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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Mozart et la musique de divertissement

Mozart et la musique de divertissement

Dans toutes les couches de la population, le nom de Mozart est célèbre, popularisé par des œuvres qui ont su toucher des publics très différents, de La flûte enchantée au Requiem, en passant par la Symphonie Jupiter ou le Concerto pour clarinette. Sa partition la plus connue n’est toutefois aucune de celles-ci, mais La petite musique de nuit, une modeste sérénade, témoin d’un fait indubitable : même en composant des œuvres mineures pour le divertissement des puissants personnages de son époque, Mozart a su élever très haut le niveau de son inspiration...

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(Les liens musicaux sont accessibles, tout au long de l’article, en cliquant sur les références du catalogue Köchel : KV xxx)

 

Dans les palais et les riches demeures autrichiennes du temps de Mozart, tout évènement qui sort de la routine donne lieu à des musiques de circonstance. C’est bien sûr le cas dans la noblesse, mais également chez les négociants fortunés : visites d’hôtes prestigieux, anniversaires, réceptions de toutes natures, noces, fêtes de plein air, réunions maçonniques, tout est prétexte à un concert. Ces musiques de circonstance, commandées moyennant rémunération à des compositeurs expérimentés, sont avant tout destinées à divertir les invités dans une ambiance festive, le plus souvent à l’occasion de banquets (d’où le nom de Tafelmusik qui leur a été donné de manière générique durant l’époque baroque). Elles se doivent par conséquent d’être légères, joyeuses et accessibles à toutes les oreilles au moyen de mélodies plaisantes et de couleurs chaudes, dans la tradition des « suites pour orchestre » composées par les géants du baroque que furent Bach, Haendel et Telemann.

Selon leur forme (la nature et l’ordonnancement des mouvements) et l’ensemble instrumental auquel elles sont destinées, ces œuvres se nomment divertimento, sérénade, notturno, partita ou cassation. Les unes, destinées à être jouées dans les salons, sont le plus souvent réservées à une petite formation d’instruments à cordes ; les autres, destinées à être jouées en extérieur dans des espaces plus grands, sont confiées aux instruments à vent ou à des formations mixtes plus ou moins étoffées. De telles œuvres, Mozart en a composé une trentaine, sans compter de nombreuses marches, danses et contredanses. Et cela avant même de s’installer à Vienne après qu’il ait rompu sa collaboration avec son employeur salzbourgeois, le rigide prince-archevêque Colloredo.

C’est en effet dans sa ville natale de Salzbourg que Mozart compose ses premières œuvres de divertissement dont certaines sont manifestement influencées par ses voyages en Italie en compagnie de son père Léopold, à l’image des divertimentos en ré majeur KV 136, en si bémol majeur KV 137 et en fa majeur KV 138 dont la forme s’inspire plus des sinfonias italiennes pour quatuor à cordes (avec ou sans contrebasse) que des divertimentos en vogue dans la capitale de l’Empire. Cela explique sans doute que ces œuvres soient également connues sous le nom générique de « symphonies de Salzbourg ». Mozart est alors âgé de 16 ans et démontre déjà un potentiel exceptionnel. La plupart de ses œuvres suivantes sont composées pour agrémenter les réceptions données par Colloredo en son château de Mirabell.

La première sérénade importante de Mozart est la 4e dans le catalogue Köchel. Dédicacée à l’archevêque qui l’emploie depuis l’année précédente (1773), la sérénade en ré majeur « Colloredo » KV 203 est composée durant l’été 1774 pour animer les fêtes estivales de l’université de Salzbourg. De grandes dimensions et destinée à un orchestre étoffé, cette œuvre comporte 8 mouvements disposés dans un schéma traditionnel comportant trois menuets. Comme la superbe sérénade « Haffner » qui viendra plus tard, cette talentueuse partition – encore empreinte d’un génie en devenir – comporte en 2e, 3e et 4e mouvements une partie de violon qui en fait une sorte de concerto intercalé.

 

Une sérénade pour 2 orchestres

Composée par Mozart en 1776 – l’année de ses 20 ans –, la « Serenata notturna » en ré majeur KV 239 (6e du genre) est de dimensions nettement plus réduites et ne comporte que 3 mouvements. Écrite pour être jouée en intérieur – nous sommes en janvier ! –, elle est particulièrement intéressante en cela qu’elle s’adresse à deux petites formations instrumentales disposées à distance l’une de l’autre dans la demeure d’un commanditaire dont l’identité reste inconnue. La première formation est constituée d’un ensemble de cordes soutenues par des timbales ; la seconde d’un simple quatuor de cordes (2 violons, alto et contrebasse) afin de créer des effets de réponse, ponctués dans les 1er et 3e mouvements par d’inhabituels usages des timbales en forme de plaisanterie musicale. L’ensemble est charmant et montre, à l’image du bref temps de danse paysanne intégré dans le rondo final, que Mozart s’est clairement diverti en écrivant cette partition.

En juin de cette même année 1776, c’est un divertimento que compose Mozart pour répondre à une commande de la comtesse Antonia Lodron qui veut une musique légère destinée à égayer sa fête lors d’une réception nocturne. Écrite en 6 mouvements pour une formation de 2 cors et un ensemble de cordes, le divertimento en fa majeur « Lodron » n°1 KV 247 est une œuvre finement ciselée et d’une exquise légèreté, notamment dans l’adagio, conduit par le 1er violon sans le soutien des cors. Nul doute que la comtesse ait été satisfaite, de même que son maréchal d’époux.

Toujours en 1776, Mozart retourne au schéma de la sérénade Colloredo lorsqu’il écrit la 7e sérénade en ré majeur « Haffner » KV 250. Comme l’indique la dédicace, cette œuvre est destinée à Sigmund Haffner, un riche négociant, fils du maire décédé de Salzbourg et ami de Mozart, pour le mariage de sa sœur Élisabeth. On retrouve dans cette partition de grandes dimensions les 8 mouvements de la 4e sérénade organisés selon le même plan, avec un séduisant concerto pour violon intercalé en 2e, 3e et 4e mouvements. L’œuvre est élégante d’un bout à l’autre, et l’on comprend sans peine en l’écoutant les raisons de sa grande popularité dans le public. Quant à la famille Haffner, elle est ravie par l’œuvre de Mozart au point que Sigmund commandera en 1782 une symphonie au compositeur pour fêter sa décoration impériale : ce sera la grande symphonie n° 35 en ré majeur, tout naturellement sous-titrée « Haffner », du nom de son commanditaire.

Probablement composé pour l’anniversaire de sa sœur Nannerl, le 30 juillet 1776, le divertimento en ré majeur KV 251 est écrit pour hautbois, 2 cors, 2 violons, alto et contrebasse : 7 instruments qui lui valent souvent d’être dénommé « septuor de Nannerl ». S’il a conservé la forme en 6 mouvements du divertimento « Lodron » en fa, il en diffère fortement par l’inspiration dont les musicologues s’accordent à dire qu’elle se situe dans le goût français de l’époque. Comme pour leur donner raison, cette œuvre séduisante et imaginative est conclue par une « marcia alla francese ». Autre particularité de ce divertimento : le hautbois y conteste de manière inhabituelle la suprématie du violon. 

Le notturno en ré majeur KV 286 est officiellement daté de 1777. Il a pu avoir été composé pour répondre à une commande privée à l’occasion du Nouvel an. Quoi qu’il en soit, cette œuvre va encore plus loin que la serenata notturna en matière de répartition des musiciens. Ce notturno est en effet écrit, non plus pour 2, mais pour... 4 orchestres, chacun constitué de 2 cors et d’un ensemble de cordes. Il résulte de cette disposition des effets d’écho encore plus spectaculaires que dans la 6e sérénade et qui sont parfaitement mis en valeur par la simplicité de l’écriture. On ne connait que 3 mouvements à cette œuvre, mais en l’absence de partition originale, il semble évident qu’il y manque un allegro final après le menuet. 

 

Un cor postal dans l’orchestre !

Le divertimento en si bémol majeur « Lodron » n°2 KV 287, également daté de 1777, est, comme le KV 247, une commande de la Comtesse Lodron. On y retrouve le schéma en 6 mouvements auquel Mozart est désormais fidèle. Composée pour un quatuor à cordes soutenu par 2 cors, cette œuvre, légère de bout en bout, n’atteint pas le niveau d’inspiration du premier divertimento écrit pour Antonia Lodron l’année précédente. Mais sans doute n’était-ce pas l’avis de Mozart : il joua lui-même la partition du 1er violon lors de la création de ce divertimento !

Nettement plus intéressante, la 9e sérénade en ré majeur « Posthorn » KV 320, composée une fois encore pour l’université de Salzbourg, doit son nom à la surprenante utilisation, en plus des vents, des cordes et des timbales, d’un « cor de postillon », autrement dit d’un instrument rustique qui sert habituellement à annoncer l’arrivée de la malle-poste au relais. C’est dans le 2e trio du second menuet qu’intervient cet instrument insolite, après une autre séquence inhabituelle : un solo de flûte à bec piccolo – soutenu par les seules cordes – dans le 1er trio de ce même menuet. Constituée de 7 mouvements, cette sérénade de grandes dimensions, composée en 1779, recèle une autre surprise sous la forme de deux mouvements concertants – les 3e et 4e – destinés à la flûte et au hautbois.

Le 17e divertimento en ré majeur KV 334, écrit en 6 mouvements pour 2 cors et cordes, également durant l’année 1779, répond à une commande de l’industriel et violoniste amateur Georg Robinig von Rottenfeld. Bien qu’il ne figure pas parmi les plus jouées des œuvres de circonstance de Mozart, ce divertimento n’en est pas moins caractérisé par d’indéniables qualités d’écriture et se révèle plein de charme à l’écoute. L’un de ses mouvements jouit même d’une notoriété universelle : le 1er menuet. Celui-ci est en effet présent sur de très nombreuses compilations de musique classique, le plus souvent au côté d’un autre célèbre menuet, extrait du 11e quintette de Boccherini.

C’est en octobre 1781 que Mozart compose la 11e sérénade en mi bémol majeur KV 375 pour répondre à une demande du peintre de la cour de Vienne Von Hickel désireux d’honorer sa belle-sœur Thérèse à l’occasion de sa fête. Initialement destinée à 2 clarinettes, 2 cors et 2 bassons, cette œuvre en 5 mouvements est complétée en juillet 1782 par l’adjonction de 2 hautbois pour être jouée par l’ensemble de vents du prince Aloys de Liechtenstein, alors à la tête de l’Harmonie impériale. Écrite d’une manière que l’on pourrait considérer comme académique pour une œuvre de ce type, cette sérénade n’en possède pas moins de grandes qualités qui en font l’une des favorites des formations d’instruments à vent.

Composée également en 1781, la géniale 12e sérénade en ut mineur KV 388 est totalement atypique à plusieurs points de vue. Certes, son effectif est identique à la précédente sérénade dans sa version remaniée à 8 instrumentistes. Mais elle en diffère profondément par le recours au mode mineur qui donne à cette œuvre un ton grave et une profondeur nostalgique surprenants pour une œuvre censée être dédiée au divertissement et à la légèreté. Le nombre de mouvements, réduit à 4 sur le plan type d’une symphonie (vif-lent-menuet-vif), est lui aussi inhabituel, de même que le traitement en canon du menuet et du trio. Nul ne sait pour qui cette singulière sérénade a été écrite, mais une chose est sûre : Mozart a donné le meilleur de lui-même pour composer ce chef-d’œuvre. Il donnera même un prolongement à cette sérénade en la transcrivant en 1787 pour quintette à cordes (KV 406) dans une œuvre de taille plus réduite mais au charme ô combien envoûtant !

 

De la Gran Partita à la Petite musique de nuit

Mozart va encore plus loin en matière d’instrumentation avec la 10e sérénade en si bémol majeur KV 361. Cette « Gran partita » – une appellation ajoutée ultérieurement sur le manuscrit original – n’est est en effet plus destinée à un octuor comme les 2 précédentes sérénades mais à... 13 instruments à vent, tous appelés à être mis en valeur à un moment ou un autre de cette partition exceptionnelle à tous points de vue. 13 instruments à vent ? En fait non, car outre les 2 hautbois, les 2 clarinettes, les 2 cors de basset, les 4 cors et les 2 bassons, Mozart a confié la basse à une contrebasse, comme le confirment les pizzicati qui figurent sur le manuscrit, et non à un contrebasson, un instrument tout juste né et encore balbutiant à l’époque. Mais l’usage de ce dernier s’est assez largement répandu et ne trahit en rien – bien au contraire ! – l’esprit de cette œuvre, si merveilleusement composée pour les vents. Commencée en 1781 avant les 11e et 12e sérénades – ce qui explique son n° de catalogue antérieur –, l’écriture de cette sérénade s’étale sur 2, voire 3 ans. La raison en est que, cette fois-ci, Mozart ne répond à aucune commande : il écrit là pour lui-même, avec en mémoire la qualité des virtuoses qu’il a rencontrés à Munich, à l’image du clarinettiste Anton Stadler auquel il destinera, en 1791, son extraordinaire concerto en la majeur. Construite en 7 mouvements, cette sérénade rivalise avec les meilleures pages de son compositeur et impose une évidence à tous les amateurs de musique classique : il n’y a pas de genre mineur chez Mozart !

Pas de genre mineur, en effet. Et ce n’est pas la célébrissime Petite musique de nuit qui vient battre en brèche ce constat. Il arrive pourtant que cette œuvre provoque, ici ou là, un commentaire condescendant. Sans doute est-ce dû au fait que cette sérénade est – avec Les quatre saisons de Vivaldi – omniprésente dans l’offre musicale des concerts planétaires, et cela depuis des décennies. La 13e sérénade en sol majeur « Eine kleine Nachtmusik » KV 525 ne mérite évidemment pas ces réserves : cette œuvre est en effet un incontestable chef d’œuvre. On ne sait pas pour qui Mozart l’écrit en 1787, mais il est probable qu’il le fait sur commande dans la mesure où il interrompt brusquement, dans la nuit du 10 août, la composition du très grave opéra Don Giovanni pour jeter sur la partition ces mesures appelées à devenir l’une des œuvres les plus connues du monde classique. Comment Mozart, tourmenté de surcroît par des difficultés financières persistantes et par la mort, quelques semaines plus tôt, de son père Leopold ainsi que celle de deux amis proches*, peut-il trouver l’inspiration d’une sérénade aussi pleine de grâce et de légèreté ? Tout le mystère du génie est là, dans ces 4 mouvements pour quintette à cordes emprunts d’une joyeuse insouciance. À noter qu’il existait à l’origine un premier menuet entre l’allegro initial et la romanze, mais la page a été arrachée du manuscrit, peut-être par Mozart lui-même. La structure qui en résulte est, de ce fait, moins celle d’une sérénade que d’une sinfonietta. Mais une chose est sûre : malgré toutes les écoutes, le plaisir est toujours au rendez-vous, que ce soit dans la version quintette ou dans celle d’un orchestre à cordes plus étoffé.

Bien qu’il soit qualifié de divertimento dans le catalogue des œuvres de Mozart, le trio à cordes en mi bémol majeur KV 563, composé en 1788, appartient plus au répertoire de la musique de chambre qu’à celui des cassations, en dépit des 6 mouvements dont il est constitué. Dédiée à Michael Puchberg, un camarade franc-maçon qui a aidé financièrement le compositeur en différentes circonstances, cette œuvre ambitieuse et finement ciselée est un incontestable joyau dans lequel Mozart réussit, chose totalement inhabituelle, à mettre sur un pied d’égalité le violon, l’alto et le violoncelle. 

Mozart est à juste titre considéré comme l’un des plus grands génies de la musique classique, mais le public est loin d’avoir découvert toutes les facettes de son immense talent. Puisse ce florilège de ses musiques de divertissement montrer, par l’écoute des liens, que son génie s’est exercé jusque dans les œuvres destinées à ces instruments campagnards patauds et rustiques qu’étaient les bois et les cuivres avant que les meilleurs compositeurs du 18e siècle ne les fassent pénétrer dans les salons et les jardins des rois et des princes. Quelques pages évoquées ici le démontrent avec éclat : il suffit pour s’en convaincre de les écouter en se laissant porter par la musique du divin Mozart...

 

Le comte Hatzfeld et le Dr Barisani.

 

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89 réactions à cet article    


  • gruni gruni 5 janvier 2015 10:51

    Ton article très bien documenté, me donne l’occasion de commencer l’année en musique. Surtout qu’il paraît que la musique adoucit les moeurs. Comme en plus je suis complètement inculte dans ce domaine, pourquoi pas m’y mettre aujourd’hui.


    Merci pour l’article

    • Fergus Fergus 5 janvier 2015 11:36

      Bonjour, Gruni.

      « la musique adoucit les mœurs ».

      Je confirme : lorsqu’on écoute de bonnes partitions, on perd momentanément l’envie de voler dans les plumes de tous ces donneurs de leçons politiques et médiatiques qui cherchent à nous faire prendre les vessies pour des lanternes. Cela dit, il convient de ne pas se laisser endormir...

      « pourquoi pas m’y mettre aujourd’hui ? »

      Pourquoi pas, en effet ? D’autant plus que le choix est assez varié, entre les œuvres destinées aux cordes et celles qui sont dédiées aux vents : deux types de sonorité et d’écriture.

      Merci pour ta visite.


    • colere48 colere48 5 janvier 2015 11:07

      L’Insoutenable Légèreté de l’être.... smiley


      • Fergus Fergus 5 janvier 2015 11:45

        Bonjour, Colère.

        Oui, et cela dans tous les sens : celui, littéral et insouciant, que l’on peut accoler à la musique de divertissement ; celui, littéraire et plus philosophique de Kundera, qui détache les actes des êtres de leur destin.


      • Fergus Fergus 5 janvier 2015 11:49

        Bonjour, Colère48.

        Oui, et cela dans tous les sens : celui, littéral et insouciant, de la composition et de l’écoute de musique de divertissement ; celui, littéraire et philosophique de Nietzsche et Kundera, sur la dissociation des actes de chacun de la marche du temps et des évènements.


      • colere48 colere48 5 janvier 2015 14:07

         smiley 


      • cevennevive cevennevive 5 janvier 2015 11:30

        Ah ! Le divin Mozart !


        En lisant votre article, j’écoutais justement « La Flûte enchantée ». J’en ai bien besoin en ce moment où ma vie est un peu bouleversée par le tourment d’avoir un proche à l’hôpital.

        Mozart m’apaise. Je crois sincèrement que les rythmes et les circonvolutions de la musique doivent s’accorder à nos rythmes personnels et intimes, et s’entendre parfaitement avec les battements du coeur et le flux du sang dans les artères. C’est ainsi que l’on aime ou n’aime pas certaines musiques.

        je n’aime pas Mahler par exemple, il me « heurte ».

        Dans votre article Fergus, il y a des références que je ne connais pas, je vais aller les écouter.

        Merci et bien à vous.


        • Fergus Fergus 5 janvier 2015 12:00

          Bonjour, Cevennevive.

          Sincèrement désolé pour votre proche et pour vous-même qui êtes dans l’angoisse. Puisse cette personne sortir très vite de l’hôpital !

          Mozart est en effet « apaisant » : on écoute ses œuvres, et l’on est immédiatement transporté dans un monde paix et de sérénité, même lorsqu’il se montre grave.

          Moi non plus, je ne suis pas très amateur de Mahler, et cela malgré quelques grands moments musicaux, mais hélas ! trop furtifs à mon goût. Mahler manque, à mes oreilles, du sens mélodique que j’apprécie chez un compositeur, et ses remarquables capacités d’orchestration ne suffisent pas, à mon avis, à justifier ses œuvres interminables.

          Bonne écoute et merci à vous.


        • Antoine 5 janvier 2015 23:17

          Bien malheureux celui qui n’apprécie pas Mahler !


        • Fergus Fergus 5 janvier 2015 23:29

          @ Antoine.

          Les goûts et les couleurs...


        • Antoine 6 janvier 2015 00:41

          comme un grand amateur de peinture qui aurait horreur de Léonard de Vinci...


        • Fergus Fergus 6 janvier 2015 09:13

          Bonjour, Antoine.

          Attention, vous risquez de tomber dans la doxa artistique dominante ! Personnellement, je connais des amateurs de peinture qui n’apprécient pas particulièrement Léonard de Vinci. Et j’avoue que je n’y suis moi-même pas très attaché. Si j’avais dû exprimer votre remarque, je l’aurais plutôt faite sur Rembrandt ou Vermeer, voire le provocateur Bosch ou l’hyperréaliste Le Caravage.


        • Antoine 6 janvier 2015 22:38

          La doxa est une posture nourrie de préjugés ! Je crains que vous n’y soyez déjà tandis que je connais plutôt bien (et plus que cela si je me compare au pékin moyen) Mahler qui atteint fréquemment le sublime, ce que vous semblez ignorer...


        • Fergus Fergus 6 janvier 2015 22:44

          Bonsoir, Antoine.

          Rien n’est plus subjectif que l’impression d’une personne face à une œuvre d’art, quel qu’en soit l’auteur. Du sublime en musique classique, j’en ai rencontré. Chez Vivaldi, chez Bach, chez Mozart, chez Beethoven, chez Schubert, chez Mendelssohn, chez Brahms, chez Verdi. Mais chez Mahler, jamais, et j’en suis sincèrement désolé.


        • Antoine 6 janvier 2015 23:11

          J’en suis encore plus désolé pour vous mais moi aussi dans d’autres domaines comme la peinture j’ai des mes propres infirmités....


        • Antoine 6 janvier 2015 23:23

          Ps La subjectivité est considérablement réduite dès lors que l’on a procédé à un analyse un brin approfondie de l’oeuvre laquelle en détecte les subtilités et donc sa beauté « objective ».


        • Antoine 7 janvier 2015 00:22

          Eh oui, l’ art, aussi, s’apprend, ce qui évite de demeurer une truffe...


        • Fergus Fergus 7 janvier 2015 09:37

          Bonjour, Albert.

          Rien n’est pire en matière d’art que les certitudes, surtout lorsqu’elles sont assénées de façon péremptoire. Il est à cet égard intéressant de constater que Mozart a été longtemps délaissé. Ou que Vivaldi n’a été redécouvert qu’au début du 20e siècle. Quant au grand Telemann, il flotte encore dans les limbes de l’oubli.


        • Antoine 7 janvier 2015 23:17

          Fergus, bien que vous pratiquiez l’agnosticisme musical, je vous propose d’aller déclarer devant une assemblée de grands musiciens que la musique du Chevalier de Saint Georges est d’un intérêt et d’une beauté bien supérieurs à celle de Mahler. Mais, attention, préparer quelques cercueils, quelques uns mourront de rire !! Par ailleurs vous auriez pu remarquer que Telemann est fréquemment joué et enregistré. Enfin je ne répond pas à Bébert dont on a du mal à identifier la bouillie mentale.


        • Fergus Fergus 8 janvier 2015 09:12

          Bonjour, Antoine.

          « Je vous propose d’aller déclarer devant une assemblée de grands musiciens que la musique du Chevalier de Saint Georges est d’un intérêt et d’une beauté bien supérieurs à celle de Mahler. »

          Cela ne risque pas d’arriver car il ne me viendrait pas à l’esprit d’énoncer une telle absurdité. Cela ne m’empêche pas d’assumer le fait que je prends infiniment plus de plaisir, à titre personnel et sans vouloir imposer mes goûts à autrui, à écouter du Saint-Georges qu’à écouter du Mahler, ou même du Wagner ou du Berlioz, pour parler de ceux qui ont influencé son œuvre. Je n’y peux rien : malgré de nombreuses écoutes, je reste à peu près imperméable au romantisme post-beethovénien. 


        • Antoine 8 janvier 2015 23:26

          C’est bien dommage, Abbado, grand mahlérien, en serait sorti de sa tombe ! Pour les influences sur Mahler, Wagner certes mais aussi Liszt, Bruckner et son ami Rott qu’il aurait un tantinet plagié. Cela dit, toutes mes condoléances pour votre infirmité...


        • Fergus Fergus 9 janvier 2015 09:15

          @ Antoine

          Ce dernier commentaire me rassure sur votre état. Il montre en effet que vous êtes au sommet de votre forme : toujours aussi condescendant et aussi péremptoire vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas totalement votre vision de l’art en général, et de la musique en particulier. Ce faisant, vous tenez des propos de nature sectaire, pour ne pas dire fanatiques, et cela me semble très préoccupant, non pour vous qui vous complaisez dans cette intellectualisme élitiste, mais pour votre entourage

          Je ne vous en souhaite pas moins une excellente journée, avec Mahler ou Bruckner


        • Antoine 10 janvier 2015 01:28

          Mon cher Fergus, ces reproches s’adressent d’abord à vous-même car vous laissez entendre qu’il n’y a rien de sublime dans les oeuvres de Mahler. Puisque mon opinion vous parait indigne, tous les chefs d’orchestre veulent enregistrer leur intégrale Mahler, à votre avis, c’est pour le plaisir de patauger dans la mouise ? Elitisme, peut-être si l’on considère ce que les veaux contemporains se balancent dans les oreilles, intellectualisme, non, car cette musique chavire plus encore la sensibilité que l’esprit (pour aller au plus accessible, vous avez déjà écouté l’adagietto de sa cinquième symphonie ?),J’ai mes propres infirmités notamment en peinture et il m’est arrivé de me faire commenter des tableaux par des peintres qui m’en ont ainsi révélé les beautés. Admettez donc les vôtres....


        • Fergus Fergus 10 janvier 2015 09:19

          Bonjour, Antoine.

          « vous laissez entendre qu’il n’y a rien de sublime dans les oeuvres de Mahler ».

          Désolé, mais ce que vous écrivez là est faux. Je reconnais à Mahler de grandes qualités d’orchestration, indéniablement. Mais la musique de Mahler ne me procure, à de rares exceptions près, pas d’émotion particulière. Pas même les Kindertotenlieder, malgré la gravité du sujet et la couleur instrumentale qui accompagne le (ou la) soliste. C’est ainsi, et il s’agit là d’un avis personnel. Contrairement à ce que vous faites trop souvent, il ne me viendrait pas à l’idée de prétendre que mon opinion a une valeur universelle. A cet égard, je vous invite, sur cet article ou sur d’autres, à relire ce que j’ai écrit et ce que vous avez vous-même écrit... 


        • Antoine 12 janvier 2015 22:46

             Fergus, vous devriez prendre du repos : le 6 janvier à 22h44 vous écriviez que chez Mozart et d’autres vous aviez trouvé du sublime mais pas chez Mahler ! Tiens, vous ne m’avez pas dit si vous aviez écouté l’adagietto de sa cinquième symphonie et si vous pouviez m’indiquer des déclarations d’amour plus sublimes ?


        • Fergus Fergus 12 janvier 2015 22:53

          Bonsoir, Antoine.

          « vous écriviez que chez Mozart et d’autres vous aviez trouvé du sublime mais pas chez Mahler ! »

          J’ai écrit cela, en effet, et je le confirme. Mais si les mots ont un sens, convenez qu’il s’agit là d’une opinion personnelle et en aucun d’une vérité devant s’imposer à tous.

          Oui, je connais évidemment la 5e symphonie de Mahler, et bien sûr ce 4e mouvement. Mais, au risque de vous horrifier, il n’a jamais suscité chez moi qu’un terrible ennui.


        • Antoine 12 janvier 2015 23:30

          Fergus, vous expliquez donc que vos opinions et la réalité n’ont aucun rapport, dont acte !


        • Fergus Fergus 13 janvier 2015 09:01

          Bonjour, Antoine.

          Vous vous enferrez. A votre commentaire ci-dessus, je réponds ceci : « Vous expliquez donc que votre opinion personnelle vaut vérité universelle et ne peut être contestée par personne, dont acte ! »


        • Antoine 15 janvier 2015 00:08

             Quelque peu universel, si tant est qu’on puisse l’être,j’y tends plus que vous puisque vous rayez sans sourciller deux siècles d’oeuvres musicales extraordinaires même si j’ai eu l’occasion de voir votre extase sur des broutilles récentes de second voire de troisième rayon.


        • Doume65 5 janvier 2015 12:43

          Écouter un concerto pour piano de Mozart (en commençant par exemple par le 20) et mourir

          Quoique... Le Requiem de Gossec ou la Passion selon Saint Mathieu de Bach, ça vous laisse aussi l’âme suspendue bien au-dessus du corps.


          • Fergus Fergus 5 janvier 2015 13:34

            Bonjour, Doume.

            Les concertos pour piano de Mozart, tout en finesse, en séduction et en inspiration mélodique, figurent avec ceux de Beethoven, plus épiques et plus romantiques, au panthéon de mes œuvres préférées. Notamment le 20 que vous citez à juste titre, mais aussi le 21 (dont l’andante sert d’émouvant leitmotiv au film consacré à Elvira Madigan), le 9 « Jeunehomme » (du nom de la pianiste virtuose pour qui Mozart l’a composé), le 17, le 24 et le 27.

            Je suis content que vous évoquiez Gossec, ce compositeur « français » originaire du Hainaut trop méconnu malgré son grand talent et le rôle éminent qu’il a joué dans l’évolution de la symphonie en France. Le Requiem est sans aucun doute l’une de ses œuvres les plus intenses et les plus abouties, mais j’ai également un faible pour ses symphonies, notamment celle « à 17 parties » où les instruments à vent rivalisent avec les cordes comme rarement auparavant.

            Quant à La passion selon Saint-Jean de Bach, c’est également un pur chef d’œuvre, tout comme son homologue La Passion selon Saint-Mathieu, à la fois plus introspective et plus spectaculaire avec ses 2 chœurs.


          • Doume65 6 janvier 2015 12:00

            Merci pour ces remarques. Je vais essayer de trouver des symphonie de Gossec. Je ne les connais pas.

            « dont l’andante sert d’émouvant leitmotiv au film consacré à Elvira Madigan »

            Il a été aussi longtemps été le générique de l’émission de nuit de Macha Béranger sur France Inter.


          • Fergus Fergus 6 janvier 2015 12:17

            @ Doume.

            Merci pour cette dernière précision que j’ignorais.

            Bonne journée.


          • Antoine 6 janvier 2015 22:44

            Ok pour Gossec, le Haydn de la révolution qui a peu pondu mais parfois annonce Berlioz.


          • soi même 5 janvier 2015 12:45

            Bonjour Fergus, c’est sans doute sa dernière création inachevé le Requiem qui définie le mieux Mozart, il c’est plier à tous les désirs de la Cour et pourtant sous un aspect qui pourrait être frivole, il n’a jamais frivole dans sa musique.

            http://www.dailymotion.com/video/xq2911_wolfgang-amadeus-mozart-requiem-herbert-von-karajan_music


            • Fergus Fergus 5 janvier 2015 14:05

              Bonjour, Soi même.

              Je ne me lasse pas du Requiem, au point de l’avoir déjà entendu 3 fois en concert. C’est évidemment une œuvre majeure de Mozart. Peut-on dire pour autant qu’elle définit mieux le compositeur que La flûte enchantée (d’inspiration maçonnique), les grands concertos, les symphonies majeures, ou cette Gran partita (évoquée dans l’article) dans laquelle il a mis beaucoup de lui-même, de même que dans l’octuor KV 388. Et que dire du quintette avec clarinette, ce pur chef d’œuvre ?

              Peut-on dire également que Mozart n’a jamais été frivole dans sa musique ? Pas sûr non plus, si l’on se réfère à Une plaisanterie musicale (Ein musikalischer Spass) ou à certaines danses allemandes, d’inspiration populaire et manifestement écrites pour la simple détente, à l’image de La promenade en traîneau.

              Mais globalement vous avez raison, cette « frivolité » n’est souvent qu’une illusion, car sous la simplicité apparente de l’écriture et la fluidité de l’inspiration se cache un travail remarquable et d’un niveau exceptionnel, qualités qui font de Mozart l’un des plus grands génies de la musique classique. 


            • Doume65 6 janvier 2015 12:40

              Je ne sais ce que contient précisément le terme « frivolité » pour vous. Mais on peut parler de légèreté, puisque par exemple, dans le concerto N° 5 pour violon, par moments, Mozart s’amuse manifestement et cherche à amuser l’auditeur.


            • Fergus Fergus 6 janvier 2015 13:41

              @ Doume.

              Je ne partage pas cet avis sur le concerto pour violon n°5 de Mozart, le plus accompli de tous ses concertos pour violon. L’indication de tempo « aperto » (en lieu et place de l’habituel allegro) apposée par Mozart sur le manuscrit pour le 1er mouvement montre d’ailleurs clairement qu’il voulait une interprétation majestueuse, ce qui est contradictoire avec l’idée d’amusement. C’est notamment vrai pour la superbe - et surprenante - cantilène au violon qui rompt avec le thème introductif du mouvement avant d’y revenir ensuite. 

              Seul le rondo final pourrait laisser penser que Mozart s’est « amusé », notamment en recourant à des rythmes hongrois et à un court épisode « alla turca ». Mais les références aux thèmes populaires de l’Est n’étaient pas rares à l’époque, véhiculées notamment par les apports des excellents compositeurs de Bohême, de même que les citations à caractère « turc ». Dès lors, peut-on dire d’une œuvre aussi superbement aboutie qu’elle a été le fruit d’une volonté d’amusement ? Pas sûr ! 


            • Doume65 11 janvier 2015 12:53

              Fergus, je trouve que tu as une idée un peu rabat-joie de Mozart. Trop d’érudition nuit à la perception simple des choses. A mon avis, bien sûr.
              Heureusement Mozart, lui, ne cherchait pas à faire érudit. Il ne composait pas, il était le médium de la musique qui le traversait. C’est pourquoi sa musique est toujours juste et harmonieuse, qu’elle coule comme l’eau dans un ruisseau. Il sait provoquer toutes sortes de sentiments. Et ce qu’on sait de lui n’en fait pas un personnage sérieux et froid. Donc je continue à penser que si je constate de l’humour dans sa musique, c’est parce qu’il a voulu en placer.
              Maintenant, tous les avis ne sont que spéculation finalement assez vaine. L’essentiel est de pouvoir écouter sa musique, n’est-ce pas ?


            • Fergus Fergus 11 janvier 2015 13:07

              Bonjour, Doume.

              Je suis très loin d’être un « érudit » en matière de musique classique, et je me laisser porter le plus souvent par mes émotions, ce qui me vaut d’ailleurs des reproches d’Antoine.

              Vous écrivez de Mozart « ce qu’on sait de lui n’en fait pas un personnage sérieux ». Voilà une affirmation qui est à la fois vraie et fausse. Vraie, car Mozart aimait s’amuser, plaisanter dans le vie, encore qu’il n’ait pas eu le goût à cela après la mort de son père ou lorsqu’il était étranglé par les créanciers. Fausse, car lorsqu’il composait, Mozart était sérieux, totalement pris par la composition, et donc très éloigné à ce moment de ses facéties habituelles.

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