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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Panique à bord : la régression de Calixthe Beyala

Panique à bord : la régression de Calixthe Beyala

Que diable. Mais qu’est-il arrivé à l’écrivaine à succès Calixthe Beyala ? Comment a-t-elle pu ? Par quel tour de passe passe a-t-elle réussi à régresser avec autant de bonheur ? Quel choc, quelle émotion, quel bouleversant témoignage, quel récit poignant que celui de Pauline, cette jeune pantinoise de 14 ans ! Depuis déjà 20 ans, l’une des auteures françaises qui s’exporte le mieux, traduite pratiquement dans le monde entier, en plusieurs langues, dont l’anglais, le roumain, l’allemand, le coréen, le japonais, l’espagnol etc. continue de nous livrer, sa source d’introspection. Fichtre. Mais, cette fois-ci, c’est le drame, la régression. Comme par enchantement, devrais-je dire, par effraction, elle a réussi à rentrer dans la tête de Pauline, la narratrice de : « Le roman de Pauline », publié aux Editions Albin Michel. En lisant la première phrase de son nouvel opuscule, « J’allais sur mes huit ans lorsque Fabien, de deux ans mon aîné, me brisa la mâchoire d’un coup de poing. » Ensuite, on est comme emporté, transporté dans un rêve. On se livre tel un taureau, face à son torero. Le matador c’est ce roman, fort, puissant, utile aussi, pour comprendre la banlieue, ses rêves, ses envies, parfois légitimes, parfois démesurées…
Non contente d’avoir déjà obtenu le prix littéraire le plus prestigieux à savoir, le Grand prix du roman de l’académie française, en 1998, avec « Les honneurs perdus », ce nouveau petit bijou, risque de faire aussi des émules. La critique est déjà unanime. C’est sans nul doute, son œuvre la plus aboutie. D’entrée, vous êtes comme fusillé mais… vivant et étourdi. Ainsi, vous vous accrochez involontairement, emporté par les beaux mots, les intrigues, la violente logorrhée de ces personnages épiques du 21e arrondissement de Paris et/ou Pantin. Pêle-mêle, Madame Moundimbé, Dieudonné, Mademoiselle Mathilde, Fabien, Nicolas, Pégase, Dr Bensoussian, Dr Mamadou, Mina, Moussa, Mohamed, Jacob, Karlsfeld, M. Denisot, Madame Jamot, Madame Boudois la concierge ou encore M. Dupontiel le délateur en chef, etc. « Le roman de Pauline » c’est la France contemporaine qui se croise, s’entrecroise, se regarde, s’épie, s’évite, calomnie, insulte, envie, embrasse, s’embrasse. Mais, il reste cet amour indécelable du premier abord, lorsqu’on entre de plain-pied, dans ce monde de la banlieue, trituré, critiqué et même parfois, jalousé.

Enchaînement d’évènements féconds et trépidants. Triptyque : naissance-amour-drame. Pauline a eu le malheur d’être issue d’une famille à problème. Une mère acariâtre et absente, madame Moundimbé. Un frère délinquant, Fabien. Un père mort puis ressuscité…en prison. Un beau père, Dieudonné, qui disparaît du jour au lendemain du logis. Une famille de psychopathes comme elle aime si bien le dire. Description allégorique de l’auteure, qui utilise l’imagerie animale pour décrire tel acte, telle attitude, telle action. On a le souffle coupé. Définitivement. Course effrénée vers des chimères qui se volatilisent à la suite d’anicroches aussi bien heureuses, pathétiques que comiques. Tragi-comédie et mélodrame s’entremêlent comme des cheveux dans un peigne. Point de Zorro. Si, si, Sarkozy y est cité par trois fois, non, quatre fois, furtivement, succinctement, pour ne pas trop effleuré son ego. Tiens, les mômes parlent du discours de Dakar de triste mémoire. La page 25 est un régal. Une sorte de mélange, entre une plume corrosive et accusatrice, un tableau « truellé », comme une peinture de Van Gogh, cocktail explosif et symphonie de couleurs tous azimuts, fait d’électricité mais finalement de douceur.

Entre explosion zonale, ouragan frontal et cataclysme conjugal, l’échec scolaire, les petits larcins puis les grosses arnaques et emmerdes, le décor est planté. Eh là, l’irréparable. La mort au bout du pistolet. Les mauvaises fréquentations. La tristesse (chapitre 17). Calixthe Beyala, avec ce roman, réussit avec brio, à décrire le quotidien de cette adolescente de 14 ans, Pauline, fille métisse caractérielle, sans vergogne, immature mais qui, par une petite crise de cognition, après avoir perdu son hymen, prend peu à peu conscience de ses capacités et de ses valeurs morales. Une réhabilitation qui, au fil des pages, est faite de drames, d’échecs, de réussites et de tendresse. Comment raconter cette scène ahurissante où, son petit ami, Nicolas, fils de Pégase, la surprend sous la couette avec ce dernier ? Inceste ? Inconscience ? (chapitre 11). Qu’ai-je fait de ma vie, se demande-t-elle ? Pauline prend du recul, et une touche chic et fashion l’embrase. Dans le milieu du baggy large, baissé jusqu’à la naissance des fesses, avec le boxer Calvin Klein en exposition, le pantalon de survêtement ou la démarche de canard en traînant les pieds, ça fait désordre. Les élucubrations des autres, de ses amis, ne sont plus importantes…Le roman est en librairie pour le grand public, dès le 5 février 2009.

>>>Allain Jules
 

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29 réactions à cet article    


  • Nathan Nathan 4 février 2009 11:53

    Très belle photo.


    • Allain Jules Allain Jules 4 février 2009 12:02

      @Nathan,

      Bonjour.

      Vous semblez vous connaître en photographie. C’est vrai aussi que l’écrivaine est photogénique.

      Bien à vous !


    • Allain Jules Allain Jules 4 février 2009 12:07

      @Modérateurs,

      Bonjour.

      Il y a une petite coquille au 3e et dernier paragraphe. Le début du premier paragraphe "Non contente d’avoir déjà obtenu" apparaît étrangement à ce paragraphe, entre "l’échec scolaire" et "les petits larcins...".

      Merci !


      • Allain Jules Allain Jules 4 février 2009 13:56

        @Calmos,

        C’st votre problème. La mauvaise foi encore et toujours. Ne changez surtout pas mais, vous ne savez pas ce que vous ratez cher ami.

        Heureusement que Beyala a chaque sortie, c’est des centaines de milliers d’exemplaires, donc, pas besoin d’un lecteur supplémentaire, qui n’a jamais lu un roman, voir un livre de sa vie.

        Bien à vous !


      • le-Joker le-joker 4 février 2009 14:39

         Si la quantité était gage de qualité, les articles de AJM en seraient l’excéption qui confirme la règle.

        Sulitzer aussi vendait beaucoup de livres.......


      • Allain Jules Allain Jules 4 février 2009 23:46

        Quelle activité pour le nouveau venu. Il est 23h46.

        Inscrit hier, il a posté 4 commentaires, en me faisant la part belle forcément, avec trois posts, sous mes articles. Un heureux hasard. Une symphonie magique. Je suis honoré.


      • dalat-1945 4 février 2009 16:51

        @ tous,

        mon commentaire dans le cadre d’une liberté totale d’expression telle que défendue par l’auteur,vient d’être enlevé !
        Je disais un peu la même chose que Turlututu !

        Le toilettes de la gare Montparbasse sont tout de même moins sales aujourd’hui, il faut le reconnaître. !

        e demande à Av de ne pas supprimer mon commentaire qui note un début de progrès chez l’auteur. Il me parait normal de le signaler


      • Allain Jules Allain Jules 4 février 2009 23:40

        @Turlututtu,

        Merci pour l’honnêteté intellectuelle sur ce coup. Je dirais ceci : des progrès de votre part aussi. Mais, rassurez-vous, ce n’est vraiment pas mon registre.




      • Canine Canine 4 février 2009 16:33

        "On se livre tel un taureau, face à son torero. Le matador c’est ce roman, fort, puissant, utile aussi, pour comprendre la banlieue, ses rêves, ses envies, parfois légitimes, parfois démesurées…"

        "Fort" et "puissant" pour un type accoutré comme une drague queen qui larde un pauv’ taureau pendant dix plombes en prenant bien soin de prendre le moins de risques possible, c’est pas exactement les adjectifs que j’aurais choisi, "ridicule" et "sadique" me semblant plus ad hoc.


        • Allain Jules Allain Jules 4 février 2009 23:42

          @Canine,

          Peut-être bien. mais, tous les goûts sont dans la nature et la langue française est tellement riche....


        • fresh1 4 février 2009 18:59

          Comment passer à coté d’un si beau roman ? Calixthe Beyala arrive avec brio à nous pondre un roman interessant du début à la fin. Elle parvient avec succès à nous peindre l’univers de la banlieue et les nombreuses désillusions qu’on y rencontrent. Pauline, métisse insouciante et tellement attachante, est issue d’une famille ou il est extremement ardu de se dire je t’aime. J’ai eu le privilège d’obtenir le livre en avant première et si je pouvais donner un conseil, tel serait-il : ruez vous à la fnac dégoter ce chef d’oeuvre touchant et bourré de réalisme. Vous trouverez au moins un personnage auquel vous pourrez vous identifier. Une lectrice avertie qui ne veut que votre réjouissance.


          • Allain Jules Allain Jules 4 février 2009 23:38

            @Fresh1,

            Bonsoir.

            Si je n’avais pas eu le bouquin avant, je n’allais pas regretter mon achat après lecture.


          • Allain Jules Allain Jules 4 février 2009 23:36

            Tiens,

            Je sais maintenant dans quoi je vais me reconvertir : au Zouk, au Rap ou à l’éloge de.....enfin on verra. Je suis enfin tranquille...quoique.

            Une belle journée, avec cet article que j’ai adoré faire et qui se retrouve aussi en tête de gondole pour déplaire et ne pas rassurer mes amis. Eh oui, dans le top de la journée, avec...la première place selon les chiffres "Médiamétrie".
            ICI.....aaaarrrgh que malheur !

            Il y a de quoi avoir la berlue n’est-ce pas......hum !




            • Castor 5 février 2009 08:29

              Merci de vous auto-satisfaire dans l’intimité.


            • Allain Jules Allain Jules 5 février 2009 10:51

              @Castor,

              Faut bien que je réponde à ceux qui passent leur temps à m’insulter. Qualité, ridicule, inutile, à radier d’AV et tutti quanti...
               
              Hélas, ça marche et, il faut bien que je le leur dise, sinon, voulez-vous que je reste comme l’agneau immolé ? Inerte ? Non, je ne suis pas Jésus très cher.


            • morice morice 5 février 2009 09:28

               le problème, c’est qu’elle est aussi complètement givrée votre écrivaine. et quand je dis givrée...


              • dalat-1945 5 février 2009 10:09

                Et vous Morice, n’êtes-vous pas givré aussi ?

                Il faut de tout pour faire un monde, vous le savez bien ! Non ? Sinon, on vous aurait peut être déjà éliminé définitivement d’Agoravox !


              • morice morice 5 février 2009 10:22

                 mossieu qui propose ici il n’y a pas si longtemps de "vendre" (ce sont VOS termes) un reportage sur les méfaits de l’agent orange au VietNam (on attend toujours votre papier) vous êtes fort mal placé pour donner des leçons aux autres....


              • dalat-1945 5 février 2009 10:32

                @ Morice,
                Vous voudriez nous faire croire que vous n’aviez pas compris que je me foutais complètement de vous quand je voulais vous vendre mes documents bidons sur l’"agent orange". Morice ! vous régressez et vous m’étonnez. Cette remarque de votre part confirme bien ce que je pense de vous, vous êtes complètement "givré" et depuis longtemps ! Arrêtons de discuter monsieur Morice de Tourcoing coin,coin !


              • Allain Jules Allain Jules 5 février 2009 10:57

                @Morice,

                Bonjour.

                Vous voulez qu’elle ne dise rien alors qu’il lui a commandé un livre qu’elle a écrit et il a refusé de lui payer son dû ? Etrange, non ? Hélas, elle n’a jamais menti sur cette affaire. Si elle le fisait, ça se saurait : lainte notamment pour diffamation.

                C’est plutôt l’animateur qui est givré et, tout le monde le sait, le dit, le commente dans les milieux autorisés. Il sait lui-même qu’il a fauté.

                Il n’y a pas de doute dessus et je vous vois faire pareil, si, votre travail intellectuel est exploité sans rémunération derrière.

                Bien à vous !






              • COLRE COLRE 5 février 2009 11:04

                morice,
                Vous avez encore perdu une bonne occasion de vous taire, et en 1 ligne et 2 liens, vous nous offrez un condensé de votre lamentable comportement : 

                - insultant : "givrée", Calixthe ? j’engage n’importe qui à écouter son interview et à constater son intellience, son courage, son originalité et son talent, d’une femme qui a complètement la tête sur les épaules !!! et une remarquable écrivaine !

                - sans rigueur : à l’évidence, vous n’avez pas suivi l’affaire avec Drucker, et vous n’avez même pas dû écouter l’inteview dont vous nous donnezle lien, CAR : vous auriez réalisé que Calixthe attaque ce cher Drucker et Sarko, ce qui ne devrait pas vous déplaire…

                - misogyne : les femmes de tête sont pour vous des énigmes, vous qui ne savez voir que des "blondasses", des "conasses" tout juste bonnes à retourner à leurs fourneaux (selon vos propres termes, bien sûr)…

                Ah là là… ça parle à tort et travers, ça papote, ça pécore, ce morice, un vrai pipelet avec une cervelle bien creuse de petit moineau… Est-ce que vous êtes blond morice ?… smiley


              • Bois-Guisbert 5 février 2009 11:36

                 c’est qu’elle est aussi complètement givrée votre écrivaine. et quand je dis givrée...

                Ouais, mais c’est rien à côté de la vulgarité smiley

                Du coup, je doute que "ses" livres soient d’elle. Il y aurait un nègre là-derrière que ça ne me surprendrait pas une seule seconde.


              • Bois-Guisbert 5 février 2009 11:38

                écrivaine

                Dites, plutôt que cet épouvantable écrit-vaine, vous pourriez peut-être écrire romancière, non ?


              • COLRE COLRE 5 février 2009 12:26

                morice / Bois-Guibert, même combat.
                Pour la prétendre "épouvantable" écrivaine", j’imagine que vous avez lu plusieurs de ses livres, n’est-ce pas ?…
                Bois-Guisbert, c’est vous qui êtes complètement VAIN… votre intervention ne vous grandit pas, car on est plutôt du côté de la bassesse chez vous et de la vraie vulgarité.


              • Olga Olga 6 février 2009 07:02

                Bois-Guisbert du côté de la bassesse ?
                Bassesse, c’est encore un peu trop haut pour lui... De la sous-bassesse lui irait mieux. smiley 


              • snoopy86 5 février 2009 10:29

                Elle était mignone Calixthe, et ne manque pas de talent...

                Beaucoup plus intéréssante que " le bédouin respecté au charisme indéniable "

                Je comprends Drucker et je plusse Allain-Jules-Narcisse


                • Allain Jules Allain Jules 5 février 2009 10:59

                  @Snoopy86,

                  Elle est toujours migonne. Plussez-moi, ça vous va à merveille et moi, je m’en contrebalance royalement.


                  Royalement vôtre !


                • dalat-1945 5 février 2009 10:59

                  @ l’auteur,

                  Je voudrais confirmer que j’ai trouvé votre article globalement acceptable, comparé aux autres.
                  Bien sûr vous n’avez pas eu l’audience des grands jours ! Cela n’est pas grave à mon avis, c’est secondaire et prouve bien qu’il n’y rien de mieux que la merde pour attirer les mouches.

                  Changez de style, vous allez bien finir par trouver chaussure à votre pied, enfin , on l’espère !


                  • Allain Jules Allain Jules 5 février 2009 11:05

                    @Dalat-1945,

                    Allons, allons, croyez-vous que ce qui est bien à vos yeux l’est pour tout le monde ? Je crois que non. Merci pour le compliment mais, j’aime débattre dans la sérénité, loin des insultes dont vous maîtrisez apparemment l’art. Bon début de rémission sans doute....

                    Qu’à celà ne tienne, au-delà de ce que peuvent penser Pierre, Paul ou Jacques, peu m’importe. En réalité. C’est probablement prétentieux mais, personne, depuis ma tendre enfance n’a dicté mes choix.

                    Bien à vous !



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