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« Miracle en Alabama » Verbalisation autistique en exaltation au La Bruyère

Véritable miracle au La Bruyère où cette adaptation théâtrale du roman de William Gibson pourrait valoir « Traité d’éducation » à vocation universelle rappelant celui de « L’enfant sauvage » de François Truffaut prônant le langage comme étant l’outil essentiel du rapport de l’être humain à lui-même et au monde.

L’histoire de Helen Keller tient quasiment du prodige que peut engendrer la destinée humaine lorsque celle-ci trouve soudain la lueur au fin fond de l’obscurantisme qui pourrait éclairer, de fait, la première étape d’une démarche structurante permettant d’atteindre à la maîtrise relationnelle.

  

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MIRACLE EN ALABAMA
© LOT

  

Ainsi sourde, aveugle et muette à deux ans suite à une congestion cérébrale mal traitée, l’enfant aura sombré peu à peu dans un système sans repère tout en étant l’objet d’une attention familiale totalement dévouée à cette cause.

A deux doigts de l’enfermement en asile, le recours à la dernière chance s’appellera Annie Sullivan, elle-même spécialiste du langage des signes suite à cécité dans l’enfance, accédant en l’occurrence à la charge d’éduquer Helen devenue ingérable par son entourage.

La gouvernante ainsi nouvellement en place comprendra intuitivement que la jeune handicapée doit être soustraite à l’apitoiement et à la surprotection dont elle est d’autant plus gratifiée qu’elle se trouve en situation permanente de harceler sa famille en essayant d’imposer une chaîne de caprices successifs afin de tenter d’exister au regard d’autrui.

 

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MIRACLE EN ALABAMA
© LOT

  

Dans cet univers autistique, Annie imagine qu’il serait possible de se servir des doigts de la main pour objectiver les mots en prise avec quelques premiers signifiants basiques.

Cependant sa lutte pour faire reconnaître à Helen ces éléments rudimentaires de langage se doublera d’une bataille avec chacun des membres de la famille en incompréhension plus ou moins réactive face à cette stratégie dont l’utilité ne leur paraît point primordiale.

Et pourtant, au final, la verbalisation tactile de la muette s’avèrera être la méthode adéquate pour une progression vertueuse vers sa socialisation et le savoir-être ainsi que vers son emprise sur l’environnement et le savoir-faire.

 

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MIRACLE EN ALABAMA
© LOT

  

Le succès du film d’Arthur Penn en 1962 ayant décerné les Oscars de la meilleure actrice à Anne Bancroft (Annie) et celui du meilleur second rôle à Patty Duke (Helen) pourrait contribuer à célébrer, présentement, la formidable adaptation théâtrale francophone de Pierre Val jouant lui-même le rôle du Pater familias.

Au La Bruyère, chacun des rôles est défendu avec la justesse et la pertinence d’un psychodrame projeté dans la guerre de sécession alors que, paradoxalement, ses enjeux s’incarnent dans une contemporanéité tout aussi brûlante qu’à l’époque.

 

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MIRACLE EN ALABAMA
© LOT

  

En effet dépassant l’histoire véridique vécue par Helen Keller, la problématique en question ici est bien celle du rapport existentiel de l’humanité à elle-même passant obligatoirement par celle du langage.

Aussi, à la manière d’une démonstration Rousseauiste, les protagonistes se débattent-ils dans un tissu complexe de contradictions à la fois naturelles et sociétales pour en définitive émerger dialectiquement vers une civilisation à figure humaine ô combien salvatrice.

   

photos 1 à 4 © LOT
photo 5 © Theothea.com 

   
    
MIRACLE EN ALABAMA - **** Theothea.com - de William Gibson - mise en scène Pierre Val - avec Valérie ALANE, Julien CRAMPON, Stéphanie HEDIN, Marie-Christine ROBERT, Pierre VAL et, en alternance, Lilas MEKKI et Clara BRICE - Théâtre La Bruyère

  

  

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MIRACLE EN ALABAMA
© Theothea.com

   


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2 réactions à cet article    


  • S.B. S.B. 12 mars 18:08

    Les termes prétentieux froids et techniques de l’article ne rendent pas justice à l’humanité de cette histoire, si merveilleusement racontée dans le magnifique film d’Arthur Penn, avec l’incroyable scène de 10 mn du « repas ».

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