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Molières 2011 avec Hiegel, Ogier, Hecq, Gallienne et les autres à Créteil

Si le hiatus ne cesse de perdurer entre la cérémonie des Molières et les téléspectateurs, c’est précisément parce que celle-ci fut d’excellente qualité mais que ses concepteurs et animateurs comédien(ne)s le veuillent ou non, c’est bel et bien la distanciation sous le énième degré qui, à la fois, en assurait sa pertinence à l’égard des initiés, en même temps, que son repoussoir du grand public.

En effet, Laurent Lafitte, le maître de cérémonie avec une sobre subtilité, envoyait des « scuds » vachards dont l’esprit critique raffole mais qui ne cessent de rappeler que la « private joke » réussie est, par définition, celle qui est la moins consensuelle.

D’entrée Françoise Fabian, Evelyne Bouix et Marie-Christiane Barrault, ses premières collègues de choix, annonçaient cette couleur de cynisme confraternel : « Comment faites-vous pour voter alors que vous ne pouvez assister aux spectacles des autres puisque, vous-mêmes, jouez tous les soirs ? ». Réponse unanime : « Nous faisons comme tout le monde ».

A chacun donc de décoder ce message subliminal, comme il l’entend, mais il y a fort à parier que le téléspectateur lambda ait la nette impression, a priori, d’être exclu de ce « tout le monde » pleinement référencé.

De là, à quitter le radeau, médusé par tant de culture « happy few », non maîtrisée par l’inertie dominicale, c’est le verdict qui, semble-t-il, aurait guidé l’audience et pourtant, redisons-le, l’enregistrement vidéo est là pour en témoigner :

La 25ème nuit des Molières fut éminemment talentueuse et même d’un très bon goût paradoxal, atteignant son paroxysme jubilatoire avec la prestation de Michel Fau, en improbable « Castafiore » .

D’emblée, « Jeux de scène » donnait le ton parodique de l’égocentrisme exacerbé que seules les planches ont le don de secréter chez ceux qui savent entendre et voir plus loin que les paroles outrancières. A déguster en compagnie, railleuse autant qu’émoustillante, de Zabou et Léa Drucker.

Ensuite, si les 17 Molières des nominations étaient spontanément devenus 19 à la Maison des Arts et de la Culture de Créteil, c’est qu’un Molière d’honneur allait rendre hommage à la carrière théâtrale de Peter Brook et qu’aussi le prix jeune public serait remis à « Vy » réalisé par Michèle Nguyen.

Au duo placé en tête des nominations allait s’adjoindre un outsider largement annoncé pour le palmarès 2011 ; en effet « Le repas des fauves » faisait jeu égal de trois Molières avec ceux d’ « Un fil à la patte » et de « Rêve d'automne ».

Pour cette édition, la balance des récompenses fit nettement pencher la moisson vers le théâtre subventionné, puisque La Comédie Française engrangeait une 4ème distinction avec « Les trois soeurs » et qu’après Le Théâtre de la Ville (Rêve d'automne ), ce sont L’Odéon (Ma chambre froide), La Tempête (Le Dindon) et Les Bouffes du Nord (Une flûte enchantée) qui récolteraient, ainsi, tous ensemble 11 Molières.

Donc, avec les 3 Molières du Théâtre Michel, il n’en resterait plus que trois autres pour le théâtre privé à répartir entre « La mère », « Henri IV » et « Thé à la menthe ou t'es citron ».

Fort heureusement, Catherine Hiegel (La mère ) remporte le trophée de la comédienne, mais il faut dire que le Théâtre, toutes familles réunies, lui devait, ô combien, reconnaissance et gratitude, après son éviction, à la hussarde, de la Comédie Française.

En parallèle, Christian Hecq recevait, à juste titre, la statuette homologue au masculin, alors que Guillaume Gallienne montait d’un cran en passant, l’année dernière, de « révélation » à, présentement, « second rôle », à l’instar de Bulle Ogier qui, à distinction équivalente, était, ainsi, célébrée sur les planches sous la direction de Patrice Chéreau.

C’est toujours au théâtre public que fut perçu le « jeune talent féminin » en la récente pensionnaire de la Comédie Française, Georgia Scalliet alors que Guillaume Marquet était, lui, remarqué dans « Le Dindon ».

En outre, il est indéniable que Julien Sibre, réalisateur de « Le repas des fauves » a effectué une entrée remarquée dans la grande famille du Théâtre, en sachant saisir l’opportunité d’une triple reconnaissance honorifique, pour faire connaître à la fois son travail de créateur et celui de son équipe.

Si cette soirée des 25èmes Molières rendant hommage au patrimoine des éditions précédentes sut tirer parti profitable de sa résidence à Créteil, il est néanmoins indéniable que l'environnement passe-partout ne pourrait se substituer durablement et à tout le moins, sans alternance, au cadre prestigieux et mémoriel d’un théâtre parisien, au risque d’y perdre, peu à peu, son essence glamour.

 

Muriel Mayette, administrateur de La Comédie Française - 4 Molières 2011

& Jérôme Deschamps, metteur en scène d' Un fil à la patte 

Photo © Theothea.com

 

Le PALMARES des MOLIERES 2011

Les photos des MOLIERES 2011 sur Theothea.com

 


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