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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Max and co, vers un cinéma d’animation européen ?

Max and co, vers un cinéma d’animation européen ?

En février 2008, la sortie de Max and co sur les écrans a suscité l’espoir chez les amateurs de cinéma d’animation : enfin une production européenne de qualité, capable de raconter avec humour les effets de la mondialisation aux adultes comme aux enfants et surtout de faire la nique aux grosses machines américaines et japonaises à fabriquer de l’entertainment. Aujourd’hui, la parution de Max and co en DVD, agrémenté d’un passionnant making-of, permet de constater que ce film tient bien la route, mais surtout de souhaiter que l’Europe se dote de bons studios d’animation pour affirmer son exception culturelle.

Max ça vous dit quoi, à part Max la menace, le blockbuster qui concentre sur lui toute l’actualité cinématographique du moment ? Ce n’est pourtant pas de ce Max-là dont il est question ici, mais d’un petit renard anthropomorphe de 15 ans, héros du film d’animation Max and co des frères suisses Fred et Sam Guillaume. Sortie début 2008, Max and co a reçu le prix du public au festival du film d’animation d’Annecy en 2007, sans pour autant attirer ce même public dans les salles. Bref cette sortie a été un bide du point de vue financier.

Sa version DVD (Wild Side Video) est agrémentée d’un bonus plutôt bien fichu racontant la genèse et la fabrication de cette histoire qui a nécessité cinq années de travail et la présence des meilleurs techniciens du cinéma suisses, belges, britanniques et français. Bref l’excellence made in Europe !

Voici l’histoire telle quelle, présentée par le producteur du DVD : « Chez Bzz & co, l’usine de tapettes à mouches de Saint Hilare, les affaires ne marchent plus très bien : il n’y a plus suffisamment de mouches ! Les actionnaires décident donc de rationaliser les dépenses, en commençant par licencier tout le personnel… mais les ventes n’augmentent pas pour autant ! C’est alors qu’un savant fou a l’idée de fabriquer des mouches mutantes, qui ne vont pas tarder à attaquer la ville et ses habitants. Max, un jeune garçon musicien à la recherche de son père, découvre bientôt les manipulations de Bzz & co et décide de se rebeller contre l’usine, avec l’aide des habitants… ». 


Malgré ses clins d’œil générationnels (le savant fou tout droit sorti de L’Etrange Noël de Mr Jack, les « musiciens d’ascenseurs » apathiques qui ressemblent étrangement aux Rolling stones…), Max and co s’adresse à tous les publics, grands et petits. C’est donc un film à partager, même si certaines critiques lui reprochent d’être « un peu léger pour les adultes et trop complexe pour les enfants ». Mais d’autres reconnaissent qu’il « propose une vision très personnelle du monde actuel et notamment de celui de l’industrie et de sa course aux profits, ses délocalisations, ainsi que des organismes génétiquement modifiés. Et tout cela sans être redondant ni moralisateur ». Ces deux critiques d’internautes reflètent assez bien la manière dont a été reçu ce film, tant par le public que par la presse. On pourrait résumer cet accueil par « bien, mais peut mieux faire ». La critique la plus drôle est sans doute celle-ci :

Mais Max and co tient aussi debout grâce à l’unité et à la cohérence des personnages, véritablement incarnés et pas seulement doublés par les acteurs Lorànt Deutsch (Max), Patrick Bouchitey, Denis Podalydès, Virginie Effira, Micheine Dax et Sanseverino qui est Sam, le père de Max (ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Sanseverino double un personnage de film d’animation puisqu’il avait déjà endossé un costume de loup et de chat, respectivement dans Loulou et dans U de Grégoire Solotareff et Serge Elissalde).

Au départ, Max and co est un court-métrage. Et puis la rencontre des frères Guillaume avec leur producteur Robert Boner a donné des ailes au projet qui est devenu un long métrage. Le bonus montre les images du film initial. Rien à voir avec le résultat final ! Et heureusement que les frères Guillaume sont retournés voir Bober qui a d’abord reçu comme des chiens dans un jeu de quille ce tandem de frangins aux limites de l’amateurisme.

L’apport financier de Bober a permis à la souris d’accoucher d’une montagne (suisse, bien sûr) et sans doute de se payer les services d’une équipe que nous avons déjà évoquée ainsi que d’un musicien de renom (Bruno Coulais qui ne s’est pas contenté de signer son énième BO, mais a inventé l’instrument de Max, la bigoude, une espèce de guitare électrique-accordéon !) et de deux scénaristes, en l’occurrence Emmanuel Sallinger et Christine Dory, deux scénaristes qui n’avaient jamais travaillé dans le domaine de l’animation.

Ce qui explique sans doute pourquoi ce film possède un ton bien à lui, différent de la plupart des films d’animation formatés que l’on nous sert à grands coups de surenchères techniques. C’est un peu comme si Max and co marquait d’une pierre blanche une ère nouvelle dans le cinéma d’animation made in Europe. Un commencement.





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1 réactions à cet article    


  • floyd floyd 16 septembre 2008 10:05

     Il faut quand même préciser que le film a fait un flop au cinéma et que les sociétés de production qui ont financé le film ont fait faillite !

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