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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Moïse, prêtre du dieu d’Egypte Osiris

Moïse, prêtre du dieu d’Egypte Osiris

Merci à AgoraVox qui me permet de poursuivre mon interprétation du texte de la Bible dans la continuation des articles que j’ai écrits sur Adam et Eve, Abraham et Joseph. Ce sujet est-il d’actualité ? Non, parce qu’il appartient à une époque lointaine qui n’est plus la nôtre. Oui, parce qu’il se trouve au début d’un fil de notre histoire qui s’est déroulé jusqu’à nous et qui a contribué, culturellement, à faire de nous ce que nous sommes. Cette histoire aux allures de légende est-elle historique ? Non, dans sa lecture littérale ; oui, dans son déchiffrement.

Les Anciens ne disposaient pas de la richesse de vocabulaire dont disposent aujourd’hui nos historiens et nos sociologues. Raconter l’histoire de leur cité par analogie avec celle d’un couple humain - le conseil des prêtres/chefs étant l’homme, la population la femme - n’a absolument rien d’invraisemblable, la vie de la cité pouvant être à l’image d’un couple uni, d’où l’histoire d’Adam et Ève. Il n’est pas non plus invraisemblable que cette image ait été reprise pour symboliser l’amour entre des troupes de combattants et leurs chefs, dans l’histoire d’Abraham et dans celle de Jacob. Mais voilà que l’image se brouille après la chute d’Avaris et de Bersabée. Ces Hébreux/Hyksos - ma thèse - qui étaient jadis les seigneurs du désert, voici qu’ils sont obligés de travailler de leurs mains sur les grands chantiers pharaoniques.

Le contexte biblique.

La durée du séjour des fils d’Israël en Egypte a été de 430 ans selon la Bible. Malgré leur défaite d’Avaris et leur soumission, ils étaient restés sur leurs terres et dans leurs marais. Mais leur incroyable fertilité pour accoucher des prêtres ne pouvait que mettre en danger la stabilité de la société égyptienne, ce qui a obligé le pharaon à interdire cette source de recrutement. Tous les jeunes prêtres contestataires de moins de deux ans d’exercice sont jetés dans le Nil au risque de se noyer, horrible massacre des innocents !

Le peuple hébreu n’a plus de prêtres pour le féconder de paroles. Il oublie ses Ecritures. Lorsque le premier mouvement de résistance se manifeste par l’assassinat des surveillants égyptiens qui battent "les frères"’, il n’est même pas soutenu par le peuple et doit s’exiler de l’autre côté de la frontière, en pays de Madiân.

Ce mouvement de résistance, c’est Moïse. La fille du pharaon (la population de Madiân ?) l’a recueilli alors qu’il vagissait dans sa corbeille de papyrus, au milieu de la mer des roseaux, comme autrefois le grand roi Sargon. C’est elle qui va nourrir ce mouvement de résistance et qui en fera sortir des prêtres.

Ce conseil de résistance travaille d’abord au profit des populations madiânites en défendant leurs droits face aux troupes d’occupation égyptiennes. Son mariage local avec Sippora signifie que ce conseil agit désormais en liaison avec un groupe de maquisards du pays. Il passe ses journées à faire paître son troupeau quand, soudain, un buisson en feu attire son attention. Les membres du conseil se mettent en cercle autour de ce feu de Yahvé et s’interrogent car, en Egypte, le pharaon a durci son oppression en obligeant leurs frères à ramasser dans les champs la paille qu’auparavant il leur livrait pour fabriquer les briques. Des contacts sont établis. Des reconnaissances sont faites. Le grand exode du peuple hébreu est planifié.


Le contexte égyptien.

Citations : « En Egypte, les Anciens m’ont dit que Moïse était originaire d’Héliopolis. Suivant les coutumes de sa patrie, il obligeait les Egyptiens à construire des enceintes ayant la forme de celle qui entourait sa ville, lesquelles devaient être orientées comme elle en direction du soleil levant. Il voulait en faire des lieux sacrés et de prières pour tous les Egyptiens. A l’intérieur de ces enceintes, il ne dressa pas d’obélisque, mais seulement une colonne au sommet de laquelle se trouvait une barque sculptée. Dans cette barque, une statue se tenait debout. » (d’après Flavius Josèphe, Contre Apion, II, 10). Manethon et Philon disent que Moïse s’appelait Osarseph, ce qui signifie de toute évidence : le prêtre d’Osiris. Chaeremon appelle Moïse et Joseph : Tisithen et Peteseph, les considérant cependant comme des hiérogrammates importants qui s’occupaient du service du temple aux temps d’Aménophis et de son fils Ramsès (la dynastie des Ramsès ne règnera que beaucoup plus tard).

Ces documents confirment l’interprétation que j’ai développée dans mes précédents articles. Les descendants du peuple hébreu/hyksos se sont séparés en deux classes, une élite de prêtres qui a fait carrière dans le clergé d’Osiris, à Héliopolis, et une classe laborieuse qui travaille sur les chantiers pharaoniques de la région de Gochen. Pour les Egyptiens, ces laborieux qui se mêlent à d’autres laborieux sont des Hapirous, des "errants" qui viennent du pays de Canaan.

Et voici qu’un devin - cf. le Contre Apion de Flavius Josèphe - révèle à Aménophis (Aménophis Ier) qu’il a vu en songe les calamités qui allaient s’abattre sur l’Egypte. Il a vu un peuple allié (les Hébreux) faire alliance avec les impurs. Mais n’osant révéler ces malheurs au pharaon, il le lui fit savoir par écrit.... Un devin ? Des calamités ? Aucune hésitation, cela correspond bien aux dix terribles plaies du texte biblique. Rappelez-vous : l’eau changée en sang, les grenouilles, les sauterelles, la grêle, les ténèbres... Et le devin de conseiller au pharaon de purifier le pays de tous les lépreux et de tous les impurs qui s’y trouvent, ce que ce dernier s’empresse de faire en envoyant 80 000 infirmes travailler dans les carrières, à l’Est du Nil. Manethon précise que parmi ceux-là se trouvaient quelques prêtres savants atteints de la lèpre. Question : Moïse était-il lépreux ? Pour un Egyptien, était-il, de ce fait, impur ? La réponse est oui. Voilà pourquoi il est parti dans le désert à la recherche d’un autre Dieu. Voilà pourquoi son visage était voilé quand il est redescendu de la montagne des tables de la Loi. Voilà pourquoi le campement des prêtres contaminés était éloigné des campements du peuple pour éviter la contagion. Voilà pourquoi les ordres se transmettaient par écrit.

La date de 1445 que donne la Bible nous amène à placer l’exode sous le règne de Thoutmôsis III. En 1458, treize ans plus tôt, ce pharaon guerrier a semé le trouble en pays de Canaan, jusqu’à Megiddo. Pour l’opération que projette Moïse, les conditions se présentaient sous un jour favorable. Le pays de Canaan se trouvait affaibli. A Héliopolis, des prêtres d’Osiris d’origine hébraïque étaient en rupture de banc. D’autres prêtres d’origine hébraïque sillonnaient les maquis de Madiân. Ils s’infiltraient dans le pays de Gochen pour "travailler" les hommes du peuple et semer la subversion suivant les techniques aujourd’hui bien connues de la guerre révolutionnaire.

Retour au texte biblique lu dans la logique militaire.

Bref, les premiers troubles éclatent. Les puits des Egyptiens sont empoisonnés. Leur bétail meurt sans raison. Leurs champs sont dévastés comme après le passage de la grêle ou d’une nuée de sauterelles. Puis, une nuit, les ténèbres s’abattent sur l’Egypte. L’ange du Seigneur - l’armée secrète de Moïse - frappe aux portes... Trois jours et trois nuits de terreur. Sont frappés en premier les premiers-nés, c’est-à-dire les prêtres d’Amon qui se trouvent aux postes de commandement des troupes de maintien de l’ordre (les prêtres d’Osiris étant les puînés). Profitant de la confusion, le peuple "esclave" se soulève. Les magasins sont pillés, les temples et les familles riches dépouillés de leur argent et de leur or. Pieux mensonge, la Bible dit que les Egyptiens s’exécutèrent de bonne grâce. Conformément au plan prévu dans le moindre détail, le peuple "libéré" se met en route sur les itinéraires qui lui ont été fixés, en direction de la Mer Rouge.

Ce phénomène inhabituel d’une masse populaire qui, soudain, submerge tout, a surpris le pharaon. C’est pour éviter que ce mouvement insurrectionnel ne contamine le reste de l’Egypte qu’il a finalement autorisé Israël à partir. Mais il ne s’agit, en réalité, de sa part que de réalisme politique. Son intention, en premier lieu, est de faire sortir son ennemi du peuple égyptien (cf. Mao-Tsé-Toung : le révolutionnaire est dans le peuple comme un poisson dans l’eau). Il s’agit, en deuxième lieu, de le harceler, et ensuite, de le battre en rase campagne, une fois qu’il sera dans le désert.

Moïse et Aaron n’étaient pas naïfs au point de n’avoir pas deviné les intentions cachées du pharaon. Si, au dernier moment, ils ont donné l’ordre de ne pas s’engager sur l’itinéraire prévu, c’est manifestement pour échapper au piège des Egyptiens et pour les attirer dans un piège hébreu, sur les itinéraires du Nord qui traversent les marais et la mer des roseaux.

PNG - 19.9 ko
archer égyptien sur son char

Pharaon fit mettre sur pied six cents chars de sa troupe d’élite, ainsi que tous les chars qu’il put rassembler en Egypte. Il les lança à la poursuite du peuple en fuite. Mais voilà que l’ange du Seigneur qui marchait en tête pour guider le peuple d’Israël vint se placer derrière. Pourquoi ? La logique militaire donne la réponse : pour se placer en embuscade.

Les eaux étaient à gauche et à droite comme deux murailles. Lorsque les troupes du pharaon s’engagèrent sur les itinéraires, Moïse leva son bâton sur la mer des roseaux (et non sur la Mer Rouge). Les deux murailles - de l’embuscade - se rabattirent sur les troupes du pharaon en commençant du côté du matin et se refermèrent sur elles. Affolés, les Egyptiens firent demi-tour, mais ils ne retrouvèrent plus les chemins de Moïse. La mer se referma sur eux.


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53 réactions à cet article    


  • murat (---.---.31.231) 12 janvier 2007 13:33

    Merci cher Emile, pour cette nouvelle interprétation. Un peu de réalisme ne fait pas de mal !


    • Emile Mourey Emile Mourey 12 janvier 2007 20:32

      @ Murat

      Merci


    • Pierrot (---.---.141.25) 12 janvier 2007 13:48

      @ Emile Mourrey et au webmaster d’Agoravox

      Ce genre d’articles est intéressant, mais serait il possible dans un cas comme celui d’Emile Mourrey de publier un pdf par exemple contenant l’intégralité de cette suite d’articles (remise à jour au fur et à mesure).

      Il est difficile de suivre Mourrey dans sa réflexion, et de plus si c’est par épisode. Il me semble que certaines suites d’article, mériteraient une telle compilation.

      La presse traditionnelle à ceci d’agaçant qu’il ne s’agit que de flash qui auront disparus le lendemain, empêchant une réflexion de fond ne permettant qu’une « réaction ». Demain est un autre jour et tant pis pour ce qui n’a pas été saisi. Bref cela ressemble à Dallas et son 1853 ème épisode.

      Je pense qu’un media comme Agoravox peu faire mieux.


      • Emile Mourey Emile Mourey 12 janvier 2007 20:34

        @ Pierrot

        Je vais demander à mon fils s’il peut mettre un lien.


      • roumi (---.---.74.206) 12 janvier 2007 21:05

        ah un je t’appuie aussi un pdf ferait bien le lien logique entre tout ses articles .

        c’est ce qui manque . pour comparer aussi .

        là ça fait feuilleton et ce n’est pas merité . smiley


      • roumi (---.---.74.206) 12 janvier 2007 21:10

        superbe j’attend cela avec impatience .

        vous surprenez , au dela des cliches .

        c’est important comme le dit lilian massoulie .en conclusion de son article d’aujourd’huis .


      • L'enfoiré L’enfoiré 12 janvier 2007 23:21

        @L’auteur et Pierrot,

        Bonsoir,

        Tout d’abord, une nouvelle fois, merci à l’auteur.

        Oui, Pierrot, tu as raison. Comme pour un feuilleton en épisode à la télé, c’est toujours difficile de suivre. Pourtant, pour être lu (et continuer à l’être), il faut rester dans des limites de longueur d’article. De mon côté, je me suis, de ce fait, senti contraint de couper en deux ou trois chapitres un article que je répartissais dans le temps avec référence et liens entre eux. Cruel dilemme ! L’idée de wiki d’Agoravox devrait partiellement réoudre ce problème de conscience. A+ smiley


      • Jean-Charles Mourey (---.---.157.252) 13 janvier 2007 11:35

        En réponse aux requêtes de pouvoir relire les articles de E.Mourey en séquence, et à défaut de pdf pour le moment, voici un lien sur Agoravox qui permet à tout moment de consulter tous les articles précédemment écrits par l’auteur, à mettre éventuellement dans vos marque-pages ou favoris si vous le désirez :

        http://www.agoravox.fr/auteur.php3?id_auteur=8161


      • Jean-Charles Mourey (---.---.157.252) 13 janvier 2007 11:38

        Agoravox a mangé l’url du dernier commentaire. Nouvel essai.

        articles de E.Mourey


      • (---.---.28.21) 12 janvier 2007 15:07

        Ce qui m’attriste à chaque fois que je lis ce genre d’interpretation , c’est qu’elle est construite autour d’un seul postulat : nier le surnaturel , nier l’intervention directe de Dieu. Tout est bon , tout est acceptable , pourvu que Dieu en soit exclu. Pauvre humanité, pauvres orgueilleux ...heureusement que Dieu nous aime quand même..., malgré nous..sans celà nous serions irrémédiablement perdus.Mais Il attend son heure, Il nous laisse notre liberté , Il nous laisse nous faire notre « douloureuse » experience de la vie sans Lui, jusqu’à ce que nous lui revenions de nous même...heureusement...


        • seb59 (---.---.180.194) 12 janvier 2007 16:34

          @ IP:xxx.x55.28.21

          chacun son opinion, respectez au moins celle des autres... comme nous respectons la votre !

          (votre dieu vous a surement appris la tolerance ?)


        • ropib (---.---.27.229) 12 janvier 2007 17:09

          Si il était nécessaire de faire intervenir Dieu à tout bout de champ pour expliquer le monde ça voudrait dire que celui-ci n’est pas cohérent par lui-même et ainsi que le travail divin serait incomplet. Un Dieu incomplet, voilà vraiment ce à quoi vous voudriez que nous croyions ? Je m’avance peut-être en me disant que non. Aussi si Dieu est total et cohérent alors il est possible d’expliquer le monde de manière analogique ou phénoménologique.


        • roumi (---.---.74.206) 12 janvier 2007 20:56

          bof c’est une hypothese basee autour de ce que vous croyez .

          donc si je comprend bien une grand part de vous !!!

          mais bon si je vous enleve qu’y at’il sincerement ?

          laissez un silence , je le remplirais pour moi .

          sincerement


        • gem gem 12 janvier 2007 16:05

          cet article est interressant, même si il va sans doute bien loin (trop ?) ;

          L’idée que certains « personnages » sont en réalité des groupes est digne de considération. Elle n’est d’ailleurs pas spécialement originale, et je ne m’étonne pas de la trouver sous la plume d’un ex-militaire puisqu’il regne dans les armées, depuis aussi loin qu’on peut en trouver des traces, l’habitude de désigner une unité militaire complète par son commandant ou par son emblème (un ange, c’est un emblème très plausible). Il y a pas mal de textes qui s’interprétent beaucoup mieux avec l’idée que le héros n’est pas un individu tout seul (les massacres d’Achille ou d’Hector, la fondation de la ville caïnite, etc.).

          l’idée que le peuple est passé par les marais et non par la mer rouge est maintenant classique. Idem pour l’idée que la religion hébreux s’est largement inspiré de la théologie égyptienne, et que Moïse a servi de vecteur.

          L’idée que Moïse n’a pas seulement profiter de circonstance, mais qu’il les a provoquer (avec une bande de fanatiques empoisonne les puits, tue, etc.) est digne de considération, elle explique des choses, mais elle pose des problèmes spécifiques qu’il aurait fallu examiner (vous connaissez d’autres « révolutionnaires » qui déclinent toute responsabilité dans les attentats et dans l’organisation de la révolution ??? surtout une fois qu’elle a réussi ? et vous connaissez beaucoup de cas où un peuple attaqué par voie terroriste ne se venge pas cruellement et immédiatement sur le peuple allochtone dont sont issus les terroristes ?) : là, ça n’est pas fait. On connait des phénomène météorologique qui font pleuvoir des grenouilles, par contre des hommes capables de faire ça... etc.

          l’idée que l’ange soit en fait un groupe militaire peut se défendre. Mais ça me semble difficile de confondre l’ange et l’eau qui se referme sur la troupe de pharaon. Il faudrait au moins deux troupes : « l’ange », dans une manoeuvre de retardement, et « les eaux » qui écrase pharaon (ce qui relève effectivement du miracle inatendu, et peu compatible avec la planification supposée)... bof... On peut peut-être en rester à une seule troupe, sacrifiée par Moïse pour gagner le temps nécessaire au peuple pour fuir (genre : « longue marche »)

          Moïse lepreux ? cette idée me semble inutile et san sintérêt : elle n’explique rien ; tous les pretres de toutes les religions s’isolent du peuple, et ça n’est pas parce qu’ils sont lépreux ! De même, toutes les religions utilisent des langages sacrés, et l’habitude de donner des ordres écrits (et éventuellement codés) plutôt que simplement oraux se comprend aisément, surtout si on se place dans un contexte militaire !


          • Emile Mourey Emile Mourey 12 janvier 2007 21:06

            @ Gem

            André Comte-Sponvile est l’auteur d’une phrase très juste : « Nous pensons avec les autres ». Je ne sais pas si je vais trop loin - peut-être - mais si ma tentative d’explication par une approche militaire pouvait susciter l’intérêt des linguistes qui connaissent l’hébreu, cela serait très intéressant qu’ils se posent eux aussi des questions, car il est bien possible qu’ils aient donné à des mots ou à des expressions une traduction qui pourrait être autre. Il suffit de voir leurs hésitations dans les notes en bas de page.

            Merci pour votre commentaire.


          • ZEN zen 12 janvier 2007 16:40

            Mr Mourey

            Vous prenez les Ecritures trop à la lettre. Il aurait d’abord fallu vous demander dans quelles conditions , à quelle époque cette tradition orale (mythique pour une grande part) a été fixée par écrit et surtout évaluer la consistance historique du personnage Moïse...

            voir : JEAN SOLER :« L’invention du monothéisme » (t1 et 2)


            • Emile Mourey Emile Mourey 12 janvier 2007 21:14

              @ Zen

              C’est là où je ne suis pas du tout d’accord avec les auteurs de « La Bible dévoilée ». Eux pensent que ces textes ont été fixés par écrit au VII ème siècle, au temps du roi Josias. Je pense qu’ils ont été fixés par écrit par les scribes de Moïse. Je ne dis pas que ces textes ne sont pas orientés, mais je suis bien obligé de les interpréter dans l’esprit de leurs auteurs et ne peut les contester que si je puis m’appuyer sur d’autres documents.


            • Forest Ent Forest Ent 12 janvier 2007 21:37

              J’ai grand plaisir à lire les articles de l’auteur. Ils sont bien romancés et constituent une intrigue agréable.

              Contrairement à une intervention, ils ne me gênent pas du tout d’un point de vue religieux. Il y a bien une exégèse historique.

              Au plan historique, ils me semblent neutres. Ils avancent une hypothèse pas plus folle qu’une autre, mais impossible à démontrer parmi des millions d’autres.

              Cela surinterprète les textes, mais ne les trahit pas, et engendre une composition agréable qui a le mérite de nous interpeller sur la précision de nos certitudes.

              Bon, faudrait pas non plus prendre cela comme ... bible. smiley


              • Emile Mourey Emile Mourey 12 janvier 2007 21:42

                @ Forest end

                j’essaie d’être neutre et objectif. Peut-on vraiment l’être ? Je ne sais pas.


              • Forest Ent Forest Ent 12 janvier 2007 21:59

                Non, on ne le peut pas. Sinon, je suis sûr que vous ne me surnommeriez pas « forest end ». smiley


              • Emile Mourey Emile Mourey 12 janvier 2007 22:20

                @ Forest ent

                Erreur malencontreuse smiley


              • Emile Mourey Emile Mourey 12 janvier 2007 22:53

                @ Demian West

                Exact, mais il faut faire un choix entre clarté et compilation. Mon article n’est pas un livre mais un résumé de textes que j’ai développés dans mes ouvrages avec toutes les références souhaitables pour que le lecteur puisse juger en connaissance de cause.

                Si les médias le souhaitent, tant mieux si le débat peut avoir lieu ! Si les médias ne le souhaitent pas, tant pis ! Dans ce cas, je pourrai toujours continuer à vivre tranquillement dans ma chaumière et à répondre à vos commentaires.


              • Emile Mourey Emile Mourey 12 janvier 2007 23:16

                @ Demian West

                Décrypter, c’est trouver la clef pour déchiffrer. L’universitaire peut-il mieux comprendre que le militaire les actions de guerre du passé, j’en doute. Si les César, Vercingétorix et autres chefs de guerre lisaient aujourd’hui comment nos universitaires expliquent leurs stratégies et leurs batailles, croyez-moi, ils retourneraient bien vite dans leurs tombes.


              • Emile Mourey Emile Mourey 12 janvier 2007 23:43

                @ Demian West

                Rectificatif : quelques universitaires qui traitent de l’histoire de la Gaule.


              • Emile Mourey Emile Mourey 13 janvier 2007 09:24

                @ Demian West

                Tout à fait d’accord.

                Je prends l’exemple « Moïse était-il lépreux ? » C’est le titre que j’ai failli donner à cet article. Et puis, je me suis dit que j’allais peut-être trop loin ou que je tapais trop fort.

                Passer aussi brutalement d’un Moïse dont le front rayonne de deux rayons lumineux (voir les livres illustrés d’histoire sainte que nos parents nous donnaient à lire quand nous étions enfants) à un visage de lépreux qui « luit », cela nous fait retomber dans la réalité et dans le drame de la Condition humaine de Malraux. Cela ne correspond plus aux films à grand spectacle d’Hollywood.

                En fait, je me demande si ce ne sont pas les traductions du siècle dernier qui sont allées trop loin dans le sens des « cornes » puis des « rayons lumineux ». Dans ma Bible d’Osty, il est seulement dit que la peau du visage de Moïse rayonnait et qu’ensuite, il a ramené le voile sur son visage (Ex 34, 35).

                Et puis, il y a le témoignage de Manetos, rapporté par Flavius Josèphe, que j’ai cité dans mon article. L’historien que j’essaie d’être ne fait que dire ce que Manethos a dit.

                Il s’agit là d’un sujet intéressant sur lequel les spécialistes de l’hébreu devraient se pencher.


              • Emile Mourey Emile Mourey 13 janvier 2007 15:19

                @ Demian West

                Déjà que je ne suis devenu historien que par le fait que j’ai écrit des livres d’histoire et que par un concours de circonstances, il faut que je fasse attention de ne pas trop sortir de mon expérience d’ancien militaire ayant réfléchi sur les conflits et sur l’art - si l’on peut dire - de la guerre. Bien sûr, il me faut bien prendre en compte l’idée de Dieu que se faisaient les peuples dont j’essaie de comprendre l’histoire mais je préfère ne pas trop m’aventurer dans des domaines où je me sens moins compétent comme ceux de la philosophie ou de la théologie.


              • Emile Mourey Emile Mourey 13 janvier 2007 17:34

                @ Demian West

                Le mont Sinaï : mon prochain article.


              • ZEN etienne celmar 13 janvier 2007 08:49

                @ L’auteur

                Je comprends que nous ne serons jamais d’accord sur un point essentiel :le caractère à mes yeux largement mythique du personnage Moïse.

                Même l’historien du MO ancien, jean Bottéro, pourtant croyant et adhérent au message biblique dans son message global,dit, dans « Naissance de Dieu »(folio-histoire) , que, si l’existence d’une sorte de héros fondateur postabrahamique ne fait pas de doute,« le folklore a tout recouvert d’une brume héroïque et miraculeuse ». Bottero fut, je crois, dominicain avant d’entrer au CNRS.(Finkelstein ne renie pas non plus l’essentiel de sa foi juive.)

                Il ajoute ;« Il n’est pas facile d’accorder créance à la tradition, postérieure de plus d’un millénaire aux événements...ces récits n’ont été couché par écrit qu’aprés plusieurs siècles ». Beaucoup de théologiens-exégètes catholiques et surtout protestants vont dans le même sens, prenant en compte les études déjà nombreuses des structures des mythes de diverses civilisations (Dumézil, Vernant..).L’analyse des mythes et de la pensée symbolique qu’ils contiennent demande une approche rigoureuse, éclairée par les apports de diverses sciences humaines maîtrisées.C’était déjà la méthode qu’avait pointée Spinoza.

                Les « hauts faits » racontés doivent être considérés , si on sort d’un littéralisme aujourd’hui insoutenable, comme des « chansons de geste » qui struturent et unifient un peuple de croyants à la recherche d’’une unité politique autour d’un idéal religieux (voir le contexte politique,bien analysé par Finkelstein).Ne pas oublier que l’actuelle Palestine a été plusieurs fois sous l’occupation égyptienne et on sait que dans ces circonstances les constructions mythiques autour de la nostalgie de la libération peuvent être nombreuses et fécondes.On en a maints exemples.

                Discuter à l’infini sur tel ou tel détail de « l’épopée » de Moïse ne conduit qu’à la redondance stérile tant qu’on n’a pas sur l’ensemble du récit une vue globale moins littéraliste et une grille d’interprétation issue d’une exégèse plus distante et plus informée, mettant entre parenthèse, par méthode, toute adhésion religieuse.

                Encore bien du travail pour les historiens...


                • Emile Mourey Emile Mourey 13 janvier 2007 14:38

                  @ Etienne Celmar

                  Vous dites : le caractère à mes yeux largement mythique du personnage Moïse.

                  Vous avez tout à fait raison de dire que Moïse est devenu un personnage largement mythique (voir le film des dix commandements de Cecil B.De Mille). Il ne fait pas de doute, non plus, que ces textes ont été écrits comme une épopée pour donner au peuple de Moïse un sens voulu par Dieu, du début jusqu’à la fin à venir.

                  Le désaccord que nous avons entre nous ne repose en fait que sur un détail, je rectifie, sur un point mais, comme vous le soulignez, sur un point très important : la date où ses textes ont été mis par écrit. C’est là où je ne suis pas d’accord avec l’archéologue Finkelstein. Pour ce dernier, ces textes ont été rédigés au VII ème siècle, au temps du roi Josias, lorsque l’écriture et la lecture se sont répandus dans le royaume de Juda. Pour moi, ces textes ont été rédigés dans l’entourage des prêtres d’Osiris en rupture de banc qui ont quitté l’Egypte sous le nom de Moïse. Ces prêtres connaissaient parfaitement, et l’écriture et l’art de raconter. Ils ont fait de ces textes un livre fondateur, autrement dit une parole de Dieu imprescriptible et inmodifiable par la suite. Dans le Deutéronome, Moïse ordonne à ses successeurs, éventuels rois, de faire chacun une copie du Livre afin d’en méditer chaque jour les enseignements.

                  Cela pour dire que si les textes du temps de Moïse et les suivants permettent à l’historien de retrouver une vraie vision historique - bien sûr au travers des lunettes du peuple d’Israël - les textes d’avant Moïse doivent être compris comme des textes réécrits par Moïse en s’inspirant d’archives.

                  Quelles sont ces archives ? Ce sont d’abord les légendes babyloniennes de la création et du déluge. Mais c’est aussi une histoire de la Mésopotamie et une histoire d’Abraham revues par Moïse pour donner sens à l’histoire de son peuple.

                  Le travail des futurs historiens qui étudieront ces textes consistera donc à comprendre cette réécriture.

                  Exemple : confronter l’histoire d’Abraham de la Bible à des documents égyptiens, tels que le roman de Sinouhé, ce haut personnage égyptien qui s’est mis au service d’un prince dans le nord du pays de Canaan et à qui le pharaon envoie des lettres pressantes pour qu’il revienne en Egypte. Curieux, et cela à l’époque d’Abraham.

                  En dehors de tout jugement moral, reconnaissons que ces prêtres d’Osiris ont forgé une nation avec un Livre, ce qui est tout de même assez extraordinaire pour l’époque. Les Lénine, Mao-Tsé-Toug et autres n’ont pas fait mieux.


                • Frodon Frodon 13 janvier 2007 10:29

                  Quelle bonne reflexion et quel débat de qualité !

                  Je me délecte de reflexions posées, claires et bien énoncées.

                  M.Mourey, même si comme tout être humain on a une approche subjective de l’histoire, j’apprecie vraiment votre travail et votre interpretation. D’ailleurs, là ou j’appuierais vos propos, c’est que ces anciens textes sont déjà tres interpretatifs, ce qui en fait leur donne cette longévité. Cette manière d’édulcorer(au sens positif) le coté poétique donne un réel interêt à ces Ecritures !

                  Vivement le PDF !


                  • Emile Mourey Emile Mourey 13 janvier 2007 15:25

                    @ Frodon

                    Merci


                  • Internaute (---.---.145.23) 13 janvier 2007 11:16

                    Vos textes sont toujours aussi intéressants. Moïse lépreux c’est la première fois que j’en entend parler. Certains auteurs disent que les 10 plaies d’Egyptes sont dues à l’explosion volcanique du Santorin. Si tel était le cas, comment cet événement se raccrocherait-il dans vos thèses puisque la cause n’en serait pas l’insurrection hébraïque ?


                    • Emile Mourey Emile Mourey 13 janvier 2007 12:22

                      @ Internaute

                      Je ne sais pas


                    • Nono (---.---.112.196) 13 janvier 2007 12:14

                      @ Emile Mourey,

                      En dehors de la question de la foi et de la raison...

                      Merci encore pour cet article, c’est toujours un régal de vous lire car vos articles m’ont toujours poussé à en savoir plus (Par pure curiosité) sur les sujets que vous traitez si bien et ce même si je ne participe pas, ou rarement, sur les fils des commentaires.

                      Toutefois, deux questions m’interpellent, je vous les pose pour savoir ce que vous en pensez :

                      1 - A propos de l’article présent, que pensez-vous de la thèse de l’éruption de Santorin qui essaie d’expliquer l’Exode ?

                      2 - Concernant l’histoire de Joseph, que pensez-vous de la gestion narrative de l’espace, là dedans ?

                      Un élément curieux apparaît dans l’ensemble de l’histoire de Joseph : Autant les lieux sont bien spécifiés lorsqu’il s’agit de Canaan et de Jacob, autant leur localisation est vague lorsqu’il s’agit de Joseph ! (Récit fondateur qui se prolonge dans le livre de l’Exode).

                      Bien cordialement

                      Nono


                      • Emile Mourey Emile Mourey 13 janvier 2007 15:45

                        @ Nono

                        Eruption de Santonin. Je ne connaissais pas cette interprétation en rapport avec les dix plaies d’Egypte. J’en étais resté - vague souvenir - à la thèse d’une Atlantide engloutie. La date à laquelle cet événement s’est produit montre que cela s’est passé bien avant l’exode si l’on suit, comme je le pense, les dates qu’on peut déduire du texte biblique. Les explications que je viens de lire dans le site que vous m’avez indiquée sont très intéressantes. Les phénomènes physiques qui se sont alors produits ont dû marquer les esprits et il n’est pas exclu que des devins égyptiens, ainsi que Moïse, aient prophétisé en s’en inspirant.

                        Quant à la localisation des lieux, c’est parfois difficile surtout par le fait que les noms changent au cours du temps.


                      • Le furtif (---.---.209.2) 13 janvier 2007 12:41

                        Bonjour Mr Mourey

                        Auriez-vous une interpretation voire une réponse à m’apporter sur l’ hypothèse, jusqu’à présent non établie, d’une catastrophe generale du proche orient au moment de la première époque intermédiaire ?

                        Sur la première période intermédiaire : décadence ou évolution vers un feodalisme type principautés italiennes de la Renaissance ?

                        Vous lire est toujours un plaisir.

                        Le furtif


                        • Emile Mourey Emile Mourey 13 janvier 2007 16:20

                          @ Le Furtif

                          Je ne suis pas assez instruit sur l’histoire de l’Egypte pour avoir une idée sur les troubles qui se sont produits au cours de la première époque intermédiaire dans ce pays. En revanche, ce serait peut-être intéressant d’essayer d’expliquer le départ d’Abraham d’Ur en Chaldée dans un contexte de séisme politique. Si en effet Abraham est une colonie sémite en pays sumérien, comme je le pense, la mort de son père à Ur et sa fuite avec Lot pourraient signifier que les Sumériens se sont soulevés contre les colonies sémites, que celles-ci ont résisté, qu’elles ont perdu la guerre et qu’elles ont du s’enfuir, d’où une situation de chaos.

                          Cordialement


                        • minijack minijack 13 janvier 2007 14:18

                          Je trouve très intéressante l’allégorie de la « mer de roseaux » sur un plan militaire. D’autant plus que « roseaux » (rose eau) pour signifier une mer rouge... —J’aimerais bien savoir comment se disait « rose eau » en égyptien antique ou en hébreux.—

                          Je regrette par contre que l’auteur ne soit pas aussi bon en calcul qu’en extrapolation. il dit : « La date de 1445 que donne la Bible nous amène à placer l’exode sous le règne de Thoutmôsis III. » Or, tous les spécialistes s’accordent à estimer l’arrivée des hébreux en Egypte vers -1640, en tous cas pendant la XVe dynastie, donc au plus tôt en -1663. S’ils y sont restés 430 ans ça nous donne -1230 pour la date de l’Exode, sous Ramsès II ou Méremptah, ce que confirme les exégètes. En aucun cas -1445 comme l’affirme l’auteur. Et ça change tout !

                          L’auteur, positionnant Moïse comme un prêtre d’Osiris vivant à Héliopolis et en faisant un adversaire des prêtres d’Amon, ne pousse pas le raisonnement assez loin. Si nous sommes en effet assez peu sûrs que les plaies d’Egypte provinssent de l’explosion du Santorin un peu trop ancienne (vers -1650 à ± 50 ans), nous sommes par contre assurés que l’épisode Moïse se situe vers -1200/-1250, soit seulement quelques dizaines d’années APRES le règne d’Akhénaton (-1355 /-1338 ?), le premier pharaon a avoir imposé une religion monothéiste dédiée à un dieu nommé ATon, et précisément combattue à sa mort par les prêtres d’AMon.

                          Moïse n’est-il pas tout simplement le fils spirituel, le successeur d’Akhénaton, chargé de sauvegarder les savoirs sacrés (et secrets ?) de cette lignée par le biais d’un essaimage puisque le clergé égyptien revenu au culte d’AMon refusait jusqu’à la notion même de monothéisme ?

                          .


                          • Emile Mourey Emile Mourey 13 janvier 2007 14:58

                            @ Minijack

                            Bravo ! Vous avez posé la question fondamentale en rappelant la position actuelle de la communauté scientifique qui place l’exode de Moïse après le règne d’Akhénaton alors que je le place avant. Si la communauté scientifique persiste dans son point de vue, tout ce que je viens d’écrire n’a aucun sens - vous avez raison. Le problème, c’est que cette position que l’on considère comme celle de la communauté scientifique ne repose que sur de récentes hypothèses archéologiques alors que je reste un traditionaliste en prenant les dates que nous donne la Bible à la lettre près.

                            Dans mon interprétation des textes - hymne d’Akhénaton etc - c’est Akhénaton qui est le fils spirituel de Moïse et non l’inverse.


                          • Emile Mourey Emile Mourey 13 janvier 2007 16:32

                            @ Demian West

                            Cette conception cosmique qu’avaient les Egyptiens est en effet assez extraordinaire.

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