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« Misery » L’écrivain dans les mailles perverses de sa Lectrice au Théâtre Hébertot

A l’approche d’Halloween, « Misery » de Stephan King pourrait s’offrir au public tel un spectacle dédié implosant les codes du vivre en bonne intelligence.

 

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MISERY
© Nathalie Sternalsky

  

Au-delà de cette opportunité, la scénographie de Jean-Pierre Laporte attire l’anxiété du spectateur vers le hors-champ par un jeu de rétroprojection laissant transparaître quelque signifiant vidéo fantomatique dont on percevrait la violence induite mêlée à une expression sonore traumatisante.

Cultivant ainsi le paradoxe jusque dans ses retranchements métaphoriques, la mise en scène de Daniel Benoin focaliserait le suspense sur le rapport de forces instauré entre les deux personnages, Paul l’écrivain de best-sellers et Annie sa lectrice fan devenue sans crier gare son infirmière patentée.

  

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MISERY
© Nathalie Sternalsky

   

De fait, un accident de voiture nocturne en pleine nature blessant gravement Paul a contraint Annie à le recueillir dans sa ferme et à prodiguer les premiers soins.

Mais voilà, comprenant l’identité de son protégé, celle-ci va rapidement l’isoler de tout contact personnel possible et de tout secours médical.

En effet, il se trouve que l’écrivain est parvenu à un stade de sa vie professionnelle où il souhaite en finir avec son héros récurrent de façon à pouvoir passer à une autre étape de sa créativité littéraire et qu’a contrario Annie, elle, sa lectrice emblématique, veut faire perdurer les vertus de sa propre bulle imaginaire dans les schémas qui la font rêver et fantasmer.

 

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MISERY
© Nathalie Sternalsky

  

La tension psychologique ne va cesser de croître entre les deux protagonistes au point que d’abord la ruse, puis la violence physique vont se relayer de part et d’autre, de façon à imposer à l’autre sa raison prépondérante.

Les coups répondant au stratagème, force sera de s’interroger au-delà de la relation psychopathe présente sur les fonctions respectives de l’écrivain et de son lecteur, ainsi que sur leurs responsabilités réciproques.

 

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MISERY
© Nathalie Sternalsky

  

Myriam Boyer assume avec classe les dérives hallucinatoires de son rôle, pendant que Francis Lombrail, lui, apprend à souffrir avec résignation apparente pour tenter une sortie saine et sauve par le haut de son charisme.

Du roman à la pièce de théâtre, en passant par le film, des générations de spectateurs ont ainsi été confrontées à l’angoisse inhérente à l’œuvre de Stephan King.

 

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MISERY
© Theothea.com

  

A chaque support correspond un potentiel de fascination. En ce qui concerne l’adaptation théâtrale française de Viktor Lazlo, son point fort se situe dans l’intensité relationnelle suscitée en temps réel par les deux comédiens sous la direction de Daniel Benoin.

Point de véritable terreur ici mais davantage une impression d’être submergé par une folie sans limite… comme si l’on pouvait craindre que l’esprit subversif d’Halloween revienne en boomerang sur le modus vivendi du quotidien.

  

photos 1 à 4 © Nathalie Sternalsky 
photos 5 & 6 © Theothea.com
   
MISERY - **.. Theothea.com - de William Goldman - mise en scène Daniel Benoin - avec Myriam Boyer & Francis Lombrail - Théâtre Hébertot
  

  

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MISERY
© Theothea.com

   


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