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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Maurice Chevalier, collabo ?

Maurice Chevalier, collabo ?

« Vous êtes repérés, catalogués, étiquetés. Quoi que vous fassiez, on finira par vous retrouver. Vous serez verdâtres, la sueur coulera sur votre front et dans votre dos. On vous emmènera et, quelques jours plus tard, vous ne serez plus qu’un tout petit tas d’immondices. » (Pierre Dac, BBC le 12 février 1944).

Maurice Chevalier

Au micro de la BBC le 12 février 1944, pour une fois pas très comique, l’humoriste Pierre Dac (1893-1975) a décrit avec précision la future traque des collaborateurs avec les nazis. Dans la liste qu’il a prononcée figurait le nom d’un de ses admirateurs, et autre humoriste, Maurice Chevalier, qui est né il y a exactement cent trente ans, le 12 septembre 1888 à Paris, à Ménilmontant.

Quand il a entendu cette émission radiophonique, Maurice Chevalier a avalé de travers sa salive. Des amis résistants se chargèrent d’avertir Pierre Dac que le chanteur n’a jamais été un collaborateur, mais si l’humoriste de Radio-Londres a prudemment laissé ses accusations de côté, il n’a pas pour autant blanchi publiquement le preux Chevalier. Plus tard, le 27 mai 1944, un tribunal à Alger a même condamné à mort Maurice Chevalier pour la même raison.

Pourquoi cette "rumeur" ? Parce qu’à la une du "Petit Parisien" du 15 septembre 1941, un titre particulièrement clair s’étalait : « Le populaire Maurice Chevalier qui va chanter en France occupée nous dit qu’il souhaite la collaboration entre les peuples français et allemand. ». Or, cette information était totalement erronée. Maurice Chevalier, effectivement interviewé par ce journal, avait refusé de parler de politique, mais lorsqu’on lui demanda son opinion sur Pétain, il répondit qu’il était contre la guerre, et que les choses seraient meilleures s’il y avait plus de compréhension entre les peuples. En clair, une formulation très naïve et passe-partout (la guerre, ce n’est pas bien) qui fut déformée et dénaturée par la propagande collaborationniste. Maurice Chevalier a fait publier un démenti, mais dans un journal à très faible audience ("Comœdia").

Ce qu’on pouvait reprocher à Maurice Chevalier, c’était qu'il avait accepté de chanter deux mois au Casino de Paris, et d’animer des émissions sur Radio-Paris à midi (émissions interrompues par des messages nazis qu’il ne connaissait pas), mais il s’était senti contraint et forcé, ne pouvant refuser cela aux autorités françaises (ni ne pouvant refuser la présence d’officiers allemands à ses spectacles), et cherchant à en faire le moins possible : « Je pense m’en être tiré intelligemment. Ne pas les mettre en boule contre moi, tout en faisant comprendre aux Français, par mon court séjour à Paris, que je ne fais que ce qui est absolument obligatoire. ». Il avait même évoqué une maladie pour ne plus chanter à nouveau mais des rumeurs disaient qu’un médecin allemand allait l’examiner pour vérifier s’il était réellement souffrant.

Certes, beaucoup de Français, et notamment des artistes, acteurs, chanteurs, se sont engagés dans la France libre ou dans la Résistance intérieure pour s’opposer à l’occupant nazi. Mais à cette époque, le fantaisiste Maurice Chevalier avait déjà 53 ans, pas 20 ans, et il ne songeait qu’à remonter le moral des Français.

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Pourquoi se sentait-il contraint ? Entre autres, parce que la salle du Casino de Paris était en instance de fermeture en septembre 1942 et de reconversion en cinéma pour l’armée allemande s’il n’y avait plus de spectacles. Son directeur fit alors appel à Maurice Chevalier qui a proposé pour l’occasion sa chanson "Pour toi, Paris" : « Il arrivera que notre beau Paname retrouvera son éclat, sa beauté. C’est pour cet idéal, cette oriflamme que tous les Parisiens se joignent pour penser (…) pour attendre le soleil après la pluie ! ».

À partir du début de l’année 1943, Maurice Chevalier arrêta de chanter tant que la France ne serait pas libérée de l’Occupation et se cacha pour ne pas être arrêté par les nazis. Réfugié à Cadouin, en Dordogne, il a dû vivre clandestinement à partir du 6 juin 1944, car il était activement recherché tant par les maquisards que par l’armée allemande. Finalement, il fut arrêté le 14 septembre 1944 et interrogé à Périgueux.

Relâché après avoir signé sa déposition, Maurice Chevalier se réfugia dans une cachette à Toulouse le 15 septembre 1944. Il y rencontra un correspondant de guerre du "Daily Express", Basil Cardew, puis Pierre Dac, afin de leur expliquer sa situation. Ils firent beaucoup pour l’innocenter auprès des résistants. Deux semaines plus tard, Maurice Chevalier se rendit à son domicile parisien pour s’expliquer publiquement et couper court à toutes les rumeurs. Le poète Louis Aragon a pris sa défense le 9 octobre 1944 dans un article publié par le journal communiste "Ce soir".

Il fut finalement lavé de tout soupçon par la police parisienne, resta toujours très populaire et continua son activité de saltimbanque. Il encouragea les débuts d’Henri Salvador, il rencontra Jean-Paul Sartre, chanta devant le Président Vincent Auriol, fit des tournées partout en France, au Canada, etc.

Plus tard, Maurice Chevalier justifia son attitude ainsi : « De quoi m’accuse-t-on, en résumé ? De choses que les vrais Français ne retiennent pas. Que je croyais à Pétain au début de son règne. Qui n’y croyait pas ? Je vous le demande, chez nous, et même ailleurs, puisque les ambassadeurs d’Amérique, de Russie, et de partout, le voyaient intimement, chaque jour, à Vichy. Que j’ai chanté onze fois à Radio-Paris, en quatre ans. Alors qu’on insistait pour que je chante hebdomadairement. Que serait-il arrivé si j’avais refusé catégoriquement ? Vous le savez aussi bien que moi : une visite un matin, de très bonne heure. Moi et ma petite famille envoyés Dieu sait où ! ».

Fantaisiste, et surtout, saltimbanque. Maurice Chevalier a fait partie de ces premiers artistes qui firent des spectacles au music-hall, avec Fréhel, Joséphine Baker, Mistinguett, etc. Les salles de spectacle fleurissaient entre les deux guerres, plongeant la population dans l’insouciance alors que l’actualité internationale était très tendue. Les critiques étaient particulièrement élogieuses pour ses spectacles qui ont commencé dès 1904 et terminé en 1952.

Sa revue avec Mistinguett (1875-1956) aux Folies Bergères en avril 1917 : « Abondante en scènes comiques, habillée avec luxe inusité, logée dans des décors signés de nos meilleurs maîtres du genre, "La Grande revue" est interprétée par une troupe d’élite en tête de laquelle on applaudit toujours Mistinguett, Maurice Chevalier (…) et tous les créateurs de ce merveilleux spectacle. » ("Le Figaro" du 27 avril 1917).

Autre revue avec Mistinguett au Théâtre Femina : « M. Chevalier apporte lui aussi l’attrait de son comique si original, d’une verve si franche, d’une fantaisie si large, et même acrobatique, et principalement d’une jeunesse irrésistible. Avec une mimique très simple, un don de se faire entendre et de faire partager sa gaieté, cet artiste est un véritable artiste. » ("Le Figaro" du 7 mai 1917).

Au Théâtre des Bouffes-Parisiens, il participa à la création le 10 novembre 1921 de l’opérette "Dédé" (d’Albert Willemetz, composition d’Henri Christiné) où il chanta son célèbre "Dans la vie, faut pas s’en faire" : « Quant à l’interprétation, elle est excellente. M. Maurice Chevalier (…) déploie une verve étourdissante : c’est le triomphe de la soirée. » ("Le Temps du 12 novembre 1921).





Autre critique flatteuse : « Ne fût-ce que pour M. Maurice Chevalier, on ira voir "Dédé". Ce désopilant fantaisiste, qui nous arrive du music-hall, exerce sur tous les publics un prestige qui tient de la magie. Qu’il chante, qu’il parle, qu’il danse ou se désarticule, il est inimitable et irrésistible. » ("Comœdia" du 11 novembre 1921). Et encore : « Maurice Chevalier, le chanteur-danseur de café-concert, qui, par sa bonne humeur, sa fantaisie, sa familiarité qui ne tombe jamais dans la trivialité, son esprit d’à-propos, a fait du rôle de Robert Dauvergne le plus important de la pièce : il s’est placé en même temps au premier rang de nos comiques d’opérette. » ("Le Gaulois" du 12 novembre 1921).

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Car Maurice Chevalier était aussi un comédien, et même, un acteur très important d’Hollywood, commençant à faire ses débuts chez Pathé dès 1908 dans des courts-métrages muets puis avec une longue carrière dans les films sonores jusqu’en 1967 (il doublait lui-même sa voix en français, et au début, il rejouait carrément le film en français, parfois avec un réalisateur différent). Il a même reçu un Oscar d’honneur en 1959 (nommé deux fois en 1931) et fut inscrit avec une étoile (très rare pour un Français) au Walk of Fame à Hollywood en 1960.

Après sa tentative de suicide le 7 mars 1971 car le public lui manquait trop (mais il n’avait plus la force de remonter sur scène), tentative qui l’a mis dans un état de santé très faible, Maurice Chevalier est mort le 1er janvier 1972 dans un hôpital parisien, après avoir prononcé ses dernières paroles au père dominicain, ancien résistant et futur académicien, Ambroise-Marie Carré (1908-2004), un ami qui fut impressionné par le sourire du mourant. Beaucoup d’artistes l’ont considéré comme une référence incontournable, en particulier Charles Trenet et Charles Aznavour.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (11 septembre 2018)
http://www.rakotoarison.eu


La plupart des citations sur la vie de Maurice Chevalier sous l’Occupation sont issues des dix (premiers) tomes de son autobiographie "Ma Route et mes chansons" publiés de 1946 à 1969 (éd. René Julliard) qui ont eu beaucoup de succès et qui ont été rassemblés partiellement en 2012 dans un seul volume : "Dans la vie, il faut pas s’en faire" (éd. Omnibus) et ont été reprises par le site Wikipédia.


Pour aller plus loin :
Maurice Chevalier.
Vanessa Marquez.
Micheline Presle.
Pauline Lafont.
Marie Trintignant.
Philippe Magnan.
Louis Lumière.
Georges Méliès.
Jeanne Moreau.
Louis de Funès.
Le cinéma parlant.
Charlie Chaplin.
Jean-Michel Jarre.
Annie Cordy.
Johnny Hallyday.
Pierre Bellemare.
Meghan Markle.
Pierre Desproges.
Thierry Le Luron
Pierre Dac.
Coluche.
Barbara Hannigan.
Serge Gainsbourg.
Claude François.
Henri Salvador.
Barbara chantée par Depardieu.
Charles Trenet.
Georges Brassens.
Léo Ferré.
Christina Grimmie.
Abd Al Malik.
Daniel Balavoine.
Édith Piaf.
Yves Montand.

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31 réactions à cet article    


  • Jean 11 septembre 17:45

    hé oui, mais il fallait manger.... et combien d’autres, on peut dire tous ceux qui avaient accès au spectacle , et ya du monde....


    • Dom66 Dom66 11 septembre 18:13

      @Jean

      « hé oui, mais il fallait manger » comme tout ceux qui n’ont pas léché le cul des boches.

       Hé oui il y avait du monde, ce maurice n’était pas seul !


    • Cateaufoncel3 11 septembre 18:24

      @Dom66


      « ...il y avait du monde... »
      A commencer par le Ténia (L.-F. Céline, dixit) et sa copine, Beauvoir...

    • JulietFox 12 septembre 10:33
      @Jean

      émissions interrompues par des messages nazis qu’il ne connaissait pas.
      Donc, Maurice Chevalier, était sourd, et ne savait pas lire.
      Fallait bouffer. D’autres ont choisi d’autres voies -Jean Gabin par exemple.

    • flourens flourens 11 septembre 17:52

      dans la liste qui suit l’article il n’est fait nulle mention du seul combattant du lot, le quartier maitre Jean Montcorgé chef de char sur le TDM 10 « le souffleur » pendant la campagne 44-45 et pourtant célèbre sous le nom de « Gabin », avec lui pas d’ambiguïté ni de polémique


      • Gwynplaine Joker 11 septembre 18:23

        Dans « Seul contre tous », un film de Gaspar Noé, un ancien boucher chevalin décide de remettre les compteurs à zéro. Manifestement, la période évoquée dans cet article a laissé des traces dans les esprits. Il profère, entre autres, ces propos :

        « Ce pays n’est pas le pays du fromage, ce pays est comme un fromage. Un gros camembert qui pue, avec plein d’asticots grouillants à l’intérieur. Des p’tits asticots blancs bien collabos. Heureusement pour le reste de la planète ce fromage n’est pas très grand, et ses asticots, aussi méchants que trouillards, n’en sortent pas car ils savent qu’ils seraient vite écrasés. Le seul truc qui s’échappe un peu de ce fromage c’est cette puanteur rance que les asticots appellent culture et qui pue la mort. Malheureusement pour moi, je suis né dans ce fromage, et j’vais certainement mourir dedans. »

        C’est encore le meilleur régime ici-bas 


        • Gwynplaine Joker 11 septembre 18:26

          @Joker


          fatal failure

          fin du commentaire : 


          « Et tout ça, ça fait 
          D’excellents Français 
          D’excellents soldats 
          Qui marchent au pas 
          En pensant que la République 
          C’est encore le meilleur régime ici-bas »

        • Giordano Bruno 11 septembre 18:31

          Il est cocasse de voir S.K. aborder le sujet de la collaboration.


          • Gwynplaine Joker 11 septembre 18:32

            @Giordano Bruno

            pourquoi ?


          • Clocel Clocel 11 septembre 18:55
            Notre veulerie a permis au IV Reich de s’établir, qui sommes-nous pour juger nos aînés ?

            La plupart ont gueulé « Vive Pétain » ! Pas pour la collaboration, mais pour sa légende, le « Vainqueur » de Verdun... Le boucher moins sanglant...

            Comme quoi, à l’ouest rien de nouveau, il est toujours aussi facile d’enfumer les veaux la télé n’a rien ajouté à la connerie des masses.

            • amiaplacidus amiaplacidus 11 septembre 19:13
              @Clocel

              Pas la veulerie du peuple français, la trahison des « élites » de l’époque. Ceux qui disaient « mieux vaut Hitler que le front populaire ».
              Lire « L’étrange défaite » de Marc Bloch, auteur qui a vécu cette trahison.

              Et les « élites » actuelles ne valent pas plus cher que celles d’alors.

            • Xenozoid Xenozoid 11 septembre 19:18

              @amiaplacidus


              la ferme nation

            • Xenozoid Xenozoid 12 septembre 16:32
              @Xenozoid
              mais la nation est une ferme,avec des miradors. oui oui,et le bétail de meugler de temps en temps,celle qui a fermé les autres dans des accords« légaux »,a la naissance...ce pouvoir par essence malsain, qui vous paie votre temps de vie et ce qu’il vous reste,ce que moult ont dit a travers les âges,le pouvoir rend fou...la nation est l’ option des fous
              c’est un peut la ferme des animaux et 1984,mélangé a du coca cola

            • Clocel Clocel 12 septembre 17:45
              @amiaplacidus

              Et qui élis les élites avec constance, en mettant de préférence les crapules, les traîtres au pouvoir ???

              Va falloir vous foutre dans la tronche une fois pour toute qu’on a les représentants qu’on mérite !

              A une certaine époque, les Macron, Sarkozy, Hollande ou même Mitterrand, même pas en rêve, le peuple avait encore les cartes de son destin en main...

              On ne peut tout avoir, la petite vie bourgeoise de peigne-cul et la liberté avec les choix qu’elle impose...

            • bébert 11 septembre 19:21

              A quoi çà sert de remuer la merde , presque tous les protagonistes de cette époque sont morts , y compris notre cher Mitterand décoré de la Francisque , et grand résistant de la dernière heure.


              • Gwynplaine Joker 11 septembre 19:37

                @bébert

                Le boulot des historiens (et non pas des idéologues producteurs de récit officiel contre rémunération), c’est justement de « remuer la merde ». BBon, ça vous incommode ? Désolé, les bébés aussi font caca et il faut les changer, pas les jeter !

              • bébert 11 septembre 20:14

                @Joker
                Cher Joker , ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire , si les Nazis l’avaient emporté , vous verriez une toute autre histoire. De plus les historiens sont les lèches cul du système , comme les journaputes . Il vous a pas échappé que les Russes ont une autre vision de l’histoire que celle des Occidentaux . L’histoire n’est pas une science exacte.


              • Gwynplaine Joker 11 septembre 20:47

                @bébert

                les Russes n’ont pas non plus la même vison de la géographie

                si vous êtes allé en Russie, vous ave pu voir une planisphère qui représente le monde en situant la Russie au centre, l’Europe apparaissant comme une pénisnsule, une sorte de grand Finistère, et l’Amérique parfois coupée en deux, un bout à l’ouest de l’autre côté de l’Atlantique et un bout à l’est, de l’uatre côté du pacifique

                je ne sais pas comment ils font avec le mappemondes, mais manifestement, la géographie non plus n est pas une science exacte

              • goc goc 11 septembre 22:59
                Sylvain Rakotoarison : Maurice Chevalier collabo

                jaloux ???

                t’inquietes, tu y arriveras toi aussi !!, tu es sur la bonne voie


                • xiyih@bit-degree.com 11 septembre 23:50

                  comme quoi il faut se méfiez des optimistes


                  • bob14 bob14 12 septembre 06:35

                    Sur le Net , il est possible de consulter , in extenso , tous les numeros de LIfe Magazine de 1936 à 1972.............Les numeros relatifs à la 2è GM sont interessants pour la somme de documents et photos
                    Le numero du 24 aout 42 rapporte un long entretien avec un resistant refugié aux USA sur la Resistance , en France , à cette époque ( page 86 )
                    En tête de l’article :
                    Liste noire de Français condamnés par la Resistance pour collaboration avec les Allemands
                    - A abattre , ou à juger lorsque la France sera liberée -
                    Des gens des arts , de la litterature , du spectacle, de la Presse
                    Mistinguett, G.Carpentier , Corinne Luchaire , Pagnol , M. Chevalier , S. Guitry , Celine , Derain......
                    Du monde politique et de leaders de partis
                    Luchaire , Deat , Doriot , M de Polignac , R.de Chambrun, Fonck, Valery Radot........
                    De membres du Gouvernement et de l’ Armée
                    Pétain , Laval , Darlan , Brinon , Pucheu , Dentz , Weygand , Vallat .... smiley


                    • bob14 bob14 12 septembre 06:37

                      @bob14....Accusé, levez-vous ! Avant Après
                      ALAIN
                      (Emile-Auguste CHARTIER, dit ) Philosophe radical-socialiste, pacifiste, libre-penseur.
                      Signe l’appel « Paix immédiate » de Lecoin.
                      Pendant la guerre, membre de la Ligue de la Pensée Française, ouvertement collaborationniste. Il écrit en outre dans la Nouvelle Revue Française de Drieu la Rochelle. A la chute de l’empire nazi, Alain a perdu son aura de penseur de la gauche républicaine au profit de jeunes loups qui la perdront à leur tour avec la décadence de l’empire soviétique.
                      Sic transit gloria mundi.
                      ANOUILH (Jean) Pendant la guerre, il continue à écrire comme si de rien n’était. Collabore à Aujourd’hui. Non-résistant. .
                      ARLETTY Comédienne avant et pendant la guerre.
                      A fricoté avec un officier allemand. Emprisonnée au moment de l’Épuration. Assignée à résidence pendant 75 semaines.
                      AYMÉ (Marcel) Ecrivain très drôle. Signe en octobre 1935 le « Manifeste des intellectuels français pour la défense de l’Occident », qui soutient l’agression de Mussolini contre l’Ethiopie.
                      Collaborateur des journaux collaborationnistes Aujourd’hui, La Gerbe, Je suis Partout. En 1945, il prend la défense de Céline et de Brasillach. Cet homme était politiquement incorrect, avant que le terme ne désigne un intellectuel mondain.
                      BARJAVEL (René) Directeur littéraire aux Editions Denoël (associées à l’allemand Andermann) pendant la guerre. Directeur de la collection pour la jeunesse « la fleur de France ». Publie un roman, Ravage, en 1942. Ce roman, ainsi que trois nouvelles, sera publié en feuilleton dans le journal collaborationniste Je Suis Partout . Dénoncé publiquement comme « Collaborateur » par le Conseil National des Ecrivains (CNE) en 1944-1945.
                      Innocenté par la suite (comme Roparz Hemon).
                      BELMONDO (Paul) Sculpteur de talent et de renom. Membre du groupe « Collaboration ». Familier des diners de l’ambassade d’Allemagne pendant la guerre. Ces artistes, ils se croient tout permis.
                      Père de l’acteur Jean-Paul Belmondo.
                      BENOIT (Pierre) Romancier. Commandeur de la légion d’honneur. Membre de l’Académie française.
                      Membre du groupe « Collaboration ». Familier des diners de l’ambassade d’Allemagne pendant la guerre. Dénoncé publiquement comme « Collaborateur » par le Conseil National des Ecrivains (CNE) en 1944-1945.
                      Arrêté pour collaboration, emprisonné à Fresnes. Relâché faute de preuves


                    • bob14 bob14 12 septembre 06:41

                      @bob14....BENOIST-MECHIN (Jacques) Secrétaire général du gouvernement Pétain chargé des rapports franco- allemands. Secrétaire d’État dans le gouvernement Laval. Partisan d’un collaborationnisme dur.

                      BÉRAUD (Henri) Rédacteur au Canard Enchaîné de 1917 à 1934. Rédacteur aux journaux collaborationnistes L’Oeuvre et Gringoire. Violemment anglophobe. Condamné à mort pour intelligence avec l’ennemi. Gracié. Libéré en 1950. Meurt en 1958.
                      BETTENCOURT (André) Violemment antisémite. Dirige pendant la guerre le journal La Terre Française. Secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil sous le gouvernement Mendès-France (1954-1955). Plusieurs fois ministre sous la Vème République. Sa femme est l’héritière des parfums L’Oréal (entreprise fondée par son père, Eugène Schueller, financeur du groupe d’extrême-droite La Cagoule), et une des premières fortunes de France.
                      Citoyennes, ne vous parfumez plus !
                      BLOND (Georges) Collaborateur jusqu’en 44 de l’hebdomadaire fasciste et antisémite Je Suis Partout.
                       
                      BONNARD (Abel) Poète, essayiste, voyageur, journaliste, ami de Marcel Proust. Membre de l’Académie française.
                      Antisémite, partisan de la collaboration, membre du PPF, anglophobe.

                      Meurt à Madrid en 1968.

                    • bob14 bob14 12 septembre 06:43

                      @bob14....BORDEAUX (Henry) Auteur à succès.
                      Elu à l’ Académie française en 1919.
                      Pétainiste convaincu. Voir le texte Les murs sont bons, 1940. Dénoncé publiquement comme « Collaborateur » par le Conseil National des Ecrivains (CNE) en 1944-1945. Siège encore à l’Académie après la guerre. Une honte. Libres penseurs, il faut boycotter l’Académie.
                      BRASSENS (Georges) STO [NDLR : comme Georges Marchais, secrétaire du Parti communiste français, du temps de l’« Union de la gauche »]. Chanteur libertaire, peu enclin aux démarches citoyennes (« Le jour du 14 juillet, je reste dans mon lit douillet »).

                      CAMUS (Albert) L’Etranger paraît en 1942 aux éditions Gallimard. Camus rencontre Sartre en 1943 à la générale des Mouches. Il fait jouer sa pièce Le Malentendu en 1944, avec l’appui de Gherard Heller, de la Propaganda Staffel. [NDLR : Après Hitler, Staline !!!] .
                      CARCOPINO (Jérôme) Fils de dreyfusard et dreyfusard lui-même. Membre de l’Académie Française. Auteur de « la vie quotidienne à Rome » Secrétaire d’Etat à l’Education nationale et à la Jeunesse en 1941 et 1942, jusqu’au retour de Laval aux affaires. Il propose à Pétain une limitation (numerus clausus) du nombre d’étudiants juifs. Révoqué de ses fonctions et traduit devant la Haute Cour. Emprisonné à Fresnes. Libéré en 1945....


                    • bob14 bob14 12 septembre 06:44

                      @bob14....CARNÉ (Marcel) Réalisateur de chefs d’oeuvre du cinéma, dont « Les visiteurs du soir » (1942) et « Les enfants du paradis » (1945). Certains critiques disent, pour le couvrir, que « Les visiteurs du soir » est une allusion à l’occupation allemande. Les vrais résistants ont été moins naïfs : Carné a reçu un « blâme » du Comité de Libération du Cinéma.
                      CASTELOT (André) Historien. Rédacteur pendant la guerre au journal collaborationniste La Gerbe. Dénoncé publiquement comme « Collaborateur » par le Conseil National des Ecrivains (CNE) en 1944-1945. Historien et vedette de la télévision nationale.
                      Libre-penseurs, il faut boycotter les chaînes publiques...
                      CAVANNA (François) STO (Lire son bouquin : « Les Russkoffs ») [NDLR : comme Georges Marchais, secrétaire du Parti communiste français, du temps de l’« Union de la gauche »]. [NDLR : Après Hitler, Staline !!!] Résistant à tout
                      CAYATTE (André) Réalisateur de cinéma. Pendant la guerre, a fait plus de 2 films pour la « Continental Films », société de production sous direction allemande. Condamné par le Comité de Libération du Cinéma à l’interdiction à vie d’exercer son métier. Il n’en a pas tenu compte, ce qui aggrave son cas. Un vrai Roparz.
                      CÉLINE
                      (Louis-Ferdinand DESTOUCHES, dit) Médecin dans une banlieue pauvre. Romancier.
                      Antisémite virulent. Collaborationniste acharné. Se réfugie à Baden-Baden, à Singmaringen puis au Danemark. Emprisonné au Danemark.
                      Condamné en France en 1950 à l’indignité nationale et à un an de prison. Considéré comme un écrivain innovant ce qui, pour un vrai libre-penseur, doit rendre l’innovation littéraire suspecte de collaboration avec l’étranger.


                    • bob14 bob14 12 septembre 06:47

                      @bob14....

                       
                      CHEVALLIER (Maurice) Chanteur. Excellent quand il chante en anglais.
                      Pendant la guerre, il anime sur Radio-Paris des émissions de 30 minutes qui lui sont payées 60 000 francs chacune. 
                      Une honte.
                      CLAUDEL (Paul) Ambassadeur de France jusqu’en 1935, et poète comblé d’honneurs.
                      Claudel publie dans le Figaro, le 10 mai 1941 un ode au maréchal Pétain. Claudel publie, toujours dans le Figaro, le 23 décembre 1944, une ode au général de Gaulle.
                      CLAVEAU (André) Prince de la chanson de charme avant, pendant et après la guerre.


                    • bob14 bob14 12 septembre 06:49

                      @bob14.... CLOUZOT (Henri-Georges) Réalisateur de films, dont « L’assassin habite au 21 » (1942), « Le Corbeau » (1943). Condamné par le Comité de Libération du Cinéma à l’interdiction temporaire d’exercer son métier.
                      Récompensé au festival de Venise et au festival de Cannes pour « Quai des Orfèvres » (1947), « Manon » (1949), « le salaire de la peur » (1949).
                      COCTEAU (Jean) 1940 : Ecrit dans le journal collaborationniste La Gerbe.
                      1941 : fréquente Ernst Jünger et Otto Abetz, dine chez Maxim’s avec Albert Speer. Il entame la collaboration culturelle avec le journal Comoedia.
                      Publie le Salut à Breker.
                      Cocteau et Giono ont, en commun, d’avoir parlé de Hitler comme d’un « poète »....J’arrête là,la liste des collabos est bien trop longue…c’était les Français pendant la guerre, avant que les USA viennent sauver leur peaux…. smiley


                    • gardiole 12 septembre 08:04

                      @bob14

                      « ANOUILH (Jean) Pendant la guerre, il continue à écrire comme si de rien n’était. »
                      Les coiffeurs ont continué à coiffer comme si de rien n’était.
                      Les boulangers ont continué à faire du pain comme si de rien n’était.
                      Les médecins ont continué à soigner comme si de rien n’était.
                      Etc.
                      Entre le collaborationnisme, la propagande en faveur de la Collaboration, la Collaboration elle-même, le fait d’agir effectivement pour le compte des Allemands, et le simple fait de vouloir continuer à vivre en faisant ce qu’on savait faire, il y avait de la marge.


                    • bob14 bob14 12 septembre 08:13

                      @gardiole....Ne pas mélanger les « élites » collabos avec le boulanger...merci pour eux !


                    • bob14 bob14 12 septembre 07:43
                      Nous remarquons que la France pendant la guerre avait des « zélites » très particulières pour représenter le pays des « lumières »..d’ailleurs très peu ont été inquiété après la guerre..pour bon nombre retrouvant des postes à responsabilité sous De Gaulle, faute de remplaçant...France pays des « CHARLOTS ».... ?
                       smiley

                      • JulietFox 12 septembre 10:45
                        Brassens.
                        Pas couru assez vit pour échapper au STO.
                        Se cachait dans les chiottes chez Bramo ( moteurs d’avion du ME 323) pour buller le plus possible.

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