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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « N’écoutez pas Mesdames » Guitry, Sardou & Briançon Trio (...)

« N’écoutez pas Mesdames » Guitry, Sardou & Briançon Trio Michodière Maestro

Nommé sept fois aux Molières 2019 pour son fabuleux « Canard à l’orange », Nicolas Briançon revient au devant de la scène parisienne en s’effaçant discrètement des planches au profit de Michel Sardou que, pour la première fois, il dirige avec intuition précise du rythme et selon un style de direction adapté soigneusement au tempérament du chanteur ayant tiré sa révérence en 2018 pour devenir délibérément comédien à plein temps. 

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N’ECOUTEZ PAS MESDAMES
© Celine Nieszawer

  

En choisissant Guitry pour faire œuvre commune, Michel & Nicolas se positionnent en compagnonnage de prédilection apte à tirer ensemble les marrons du feu avec grâce et suprématie.

Récemment, le metteur en scène s’était déjà régalé en montant « Faisons un rêve » du même Guitry alors que le comédien, jeune retraité de la chanson, lui, a le souvenir encore épaté d’avoir vu, au Xxème siècle, Jackie sa fameuse mère, elle aussi, dans « N’écoutez pas Mesdames ».

Alors aujourd’hui, Michel ne cherche surtout pas à imiter, comme c’est souvent le cas dans les reprises du Maître, le personnage si caractéristique de Sacha avec ses intonations, sa gestuelle, ses postures misogynes ciblées ou feintes ; non, celui-là joue au naturel, sans affectation ostentatoire mais bel et bien avec une certaine distanciation judicieusement évaluée au prorata des divers enjeux relationnels rencontrés a posteriori d’un supputé constat d’adultère. 

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N’ECOUTEZ PAS MESDAMES
© Celine Nieszawer

  

Aussi, quasiment présent sur scène de manière permanente, Daniel Bachelet (Michel Sardou) prend son temps de répudier tranquillement Madeleine (Lisa Martino) apparemment infidèle, puis de recevoir à son domicile, sans effusion démesurée, sa première épouse ainsi que son ex-maîtresse prêtes chacune à reprendre du service conjugal alors que, de surcroît, en tant qu’antiquaire, il ira jusqu’à négocier des investissements picturaux douteux… afin de mieux renvoyer tout ce joli monde dos à dos.

En incarnant son rôle de manière éminemment placide, ses partenaires peuvent, en toile de fond, intriguer, s’illusionner et tirer des plans sur la comète alors que Guitry, s’adressant aux spectateurs par-dessus son épaule, lui aura d’emblée soufflé :

« Les femmes mentent comme elles respirent. Cela fait partie de leur charme. Cependant lorsqu’elles rompent le contrat de confiance, il faut avoir l’autorité de s’en débarrasser ou au moins donner l’impression de le faire… » 

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N’ECOUTEZ PAS MESDAMES
© Celine Nieszawer

  

La pièce avait pu alors débuter en cherchant à démontrer ce postulat « néo machiste » ainsi exposé bien que l’auteur aurait l’élégance de le conclure avec tact.

Les huit partenaires du toujours « Crooner » dans l’âme, le public en témoigne par sa présence valant plébiscite, ont la part belle pour effectuer des numéros d’acteurs successifs mettant en valeur l’aura du meneur de jeu charismatique prêt à renvoyer cinglant toute balle associée à une réplique fusant nette et ne souffrant point la discussion.

Madeleine donc en instance de divorce, Julie (Nicole Croisille) en favorite d’antan, Valentine (Carole Richert) en première épouse, toutes convoitant le retour en grâce sont en quête de recouvrer leur zone d’influence spécifique s’entremêlant selon un imbroglio de liaisons de traverse que la concurrence maritale de Michel Aubrions (Patrick Raynal) aura contribué à tisser plus ou moins à son insu.

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N’ECOUTEZ PAS MESDAMES
© Theothea.com

C’est au bout du compte le compromis permettant à chacun de préserver son honneur et sa dignité qui fera office de juge de paix des ménages alors que Laurent Spielvogel et Eric Laugerias auront eux, durant cette suite de mésaventures, fait office de diversion cocasse et surtout de mouches du coche.

Tout ce méli-mélo conjugal s’avère brillant, subtil, très drôle et, assurément, il est possible d’affirmer que, sur scène comme dans la salle, chacun aura passé une excellente soirée… en compagnie de monstres sacrés… ceux d’aujourd’hui sous l’auspice de celui d’hier.

   
photos 1 à 3 © Celine Nieszawer
photos 4 & 5 © Theothea.com
   
N'ECOUTEZ PAS MESDAMES - ***. Theothea.com - de Sacha Guitry - mise en scène Nicolas Briançon - avec Michel Sardou, Lisa Martino, Nicole Croisille, Carole Richert, Eric Laugérias, Patrick Raynal, Laurent spielvogel, Michel Dussarrat & Dorothée Deblaton - Théâtre de La Michodière

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N’ECOUTEZ PAS MESDAMES
© Theothea.com

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2 réactions à cet article    


  • Waspasien 15 octobre 11:14

    Tout le monde peut faire comédien ou acteur : la preuve !

    T’es un vieillard, t’as plus de voix, tu ressembles à un épouvantail, t’es devenu empâté et peu mobile, alors tu as droit à une retraite dorée dans la maison du théâtre.

    C’est bien connu, chansonnette et comédie, c’est tout pareil.


    • Theothea.com Theothea.com 16 octobre 20:55

      No comment !...

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