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Monsieur Chasse : Irrésistible et délicieux

Quand Feydeau et une compagnie multi-talentueuse et récompensée se rencontrent, cela donne un spectacle explosif !

Les Joyeux de la Couronne, compagnie implantée en Ile de France, remettent le couvert pour une seconde création en tout point formidable. Après le succès de "Ludwig II Le Roi Perché", la compagnie s'empare cette fois-ci du vaudeville de Feydeau "Monsieur Chasse" en bousculant les codes du genre. Nous y étions...

C'est au Moulin D'Andé, ce lieu au charme incontestable qui a vu se succèder Romy Schneider ou Georges Perec, que les Joyeux de La Couronne ont offert la grande première de leur nouveau spectacle. Alors que leur succès "Ludwig" poursuit sa belle route, direction cette fois le Paris des années 30, pour une relecture d'un des chef d'oeuvres du Boulevard.

Dans cette course contre la montre, six comédiens à l'incroyable énergie, épaulés par une pianiste survoltée, donne une version au cordeau de ce texte injustement peu monté de Feydeau. Les coupures opérées sur le texte permettent de resserer l'intrigue et les chansons choisies donnent ce qu'il faut de folie à cette mayonnaise fort bien montée. Le travail de mise en scène ne laisse rien au hasard : une scènographie bluffante, imaginée comme une vieille photographie des années 30 aux tons sépia, des costumes sublimes ; des maquillages superbement exécutés. Olivier Schmidt signe une mise en scène en tout point parfaite et salvatrice aux codes du genre ou offrant des clins d'oeil hilarants qui remportent l'adhésion du public. Rarement Feydeau aura été aussi bien revisité. 

Sur scène, ils sont déchainés et tous parfaits dans leurs rôles. En tête de navire, le tandem Duchotel- Moricet. Simon Le Magourou est une révélation : sens du timing, ruptures bien placées, diction au cordeau. Julien Hammer qui nous avait subjugué dans Ludwig trouve ici un nouveau registre qui lui va à la perfection, impayable en mari volage et roublard, un peu fat et manipulateur. Mais on doit saluer la place laissée aux femmes dans cette version, elles que l'on cantonnent habituellement au second plan. Alexandra Magin est parfaite en épouse coincée , affolée et affolante, drôlatique au second acte et vengeresse lors du dénouement. Séverine Wolff compose encore une belle partition avec trois rôles diamétralement opposés : hilarente en bonne sortie d'une taverne alsacienne d'autrefois, jouissive en vieille comtesse facon meneuse de revue sur le retour et impayable en fllicette masculine ! Sans oublier Kevin Maille, sautillant en Cassagne et génial en policier interlope et Olivier Schmidt en Dandy sans scrupules.

Il faut saluer aussi Justine Verdier qui accompagne cette dinguerie avec une belle justesse et des illustrations musicales bien senties.

Dieu que cela fait du bien de voir un Feydeau aussi bien fait, cousu main pour une troupe dont on sent l'évidente synergie et complicité. C'est assez rare pour le souligner. Les Joyeux de La Couronne prennent le pouvoir pour notre plus grand plaisir et il va falloir compter sur eux pour les années à venir. Le public est conquis à entendre les critiques à la sortie du théâtre du Moulin et on se dit que là-haut le grand Georges à du se régaler par cette jeunesse qui lui offre un bel hommage.

A voir de toute urgence au Festival Off 2019 au Théâtre Le Verbe Fou en même temps que la reprise de Ludwig et pour une spéciale "Fête des Pères" le 15 Juin prochain à Vaison La Romaine.


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samvaautheatre


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