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Né dans la rue : Cartier expose le graffiti

Depuis le 7 juillet et jusqu’au 29 novembre 2009, la Fondation Cartier, située dans le centre de Paris, expose tout une série d’œuvres, de vidéos et de photos issues du graffiti. Nommée "Né dans la rue", l’exposition permet de relancer le débat sur cette pratique si souvent décriée.
 
  • Un peu d’histoire.

Retour aux sources. Né au début des années 70 à New York, le graffiti était à l’origine une forme d’expression permettant aux jeunes des ghettos d’exprimer leur mécontentement et de manifester leur existence par le biais de bombes aérosols de peinture. Les métros furent les premières victimes de cette forme artistique, mais, très rapidement, les murs, les camions et les trains furent à leur tour sauvagement tagués. Le mouvement graffiti, parallèlement au mouvement hip-hop, s’exporta au reste du monde et notamment en Europe.

Ce n’est donc qu’à partir du début des années 80 que Paris, pionnière du mouvement en France, a vu ses murs se remplirent de tags et autres graffitis. Quelles différences entre un tag et un graffiti ?
Le tag est la forme la plus simple et la moins recherchée de l’expression de l’artiste, ici du taggeur. Il s’agit d’une simple signature, rapide à exécuter, souvent comparée à de la calligraphie. Cette forme est la forme la plus contestée car la plus "laide" et la plus "vandale", selon le jargon du taggeur. 
Un graffiti, lui par contre, est nettement plus recherché, coloré et aussi beaucoup plus imposant mais il nécessite naturellement plus de temps pour être fait. Il contient des dégradés, des couleurs, des effets et souvent de la perspective.

Deux écoles s’affrontent dans le graffiti : le "vandal" et le" légal". Le "légal", souvent pratiqué dans des terrains et usines désinfectées, permet au graffeur de réaliser sa "pièce" sans contrainte de temps et surtout sans soucis de la police. Mais le "légal" reste contesté car il fait perdre au graffiti sa racine : c’est-à-dire le désir de déranger et de faire réveiller les consciences. Et surtout, le graffiti réalisé n’est vu que par très peu de personnes. C’est pour cela que le "vandal" reste l’essence même du graffiti. Mais la qualité des œuvres s’en voit naturellement diminuée, le graffeur ne pouvant pas prendre son temps.
  • La fondation Cartier : le graffiti chez les riches ?

Après cette brève présentation du mouvement graffiti, qu’en-est-il réellement de cette exposition ?

Ici tout est" tagué" et "graffé" : les vitres, les murs intérieurs et extérieurs, les toilettes, le jardin. Ces graffitis sont d’ailleurs réalisé par des noms célèbres du mouvement comme Sari, Seen ou encore Quatre (cliquez pour voir le blog de l’artiste). En plus de ces graffitis, une exposition de toiles est présente à l’intérieur du bâtiment et la qualité est bien évidemment au rendez-vous : les couleurs vous éblouissent et la création vous émerveille. De plus, de nombreuses photos et objets sont présents pour renseigner les nombreux visiteurs sur l’histoire du graffiti. Enfin, une salle diffuse en continu sur grand écran différents documentaires sur le graffiti du monde entier. De quoi apprendre que de nombreux styles existent dans le monde et que ces diffèrent diffèrent énormément. Je pense notamment aux Pixacao de Sao Paulo et à leur style très particulier.


L’exposition se veut donc complète et les visiteurs (très nombreux) en ont ainsi pour leur argent. Pour leur argent ? Oui car, bien entendu, l’accès à la fondation est payante : 4.5 € pour le tarif réduit et 6.5€ pour le plein tarif. Le graffiti, art noble, s’en voit-il ici dénaturé ? Oui pour de nombreux graffeurs qui considèrent leur art comme marginal, non pour les autres qui pensent que cette exposition permet de faire découvrir aux yeux de tous cette pratique si controversée. Chacun se fera sa propre opinion, mais payer pour voir des graffitis alors que ces derniers sont dans la rue peut en effet paraitre assez surprenant.
Comme le dit un certain "Trabendo" sur le forum Graffiti de 90bpm.net : "« Né dans la rue », j’ajouterai : mort dans les galeries..."
 

En savoir plus sur le graffiti et sur l’exposition :
Site officiel de la Fondation Cartier
DVD Writez : 20 ans de graffiti à Paris
Forum graffiti du site 90bpm.net
 

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1 réactions à cet article    


  • Philippe D Philippe D 18 novembre 2009 13:09

    Tag et Graffiti ne m’intéressent pas beaucoup.
    On se situe souvent dans un « travail » compulsif d’accumulation qui n’a guère de sens isolément.
    Restent le geste spontané et la revendication.
    La récup par Cartier est un joli pied de nez.

    La démarche des artistes de la (des) mouvance(s) « Street Art » est à mon sens nettement plus intéressante.

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