une femme ni jolie ni belle mais dotée de charme.

          Et en quoi une femme banale mais sympathique et bonne épouse, bonne mère ou bonne collègue ne serait pas « une vraie femme » ? 


        • @Fergus, j’aime cette femme qui ne s’est jamais soumise au nazisme...La plupart des femmes sont soumises et lâches au point d’accepter d’être battue par leur mari. Même enceinte. Une vraie femme protège l’enfant qui est en elle. Elle porte l’avenir et le sait. 


        • Fergus Fergus 7 mars 16:20

          @ Mélusine ou la Robe de Saphir.

          « j’aime cette femme qui ne s’est jamais soumise au nazisme »

          Moi aussi, j’ai beaucoup de respect pour elle.

          « La plupart des femmes sont soumises et lâches... » 

          « La plupart », vraiment ? Permettez-moi d’en douter.
          Surtout à notre époque où ne joue plus la dépendance financière et le poids du regard des autres qui ont si longtemps inhibé la réaction des femmes confrontées à des comportements violents ou humiliants.


        • mmbbb 7 mars 18:25

          @Mélusine ou la Robe de Saphir. comme Joséphine Baker ! en effet respect .


        • rosemar rosemar 7 mars 18:48

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          Mais une dernière partie de vie très douloureuse :

          https://youtu.be/4pmYdmw6inM


        • @rosemar Comme Greta Garbo en Suisse.


        • Fergus Fergus 8 mars 09:25

          Bonjour, Mélusine ou la Robe de Saphir.

          A noter que Marlène Dietrich, entre autres décorations, à reçu la « Medal of Freedom » aux Etats-Unis et est Commandeur de la Légion d’Honneur en France.


        • A Olga Bancic, Rosa Luxembourg, Marie Curie, Colette,....


          • ARMINIUS ARMINIUS 9 mars 18:58

            Marlene Dietrich collectionnait les conquêtes, comme son compatriote Erich Maria Remarque (A l’Ouest rien de nouveau) dont elle fut l’amante à Venise en 1937, peu avant d’être celle de Joseph Kennedy ( et peut-être de son fiston) , tout ce beau monde se retrouva sur une plage du Cap d’Antibes ; peu de temps après Erich alla se consoler dans les bras de Greta Garbo, la grande rivale de Marlène.

            Dépité cette dernière commença une relation saphique avec Suzanne Baulé, entraineuse et cabaretiste un peu comme la Lola Lola de l’Ange Bleu...

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