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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > On ne devrait pas dire du mal de Christine Angot

On ne devrait pas dire du mal de Christine Angot

Flammarion paie une nouvelle séance de psy à Christine Angot, dans un « Rendez-vous » pénible qui ennuie la « rentrée littéraire ». Ca sent le Goncourt.

On ne devrait pas dire du mal de Christine Angot. C’est trop facile de faire comme tous ces critiques lamentables qui cassent du sucre sur le dos de cette femme souffrante, qui depuis quelques années commet certes certaines atrocités au nom de l’écriture, mais qui ne mérite pas pour autant plus la corde que d’autres des louanges.

C’est ce que je me disais, avant de plonger dans Rendez-vous, le nouveau malaise de la dame. Rendez-vous met en scène Christine Angot qui rencontre un banquier de soixante ans, un banquier avec un gros sexe qui n’arrive pas à faire jouir madame Angot, ce qui est embêtant. Quand Christine ne jouit pas, elle s’ennuie, comme d’autres. Mais elle, quand elle s’ennuie... elle écrit. Et quand elle écrit, on s’ennuie. Et du coup, on en veut au banquier, qui a beau s’attarder sur le clitoris de Christine, rien n’y fait, il n’y arrive pas, il lui faut autre chose, des putes peut-être, elle ne sait pas Christine, mais elle nous le raconte, non que ça nous intéresse, mais ça l’intéresse, elle. Chez Christine, ce qui compte, c’est Christine. Angot vit en Angotland, seule, et n’en sort jamais. Elle raconte sa vie, mais c’est une vie autour de laquelle ne gravite que Christine Angot. Une sorte d’univers parallèle peuplé d’Angots par milliers, toutes névrosées, toutes peines-à-jouir.

« Et avec ton père, tu jouissais ? », ose lui demander ce gros banquier chauve et bien membré. Et là, la raide Christine tombe un peu sur le cul, replonge en arrière, et se souvient être l’auteur(e) d’un ouvrage de déballage intime, Inceste, qui lui attira la sympathie de ceux qui souffrent et qui veulent que ça se sache. La question du banquier interpelle Christine, qui interpelle son psy, qui interpelle Christine, qui écrit à son banquier. On tourne en rond, on chavire, on a un peu la nausée, tout est péniblement ressassé et tourne, sans cesse, jusqu’à revenir au point de départ, ou presque.

Là, Christine rencontre un acteur, Eric, qui la trouve « formidable ». Parce qu’elle est aussi parfois « formidable », Christine. Quand elle écrit, par exemple. Eric la trouve « formidable », et Christine a envie de rencontrer cet Eric qui la trouve formidable. Une manifestation toulousaine va lui donner l’occasion non seulement de le rencontrer, mais en plus de lui donner la réplique. Le banquier s’éloigne, et Christine s’apprête à capitaliser une nouvelle histoire. Elle écrit, donc, toujours. Elle ne fait que cela, en fait, Angot, écrire. Ecrire qu’elle écrit. Et écrivant qu’elle écrit, elle parvient à se persuader qu’elle est écrivain. Mais on n’est pas dupe. Nous, lecteurs, ne pouvons être dupes. Christine Angot est une femme respectable, mais certainement pas un écrivain. Un patient, une patiente plutôt, pour son psy, ça c’est sûr, un psy qui lui a peut-être suggéré un jour d’écrire ses maux, et elle a cru qu’il s’agissait de mots. La vie, et comment ça s’écrit...

Angot écrit donc qu’elle écrit, et on lit, et on s’aperçoit que ce n’est pas écrit, bien sûr, que c’est juste dit, comme ça, du bout du stylo, sans imagination, sans force, sans passion, ça passe, ça glisse, ça n’attache pas, c’est du bavardage, du radotage, du déballage racoleur, ça ne vole pas bien haut, n’est même pas méchant, mais ne mérite en tout cas pas un livre, ni deux, ni dix.

« Un détail qui me revient, quand j’ai eu mes règles pour la première fois, ma mère m’avait mis le Tampax elle-même, parce que la serviette me gênait et que je n’arrivais pas à le mettre moi-même. » C’est ça Christine, son style, ses élans, ses emportements, ces choses qui « lui reviennent », ces instants d’avant son père, puis l’admiration qu’elle lui portera, et puis lui qui couchera avec elle. Cette faute dont Angot a fait son socle, son terreau, ce clou qu’elle enfonce à chaque livre pour bien signifier sa croix au lecteur. Angot s’apitoie et nous gonfle. Angot s’étale et nous assomme. Et quand elle passe à la télévision, quand elle répond aux journalistes, Angot fait la leçon, monte sur ses ergots et déblatère invariablement sa litanie sur ce qu’est l’écriture, ce que sont les mots, leur musicalité, le sens, la confidence, l’impudeur. Angot explique qu’elle a tout compris mais dans ses livres rien ne se voit, rien ne s’entend, rien ne sonne juste. Ce n’est plus Je est un autre, c’est Je est Je, Je est moi, moi, Christine Angot, violée, incestuée...

Mais on ne devrait pas dire du mal de Christine Angot... alors on en dit du bien. La couverture des Inrocks, par exemple, quelques colonnes dans Le Monde... C’est que la dame est un peu crainte, pas très « gérable », pas très « domesticable », et puis, sait-on jamais, si certains avaient l’incongrue idée de la placer sur quelque liste des prix, d’ici la fin des champignons...

Non, sérieusement, Christine Angot, ça sert à quoi ? Elle saurait répondre. Elle, Christine Angot, qui déclarait à raison que l’écrivain doit se montrer « lucide ». Elle sait qu’elle n’est pas Christine Angot, l’écrivain(e), que cette dernière n’existe pas, qu’elle n’est que le fruit de l’imagination débridée d’un étrange équipage (la mauvaise foi, le voyeurisme, la médiocrité) qui a conduit certains à inventer de toute pièce le « sujet Angot », rien d’autre, en réalité, qu’une coquille vide.


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36 réactions à cet article    


  • le passant (---.---.142.46) 4 septembre 2006 13:15

    Le problème peut être posé autrement. Elle écrit, ses bouquins sont publiés ce qui indique que ses livres se vendent car je ne crois pas que les éditeurs publient pour la beauté du geste. Donc on peut en déduire qu’il y a un public et une attente pour ce genre de romans. La boucle est bouclée oui Mme Angot sert à quelque chose même si je ne vais pas me précipiter à la librairie de suite, il est fort possible que j’attende un petit siecle pour effectuer cette démarche pour lire cet ouvrage (j’espere qu’ils ne seront pas en rupture de stock ce serai trop domage !)


    • ropib (---.---.27.229) 4 septembre 2006 13:42

      Pas compris...

      Vous voulez dire par exemple que les scenarii de « Alerte à Malibu » sont d’une grande richesse parce que la série est l’une des plus regardées dans le monde ?


    • le passant (---.---.142.46) 4 septembre 2006 23:54

      Oui bien sur, ce n’est pas de ma part une analyse sur l’art qui n’est pas dans mes compétences, c’est une analyse mathématique qui dit « il y a une demande de la part d’un public et si cette demande existe je ne vois pas la justification permettant de s’arroger le droit de dire que c’est inutile, de plus votre exemple de alerte à Malibu est fort judicieux puisque ici l’art me parait très bien caché et cependant cette série crée des bénéfices servant à générer de nouvelles séries (rarement meilleures mais qui cependant créeront de nouveaux bénéfices) et amèneront des emplois outres les acteurs (?) feront vivre des techniciens, des machinistes, des gens qui travaillent sur les »F.X", le doublage etc...

      Enfin pour finir moi je ne lirais sans doute pas ce bouquin mais je trouve qu’il y a des choses bien plus choquantes que ce qu’écrit Mme Angot dans notre vie de tous les jours et que souvent les fers de lance de l’ordre moral feraient bien de regarder autour d’eux ce qui ce passe à leur porte dans la vie réelle au lieux de se de geindre sur ce qui se passe dans la vie virtuelle d’un livre. Par surcroît il serai intéressant de savoir comment ces mêmes gens écriraient si ils étaient devant une feuille vide et qu’il leur fallait pondre un livre, feraient ils mieux ou moins bien, en un mot seraient ils compétents.


    • @ropib (---.---.27.229) 5 septembre 2006 12:09

      @le passant

      Ou voyez-vous une critique moralisatrice ? Et pourquoi toujours renvoyer les critiques en disant « faites mieux si vous le pouvez » quand la critique est mauvaise alors qu’on ne voit jamais « faites moins bien si vous pouvez » quand la critique est bonne ?

      Cette façon de mettre de côté le jugement et l’analyse des gens sous prétexte de réussite commerciale me dérange. Et peut-être, car je trouve que cette vision « efficace » technicisante est largement répandue dans la société, que les problèmes que vous dites plus pertinents ont justement un lien avec cette frénésie productive... c’est une question.


    • le passant (---.---.142.46) 5 septembre 2006 19:18

      La critique moralisatrice était un aparté vous l’aurez sans doute noté j’ai écrit « pour en finir ». Je ne sais quel est votre domaine de compétence le mien est assez technique quand je souhaite critiquer le travail d’un de mes petits camarades de jeu le moins que je lui doive c’est d’avoir les compétences requises pour le faire et que mon niveau d’expertise soit suffisant du fait que j’ai fait mes preuves dans les process mis en œuvre. Sinon je fais quoi ? je dis ce que tu fais c’est nul et ça ne mérite pas d’exister ? Un peu léger comme argumentation je trouve.

      Puisque ici on nous demande si Mme Angot sers à quelque chose, dois je dis non parce que le sujet n’a pas l’heur de me plaire en sachant que je suis incapable de pondre une seule page qui ait les qualités nécessaires pour être publiée ? Ici il ne s’agit pas de faire mieux mais de faire un faible pourcentage aussi bien. Tant qu’au productivisme que vous évoquez s’applique t’il réellement ici, ce n’est pas moi qui ai choisi alerte à Malibu et je ne faisais que répondre à l’interlocuteur précédent, personnellement il ne me dérange pas quand il génère des emplois et tant pis si ce sont des feuilletons que je ne regarderai jamais de par leur médiocrité. Pour en revenir à Mme Angot j’aimerais attirer votre attention sur le fait qu’elle vends ses livres sans forcer les gens à les acheter si tel est le cas cela signifie qu’il y a une demande de la part du lecteur et je comprends mal pourquoi elle ne devrais pas être satisfaite. Mais bon moi je ne suis pas un intellectuel et les raisons m’auront sans doute échappées.


    • Theothea.com (---.---.192.35) 6 septembre 2006 03:10

      Effectivement, on devrait dire du bien de Christine Angot !... Puisque Madame Angot, c’est nous !...


    • Theothea.com (---.---.192.35) 6 septembre 2006 03:19

      Effectivement, on devrait dire du bien de Christine Angot !... Puisque Madame Angot, c’est nous !...


    • Marsupilami (---.---.169.172) 4 septembre 2006 13:27

      « On est pas là pour se faire Angot laid » (Voris Bian).


      • ropib (---.---.27.229) 4 septembre 2006 13:39

        Je trouve ça intéressant la mise en abîme de « l’acte » d’écriture comme justification auto-référencée. En revanche la critique psychanalytique est un peu facile (même si elle est peu présente). En effet toute personne qui s’exprime au publique peut être considérée comme en cure... on est là dans la critique du fond de la forme, et on peut le faire sur tous les auteurs (très intéressant article sur Proust dans Psycho et Cerveau). Ou alors il faut carrément rentrer dans l’analyse, ici c’est un peu gratuit.

        Je ne connais pas Angot, je suis peu intéressé et votre article, clair et adroit, ne me pousse pas à la lire.


        • Stravos (---.---.58.60) 4 septembre 2006 13:42

          Enfin une bonne nouvelle pour ceux qui ne savent pas écrire : désormais ils seront publiés avec les honneurs de la critique... Angot est pour une bonne part responsable de cette « révolution culturelle », mais il ne faut pas oublier non plus les maisons d’édition qui ont rendu possible cette triste évolution. Bref, qui de l’oeuf ou de la poule etc...


          • Stravos (---.---.58.60) 4 septembre 2006 13:43

            Enfin une bonne nouvelle pour ceux qui ne savent pas écrire : désormais ils seront publiés avec les honneurs de la critique... Angot est pour une bonne part responsable de cette « révolution culturelle », mais il ne faut pas oublier non plus les maisons d’édition qui ont rendu possible cette triste évolution. Bref, qui de l’oeuf ou de la poule etc...


            • (---.---.74.32) 4 septembre 2006 15:03

              salut ! je n’ai toujours pas compris mais qu’est-ce qu’ils lui trouvent ? c’est égocentrique, incompréhensible !


              • tom (---.---.7.198) 4 septembre 2006 16:39

                je n’ai lu qu’un extrait de Rendez-vous publié dans les inroks + l’interview de la dame.

                je me méfie autant d’elle que de ses détracteurs. je trouve que c’est toujours un peu facile de vomir sur quelqu’un soutenu de façon aussi massive par la machine marketing de son éditeur.

                il y a des tas de mauvais bouquins, des tas de films nazes, sans même parler de la musique qui parfois nous plonge au fin fond de la boue la plus gluante.

                enfin, je constate que la critique est souvent plus réussie quand il s’agit de descendre quelqu’un et son oeuvre que de louer la qualité et le plaisir. ça fait bien longtemps que je n’ai pas lu un bon papier (comme celui-ci) où l’auteur s’extasie sur quelque chose qu’il a aimé.

                mais bon, c’est une réflexion un peu générale, pas forcément liée à Angot ; promis je lirai Rendez-Vous et je reviendrai en parler içi.


                • ropib (---.---.27.229) 4 septembre 2006 17:33

                  Il y a des idées dans cet article. Il y a quelque chose qui échappe à Angot elle-même, un discours parallèle.

                  Quant à votre point de vue je le comprends tout à fait et suis en partie d’accord (pourquoi se définir artiste ou se définir quoique ce soit ? c’est un peu tendre la joue tout de même). Mais on peut dire aussi qu’il y a des artistes auto-proclamés et de la publicité qui n’est pas gage de qualité.


                • NORMAND (---.---.221.254) 4 septembre 2006 19:24

                  Le naturalisme n’est-il pas un courant littéraire ? A partir du moment ou une personne met des lettres sur un papier, ça s’appelle de la littérature. Et la personne qui a mit les lettres sur le papier est un auteur. Bon, on peut ne pas aimer mais c’est une autre histoire.


                  • (---.---.203.7) 4 septembre 2006 19:57

                    Je ne vois pas vraiment un point commun entre Zola et Angot. Une naine et un géant...


                  • ohlala (---.---.124.230) 4 septembre 2006 23:35

                    D’accord avec cet article. Angot, j’ai laissé tomber il y a 3 ou 4 bouquins de cela. C’est un système. Au « Masque et la plume » de France Inter hier soir (Angot, Godé -ex Goncourt, Moix, entre autres bouquins au menu) : tous descendus gravement, par 4 ou 5 critiques unanimes. Si ceux-ci accordent le peu de temps, d’espace média, à ces livres qu’ils jugent « mauvais » c’est bien qu’ils y sont obligés. Qu’ils aiment ou pas. Pourquoi « Le Monde 2 » envoie Angot au concert de Madonna à Londres, sachant à l’avance ce qu’Angot va écrire ? Angot + Madonna, c’est la recette idéale de promo bi-latérale, avec du croustillant. Alors le Goncourt, bof.


                    • NORMAND (---.---.221.254) 4 septembre 2006 23:50

                      J’aime bien ce commentaire sur l’indépendance des médias. On dit à un critique tu vas parler de cela en bien ou en mal, c’est selon la ligne éditoriale et l’épaisseur du budget de l’éditeur. Je soupçonne même l’éditeur de commander des critiques négatives question de créer la controverse. De toute façon, on ne saura pas avant cinquante ans si l’oeuvre en question sera un chef-d’oeuvre et ça, ce n’est pas payant pour personne.


                      • Xerxès (---.---.21.80) 5 septembre 2006 02:40

                        @ Lilian Massoulier

                        D’abord, BRAVO pour votre article qui résume parfaitement le personnage de cette hystérique.

                        Ecrivain ??? Ce mot est maintenant galvaudé par toutes les fausses plumes, les Angot, Marc Lévy, Beigbeder, (la liste est trop longue) qui inondent les linéaires des supermarchés...

                        Angot, dont la stérilité, même en tant que « chroniqueuse » sur Campus (de Guillaume Durand, le dandy cultureux) a été révélée aux yeux de tout le monde.

                        L’histoire n’aura même pas besoin de purger la littérature française des soi-disant écrivains tels que Christine Angot.

                        En revanche, il y a UN écrivain, en France, qui sort du lot par son génie, son grand talent, mais surtout par son courage indéniable, c’est MARC-EDOUARD NABE, qui est bien évidemment boycotté, par les média/ censeurs en France.

                        On nous bassine avec les écrivains les plus éteints qui n’ont rien à dire, mais on veut réduire au silence un des écrivains le plus vivant de notre génération, tel que Nabe.

                        Mais vous verrez ; dans 50 ans les institutions funèbres (les maisons d’éditions, les libraires, les média/censeurs !), brèf tous ceux qui veulent le passer sous silence aujourd’hui, vont retourner leurs vestes, mais une fois qu’ils l’auront enterré, comme ils l’ont toujours fait, pour nous annoncer qu’il était l’écrivain le plus doué et talentueux de notre génération.

                        Bien à vous

                        Xerxès


                        • NORMAND (---.---.221.254) 5 septembre 2006 03:27

                          J’aimerais bien connaître ce Marc Edouard Nabe et les raisons qui vous poussent à le considérer comme une icône. Je n’ai pas d’idée préconçue puisque je ne le connais pas. Mais ça m’intrigue. normand.chaput@gmail.com


                        • La Taverne des Poètes 5 septembre 2006 08:16

                          Un article d’une excellente facture, parfaitement juste sur le fond. Quand je pense que vous avez dû lire ce truc innommable pour en faire la critique ! Quel professionnalisme !

                          Quand l’article de critique surclasse de très loin l’ouvrage qui a servi de base, on peut dire que l’art est alors du côté de la critique.


                          • jacob crosffeld (---.---.45.218) 5 septembre 2006 09:55

                            Je suis surement, hors sujet mais je me sens d’humeur legère ce matin, ôtez moi un doute, est-ce « la fille de madame Angot » ? comprends qui peut.... boby.


                            • (---.---.207.206) 5 septembre 2006 13:08

                              @ l’auteur : votre article est très pertinet sur le fond et très bien écrit.

                              @ xerxes : D’accord a 100% avec vous sur Nabe.

                              A mon avis, l’un des effets pervers les plus manifestes des bouses d’Angot et de ses consoeurs (Darrieuseq, Nothomb, et la foultitude de nanas qui sortent les bouquins marketés soit « pétasse style » soit « peine a jouir psychanalysée ») portées aux nues par les éditeurs, c’est de déconsidérer les femmes aux yeux du public, et de permettre à des auteurs masculins du genre Soral, Houellebecq de laisser libre cours a leur mysoginie. Relisez les soeurs Bronte, Elisabeth Badinter, Yourcenar : ca ce sont des femmes auteurs, des vraies !


                              • Michèle Collery (---.---.39.113) 5 septembre 2006 13:18

                                Je ne lis pas les livres de Christine Angot, je les dévore, et comme à chaque fois que j’avale goûlement, j’en oublie aussi vite le goût et la matière. Bons ou mauvais, je suis incapable d’en juger ; tout ce qui me reste c’est l’envie d’un autre, et vite ! Serge Reggiani disait « un verre c’est trop, deux c’est pas assez. » Pareil avec les bouquins de Christine. Fallait pas commencer. Quant à l’acharnement de ses détracteurs et le temps qu’ils consacrent à la descendre, ils m’évoquent un esprit revanchard, genre : « moi aussi je suis capable d’étaler mon caca, moi aussi j’aurais pu copieusement gagner mon pain avec. » Sauf qu’elle, elle s’y est collé avant, et elle règne, bien seule. C’est peut-être cela son style ? Je ne comparerai pas Angot à Duras, à part sur ce point qui leur est commun : la volée de méchantes moqueries à chaque nouvelle parution. Il a fallu attendre la mort de cette dernière pour la faire entrer au Panthéon. Angot est encore trop vivante. Promis, pour ce dernier « rendez-vous », je prends le temps, cette fois, de m’appliquer à une étude littéraire, et reviens en parler.


                                • Nicolas J (---.---.191.4) 5 septembre 2006 14:00

                                  La question n’est pas de dire du mal ou pas, la critique n’est pas interdite.

                                  Mais je propose une autre lecture. Je n’avais jamais lu de livre de Christine Angot en entier avant celui-ci. Si, l’effet de mode, de scandale, de nouveauté effacé, il reste un livre des années plus tard, alors peu importe de le lire dès sa sortie ou non, comme les critiques qui l’accompagnent. Comme toujours, le temps est sélectif.

                                  Mais ici, dans ’Rendez-vous’, j’ai été saisi par le style, cette langue vraiment originale. Plus on avance dans le livre, plus se dessine une cartographie amoureuse : ex-mari, ex-compagnon, ex-amant. Et la rencontre avec quelqu’un, avec qui on est peut-être en phase, l’attente, les coups de fils, savoir ce qu’il y a entre nous...

                                  Un souffle qui emporte, malgré le peu d’événements, dans une trame narrative, une aventure amoureuse, une aventure littéraire, un roman d’aventures ; qu’on ne poursuit pas par voyeurisme, goût du scabreux, comme on lirait quelques feuilles de choux de Voici. Mais parce qu’on est comme elle, comme lui, comme eux, Eric, Christine.


                                  • ohlala (---.---.124.230) 5 septembre 2006 15:17

                                    ...Ce matin mardi, c’était au tour de France Inter de s’y coller, 9h-9h30, journaliste : Vincent Josse. Celui-ci après avoir dit qu’il aimait le livre, résume l’intrigue. Mais patatras, Angot répond qu’elle n’a pas écrit ça, pas du tout, rien compris, corrige aussitôt en donnant sa version que le journaliste n’a pas su décrypter. Et poursuit avec sa sempiternelle leçon magistrale sur l’Ecriture (aucun commentaire du journaliste). C’était la vivante illustration du passage de votre article « Et quand elle passe à la télévision (...) ». Angot n’est pas capable d’écouter un commentaire au sujet de son Oeuvre. Et elle voudrait écrire sur quoi ? A part elle ? N’est pas Thomas Bernhard qui veut.


                                    • Xerxès (---.---.21.80) 5 septembre 2006 15:35

                                      @ Normand

                                      Merci pour vos commentaires.

                                      La preuve de la censure que l’on continue à infliger à Nabe c’est qu’il écrit depuis plus de 20 ans (27 livres) mais vous n’avez même pas entendu parler de lui !

                                      Voici le site de Marc Edouard Nabe, l’écrivain le plus doué de sa génération.

                                      http://marc.edouard.nabe.free.fr

                                      Parmi son oeuvre je vous conseil les ouvrages suivants :

                                      Au régal des vermines

                                      Rideau

                                      Une lueur d’espoir

                                      Coups d’épée dans l’eau

                                      J’enfonce le Clou

                                      Printemp de Feu

                                      Oui / Non

                                      Je suis mort

                                      Lucette

                                      L’âme de Billie Holiday

                                      Nabe’s Dream (Journal intime I)

                                      Tohu-Bohu (Journal intime II)

                                      Inchallah (Journal intime III)

                                      Kamikaze (Journal intime IV)

                                      Bien à vous

                                      Xerxès


                                      • Xerxès (---.---.21.80) 5 septembre 2006 16:16

                                        @ Ohlala

                                        D’accord avec vous.

                                        D’ailleurs « l’Angot », c’est une nombriliste hystérique qui usurpe le titre noble d’écrivain. On doit purger les libraires des pseudo-écrivains de ce genre qui prennent les places des écrivains, qui sont EUX digne de ce nom, que l’on passe sous silence.

                                        A qui la faute ? Aux cultureux (les maisons d’éditions, les chroniqueurs, les libraires, les médiateurs /censeurs) et leurs copinage.

                                        Bien à vous

                                        Xerxès


                                      • Jac (---.---.39.190) 5 septembre 2006 16:55

                                        Merci pour votre article.

                                        C’est si rare aujourd’hui d’entendre une voix qui sonne juste dans le monde de la culture que lorsque ça arrive on en reste tout ému.


                                        • delpard (---.---.174.230) 5 septembre 2006 17:38

                                          Je ne comprends pas le sens « profond » de votre article, que vouslez-vous dire précisemment ? Christine Angot a surpris avec son premier roman par une écriture saccadée. C’était impressionnant, et j’ai aimé. Ensuite, le système Angot s’est installé avec l’assentiment et la complicité des critiques « Bobo » pull jeté sur les épaules, et l’ennui a commencé et surtout on a senti la fabrication. Que Angot se taise, si elle n’a plus rien à raconter ; c’est ce que je pense, où qu’elle écrive si elle a encore quelque chose à dire, mais qu’elle ne nous reserve pas le même plat. Angot : imposture d’éditeurs et de critiques qui ont des pulls jetés sur les épaules.


                                          • ohlala (---.---.124.230) 6 septembre 2006 01:21

                                            Angot ne peut écrire que dans l’adversité. Elle aime se plaindre. Martyre et bourreau, elle adore être incomprise, c’est son truc depuis le début. D’ailleurs elle recycle même ça, nos petits commentaires acerbes. Notre incompréhension à son égard, c’est son fond de commerce. Ca et mettre en scène des starounettes people sous noms codés. C’est dire si c’est passionnant.

                                            On perd son temps, là. Passons à autre chose.


                                            • Xerxès Xerxès 14 septembre 2006 22:32

                                              Avant de passer à autre chose PURGEONS nos libraires de des pseudos-écrivains.

                                              Xerxès


                                              • Franceglobal.com (---.---.178.8) 14 septembre 2006 23:47

                                                Je viens juste commander le nouveau Angot, « Rendez-vous. » Une amie me l’a chaudement recommandé et je vais donc le lire aussitôt que je l ?aurai reçu. Je ne suis pas une de ceux qui comme Patrick Besson déteste le


                                                • Célimène (---.---.112.19) 19 septembre 2006 14:00

                                                  Excellent article, merci de l’avoir écrit ! Je viens de l’entendre dans l’émission de Pascale Clark, En aparté, et je ne supporte décidément pas ce personnage. Sa prose est creuse, à son image, elle n’est que bavardage stérile, d’un narcissisme confondant, d’une inanité telle qu’on se demande comment un éditeur a pu décider de la publier. Une imposture totale.


                                                  • Hervé Buschard Hervé Buschard 29 septembre 2006 20:08

                                                    Décidément je ne me lasse pas de lire les articles de Lilian Massoulier. Si Christine Angot n’est pas écrivain, lui il en est un, assurément ! Et je m’aperçois au fil de mes lectures que c’est plus le style de l’auteur que le sujet lui-même qui m’intéresse ! Qu’il m’en excuse, mais vraiment, quel talent !

                                                    Bien cordialement. Hervé Buschard.


                                                    • barbara (---.---.100.115) 6 octobre 2006 23:17

                                                      eh bien, à vous lire, on a l’impression que certains ont beaucoup de choses à dire sur la médiocrité de christine Angot ! c’est bien dommage que les arguments soient si fades...ne sortez pas de vos gonds pour si peu, il fait beau dehors, allez vous aérez...de mon côté je vais continuer a lire les « oeuvres » de Miss Angot qui elle me donne et la serénité et l’énergie de continuer... Courage ! Barbara

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