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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Notre-Dame de Paris : la flèche ne sera pas remplacée par une pyramide (...)

Notre-Dame de Paris : la flèche ne sera pas remplacée par une pyramide !

« Restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné. (…) [Les] archéologues, exhumant patiemment les moindres débris des arts qu’on supposait perdus, ont à vaincre des préjugés entretenus avec soin par la classe nombreuse des gens pour lesquels toute découverte ou tout horizon nouveau est la perte de la tradition, c’est-à-dire d’un état de quiétude de l’esprit assez commode. » (Eugène Viollet-Le-Duc, 1866).



Cela fait deux mois que le toit et la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris ont été détruits par un incendie qui a ému la terre entière. Une messe y a même été célébrée ce samedi 15 juin 2019 à 18 heures. Le Président de la République Emmanuel Macron a réagi très rapidement en faisant présenter au Parlement un projet de loi permettant quelques dérogations pour une restauration/reconstruction rapide. L’objectif plus politique que technique est d’achever les travaux avant le début des jeux olympiques de Paris, en 2024. Beaucoup de personnes qualifiées, des scientifiques, des conservateurs, etc. se sont inquiétés de cette précipitation, craignant qu’une mauvaise analyse du diagnostic (de mécanique des structures) hypothèque l’avenir de la cathédrale sur du long terme.

Personne ne peut critiquer les hommes (et les femmes) de l’art (au sens général et aussi au sens propre ici) de se préoccuper d’un bien commun qui a vécu déjà huit siècles et qui est appelé à vivre encore aussi longtemps si les décisions prises sont pertinentes. L’enjeu n’est pas la "civilisation" ni française, ni européenne, ni chrétienne, mais l’avenir d’un de monuments phares de la ville de Paris, de son histoire et, parce que la France est un pays très centralisé, l’histoire de Paris se confond un peu avec l’histoire de France (pas toujours heureusement).

En revanche, beaucoup ont fustigé des milliardaires de s’être intéressés au sort de la cathédrale en proposant de donner jusqu’à 200 millions d’euros. Cette surenchère rapide des dons, au lieu de choquer, devrait au contraire en réjouir plus d’un, d'autant plus lorsqu'on connaît le très faible budget annuel de l'entretion du patrimoine en France (328 millions d'euros en 2018). Inutile de parler de réduction d’impôts pour les dons, tout le monde sait bien que cette réduction d’impôts a toujours été plafonnée à quelques milliers euros et l’on imagine aisément que comme chaque année, ces milliardaires ont dû déjà épuiser leur optimisation de dons.

Non, cette floraison spontanée de millions d’euros provenant des plus riches en France montre simplement, mais personne ne veut le reconnaître, que ces milliardaires tant honnis (bien qu’ils font vivre des centaines de milliers de familles comme employeurs), ne pensent pas seulement à l’argent, ne sont pas apatrides, ne sont pas sans culture ni art. Au contraire, ils sont patriotes et ont l'amour de la France au point de vouloir financer la restauration d'un symbole français.

Au contraire, la richesse a cette chance de permettre de s’intéresser aux arts. J’en veux pour preuve la collection de François Pinault ou encore la construction du musée de la Fondation Louis Vuitton au-delà du Jardin d’acclimatation. Cela écorcherait ceux qui bavent de jalousie devant tant de richesse de le reconnaître, mais on peut être riche, et vouloir le bien de l’humanité. L’incendie de Notre-Dame de Paris en a apporté une démonstration éclatante.

On pourra toujours me rétorquer que ces personnes-là préfèrent être généreux avec des vieilles pierres plutôt qu’auprès les plus pauvres, les démunis, les défavorisés. Pourtant, il ne faut pas croire qu’ils sont la source de la misère, ils sont même ceux par qui la misère a été parfois stoppée par leur talent de stratèges industriels. Combien d’empires industriels d’il y a une ou deux générations ont-ils disparu à cause d’héritiers incompétents ? Ceux qui, aujourd’hui, sont à la tête de milliards, qu’ils fussent les créateurs ou de simples héritiers, ont montré leur capacité de produire et à ce titre, enrichissent la nation elle-même : tant qu’il n’y a pas création de richesse, il n’y aura pas de redistribution. La redistribution ne peut venir qu’après la création de richesse. C’est, semble-t-il, difficile à admettre en France.

Mais qu’importe, cette polémique très idéologique et d’un autre temps (plutôt milieu du XIXe siècle que début du XXIe siècle, et encore, "début" est bien exagéré, 2019, le siècle est maintenant bien entamé) n’est pas très importante, c’est même une caractéristique très française qui veut qu’on déteste l’argent tout en cherchant à en avoir le plus (en resquillant si besoin est). Les Anglo-Saxons ne sont pas aussi gênés que les Français avec l’argent.

La polémique qui risque au contraire de grandir autant qu’un feu de poutres dans une cathédrale, c’est la reconstruction. Je ne sais pas vraiment comment appeler précisément l’opération qui vise à réparer les dégâts causés par l’incendie, à savoir le toit en bois et la flèche. Cette polémique couve et enfle avec une incidence qui n’a rien à voir avec Notre-Dame de Paris : l’antimacronisme primaire tendrait à s’opposer à tous ce que fait ou propose Emmanuel Macron. Le problème, pour ceux qui le pratiquent, c’est qu’il est Président de la République, et l’ampleur de l’émotion a prouvé que si Emmanuel Macron ne s’était pas impliqué dans ce dossier, nul doute qu’on le lui aurait reproché aussi !

De quoi s’agit-il ? En gros, il y a deux camps, ceux qui veulent reconstruire la cathédrale pour la retrouver exactement comme elle était avant l’incendie, à savoir, avec des poutres en bois qui datent de 800 ans, et ceux qui veulent une reconstruction innovante, qui veulent "profiter" de ce drame pour construire avec nouveauté qui aurait un sens avec ce troisième millénaire, voire qui lui donnerait un sens. Il y a aussi les consensuels qui proposent une reconstruction apparente à l’identique mais avec des matériaux modernes (par exemple, en utilisant le titane, très résistant et léger, très cher aussi).

Une telle polémique n'est pas surprenante. Lors de l'attentat du World Trade Center le 11 septembre 2001, il y avait eu aussi l'opposition entre une simple reconstruction à l'identique des parties détruites et au contraire, la construction d'autre chose pour rendre hommage aux victimes. Quant à la non reconstruction du château des Tuileries et du château de Saint-Cloud, cela résultait de la volonté politique des républicains du début de la Troisième République d'éliminer tout symbole monarchique.

Ce qui est étonnant, c’est que les premiers partisans très fermes de la reconstruction à l’identique, qu’on a le droit pour l’occasion d’appeler "conservateurs" car c’est bien le sens de ce mot, ce sont souvent ceux qui font profession d’identité nationale, voire qui se revendiquent "identitaires". Or, parmi l’identité nationale, il y a ces fameuses racines chrétiennes. Personne ne les niera et la cathédrale en est la preuve, et l’émotion populaire, bien au-delà des chrétiens, la preuve vivante : ces racines sont à chérir, évidemment, elles sont le fondement de bien des décisions d’aujourd’hui, tant en droit qu’en politique sociale et culturelle.

L’étonnant, c’est que ces partisans ne se confondent pas avec ceux qui pratiquent régulièrement la foi. Il y a ceux qui revendiquent, et ceux qui pratiquent. Or, beaucoup de prêtres, d’évêques, sont beaucoup plus prudents sur la volonté de reconstruire à l’identique. Ceux qui ont l’habitude de visiter les églises le savent : l’histoire de chaque église, pluriséculaire, est faite de drames et d’innovations, de destruction pendant les guerres, d’incendies, de reconstruction, également de dons provenant des plus riches (qui ont alors leur nom, aujourd’hui inconnu, inscrit sur une plaque de marbre dans un recoin de l’église).

Or, justement, chaque drame a permis quelques innovations. Prenons justement Notre-Dame de Paris, la flèche existante était tellement fragile qu’il a fallu la démonter entre 1786 et 1792 (en pleine Révolution française). Cela a permis à Eugène Viollet-Le-Duc d’innover en remontant une nouvelle flèche, inaugurée le 16 août 1859, entourée de statues représentant les douze apôtres, dont l’un, saint Thomas, patron des architectes, ressemble étrangement à …Viollet-Le-Duc lui-même ! Pourquoi pas ? C’était imaginatif et artistiquement intéressant, mais on pouvait difficilement dire que c’était dans l’esprit du XIIIe siècle. Au contraire, c’était bien dans l’esprit du XIXe siècle (et encore, pas celui de Victor Hugo !).

Alors, pourquoi ne pas imaginer une reconstruction qui reste évidemment en accord avec le passé séculaire de la cathédrale mais qui proposent quelques innovations ? Dans tous les cas, personne n’osera dire que cela en fera une "cathédrale Macron". Un musée (Chirac), une bibliothèque (Mitterrand), un Centre culturel (Pompidou), oui, parce que c’était venu de nulle part. Ici, c’est une cathédrale déjà existante.

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De même, personne n’osera dire que la Pyramide du Louvre est la Pyramide Mitterrand. Justement, arrêtons-nous à cette pyramide inaugurée le 4 mars 1988 et ouverte au public le 29 mars 1989. C’était même la première image d’Emmanuel Macron le soir de son élection. Il a parlé juste devant cette pyramide dans un style très mitterrandien (François Mitterrand avait attendu dix jours pour faire cela, juste devant le Panthéon). Le Louvre existait bien avant François Mitterrand. Le Louvre l’a emporté sur le Président. Mais nul ne peut s’empêcher de constater que sans François Mitterrand, et sa conférence de presse du 24 septembre 1981, il n’y aurait pas eu de Pyramide du Louvre. C’était d’ailleurs l’une des sources d’agacement et de divergence du ministre pourtant fidèle, Pierre Joxe, qui avait osé lui dire que ce n’était pas son rôle ni sa compétence de choisir des projets d’architecture.

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Y aura-t-il une pyramide en guise de flèche ? Avec les connotations d’ailleurs spirituelles qui pourraient les accompagner ? Évidemment, non. Il faut d’ailleurs informer que le célèbre architecte américain (d’origine chinoise) qui a été à l’origine de la Pyramide du Louvre (projet présenté le 21 juin 1983), Ieoh Ming Pei, est hélas mort à New York il y a un mois, le 16 mai 2019, à l’âge de 102 ans (né le 26 avril 1917 à Canton). Il n’a pas construit que des pyramides, bien au contraire, il est même considéré comme inspiré par le "cubisme", et plus généralement, donc, par la géométrie.

Pei, comme beaucoup de ses confrères architectes, a réussi parce qu’il avait l’audace de l’originalité. Dans toute innovation, il y a polémique, les "conservateurs" considèrent en effet que l’art "nouveau" est "dégénéré" et tue la "tradition". Puis, au fil des décennies et des siècles, il devient art "classique". La Tour Eiffel, conçue pour être temporaire, en est un exemple frappant. L’histoire de l’art, que ce soit en architecture, mais aussi en peinture, en musique, etc., en donne mille exemples. Même l’industrie et la technologie suivent ce cycle : audace des investisseurs pour concevoir et développer un produit nouveau, opposition des conservateurs, mais soutien des consommateurs innovateurs, et après, soit le produit échoue économiquement, soit, au contraire, il devient un produit ordinaire (le smartphone est probablement l’exemple le plus spectaculaire, mais aussi la carte bancaire, etc.).

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Pei n’est plus là pour proposer une pyramide à la place de la flèche de la cathédrale, on peut donc "respirer" ! Ce n’était cependant pas l’âge qui aurait empêché un architecte de présenter des projets originaux. Après tout, l’architecte brésilien Oscar Niemeyer (qui est mort dix jours avant son 105e anniversaire, le 5 décembre 2012) a proposé son Centre culturel international (inauguré en mars 2011) à Avilés, dans les Asturies, à l’âge de 99 ans (peut-être n’était-il pas le mieux inspiré pour avoir proposé à cette ville espagnole chaude sur la côte atlantique la construction d’une immense esplanade en béton blanc sur les anciens chantiers navals).

Alors, pourquoi ne pas imaginer un projet de reconstruction audacieux et créatif pour Notre-Dame de Paris ? Sans évidemment dénaturer l’ensemble de l’édifice religieux. Qui oserait dire aujourd’hui que la Sagrada Familia inachevée d’Antonio Gaudi dénature la ville de Barcelone, dénature l’Église catholique, dénature l’art en général ?

C’est ce qu’avait justement compris Viollet-Le-Duc, devenu aujourd’hui une sorte de saint Évangéliste qu’il n’a jamais voulu être (sauf éventuellement statufiée à côté de la flèche !). Il l’avait même théorisé dans un essai intéressant sur la restauration, dont j’ai cité en début d’article quelques phrases clefs, et dont je souligne cette partie-ci : « ont à vaincre des préjugés entretenus avec soin par la classe nombreuse des gens pour lesquels toute découverte ou tout horizon nouveau est la perte de la tradition ».

C’est exactement ce qu’il est en train d’advenir de la restauration de Notre-Dame de Paris aujourd’hui. Pour de nombreux prêtres, la possibilité d’adapter la future flèche de Notre-Dame de Paris « aux enjeux de notre époque » n’est pas une « perte de la tradition » mais un complément nouveau et enrichissant, une valeur ajoutée pour parler comme un économiste, qui inscrira la cathédrale dans l’histoire actuelle des hommes. En ce sens, le choix du projet donnera une idée si la France est trop bloquée ou pas pour vivre encore un futur qui, forcément, sera différent de son passé sans se renier pour autant. À tous les Pei, Niemeyer ou Gaudi de la Terre d’aujourd’hui, concourez ! Vous façonnerez la tradition de demain.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 juin 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Notre-Dame de Paris : la flèche ne sera pas remplacée par une pyramide !
La Renaissance de Notre-Dame de Paris : humour et polémiques autour d’une cathédrale.
Allocution du Président Emmanuel Macron du 16 avril 2019 (texte intégral).
Notre-Dame de Paris, double symbole identitaire.
Maurice Bellet, cruauté et tendresse.
Réflexions postpascales.

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34 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 17 juin 13:30

    "Pour de nombreux prêtres, la possibilité d’adapter la future flèche de Notre-Dame de Paris « aux enjeux de notre époque » n’est pas une « perte de la tradition » mais un complément nouveau et enrichissant, une valeur ajoutée pour parler comme un économiste, qui inscrira la cathédrale dans l’histoire actuelle des hommes.

    On s’en fout !

    Notre-Dame de Paris n’appartient pas plus à l’église catholique que le Pont du Gard ou les menhirs de Carnac. C’est l’état qui en est le conservateur et c’est la nation qui en est le propriétaire. Les prêtres sont les locataires historiques. Leur avis d’utilisateurs est ni plus ni moins intéressant qu’un autre avis des co-propriétaires, usagers ou pas.


    • Ouallonsnous ? 18 juin 01:28

      @Séraphin Lampion

      Avant que Rakoto l’illuminé nous parle de ce qu’il ne connaît pas, posons nous la question ;

      Notre Dame de Paris, qui a allumé le feu ?

      4 hypothèses

      paru dans lundimatin#196, le 17 juin 2019

      Les élections passées, revenons aux choses sérieuses (non pas que les élections ne soient pas une chose sérieuse, entendons-nous bien, je parlais seulement des dernières) : le 15 avril, le toit de la cathédrale Notre Dame de Paris a brulé. Ça fait maintenant deux mois de cela. Et à cette heure, aucune cause, aucun incendiaire volontaire ou involontaire n’ont été identifiés. On ne va pas tourner autour de la flèche en cendres, il n’y a pas dans cette affaire trente six mille hypothèses, on en retiendra quatre :

      1/ Dieu : sa main, son jugement, que sais-je, son courroux (« coucou ! » comme dirait son voisin actuel au Paradis, le regretté Desproges). Les croyants - c’est le moins qu’ils puissent faire - sont sommés de prendre cette hypothèse au sérieux. Dieu, en effet, n’aurait-il pas eu de bonnes raisons de rentrer dans une très sainte colère ? Bien sûr que oui. On l’imagine tout d’abord fondre en larme en découvrant le discours d’Emmanuel (pas son fils, notre Président) dans l’après-midi du lundi 15 avril 2019 (une date à retenir) : Emmanuel a écarté le rétablissement de l’ISF, et n’est pas revenu sur sa décision de renationaliser la branche nucléaire d’EDF (et ne parlons pas de l’absence de refus de démarrage de l’EPR de Flamanville dont tout le monde se fout, par ignorance du drame qui s’annonce). L’effet « waouh ! » tant attendu par les commentateurs politiques ne concerne donc pas le rétablissement de l’ISF, d’importance pourtant toute relative puisqu’il ne s’agit que de rétablir ce qui a été supprimé, mais la suppression de l’ENA ; laquelle suscite l’indifférence. Dieu a jugé que c’était se foutre de son peuple, non élu certes mais néanmoins chéri, de la France fille aînée de l’Église. En agissant ainsi Emmanuel Macron a fini par atteindre les sommets de l’indécence préfigurés par les abus de la fête de la musique en 2018 à l’Elysée, aggravés d’un comportement inconcevable à Saint Martin. Tout cela a fini par devenir insupportable à Dieu : ses foudres, destinées à Jupiter, ont visé la charpente de la très symbolique Notre Dame de Paris une heure avant son allocution. Il n’était pas question pour lui de foudroyer directement celui dont il espérait un changement d’orientation. Mais cette hypothèse, visiblement, n’a pas reçu l’aval du très pieux Emmanuel. Si l’on se fie au contenu de son allocution décalée, à l’évidence pour lui l’incendie n’était pas l’œuvre d’une colère divine.

      Sans hésiter
      - et sa bonne humeur sur le chemin de la cathédrale en témoigne - il a préféré à cette version des faits celle d’un signe de sens contraire, celui d’un soutien divin : Dieu souhaitait compatir à son malheur politique. N’est-il pas tellement essentiel à l’équilibre du monde ? N’est-il pas celui par qui adviendra l’arrêt du nucléaire ?

      (Commentaire en off, si vous le voulez bien. Dieu voudra bien me le pardonner  : « Allons donc ! comment l’arrêt du nucléaire pourrait-il résulter d’une renationalisation d’EDF, aboutissement du principe néolibéral de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes ? Ce choix politique a au contraire le double avantage pour Macron de combiner libéralisme et prolongation de la fuite en avant nucléaire de la France ! ». Fin de commentaire)


    • Ouallonsnous ? 18 juin 01:31

      @Ouallonsnous ?

      Suite de mon post :

      2/ Après l’« accident » métaphysique, deuxième hypothèse : l’accident laïc. Ou l’accident tout court. Il a été présenté d’emblée sans enquête approfondie et pourtant de manière péremptoire par les Autorités comme la version privilégiée. D’où le fait qu’on ait entendu un très autoritaire ’version à privilégier’, alors même qu’elle a été décrite comme improbable par un expert. Et il s’avère qu’un tel évènement arrangeait parfaitement les desseins d’Emmanuel Macron. Persuadé du caractère inéluctable de l’échec de son allocution, parce qu’il sait que cette affaire des Gilets jaunes a peu de chances de s’arrêter tant ces gueux veulent sa démission, que la répression n’a pas eu l’effet escompté, bien au contraire le mouvement s’est radicalisé et ils ne lâcheront rien, qu’il n’en est pas à exclure la dissolution de l’Assemblée mais l’hypothèse s’exclut d’elle-même à proximité des Européennes, et au fur et à mesure que l’on s’approche de l’heure fatidique, puisqu’il a été capable de l’idée géniale du Grand Débat il aimerait se donner encore un peu de temps pour en trouver une autre et tester ses décisions sur les journalistes et les commentateurs politiques, ce qu’il n’a pas pu faire parce que ces affidés, eux, veulent une allocution solennelle et des surprises à la hauteur du génie de leur demi-dieu. Et c’est alors que l’évènement inespéré survient.

      On appelle cela une coïncidence ou de la synchronicité (Ce n’est pas de la métaphysique mais on n’en est pas très éloigné, car ça tient souvent du petit miracle vu le haut degré d’improbabilité. On parle aussi de providence en théologie).

      Emmanuel Macron était dans une panade sans issue apparente, et, miracle, une heure avant la diffusion de l’enregistrement de son allocution le feu démarre de la manière la plus inopinée et inimaginable qui soit dans les combles de la cathédrale, créant un immense brasier traumatisant l’édifice et les esprits du monde entier. Les travaux de rénovation en cours ne semblent pas pouvoir être suspectés puisque les ouvriers n’en étaient encore qu’au stade du montage de l’échafaudage, et qu’on ne met pas le feu à une poutre en chêne avec un mégot de cigarette jeté sur elle par inadvertance, et cela d’autant moins que les ouvriers étaient sur le toit et non dessous. Avec la récente restauration du système électrique, le haut niveau de sécurité incendie et la présence en permanence, 24h/24, de deux agents, l’ancien architecte en chef de Notre-Dame, Benjamin Mouton ne comprend pas ce qui a bien pu se passer. Un autre expert, anonyme, convoqué par un média européo-israélien voulant souffler sur les braises, ne peut concevoir qu’ « une forte charge calorifique » au départ du feu. Tandis que la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem subissait un début d’incendie au même moment qu’à Notre Dame, venant accréditer l’hypothèse d’une synchronicité mondiale. Se trouverait-elle confirmée par la coïncidence survenue sur le plateau de ’N’oubliez pas les paroles’ de Nagui, où, à la même heure, une des candidates choisit de chanter la célèbre chanson « Belle », tirée de la comédie musicale « Notre Dame de Paris », et enchaina par la chanson : « Allumez le feu » !

      Pour qu’il s’agisse bien d’une coïncidence, il faut une synchronicité de très haut niveau, d’une improbabilité quasi-absolue, le vrai miracle en somme. Et ça existe. N’est-ce pas Emmanuel (pas notre Président, Son fils ! [Non, pas à Macron ! A Dieu ! Y’a un ’s’ majuscule tout de même ! Et notre président lui n’est pas roi, il est juste Jupiter. Et il n’a pas d’enfants... Enfin peut-être... mais bon, ne compliquons pas les choses s’il vous plait, la situation, déjà, n’est pas des plus simples]) ? Et ne me demandez pas de vous décrire le scénario, la succession de tous les improbables évènements pourtant bien réels s’articulant dans une telle hypothèse, et menant au premier feu précédant l’incendie, je n’ai pas assez d’imagination.

      3/ Troisième hypothèse : l’attentat. N’en déplaise à Madame Loiseau, celui-ci est une hypothèse recevable. Cette ancienne ministre amnésique, oublieuse de son passé d’extrême-droite, et tête de liste LREM aux Européennes boutée d’Orléans par les Gilets jaunes, a jugé que Nicolas Dupont-Aignan méritait « deux claques » pour le seul fait d’avoir questionner la cause de l’incendie. Pas un simple rappel à la Raison, non, pas un procès éventuellement, pas une claque : deux ! Pour le seul motif d’avoir mis en doute la conviction du Procureur de la République et de notre extralucide Castaner privilégiant l’accident. Et il n’évoquait même pas l’hypothèse d’un complot !

      Or non seulement l’attentat ne peut être écarté d’un revers de main, mais on peut même considérer comme une faute morale, politique, et même philosophique le fait d’exclure l’action d’un déséquilibré, autrement dit l’attentat pathologique, source potentielle par ailleurs de coïncidences en raison du caractère profondément irrationnel de la folie. A New-York le mercredi 17 avril par exemple, soit deux jours plus tard, l’homme arrêté à la cathédrale avec de l’essence a bien « été hospitalisé pour évaluation psychiatrique  ».

      Concernant l’hypothèse d’un attentat politique, on observe qu’à cette heure il n’y a eu aucune revendication, ce qui tendrait à écarter cette hypothèse. Même Daech n’a pas revendiqué l’incendie quand, dans le passé récent, l’organisation s’emparait en général de tout évènement dramatique ou à forte portée symbolique.


    • Ouallonsnous ? 18 juin 01:34

      @Ouallonsnous ?

      Seconde suite de mon post ;

      A moins qu’il s’agisse d’un de ces attentats ne nécessitant pas de revendication dans la mesure où sa signification est très clairement identifiable par les services de renseignements ? Un peu comme le survol des centrales nucléaires par des drones à l’automne 2014 et le casse du cerveau électronique de l’EPR de Flamanville début mai 2018 ? Et dans l’hypothèse d’un attentat, quelle organisation terroriste ou quel pays pourraient être suspectés ? La Suisse, comme dans mon incrimination assez peu convaincante ?

      En tout cas on voudrait attenter à la respectabilité du Président de la République française en attirant sur lui les soupçons de manipulation, qu’on ne s’y prendrait pas autrement. François Mitterrand aurait dit : « Les Français ne le savent pas, mais nous sommes en guerre contre les États Unis, une guerre féroce, une guerre invisible, une guerre sans morts ».

      4/ Reste enfin l’hypothèse la plus insupportable moralement : le complot intérieur, ou plus précisément la manipulation : un attentat d’Etat. Une origine à l’incendie que l’on ose à peine évoquer, sauf à voix basse entre amis, pour moins risquer d’être accusé de complotisme. Ou d’être roué de gifles par Mme Loiseau ; voire pire. Et pourtant l’avocat Gilet jaune François Boulo a bien raison : ce qu’il y a d’inquiétant dans l’idée de complot, c’est d’y penser tout le temps ou de ne jamais y penser. Et Libération de s’interroger : le gouvernement a-t-il interdit aux architectes des monuments historiques de répondre aux interviews ? Des internautes ont évoqué un projet architectural de l’ile de la cité datant de 2016 dans lequel le toit de Notre Dame est fortement remodelé, et soulignèrent que l’incendie tombait drôlement à pic [1], [2] et[3]. D’autres firent remarquer que la thermite, un puissant agent incendiaire, dégage en brulant une fumée de couleur jaune semblable à celle du début de l’incendie. Le très controversé site Panamza informa : Notre-Dame : les tours étaient « exceptionnellement » fermées. Sur la foi de cette information apparemment explosive, il accusait : « le site officiel de la cathédrale Notre-Dame avait annoncé - fin mars et jusqu’au jour mêmeque les tours seraient rendues inaccessibles aux visiteurs une heure plus tôt dans la journée du lundi 15 avril. (…) En clair : c’est précisément durant la tranche horaire de 17h30/18h30 (qui fut spécialement interdite aux visiteurs, mais aussi aux ouvriers qui avaient tous quitté les lieux à 17h30) que le foyer du feu fut activé… accidentellement. Ou délibérément... ». On attendit avec impatience d’observer les réactions à cette assertion incendiaire et sa destinée. Le gestionnaire du site Panamza ne pouvait à priori qu’être « pendu » haut et court. Elles se limitèrent curieusement à une confirmation par Libération, laquelle ne fut pas commentée : Pourquoi les tours de Notre-Dame ont-elles fermé plus tôt le jour de l’incendie ?

      L’attitude autoritaire de Christophe Castaner imposant d’emblée et contre toute logique une vision et une seule, ne peut que contraindre un esprit indépendant à s’interroger, et à questionner l’hypothèse d’une manipulation. Avec d’autant plus d’inclinaison à cela qu’une telle posture provient d’un homme politique inspirant peu confiance (à l’époque la confiance qu’on pouvait lui accorder était déjà très faible, mais après sa scandaleuse manipulation de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière elle s’est réduite à rien), qu’il est en plus d’une extrême violence à l’égard de ses concitoyens Gilets jaunes, et qu’il a, ou a eu, des relations dans le grand banditisme, où il lui serait aisé de puiser d’éventuels acolytes .


    • Ouallonsnous ? 18 juin 01:36

      @Ouallonsnous ?

      Dernière suite de mon post et fin ;

      Néanmoins, quelque soit le lourd passif du ministre de l’Intérieur, la seule interrogation qui vaille réellement, notamment après la lecture du livre de Juan Branco consacré à Emmanuel Macron, de celui de Marc Endeweld, Le grand manipulateur, et d’un article tel que celui-ci : Emmanuel Macron et son harcèlement sexuel par mails, la seule interrogation qui importe est la suivante :

      Emmanuel Macron peut-il nous apparaitre comme un politicien capable en période de grande crise politique intérieure de faire le calcul et le choix d’un attentat uniquement matériel et impressionnant, de très forte charge symbolique et émotionnelle n’occasionnant pas de victimes, propice à un projet architectural qui à l’évidence ne pourrait jamais faire l’unanimité en d’autres circonstances, et susceptible de ressouder la nation, offrant ainsi l’espoir d’éteindre le feu des Gilets jaunes ?

      Voilà. On peut se limiter à quatre hypothèses. Et à moins d’être dans une dictature, il n’est pas interdit de les soupeser. Toutes.

      Y compris une bouffonnerie du fantôme de Johnny.

       


    • Ouallonsnous ? 18 juin 01:41

      @Ouallonsnous ?

      A l’appui de mon quatrièmement, je rappelle ;

      Le surlendemain de l’incendie, le 17 avril, le Conseil des ministres fut entièrement consacré aux conséquences de l’incendie. Trois décisions importantes furent actées :
       Nommer l’ancien chef d’état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, pour conduire depuis l’Élysée une mission de représentation spéciale « afin de veiller à l’avancement des procédures et des travaux qui seront engagés » ;
       Faire adopter par le parlement un projet de loi [4] régissant la collecte de fonds, régularisant la nomination du général Georgelin qui a atteint la limite d’âge et surtout exemptant sa mission de toutes les procédures d’appel d’offres, des lois de protection du patrimoine, et de toutes les contraintes qui pourraient survenir ;

       Lancer un concours international d’architecture pour reconstruire Notre-Dame en l’exemptant  de toutes les procédures d’appel d’offres, des lois de protection du patrimoine, et de toutes les contraintes qui pourraient survenir 

      Immédiatement, le président de la République, Emmanuel Macron décidait non pas de reconstruire Notre-Dame, mais de réaliser un projet difficile qui attendait dans des tiroirs depuis deux ans et demi.

      Pour la classe dirigeante, la beauté de Notre-Dame ne saurait faire oublier que c’est un monument de la superstition chrétienne.

      Au contraire, pour le public, c’est le lieu où les Français se réunissent en tant que peuple pour se recueillir ou rendre grâce à Dieu.

      En décembre 2015, une mission avait été commanditée par le président de la République de l’époque, François Hollande, et la maire de Paris, Anne Hidalgo. Elle dura une année entière alors qu’Emmanuel Macron était ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique.

      Constatant que l’île de la Cité est, depuis son remodelage par le Baron Haussmann au XIXème siècle, un complexe administratif fermé au public, hébergeant la Sainte-Chapelle et la cathédrale Notre-Dame de Paris, la mission proposa de la transformer en une « île-monument ».

      L’opportunité en est fournie par le déménagement du Palais de Justice, la réorganisation de la Préfecture de Police et de l’hôpital de l’Hôtel Dieu. Il sera en effet possible de tout réorganiser.

      Une autre décision a été prise : étouffer tout débat sur les causes de l’incendie afin d’éviter qu’une enquête judiciaire ne vienne perturber ce bel agencement.

      Ce ne sont pas les Albanais du 93 qu’il faut incriminer mais la MAFFIA

      européiste de l’Elysées,


    • Emohtaryp Emohtaryp 17 juin 13:42

      Notre-Dame de Paris : la flèche ne sera pas remplacée par une pyramide !

      Ah bon ? Parce que i l y a des abrutis qui y pensaient ?.... Mais commencez donc par répondre d’abord à ces deux questions puisque vous venez ici comparer les deux événements :

      Qui est derrière les attentats du 11 septembre 2001 à NY ?

      Qui est derrière l’incendie de Notre Dame ?

      On veut des vraies réponses, pas les fakes news habituelles..... smiley


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 17 juin 14:13

        @Emohtaryp

        vous parlez des commanditaires ou des exécutants ?


      • mmbbb 17 juin 19:34

        @Emohtaryp j espere en effet que le rapport d enquête n essayera pas de camoufler l origine de cet incendie. 
        Le systeme d alarme et l electricite avaient refaient a neuf . L archictecte en charge de ce batiment en 2013 ne se l explique pas .


      • Jean Guillot Jean Guillot 17 juin 14:21

        Bonjour , Notre Dame de Paris appartiens a tout les Francais , il faux faire un référendum pour demandé au Francais sil faux reconstruire la fléche 



        • Le Comtois 17 juin 16:05

          Je pense que l’idéal serait, reconstruction à l’identique mais avec une structure moderne, l’avantage de ne pas changer l’aspect tout en usant de matériel moderne et plus léger. 


          • Jean Guillot Jean Guillot 17 juin 16:16

            @Le Comtois
            Oui il faut utilisé les matériaus composites de l’Airbus A350 XWB , comme ça on a une charpente beaucoup plu légère qui peux duré des centaines d’annés


          • gaijin gaijin 17 juin 16:22

            " Ce qui est étonnant, c’est que les premiers partisans très fermes de la reconstruction à l’identique, qu’on a le droit pour l’occasion d’appeler « conservateurs » car c’est bien le sens de ce mot, ce sont souvent ceux qui font profession d’identité nationale, voire qui se revendiquent « identitaires »« 

            c’est a dire antisémites ? ( autant aller au bout de l’insinuation )

            je suis anarchiste et »conservateur « c’est a dire en fait traditionaliste même si vous ne savez pas ce que ça veut dire ......

             » la possibilité d’adapter la future flèche de Notre-Dame de Paris « aux enjeux de notre époque » n’est pas une « perte de la tradition » mais un complément nouveau et enrichissant

            "

            votre modernisme étant une idée dépassée depuis 100 ans foutez nous donc la paix


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 17 juin 16:42

              @gaijin

              est-ce que les « modernes » feront un concours pour savoir comment remanier la maison carrée de Nïmes s’il lui arrive un accident .

              Un structure mi-métal mii-verre en dome avec dees rayons lumineux multicolores, ça pourrait titiller la créativité des bobos cenro-libéro-greenns, non ?


            • gaijin gaijin 17 juin 17:27

              @Séraphin Lampion
              « est-ce que les « modernes » feront un concours »
              on se fout de savoir ce que fond les modernes : qu’ils visitent des monuments fictifs en réalité virtuelle téléchargent une fois pour toute leur pensée dans le cloud et laissent enfin le chant libre a ceux qui s’intéressent au réel .....


            • Surya Surya 17 juin 17:08

              Bonjour Sylvain Rakotoarison,

              Je trouve votre article excellent mais je ne partage pas votre avis. 

              La cathédrale n’aurait jamais dû bruler, donc elle n’aurait jamais dû être détruite. Sans cet incendie, elle aurait encore aujourd’hui l’aspect qu’elle avait autrefois, sans que cela ne dérange qui que ce soit. Il ne serait jamais venu à l’idée de personne de vouloir en moderniser l’aspect, par exemple, je sais pas, en construisant une promenade verdoyante ou une pyramide en verre par dessus le toit. 

              De plus, les ouvriers de l’époque ont mis des décennies à la construire, certains sont même morts sur le chantier il me semble.

              Si l’on ne reconstruit pas à l’identique, du moins l’aspect extérieur (je ne parle pas de poutres en bois de 800 ans, évidemment, je ne tombe pas dans cet extrême) ces gens auront donc donné leur jeunesse, leur vie entière, voire leur vie tout court, pour rien ? Ne peut-on pas décider de reconstruire la cathédrale à l’identique pour leur rendre hommage ? 

              Il faut bien sûr adapter et tirer les leçons du drame qui s’est passé. Si refaire une charpente en bois (ils ne connaissaient rien d’autre au Moyen Age, sinon ils auraient peut être choisi un autre matériau) est trop risqué, alors bien sûr qu’il faut choisir autre chose. Mais selon moi, l’extérieur doit être identique à ce qu’il était avant l’incendie. 

              Je ne suis pas contre la modernisation par principe, mais je me dis que si on faisait revenir aujordh’ui, avec une machine à remonter le temps, un des ouvriers qui a passé sa vie entière à bâtir Notre Dame, il serait bien qu’on puisse lui dire : « la cathédrale a brûlé un jour, mais par respect pour vous et votre travail, on l’a reconstruite à l’identique. »

              Vous allez me dire que beaucoup ont passé leur vie sur le chantier mais n’ont jamais vu la cathédrale achevée, vu le temps que ça a pris pour la construire. Peu importe. Ils savaient à quoi elle allait ressembler, j’en suis certaine. 

              J’ai l’impression que cet incendie est un bon prétexte à se lancer à tout prix dans de la création artistique, alors que ce n’est pas du tout de cela dont il devrait être question. Il ne s’agit pas d’un projet de création artistique, il s’agit de reconstruire un édifice qui n’aurait jamais dû être détruit, donc qui n’aurait normalement jamais été modifié.

              Alors pourquoi sauter sur l’occasion pour vouloir absolument changer l’apparence extérieure de Notre Dame ?? 

              On est en manque de projets architecturaux ou quoi ? On regrette l’époque des grands projets Mitterrandiens ? IEh bien on n’a qu’à construire quelque chose de totalement nouveau, il doit bien rester de la place quelque part pour ça.

              Et pourquoi vouloir absolument cataloguer celles et ceux qui souhaitent une reconstruction à l’identique d’ « identitaires » ?? C’est tellement caricatural (et en plus totalement erronné) de faire ça ! En gros, celles et ceux qui veulent qu’on rende à la cathédrale son apparence extérieure d’origine sont d’affreux retardataires, des gens passéistes, d’horribles conservateurs poussiéreux qui ne comprendront jamais rien à rien ? Désolée, mais je ne me reconnais pas du tout dans ce portrait, et je suis sûre que personne ne se reconnait non plus.

              Le vrai problème, c’est qu’on est en train de tout mélanger : qu’un chef d’Etat veuille lancer un concours d’architecture pour édifier un monument nouveau, comme ce fut le cas pour la Grande Arche, par exemple, ou pour faire d’un bâtiment abandonné (jamais utilisé en fait) un édifice culturel, comme pour la Cité des Sciences, est tout à fait normal. Dans ce cas, on laisse un créateur donner libre cours à son iimagination parce qu’il s’agit, justement, de créer quelque chose. Par contre, là, je trouve que c’est une erreur de lancer un concours d’architecture. Il ne s’agit pas de laisser libre cours à son imagination, mais plus prosaïquement de réparer des dégâts causés par un drame qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Point barre. Je trouve même que c’est plutôt de mauvais goût de lancer un concours d’architecture pour cela. D’autant plus que pas la peine d’être sortie de Polytechnique pour comprendre que le principe même d’un concours d’architecture exclut d’emblée toute chance de voir même considérée la possibilité d’une reconstruction à l’identique. En gros, c’est exclu d’avance... 

              Vous connaissez le château de Guédelon ? C’est marrant, tout de même, de voir que d’un côté, on a des gens passionnés qui ont à coeur de reconstruire un château du Moyen Age exactement comme on les faisait à l’époque, avec exactement les mêmes techniques en plus de ça, et de l’autre, face à la cathédrale Notre Dame brûlée, on s’enflamme d’enthousiasme à l’idée d’une modernisation qui, en plus, dénaturera forcément l’édifice, même si on prétend le contraire.

              Conclusion : par respect pour les bâtisseurs de Notre Dame et pour le travail magnifique qu’ils ont fourni durant des décennies, reconstruisons l’apparence extérieure à l’identique !


              • njama njama 17 juin 20:45

                @Surya

                A notre époque la charpente même en chêne serait certainement très simplifiée, de moitié peut-être (?, côte mal taillée) pour d’une part la raison que ce matériaux de construction de l’époque venaient par voies fluviales des environs immédiats de Paris, que les bois servaient de pâturages, que les chênes étaient rabougris, de peu de hauteur, que probablement peu de chênes n’offraient de grands fûts (troncs).
                https://media.ooreka.fr/public/image/chene-pedoncule-arbre-full-13102369.jpg

                Du coup pour compenser ces faibles portées il fallut à ces très honorables compagnons bricoleurs de génie qui faisaient avec ce qu’ils avaient sous la main, et à leurs savoir-faire, multiplier des assemblages complexes dans la charpente qui aujourd’hui nous paraîtrait très inutiles... tant en quantité qu’en épaisseur de bois.
                Ce chêne moderne aux longs troncs, pourrait d’ailleurs être étuvé pour sa stabilité et ignifugé...
                bref s’il fallut une forêt au XII° siècle la moitié suffirait de nos jours


              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 17 juin 21:17

                @njama

                1000 chêne et sans les etuver . Voir Frédéric Epaud , spécialiste des charpentes médiévales . Chez « la tribune de l’art » ou chez « made in France » . Et ce avec des délais courts . Noter aussi que l’ancienne charpente a été complètement numérisée. Le blême est la maçonnerie en pierres calcaires qui a subie un choc thermique...bref l’urgence est l’etayage pour compenser la poussée des arcs et la voute affaiblie ...cinq ans qu’il dit le je sais tout...lol


              • njama njama 17 juin 21:37

                @Aita Pea Pea
                bien d’accord pour l’ancrage fragilisé par l’incendie dans les maçonneries, mais je maintiens qu’en chêne ou autre bois il n’en faudrait pas tant qu’au moyen-âge (calculs de résistance, de dilatation, etc... que ne connaissaient pas ces vénérables compagnons), et je ne parle même pas du lamellé-collé avec lequel on peut avoir des portées de plus de 10 mètres.


              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 17 juin 21:51

                @njama

                Salut. Comme disait un intervenant ailleur sur le même sujet : Quid de la tenue de la colle du lamelle-colle dans le temps ? On a pas assez de recul . Et une église gothique c’est de l’équilibre de forces de la tête aux pieds, faire une faiblesse quelque part et ça peut partir en couille. Bref compliqué...ça doit cogiter ferme chez les archis.


              • njama njama 17 juin 23:39

                @Aita Pea Pea
                oui on a pas assez de recul sur la colle, mais on sait « souder » le bois maintenant ...

                les compagnons du moyen-âge en tomberaient sur le cul !

                « ...Ainsi, lorsque les bords de deux pièces de bois sont fortement comprimés et soumis aux conditions nécessaires, une véritable soudure s’opère immédiatement - là où un minimum de 24 heures est nécessaire lors de l’emploi de produits chimiques artificiels. La machine utilisée applique un mouvement transversal à une fréquence de 100 Hz (3 mm d’amplitude pendant trois secondes) et une pression de 2 MPa orthogonale au plan de soudage. La pression est portée à 2,7 MPa pendant cinq secondes après arrêt de la friction.
                Deux formes d’assemblage ont été mises au point : la première, par friction linéaire, pour les assemblages plans ; la seconde, par friction circulaire, pour les assemblages par cheville.
                Il est à noter que la contribution majeure en matiére de résistance mécanique est principalement obtenue par la densification et l’enchevêtrement des matériaux. Le mélange des essences ne pose aucun problème, malgré les différentes orientations du fil du bois ; cela devrait permettre la réalisation de produits standardisés en bois massif reconstitué. »...

                https://www.ffbatiment.fr/federation-francaise-du-batiment/laffb/mediatheque/batimetiers.html?ID_ARTICLE=434
                Soudage du bois, wood welding
                https://www.youtube.com/watch?v=LWxi-ngBbKY


              • Clocel Clocel 17 juin 17:13

                On finit de la raser et on sème un gland en lieu et place...

                Dans quelques centaines d’années, nos descendants quadrumanes pourront se balancer de branche en branche pour séduire les femelles au fion en choux-fleur vultueux...


                • Raymond75 17 juin 17:44

                  Il faudrait profiter de cette occasion exceptionnelle pour surmonter Notre-Dame d’une grande tour de projection laser, qui diffuserait de la publicité dans le ciel de Paris, la ville lumière.


                  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 17 juin 18:07

                    @Raymond75

                    comme Citroën sur la Tour Eiffel...


                  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 17 juin 18:08

                    @Séraphin Lampion

                    tiens, c’est une idée, ça, mélanger Notre Dame et la tout Eiffel, les deux images de Paris en une seule !


                  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 17 juin 18:09

                    @Séraphin Lampion

                    c’est fastoche : on démonte la tour Eiffel en numérotant lien toutes les pièces, et on le remonte à la place de la flèche 


                  • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 17 juin 20:08

                    L’auteur nous montre la photo de ce fameux soir de l’élection du 7 mai 2017 ou l’œil d’Horus coiffe la tète de notre petit marquis.

                    Effaré, je l’ai diffusai sur plusieurs sites afin d’alerter sur ce détail intriguant que des millions de téléspectateurs ne pouvait pourtant pas rater devant leur petit écran.

                    Tout ce que j’ai reçu en réponse, ce sont des accusations de théoriciens du complot, sans jamais avoir reçu un seul argument valable justifiant le pourquoi de cet séquence.

                    Seul le cinéaste Serge Moati avait remarquablement commenter cet scène de « rite initiatique indispensable »

                    Notre pro-macroniste primaire d’auteur qui ironise sur le projet d’une pyramide est vraiment significatif de la personnalité lambda des premiers supporters de la République en marche, de véritables paumés opportunistes... 


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 17 juin 20:27

                      Elle est gothique...laissons la gothique. Bon post de Surya.


                      • Waspasien 17 juin 23:49

                        Pourquoi pas un minaret en verre à la place de la flêche et une étoile plaqué de feuilles d’or côté Seine ?

                        Une trinité quoi.


                        • njama njama 18 juin 00:21

                          @ Waspasien

                          Clochers, minarets c’est un peu kif-kif. Souvent les clochers portent les cloches, mais à ND où je n’y ai jamais mis les pieds, n’étant pas parisien je ne sais pas ? peut-être sont elles dans les tours ?

                          Il n’y a nullement obligation de clocher ou de minaret dans les textes, et les canons, quant aux traditions, lesquelles au juste ?

                          Cette apparition assez simultanée de clochers et de minarets dans l’histoire de l’architecture chrétienne et musulmane, urbaine surtout au départ, résultait-elle de rivalités entre les religions quand bien même leur raison première devait être d’appeler à la prière.

                          Aujourd’hui il y a les smartphones et des applis qui peuvent vous sonner les cloches ou vous faire entendre le chant du muezzin


                          • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus (TRoll de DRame) 18 juin 00:35

                            @njama

                            https://fr.wikipedia.org/wiki/Cloches_de_Notre-Dame_de_Paris
                            il y en avais bien dans les tour , dans la flèche mais également dans les combles.

                            Les cloche avait une fonction sociale egalement , elle marquait le rhytme de la journée , mais servait également a ramener les gens égaré vers la ville .
                            tres utile en cas de tempete de neige , c’ etait un phare audio .

                            Les muezzin avait peut etre une fonction similaire ?

                            Ires bien vu pour le smartphone et la paix des communauté surtout u’ il ont maintenant un GPS plutot performant.

                            il ne reste donc que la tradition . 


                          • zygzornifle zygzornifle 18 juin 09:11

                            Un minaret pour faire plaisir a nos amis du Qatar, de l’Arabie Saoudite et nos locataires de HLM ? ....


                            • sweach 18 juin 14:31

                              *Inutile de parler de réduction d’impôts pour les dons, tout le monde sait bien que cette réduction d’impôts a toujours été plafonnée à quelques milliers euros et l’on imagine aisément que comme chaque année*

                              Ce n’est pas tout à fait vrai

                              Pour un particulier c’est « dans la limite de 20 % du revenu imposable »

                              Pour une entreprise c’est « dans la limite de 5 ‰ du chiffre d’affaires »

                              Le chiffre d’affaire de LVMH c’est 42 Milliard, donc un plafond à 210 Millions de réduction d’impôt, soit un don maximal de 318 Millions

                              On est assez loin de « quelques milliers euros »

                              Malheureusement les dons sont trop utilisés pour faire de l’optimisation fiscal, il suffi de magouiller un peu avec les chiffres, ou plus basiquement faire un don à votre propre association. 

                              On voit ainsi des millionnaires qui font des dons à leur club sportif pour au final ne rien sortir de leur poche mais utilisent leur impôt pour ça.

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