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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Monsieur le Ministre, où est Bibracte ?

Monsieur le Ministre, où est Bibracte ?

Vilipendé hier, aujourd’hui réhabilité, Napoléon III est pour beaucoup dans le renouveau de l’archéologie française. Et pourtant, erreur malencontreuse, quand il se rend sur le site d’Alésia, c’est lui qui décide que l’armée de secours gauloise a lancé son attaque sur l’étroit mont Rhéa alors qu’il ne pouvait échapper à son conseiller et aide de camp responsable des fouilles, le futur colonel Stoffel, et que seule la montagne de Bussy permettait une attaque sur un large front.

Et parce que la rédaction de son ouvrage sur Jules César prenait du retard, c’est encore lui qui pousse un colonel Stoffel hésitant à cautionner la localisation de Bibracte au mont Beuvray alors que "l’installation sur cette montagne défie apparemment toute logique si l’on se réfère aux conditions topographiques et climatiques pour une agglomération qui se veut urbaine" (Revue Gallia 55, 1-140, p. 9).

Et c’est parce que le président Mitterrand avait hâte que soit achevé sur cette hauteur le dernier de ses grands travaux qu’on y a construit le Centre archéologique européen... avant que les fouilles ne livrent leurs résultats.

Bref, les membres de la Société éduenne d’Autun ont fait le mauvais choix car il apparaît aujourd’hui que c’est le Mont-Saint-Vincent qu’il aurait fallu choisir pour de nombreuses raisons, topographiques, climatiques et autres (voir mon article du 14 février : Bibracte, capitale gauloise).

Depuis l’observatoire installé sur l’ancien moulin, au centre de la Bourgogne du sud, ils auraient pu découvrir un vaste horizon, un paysage de collines parsemé de fermes et de villages prospères. Ils auraient pu entendre l’archéologue Henri Parriat leur dire que "les prodigieuses murailles cyclopéennes, qui à l’est supportent les terrasses sur lesquelles s’étagent maisons et jardins, ne sont pas sans rappeler les grandes enceintes fortifiées des âges du bronze et du fer. Qu’au demeurant, il n’est pas croyable que l’homme de ces époques lointaines n’ait pas songé à utiliser les admirables possibilités défensives du site."

Ils se seraient dirigés vers le temple que le rhéteur Eumène dit être consacré à Apollon, à la fin du IIIe siècle de notre ère. Mais levant leurs yeux vers le tympan du porche, ils auraient aperçu un personnage auréolé dans sa mandorle cosmique, levant la main droite comme un juge à l’image du roi Salomon, la main gauche reposant sur un livre de pierre.

A l’entrée de la nef, c’est la chouette gréco-phénicienne qui les aurait accueillis du haut de son chapiteau, puis à l’intérieur, ils auraient découvert une fantastique évocation des fondateurs de la cité. Ces hommes étaient des hommes-lions.

Ensuite, en fouillant le sol, ils auraient pu mettre au jour toutes les preuves archéologiques nécessaires et suffisantes pour comprendre comment cette cité est née et comment elle s’est développée jusqu’à devenir une presque capitale de la Gaule : au pied de la hauteur, de nombreux cimetières et tombes que les archéologues attribuent aux Mérovingiens, je ne sais pas pourquoi. Non loin de là, le fameux trésor de Gourdon aujourd’hui au musée de Saint-Germain-en-Laye que les spécialistes attribuent aux Burgondes "bouffeurs d’ail et d’oignons" selon la description qu’en a donnée Sidoïne Apollinaire. Encore un peu plus loin, les sites des peuplades alliées Blannovices de Blanot et Brannovices de Brançion. En descendant dans la vallée, on leur aurait montré l’endroit de la Saône où ces Eduens ont perdu l’anse d’un vase en bronze à décor de lion, et en continuant sur le trajet de leurs grandes expéditions coloniales, le fantastique vase de Berne, le chaudron en bronze de Hochdorf orné de lions, et d’autres qu’on reconnaît facilement à leurs anses ou à leurs pieds à pattes léonines.


Au moment de terminer cette visite résumée à l’extrême, je pense aux membres de la Société éduenne d’Autun, parce qu’ils sont dépositaires d’une parcelle importante de notre histoire. Ont-ils vraiment conscience des merveilles que leur cathédrale recèle ? A eux, aux responsables de la culture et à mes concitoyens, sans exclusion aucune, il faut dire que c’est une grave erreur que de ne pas conserver le souvenir de ceux qui nous ont précédés sur le sol de la patrie.


Erratum. La statuette retrouvée sur le site est-elle une déesse, une reine ou un roi ? Est-ce une statuette gauloise, phénicienne ou sémite ? Sa coiffure est-elle une couronne ou l’évocation de la muraille oppidumique ?

Le vase du musée de Berne a été trouvé sur un site de La Tène, à Grächwil. J’en ai donné une explication détaillée dans mes ouvrages. On peut en voir une reproduction sur ce site

[->http://www.swissworld.org/eng/history/swissworld.html?siteSect=802&sid=4096415&rubricId=16020].

Le chaudron de Hochdorf faisait partie du mobilier d’une riche tombe princière, près de Stuttgart, datée du premier âge du fer. J’en ai parlé dans mes ouvrages en attirant l’attention sur la taille du prince, réincarnation probable d’Héraclès/Hercule, fondateur de Bibracte et autres lieux, marchant à la tête des armées gauloises. On peut voir une reproduction de ce chaudron sur le site

[->http://www3.iath.virginia.edu/Barbarians/Sites/Hochdorf/Hd_cauldron.html]

La transmission du pouvoir de Bibracte à Autun est une sculpture d’un chapiteau de la cathédrale de la ville éduenne, colonie de l’antique Mont-Saint-Vincent.

E. Mourey

[->http://www.bibracte.com]

Cet article est un extrait de mes ouvrages et une réécriture


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79 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 27 mars 2007 10:07

    Bravo et merci


    • LE CHAT LE CHAT 27 mars 2007 10:15

      passionnant comme toujours , Emile smiley je ne connaissait pas les hommes lions gaulois...


      • Alake (---.---.251.50) 27 mars 2007 11:08

        « Mais levant leurs yeux vers le tympan du porche, ils auraient aperçu un personnage auréolé dans sa mandorle cosmique, levant la main droite comme un juge à l’image du roi Salomon, la main gauche reposant sur un livre de pierre. »

        Oui, c’est le Christ en gloire qui tient dans sa main gauche le livre de Dieu et qui probablement (la photo est trop petite pour qu’on le distingue nettement) est en train de bénir de sa main droite.

        En France, une des plus anciennes mandorles se trouve sur un sarcophage mérovingien dans la crypte de Jouarre. Pour rappel les Mérovingiens c’est Ve-VIIIe siècle après JC.

        Quel est le rapport avec les Celtes, Bibracte...


        • Alake (---.---.251.50) 27 mars 2007 11:18

          Autour du Christ se trouvent les apôtres Pierre et Paul.

          Ici le tympan en entier et en détail ainsi que d’autres photos de cette très belle église romane.

          http://www.romanes.com/Mont-Saint-Vincent/Saint_Vincent_de_Mont_Saint_Vincent_0020.html


        • Emile Mourey Emile Mourey 27 mars 2007 11:58

          @ Alake

          Il est possible que le personnage de gauche tienne une clef mais pour en être sûr, il faudrait examiner la sculpture de très près car elle est très abimée. Si c’est le cas, tout ce que l’on peut dire , c’est qu’il s’agit - peut-être - de la clef mystique qui permet d’ouvrir la porte du ciel. Qu’on ait attribué par la suite ce symbole à Saint Pierre, dans l’Evangile et dans les sculptures qui ont suivi, il y a là une logique que l’on peut parfaitement comprendre.

          Quant au personnage central, tout ce que l’on peut dire, c’est qu’il lève sa main droite avec deux doigts dressés. Rien ne dit que cela soit pour bénir comme cela se fera par la suite.


        • Alake (---.---.251.50) 27 mars 2007 12:03

          Et qui serait ce personnage central selon vous ?


        • Alake (---.---.251.50) 27 mars 2007 12:07

          autre question, de quelle époque daterait ce tympan ?


        • Emile Mourey Emile Mourey 27 mars 2007 12:18

          @ Alake

          Très bonne question et question centrale. D’où la nécessité du débat.

          Vu que je situe la Bibracte gauloise à Mont-Saint-Vincent, vu que j’identifie cette église au temple de la cité, vu que je n’y voie à l’intérieur qu’une évocation des fondateurs qui en sont à l’origine, vu que je trouve dans l’architecture de ce temple d’étonnantes ressemblances avec la description que la Bible donne du temple de Salomon construit par les artisans de Tyr, vu que Diodore de Sicile dit qu’Alésia (Mt-St-Vincent/Bibracte) a été fondée par les habitants de Tyr, vu qu’en retraduisant les discours du rhéteur Eumène à la fin du IIIème siècle, j’identifie Augustodunum à Mont-Saint-Vincent et cette église au temple d’Apollon dont il parle, vu que etc... etc... je ne peux identifier le personnage central au Jésus-Christ des évangiles. Ensuite, il faut réfléchir.


        • Emile Mourey Emile Mourey 27 mars 2007 12:21

          @ Alake

          Il faut réfléchir.


        • Alake (---.---.251.50) 27 mars 2007 12:33

          Monsieur,

          je vous laisse toutes les considérations militaires car je n’y connais rien, mais je ne peux pas vous laisser dire de telles choses sur les sculptures du Mont-Saint-Vincent !!! Ce sont des sculptures typiquement romanes ! N’importe quel étudiant en première année d’histoire de l’art vous le dirait...

          Le personnage central est le Christ en gloire, le tympan date de la fin du 11e - début 12e siècle il n’y a pas à réfléchir, à moins que vous ne soyez aussi un spécialiste de sculpture romane...

          Je précise je suis historienne de l’art et pas quelqu’un qui parle sans savoir juste pour le plaisir de vous contredire...


        • (---.---.30.80) 27 mars 2007 13:09

          encore les délires du colonel !

          bon alors vous citez Diodore de Sicile mais il ne dit pas que ce sont les habitants de tyr mais Hercule lui même qui a fondé Alésia livre V. XXIV.

          « Après avoir parlé des îles situées à l’occident, nous croyons à propos de dire un mot des nations voisines de l’Europe, que nous avons omises dans les livres précédents. Jadis régnait, dit-on, un homme célèbre dans la Celtique, qui avait une fille d’une taille et d’une beauté sans pareille. Fière de ces avantages, elle refusa la main de tous les prétendants, n’en croyant aucun digne d’elle. Dans son expédition contre Géryon, Hercule s’arrêta dans la Celtique, et y construisit la ville d’Alésia. Elle y vit Hercule, et, admirant son courage et sa force extraordinaire, elle s’abandonna à lui très volontiers, et aussi avec le consentement de ses parents. De cette union naquit un fils nommé Galatès, qui surpassa de beaucoup ses compatriotes par sa force et son courage. Arrivé à l’âge viril, il hérita du trône de ses pères. Il conquit beaucoup de pays limitrophes, et accomplit de grands exploits guerriers. Enfin, il donna à ses sujets le nom de Galates (Gaulois), desquels tout le pays reçut le nom de Galatie (Gaule) » traduction Ferdinand Hoefer (1851)

          difficile d’être crédible après, non ?

          bref inventez, continuez vos billevesées, ce que toute personne s’interessant à l’art voit comme une sculture romane (fin 11ème début 12ème siècle) vous préférez croire qu’elle a 1000 ans de moins — rien que ça ! uniquement pour tenter d’étayer vos théories fumeuses.

          l’archéologie ne se fait pas dans les ministères, mais ils doivent bien rire tout de même (ou pleurer en voyant vos fans), pourquoi ne pas mettre en évidence toutes les réponses que vous avez obtenues des autorités compétentes ?

          allez Saint Mourey est là dormez bien brave gens, le centre du monde est bien surveillé


        • Emile Mourey Emile Mourey 27 mars 2007 13:32

          @ Alake

          Il faut réfléchir.


        • Emile Mourey Emile Mourey 27 mars 2007 13:59

          @ (IP:xxx.x70.30.80)

          Primo. Je ne pense pas qu’on puisse parler d’Hercule dans le texte de Diodore de Sicile comme vous l’affirmez. Hercule est romain. Il faut plutôt, à mon sens, traduire par Héraclès. Or il semble bien qu’avant d’être honoré par le monde grec, Héraclès soit « né » dans le monde phénicien et probablement à Tyr. Il est même très possible qu’il faille faire remonter le mythe jusqu’au Gilgamesh de Sumer. J’aurais même tendance à rapprocher Héraclès du dieu Melquart de Tyr ((Hérodote 2.44).

          Secundo. La citation que vous citez va plutôt dans le sens de mes hypothèses. En outre, vous oubliez de citer un autre passage dans lequel ce même Diodore écrit qu’Alisum aurait été fondé par les habitants de Tyr. Comme vous le savez, les auteurs de cette époque écrivaient souvent en reprenant des informations qui leur venaient de sources diverses et entre lesquelles ils n’établissaient pas toujours un lien.

          Pouvez-vous, s’il vous plaît, me retrouver ce texte, car cela ferait avancer notablement notre débat ? Merci.


        • (---.---.30.80) 27 mars 2007 15:04

          Emile, Diodore de Sicile a écrit sa bibliothèque historique à Rome et donc quand il parle d’Hercule, je crois qu’il sait très bien de qui il parle.

          ensuite non cela ne vas pas dans votre sens puisque vous dites qu’Alesia selon Diodore de Sicile a été créé par les habitants de tyr or ce n’est pas ce qu’il dit !

          mais vous avez raison, il ne faut pas se fier aux auteurs antiques je suis heureux que vous vous en rendiez enfin compte, j’espère alors que vous réviserz vos jugements sur Flavius Joseph


        • Emile Mourey Emile Mourey 27 mars 2007 15:35

          @ IP:xxx.x70.30.80

          Je pense, bien au contraire, qu’il faut faire confiance aux auteurs anciens. Ces gens-là étaient beaucoup plus instruits qu’on ne pense, d’autant plus qu’ils pouvaient avoir accès à des informations et documents que nous n’avons plus. Voyez, par exemple, la somme d’informations qui a disparu dans l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie.

          En ce qui concerne notre divergence entre Hercule et Héraclès, je note que je ne suis pas le seul à penser qu’il s’agit d’Héraclès. Diodore de Sicile écrivait au Ier siècle avant J.C.. Tout laisse à penser que son oeuvre est, en partie, une oeuvre de compilation. Le souci de ces auteurs était de remonter le plus loin possible dans le temps. Une fondation de Bibracte par un Hercule romain ne s’explique pas dans le contexte historique de l’époque.


        • Emile Mourey Emile Mourey 27 mars 2007 11:33

          De l’auteur

          Je viens d’envoyer à l’instant le e-mail suivant :

          Monsieur le Préfet de la Région Bourgogne, Madame la Directrice de la Direction des Affaires Culturelles de la région Bourgogne, Madame la Sous-directrice de l’Archéologie,

          J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur une question posée à M. le Ministre de la Culture dans l’édition de ce jour du journal citoyen « Agoravox » d’internet.

          Cette question a pour objet la localisation du site de Bibracte.

          Nous ne doutons pas que le Ministre où vous-mêmes allez nous donner votre position en tant que puissance publique chargée notamment de la culture et cela, pour une juste information des citoyens qui s’intéressent à cette question.

          E. Mourey, auteur de la question.


          • La mouche du coche la Mouche du coche 27 mars 2007 13:27

            Je pense sincèrement que M. Mourey est le seul auteur sur ce site dont DW est jaloux. Pour tous les autres, il sent qu’il peut les égaler mais cela ne l’intéresse pas.

            le militaire contre l’artiste. smiley


          • chti (---.---.61.65) 27 mars 2007 13:15

            question a alake je suis du nord, les mérovingiens sont-il descendu autant vers le sud ? question a alake et demian west(entend qu’artiste) peut-on parler d’art roman sous les mérovingiens ?


            • Alake (---.---.251.50) 27 mars 2007 13:26

              Je n’ai pas parlé d’art roman pour les Mérovingiens et je n’ai pas dit que les Mérovingiens étaient descendus au sud. J’ai dit qu’en France la première représentation de mandorle remontait aux Mérovingiens donc bien après Bibracte...C’est une iconographie typique du Moyen-Age.

              Je parlais d’art roman pour l’église Saint-Vincent. L’art roman commence au XIe siècle donc l’art mérovingien n’est pas de l’art roman. smiley


            • Antenor (---.---.8.134) 27 mars 2007 13:34

              @ Alake

              Je n’y connais rien en architecture, mais il me semble que les voûtes dites romanes étaient utilisées bien avant le XI ème siècle.


              • chti (---.---.61.65) 27 mars 2007 13:44

                antenor allez sur le site cité par alake.


                • Alake (---.---.251.50) 27 mars 2007 13:50

                  La voûte dite romane s’appelle en fait la voûte en berceau. Elle était déjà utilisée dans l’antiquité romaine et dans les édifices paléochrétiens.

                  Ce lien permet d’aborder l’architecture romane

                  http://www.collegeahuntsic.qc.ca/Pagesdept/Hist_geo/Atelier/Parcours/romane .html


                  • Antenor (---.---.8.134) 27 mars 2007 14:06

                    @ Alake et Chti merci pour les liens

                    Je me garderais bien de tout jugement sur cette église, par contre je fais confiance au Colonel pour la localisation de Bibracte. Je pense que de manière générale il regarde dans la bonne direction en désignant l’Orient comme le déclencheur du développement celte.


                    • Zozo (---.---.79.1) 27 mars 2007 14:11

                      M.Mourey, j’ai maintenant acquis l’intime conviction que vous prenez vos désirs (délires ?) pour des réalités. Déja le coup du chapiteau aux feuilles druidiques dans votre article précédédent vous avait complètement discrédité, mais là, prendre ce qui n’est « qu’un » christ en mandorle comme on en connait tant d’autres sur les tympans des églises romanes, pour je ne sais quelle figure de temple dédié à Apollon...J’en reste muet.

                      Je peux juste vous recommander d’aller faire un tour prochainement aux futurs musée des monuments français qui va réouvrir ses portes en septembre prochain au palais de Tokyo. Vous y verrez plein de choses instructives et aurez l’occasion de revoir vos thèses surréalistes.


                      • (---.---.109.12) 27 mars 2007 15:18

                        Informez-vous au lieu de critiquer aveuglément : Sa lecture du chapîteau est tout à fait au goût du jour.


                      • Spartakus (---.---.235.154) 27 mars 2007 15:34

                        Sa lecture d’un chapiteau qui a sans doute été rénové est tout à fait d’actualité.

                        Il y a dans une église près de chez moi une gargouille de démon qui est la preuve que Satan a élu domicile dans la maison de Dieu.

                        A moins que vous ne vouliez signifier que la lecture de Monsieur Mourey est dans la veine shamano-wiccane qui agite la spiritualité contemporaine ? En ce sens, il y a effectivement actualité.

                        J’ai appliqué les méthodes scientifiques explicitée par un des personnages du roman d’Umberto Ecco « Le Pendule de Foucault » et je puis dire sans problème que la Grande Pyramide est en fait un temple celte copié sur les épures de Stonehenge.

                        Par la loi des semblances et des affinités tout est symbole de tout.


                      • (---.---.109.12) 27 mars 2007 16:16

                        Informez vous des actualités archélogiques au lieu de railler.


                      • (---.---.30.80) 27 mars 2007 16:29

                        ben justement ce n’est pas en lisant Emile que l’on va s’informer des dernières nouvelles archéologiques !!


                      • Spartakus (---.---.235.154) 27 mars 2007 16:39

                        Pardon, mais en quoi la « lecture » de monsieur Mourey colle-t-elle à l’actualité archéologique ? Auriez-vous les références ainsi que des exemples concrets afin de nous aider, nous pauvres ignorants, à y voir plus clair dans ce débat de « spécialistes » ?

                        Il va de soit que l’on ne peut, dans l’absolu, refuser l’influence grecque dans la Gaule pré-romaine : marchands, mercenaires, voyageurs, ... Les mouvements de populatiosn furent, à cette époque, plus riches et denses que ce que l’on veut habituellement le croire. Maintenant, il s’agirait d’apporter des preuves matérielles que cette influence - croisée si j’ai bien compris le propos de monsieur Mourey - ait donné naissance à des villes, des artefacts et autres matériaux utiles à exemplifier, autrement que par l’assertion pure, ces influences.


                      • (---.---.219.87) 27 mars 2007 23:15

                        Je ne suis pas plus spécialiste que vous, mais sans doute plus curieux. Arte a diffusé un reportage montrant des dernières trouvailles archéologiques sur l’univers celte. Intitulé « Sur la trace des celtes », il est disponible sur artevod.com.

                        En 2000 a eu lieu un colloque sur la figuration et l’abstraction dans l’Europe ancienne (http://www.ff.cuni.cz/dok/prednasky/konfFA.htm). Cette page vous donnera une mine de pistes qui vous permettront peut-être de mieux comprendre l’art laténien.

                        Les ouvrages de venceslas Kruta vous permettront peut-être également de mieux comprendre l’art figuratif celte.

                        On n’est pas obligé d’adhérer aux thèses d’Emile Mourey, mais il y a loins de là a dire qu’elles sont évidemment absurdes, comme vous le faites, ou que sa réflexion ne s’appuie que sur des analogies gratuites.


                      • (---.---.219.87) 27 mars 2007 23:16

                        Désolé, le lien est mal passé : http://www.ff.cuni.cz/dok/prednasky/konfFA.htm


                      • Spartakus (---.---.235.154) 27 mars 2007 14:29

                        Mais Monsieur Mourey, réfléchir à quoi ?

                        Quels sont vos preuves ? Datations scientifiques des sculptures ? Voulez-vous dire que ces sculptures sont copiées ou inspirées d’autres plus anciennes ?

                        Voulez-vous dire que l’art roman de cette église serait une émanation d’une tradition se transmettant au cours des siècles ?

                        Voulez-vous dire que cette transmission prouve l’origine de la fondation de la cité ?


                        • Emile Mourey Emile Mourey 27 mars 2007 15:52

                          @ Spartakus

                          C’est beaucoup plus simple que vous ne le pensez. En lisant les Commentaires de César sur la guerre des Gaules, je situe Bibracte au Mont-Saint-Vincent (voyez un de mes articles précédents). En retraduisant les discours d’Eumène, je situe un temple dit « d’Apollon », à l’extrémité du horst. J’y vois dans le cul de four le chrisme de Constantin, dans la nef des chapiteaux très archaïques, des pierres et des sculptures usées par le temps comme jamais je n’en ai vu d’aussi « vieilles ».

                          Que voulez-vous, je suis plutôt un manuel. Je n’ai pas appris à redresser des vieux murs ou à restaurer un vieil édifice dans les livres mais sur le terrain. Quand je vois les vieilles pierres de Mont-Saint-Vincent là où les textes me disent qu’elles doivent se trouver, cela ne me surprend pas et je ne vois pas pourquoi il faudrait que je dise le contraire de ce que je pense.


                        • Spartakus (---.---.235.154) 27 mars 2007 16:05

                          Merci pour cette réponse honnête.

                          Donc, on pourrait penser que soit ces statues sont d’« époque » soit elles furent taillées sur base d’une influence antérieure. Je ne suis pas un spécialiste de l’archéologie locale mais je préfèrerais intellectuellement la seconde proposition qui laisse la porte ouverte à l’herméneute poétique de votre relecture de l’histoire.

                          Pour le vieillissement des statues et des pierres, il vaudrait la peine d’analyser leur composition pour en déterminer les possibles érosions précoces mais je vous suis tout à fait dans votre interprétation symbolique du lieu. En cela vous resterez inconciliable avec les académiciens et praticiens de la chose historique. Qu’importe que vous ayez raison en fin de compte, car l’on vend bien des souvenirs à Bethleem là où Christ jamais ne vint au monde.


                        • Emile Mourey Emile Mourey 27 mars 2007 16:33

                          @ Spartakus

                          Il ne s’agit pas de statues mais de sculptures des chapiteaux. Je pense avoir fait suffisamment de travaux de maçonnerie pour m’apercevoir quand il y a des réagréages ou des reprises. Non, tout cela me semble authentique.

                          Bien sûr, le chrisme de Constantin peint dans le cul de four est postérieur et ne date que du début du IVème siècle. Récentes, les deux colonnes massives dont on a entouré les colonnes d’origine, à l’entrée du choeur, pour les consolider.

                          On a également rehaussé le sol dans l’absidiole gauche qui, probablement, était un baptistère, à l’origine.

                          J’ai bien essayé d’expliquer qu’il devait y avoir probablement une conduite enterrée qui pouvait amener l’eau jusque-là, conduite aujourd’hui bouchée, ce qui pourrait expliquer l’humidité qui pourrit les murs.

                          La seule intervention où j’ai l’impression d’avoir été écouté, c’est quand les ouvriers ont commencé à enduire les murs. Heureusement que l’architecte des Bâtiments de France a mis holà, Dieu soit loué !


                        • Icks PEY (---.---.232.221) 27 mars 2007 14:38

                          Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu ?


                          • Spartakus (---.---.235.154) 27 mars 2007 14:48

                            La marmotte est une résurgence ouvrieuse celte montagnarde. Preuve s’il en était que l’Atlantide est à situer dans les Alpes suisses.


                          • Antenor (---.---.8.134) 27 mars 2007 15:13

                            @ Emile

                            Y a pas de traces d’un temple d’Appolon au Mont Beuvray ?


                            • Emile Mourey Emile Mourey 27 mars 2007 16:09

                              @ Antenor

                              Comme je l’ai expliqué dans mes ouvrages et en partie sur mon site internet, la remise en question qu’il aurait fallu se faire fut lorsque Déchelette mit au jour des poteries boïennes au mont-Beuvray (voir son manuel d’archéologie). C’est à ce moment-là qu’il aurait dû se rendre compte qu’il se trouvait sur l’oppidum boïen dont parle César. Comme César dit par ailleurs qu’il avait installé les Boïens qui avaient participé à l’expédition des Helvètes dans le pays éduen, donc sur le mont Beuvray et que ceux-ci y sont restés un certain temps, on comprend qu’ils s’y soient retranchés, qu’ils y ont construit et notamment un temple dont on a d’ailleurs retrouvé la trace... modeste.

                              Rien à voir avec un temple d’Apollon.

                              Quant au temple d’Apollon du rhéteur Eumène que les historiens situent à Autun, les archéologues le cherchent encore et ne risquent pas de le trouver.

                              La confusion vient du fait qu’au temps du rhéteur Eumène, Bibracte (Mont-Saint-Vincent) et Autun portait le même nom : Augustodunum.


                            • Antenor (---.---.8.134) 27 mars 2007 17:14

                              Je suppose qu’on a pas de trace écrite mentionnant la date de construction de ce temple d’Apollon, ce serait trop beau. Grâce à Eumène on sait au moins qu’il date d’avant l’an 300. On peut supposer qu’Apollon est la traduction romaine de Lug (avec Mercure). Si c’est le cas, le temple dédié à la principale divinité de la Celtique et situé dans une de ses principales capitale politiques, devait avoir de la gueule. Et pour cette période l’argument disant que les Gaulois ne savaient pas faire tenir un mur debout ne tient plus.

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