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Melting Pot

Des écrivains, des personnalités, des rencontres... et des livres.

Blogamara

Ni putes, ni soumises, Fadela Amara
La Découverte Poche, 6 €, 156 pages

« Je suis un petit bout de femme, dotée d’une grande gueule et d’une immense détermination, avoue Fadela Amara, 40 ans, la « walkyrie des banlieues ». Dans un livre choc, elle raconte son parcours. Née de parents algériens dans une cité de Clermont-Ferrand, sa vie bascule en 1978 quand son petit frère est tué par un chauffard. C’est là qu’elle décide de « bouger ». A 17 ans, elle organise une marche pour inciter les jeunes de sa cité à voter. Quatre ans plus tard, elle crée une association de femmes, puis en 1986, elle adhère à SOS Racisme. En 2002 naît son mouvement, « Ni putes ni soumises », au slogan « volontairement provoc ». Son but : « Dénoncer les violences contre les femmes et briser l’omerta ». Résultat : la grande Marche des Femmes, qui a rassemblé des milliers de personnes dans la France entière. Le récent succès de son livre ? « C’est formidable ! Et c’est la preuve qu’au-delà de l’engouement et de la sympathie pendant la Marche, les gens continuent à être attentifs à notre mouvement. » Beau message de colère et d’espoir.

Blognat

Dans la famille Rheims, on se souvient du père, Maurice, académicien et collectionneur, puis de l’aînée, Bettina, photographe. Il y a aussi Nathalie, la cadette, la romancière. Son sixième roman, Le Rêve de Balthus, (Fayard / Léo Scheer) est une sorte de labyrinthe artistique où se mêlent érudition et mystère. « Trois semaines après la mort de Maurice - Nathalie Rheims n’a jamais appelé son père "papa" - j’ai fait des cauchemars liés à ce deuil. Une nuit, j’ai eu l’impression très forte que Maurice était dans ma chambre. Il était assis sur mon lit et m’a dit cette phrase étrange : « Tout est dans le Rêve de Balthus ». Je me suis réveillée , il était cinq heures du matin. Je suis allée chercher une carte postale du fameux tableau de Balthus, « Le Rêve », dans un tiroir. Toute ma vie, j’avais eu ce tableau sous les yeux, chez mon père. Et c’est là, en regardant la carte, que j’ai eu l’idée de mon roman. » Ce roman met en scène, en tant que personnage principal, ce tableau bien réel, chef d’œuvre du peintre Balthus. Débute alors un parcours initiatique, de Paris à Venise, qui remonte le temps jusqu’à la Renaissance italienne. Nathalie Rheims y rend un hommage à son père, à tout ce qu’il lui a transmis de sa passion de collectionneur et d’esthète. Dans ce roman, elle poursuit le dialogue avec ce père disparu, qu’elle considère comme l’homme de sa vie, et avec qui elle avait des relations extraordinaires. « L’héritage, ce ne sont pas seulement des biens, précise-t-elle, c’est aussi ce que nos parents nous transmettent. Je dois ce livre à Maurice, qui m’a appris à aimer l’art, et qui m’avait dit un jour : Je ne te demande rien d’autre que d’être curieuse. »

Blogrheims

Le Rêve de Balthus, 160 pages, 13 euros
Fayard/Léo Scheer

Nathalie Rheims vient de publier Le Cercle de Megiddo

Blog_tamaro

La « Tamaro-mania »

Un des phénomènes italiens qui s’exporte le mieux n’a rien de pulpeux ni de brun, n’en déplaise à Monica Belluci. Il s’agit plutôt d’une quadra blonde aux allures de garnement fragile, et dont les romans traduits dans le monde entier ont été dévorés par quinze millions d’aficionados.
Avec le succès fracassant de Va où ton cœur te porte, publié en 1994, Susanna Tamaro devient la plus adulée, la plus enviée, la plus discutée des romancières italiennes. Lors de la houle médiatique provoquée en 1997 par la sortie de Anima Mundi, ses détracteurs l’ont traitée de communiste exaltée, fasciste effrontée, catholique intégriste et prêtresse New Age. À son sujet, on a dit tout et n’importe quoi : qu’elle avait un luxueux duplex Piazza Navone, qu’elle roulait en Jaguar, qu’elle était vénale, en pleine déprime, suicidée, ressuscitée, fiancée à une chanteuse rock.
En dépit des foudres de la critique italienne, ses lecteurs la plébiscitent avec un enthousiasme débordant. Ses ventes s’envolent. On la publie partout. La petite-nièce du grand écrivain italien d’avant-guerre, Italo Svevo, est vénérée par les jeunes, pour qui elle devient une véritable figure de proue. Au creux de la tourmente, la Tamaro reste zen. Elle évite la presse, quitte son petit deux-pièces romain pour s’isoler dans sa ferme rustique d’Orvieto (achetée avec ses premiers gains), entourée d’amis, de chevaux, de chiens et de chats.
Son dernier livre -qui donnera lieu à un film- pose un regard lucide sur la cruauté qui habite le monde, sur le désir néfaste de nuire à l’autre. Réponds-Moi  rapproche trois personnages qui expriment, chacun à sa façon, la violence des rapports quotidiens d’aujourd’hui, une violence de tous les jours aussi tragique, aussi atroce que celle des confits et des guerres. Susanna Tamaro reste fidèle à ses deux grands thèmes littéraires, la mort et la douleur. Mais celle qui « expulse le venin seulement en écrivant », celle qui n’aime ni les étiquettes politiques, ni les étiquettes religieuses, celle qui hait « tout ce qui est étroit : vêtements, chaussures, sentiments, idées, pensées, lieux et cœurs », a trouvé le temps l’année dernière de créer sa propre fondation, « la Susanna Tamaro Foundation », destinée à recueillir une bonne partie de ses droits d’auteur pour aider les déshérités du monde entier.
De quoi clouer le bec à ceux qui persistent à lui reprocher nombrilisme et mégalomanie.

Blogalb

Les cinq personnes que j’ai rencontrées là-haut
Mitch Albom

Oh ! éditions, 281 pages , 18 euros

Mitch Albom. Ce nom ne vous dit rien ? Il s’agit pourtant d’un écrivain américain, auteur d’un puissant phénomène littéraire : une fable contemporaine, qu’on s’arrache avec la même frénésie que le Da Vinci Code, un roman publié dans 34 pays avec 5 millions de lecteurs à travers le monde, arrivé en France en 2004. Dès les premières lignes, on apprend qu’Eddie, octogénaire qui travaille dans un parc d’attractions, va mourir. C’est le dernier jour de sa vie. Sinistre ? Noir ? Absolument pas. Au ciel, Eddie va rencontrer les cinq êtres qui ont le plus compté pour lui. Certains sont des proches, d’autres, des inconnus. Mais tous auront joué un rôle capital du vivant d’Eddie, et tous, à leur tour, vont l’éclairer sur un pan de sa vie. Certains pourraient trouver ce livre un peu mièvre, certes. Mais ça se lit vite et bien. Et ça met du baume au coeur.

Blogarnothy

A vingt ans, une jeune Hongroise qui roule les R fait une entrée fracassante dans le monde des lettres avec un émouvant récit autobiographique : J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir, écrit sous les bombes, lors du siège de Budapest. Nous sommes en 1954, la jeune femme s’appelle Christine Arnothy et le grand patron de presse qui lui remet le prix Vérité, Claude Bellanger. Ainsi débute une carrière de romancière et une histoire d’amour. D’une mère francophile, Christine Arnothy a hérité une passion pour la langue française. Elle explique volontiers qu’elle a toujours su qu’elle serait écrivain. « Écrire est une priorité, une nécessité ».
Son 26e roman raconte l’histoire d’une jeune fille qui cherche à être éditée, et celle d’un éditeur cruel qui cherche à tout prix un « coup littéraire ». Le résultat est un livre à rebondissements multiples, un peu tiré par les cheveux, qu’on lit le sourire aux lèvres. Sourire un peu jaune, si on connaît bien le milieu littéraire parisien...

Une rentrée littéraire, Fayard, 382 pages, 20 euros

Christine Arnotny vient de publier Relations inquiétantes, chez Fayard.


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